
Approche légère des points d'entrée du trafic Crypto : Telegram, Discord et PWA
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Approche légère des points d'entrée du trafic Crypto : Telegram, Discord et PWA
Cet article analysera pourquoi Discord avait la possibilité de devenir une entrée de trafic et les raisons pour lesquelles il n’a pas réussi, ainsi que les potentialités des PWA en tant qu’entrée de trafic.
Rédaction : Turbo Guo
Relecture : Mandy, Joshua
TLDR
Telegram, qui possède un fort potentiel pour devenir une passerelle vers la crypto, attire déjà beaucoup d'attention. Cet article résume les applications liées à la crypto disponibles sur Telegram, analyse leurs avantages et points à améliorer. Il examine également pourquoi Discord aurait pu jouer ce rôle mais n’y est pas parvenu, ainsi que les possibilités offertes par les navigateurs (applications PWA) comme porte d’entrée. Les points principaux sont :
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Telegram propose de nombreuses applications liées à la crypto avec une bonne expérience utilisateur, en faisant un excellent support pour les applications web3. Le seul inconvénient notable est que le centre d'applications et divers bots sont mélangés aux canaux de discussion, ce qui peut nuire à la facilité d'utilisation.
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Telegram ne se limite pas à l'écosystème TON ; il permet une intégration facile pour diverses blockchains et protocoles. Les bots de trading EVM et les applications de suivi multi-chaînes en sont des exemples concrets.
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Discord aurait pu jouer le rôle actuel de Telegram grâce à son système de bots puissant. Toutefois, probablement en raison de la résistance des utilisateurs principalement gamers, du risque élevé de fraudes cryptos affectant la sécurité, et d’un cadre réglementaire incertain, Discord n’a pas pleinement adopté la crypto.
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Les applications basées sur navigateur (PWA) s’intègrent bien à l’écosystème crypto existant. Sur mobile, toutefois, la passerelle pourrait ne plus être MetaMask, mais plutôt des applications spécifiques. Friend Tech en est un bon exemple.
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Le futur de la passerelle dépendra largement de deux facteurs : l’expérience utilisateur et la régulation. En termes d’expérience, les applications comme TG ou FT, intégrant nativement des fonctionnalités crypto (portefeuille inclus), sont très attractives. Du côté réglementaire, les grands réseaux sociaux traditionnels font face à des pressions importantes, laissant ainsi des opportunités aux applications moins encadrées ou natives à la crypto.
Telegram comme porte d’entrée
Telegram héberge déjà de nombreuses applications crypto. Commençons par examiner leurs formes et méthodes d’accès.

Source : Kernel Ventures
Sur Telegram, deux types d’« applications » existent : les bots interactifs via chat, et les Telegram Web Apps (TWA), qui ouvrent une petite fenêtre de navigateur. À gauche dans l'image ci-dessous, Unibot est un bot typique ; à droite, le jeu de football et de nombreux jeux blockchain sur Telegram sont des TWA. Techniquement, les TWA utilisent JavaScript, HTML et CSS, exécutés dans une mini-fenêtre de navigateur intégrée à Telegram.
Trois méthodes permettent d'accéder aux applications Telegram : via lien, recherche par nom, ou depuis le centre d'applications Telegram. L'accès par lien ou recherche de nom est similaire à rejoindre un canal classique. Pour atteindre le centre d’applications, on utilise un lien ou on recherche @tapps_bot.

Source : Interfaces Unibot et Fanton Fantasy Football
Telegram accueille non seulement des projets de la blockchain TON, mais aussi des applications basées sur d'autres blockchains, que nous allons présenter séparément.
Applications de l’écosystème TON
Commençons par les portefeuilles. Telegram a connu plusieurs portefeuilles comme Tonkeeper, MyTonWallet ou Tonhub. Mais avec l’arrivée du portefeuille hébergé officiel Wallet, ainsi que du portefeuille non-custodial intégré Ton Space, ces anciens outils sont désormais fortement concurrencés.
Wallet est un portefeuille custodial prenant en charge USDT, TON et BTC pour les paiements. Il intègre également TON Space, un portefeuille non-custodial actuellement en test. À l’avenir, les utilisateurs pourront accéder via TON Space à des applications DeFi telles que DEX, protocoles de staking et de prêt, ainsi qu’à des dApps tierces sur la blockchain TON. De plus, TON Space permet de récupérer le portefeuille via une adresse e-mail — une fonctionnalité très conviviale, même si elle soulève des questions de sécurité.
Côté DeFi, l’écosystème TON en est encore à ses débuts. On y trouve des DEX comme Megaton Finance, STON.fi, DeDust.io, ou STON tentant l’interchaîne, des protocoles de prêt comme Evaa, et des produits dérivés comme Storm Trade. L’écosystème dispose aussi d’un launchpad (Tonstarter) et d’un système de noms de domaine (TON DNS).
L’écosystème NFT de TON commence également à prendre forme. Parmi les marchés NFT figurent Fragment et Getgems. Sur Fragment, les utilisateurs peuvent acheter des pseudos Telegram et des numéros anonymes. Getgems permet non seulement cela, mais aussi l’achat-vente d’autres NFTs sur TON. À ce jour, Fragment domine en volume. En termes de volume total, le marché NFT de TON affiche une croissance solide au 25 septembre, avec des projets similaires à ceux de l’écosystème Ethereum, comme TON Diamonds ou TON Punks.

Source : nftscan, 25/09/2023
Un autre segment important est constitué par les jeux intégrant TON, tels que Fanton Fantasy Football, un jeu de cartes P2E où gagner rapporte des jetons, parfaitement intégré à l’écosystème TON ; punkcity, un jeu au tour par tour où les victoires génèrent des jetons ; Tongochi Game, un MMORPG également P2E, actuellement en phase de démonstration.
On trouve aussi de nombreux outils complémentaires : TON Wallet Tracker et TON Notify Bot suivent les flux de jetons et NFTs d’une adresse sur l’écosystème TON ; NFT TONificator surveille les ordres d’achat/vente d’une série NFT ; Community est un outil de bounty pour intégrer de nouveaux membres ; Ton Gifts Bot permet d’offrir des cadeaux à ses amis. Friends All-in-One BOT, un robot multifonction encore en développement, prévoit de lancer des fonctions indépendantes comme la traduction automatique, les alertes de nouveau mint NFT, et les alertes de prix plancher NFT.
Un cas intéressant est mobile, un service utilitaire pour acheter des cartes eSIM, facilitant l’accès internet lors de voyages internationaux. Ce service accepte non seulement les cartes bancaires, mais aussi les paiements via portefeuille TON.
Applications de l’écosystème Ethereum

Source : DUNE @tk-research
Parmi ces applications, examinons les bots de trading très populaires. En simplifiant, ces bots fonctionnent essentiellement comme des intermédiaires prenant une commission. En termes de volume hebdomadaire, après un pic d’engouement, les bots Telegram connaissent désormais une baisse progressive d’activité.
Unibot agit comme un agent technique : l’utilisateur doit envoyer des fonds vers un portefeuille officiel, puis utiliser la fenêtre de chat pour lancer des ordres limites, suivre automatiquement des transactions ou acheter instantanément des jetons. Techniquement, Unibot crée d’abord un EOA (compte externe) pour l’utilisateur, qui y dépose des fonds. Lorsqu’un échange est initié (ex. vendre sur Uniswap), au lieu d’interagir directement avec Uniswap, l’EOA passe par le routeur contractuel d’Unibot, qui appelle ensuite le contrat Uniswap. Ce passage intermédiaire permet à Unibot de prélever des frais. Chaque mise à jour du contrat d’Unibot correspond probablement à une amélioration fonctionnelle, bien que le code ne soit pas encore open source.

Source : Kernel Ventures, Unibot Transaction Flow
D’autres bots similaires incluent Banana Gun, Maestro et DexCheck. Banana Gun demande soit la clé privée, soit la création d’une nouvelle adresse via le bot officiel. Ses atouts incluent l’annulation automatique des transactions en cas de risque de sandwich attack, ou l’optimisation des blocs bannis. Maestro, un autre bot de trading, propose le suivi des grosses baleines et des opérations d’achat/vente. DexCheck assure un suivi de portefeuille, détecte les nouveaux contrats de jetons et permet des achats rapides.
En volume, Unibot domine, suivi par Banana Gun. En termes d’utilisateurs actifs quotidiens (DAU), Maestro arrive en tête, légèrement devant Banana Gun et Unibot.

Source : DUNE @whale_hunter, 25/09/2023 1:10
On trouve aussi des services permettant d’émettre des jetons sur Ethereum. Par exemple, LootBot aide à collecter automatiquement des airdrops, et les détenteurs du jeton $LOOT peuvent partager les revenus générés. IMGNAI propose un bot générant des images à partir de messages dans un canal, promettant aux détenteurs de jetons des droits futurs ; son jeton est émis sur Ethereum. ChainGPT, une plateforme polyvalente, propose un bot Telegram capable de générer du code de smart contract ou de vérifier des contrats, utilisant un modèle LLM généraliste. Le jeton $CGPT sert à payer des services au sein de ChainGPT, et peut être mis en staking pour générer des rendements. Ici aussi, le jeton est sur Ethereum, utilisé activement pour des services, lui conférant une utilité accrue.
Applications multi-chaînes
Sur Telegram, on trouve aussi des applications multi-chaînes, principalement des outils de données ou d’assistance. Quatre exemples notables :
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Cielo est un bot de suivi de portefeuille complet, particulièrement efficace sur plusieurs chaînes. Il suit les activités (swaps, prêts, mint NFT, etc.) d’un portefeuille sur plus d’une dizaine de blockchains, ou les mouvements importants d’un jeton spécifique. Son expérience utilisateur est particulièrement soignée.
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Pessimistic Spotter détecte si un contrat a été piraté, sur Ethereum et BSC (ex. Uniswap).
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CoinCrackerBot suit les cours, envoie des alertes de prix, etc. Très pratique car les notifications arrivent directement dans le chat.
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Crypton Research suit l’avancement de projets. L'utilisateur peut s'abonner à des projets comme 1inch ou Aave, choisir entre toutes les actualités ou uniquement les principales, et recevoir des notifications automatiques.
Avantages et axes d’amélioration de Telegram comme porte d’entrée
L’expérience utilisateur fluide de Telegram constitue un avantage majeur. Chaque transfert, ouverture d’application ou interaction avec un bot est extrêmement rapide, surpassant celle de la plupart des produits web3, voire de certains services web2 comme Discord.
Le principal défaut réside dans l’accès au centre d’applications, qui reste peu intuitif. Impossible de le trouver directement dans l’interface Telegram : il faut y accéder via un lien externe ou une recherche manuelle, comme pour rejoindre un nouveau canal. Une fois ouvert, le centre et ses applications se mélangent aux autres canaux, ce qui les rend difficiles à retrouver. Même en épinglant les applications, elles se confondent avec les conversations importantes. De plus, chaque fonctionnalité est souvent livrée sous forme d’un bot distinct, ce qui complique leur gestion. Une interface dédiée aux applications, avec un accès rapide aux favoris, serait bénéfique.
Actuellement, Telegram répond bien aux besoins courants de transfert pour les utilisateurs standards. Les bots basés sur EVM satisfont la demande des petits investisseurs souhaitant saisir rapidement de nouveaux jetons. L’avenir de TON en matière de DeFi à grande échelle reste à explorer.
Les bots de trading offrent une piste intéressante : Telegram pourrait servir de front-end commun à de nombreuses applications blockchain. Non seulement les protocoles DeFi pourraient partager une interface unique, mais divers protocoles pourraient être intégrés directement. Si un projet gère tout en arrière-plan, l’utilisateur n’aurait même pas besoin de connaître l’existence des différentes blockchains — une simplification envisageable sur Telegram, abaissant considérablement la barrière d’entrée à la crypto. Toutefois, certaines difficultés persistent, notamment la signature d’opérations directement dans Telegram.
Actuellement, l’équipe officielle pousse fortement l’écosystème TON, tandis que des bots comme Unibot, indépendants de TON, progressent également. L’avenir dira quelle direction l’emportera.
L’opportunité de Discord comme porte d’entrée

Source : Tweet du PDG de Discord
Dès 2021, Discord a tenté d’intégrer MetaMask. Si cette initiative avait été poussée, on aurait pu imaginer des transferts ou paiements directs dans Discord. Des dApps auraient pu créer leurs propres canaux ou bots pour permettre aux utilisateurs d’effectuer des swaps, des emprunts, etc., transformant Discord en interface centrale pour toute la crypto.
En réalité, Discord compte déjà de nombreux cas d’usage crypto. Bankless DAO utilise Discord comme outil de gouvernance, avec un bot et des processus spécifiques : vérification de NFT pour obtenir un rôle, accès à des salons selon la détention de jetons, etc. Pendant l’été NFT, Discord est devenu l’outil central pour les communautés NFT, où les utilisateurs validaient leurs rôles, obtenaient des whitelist, organisaient des AMM, accumulant ainsi une base communautaire massive. Discord a même sollicité des retours utilisateurs sur les NFT, montrant un intérêt réel pour adapter son produit. Théoriquement, les bots Discord peuvent accomplir de nombreuses tâches, et certains existent déjà : suivi de portefeuille, transaction NFT, gestion de whitelist, etc.

Source : Discord de Bankless DAO
Alors pourquoi Discord n’a-t-il pas poursuivi ? Trois raisons probables :
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La résistance de sa base principale, les joueurs ;
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Le risque élevé de fraudes nuisant à la sécurité ;
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Un cadre réglementaire flou.
La vision initiale de Discord était « Chat for Gamers ». En 2021, selon CNBC, 70 % des utilisateurs venaient pour les jeux. Bien que la mission se soit élargie à « Chat for Communities and Friends », Discord reste centré sur les joueurs. Lorsque Discord a commencé à soutenir les communautés NFT, de nombreux utilisateurs ont protesté, annulant leur abonnement Nitro, exprimant leur rejet des NFT. La communauté gaming nourrit depuis longtemps une hostilité envers la crypto : à l’époque du minage Proof-of-Work, les GPU ont vu leurs prix exploser, augmentant le coût des PC pour joueurs. Ensuite, les cartes d’occasion provenant de fermes de minage ont inondé le marché, souvent jugées de moindre qualité. Cette rancœur semble s’être prolongée jusqu’à aujourd’hui.
De plus, le fondateur a tweeté que la crypto regorgeait de spam et de fraudes, et que Discord priorisait la protection des utilisateurs, expliquant ainsi son absence d’adoption massive de la crypto. En tant que plateforme régulée, limiter les fraudes est une décision responsable. Ajouté à un cadre réglementaire incertain, une intégration hâtive aurait pu entraîner des pertes massives pour les utilisateurs — un risque que Discord ne pouvait assumer.
Cela illustre la différence fondamentale entre Discord et Telegram : leurs publics cibles et positions respectives. Discord sert principalement des utilisateurs conformes, souvent des joueurs, alors que Telegram attire davantage d’utilisateurs dans des zones grises. Telegram peut donc pousser l’intégration crypto sans heurter sa base. Discord se positionne comme un outil communautaire, tandis que Telegram assume une nature plus marginale, plus tolérante au spam. La régulation pèse moins sur Telegram, lui permettant plus de liberté dans le développement crypto.
Le navigateur (PWA) comme « porte d’entrée »
Le remplacement des applications natives par des solutions basées sur navigateur est une tendance remarquable. Friend.tech utilise une PWA ; Photoshop propose une version web avec stockage cloud, permettant un travail multi-appareils ; de nombreux acteurs explorent aussi le cloud gaming. Grâce à la montée en puissance du cloud computing, les applications web peuvent désormais offrir des fonctionnalités complexes. Les PWA présentent aussi de nombreux avantages : fonctionnement hors ligne, mises à jour dynamiques, notifications push, compatibilité multiplateforme, accès aux capteurs matériels (caméra, GPS), etc.
Quant à la commodité, le débat entre application native et web persiste. Certains trouvent plus simple d’ouvrir un lien que d’installer une app, d’autres préfèrent un raccourci sur le bureau. Avec les PWA, la différence s’estompe. Sur PC, les extensions de portefeuille sont matures : on peut imaginer jouer à un jeu web en connectant son portefeuille, ou utiliser des dApps DeFi directement dans le navigateur. De plus, les PWA évitent les commissions imposées par Apple, un avantage crucial pour les apps crypto.
Mais le portefeuille restera-t-il la porte d’entrée dans le navigateur ? Sur mobile, friend.tech montre que non : les utilisateurs acceptent désormais les portefeuilles intégrés. Déposer ses fonds dans une application (qui peut être une couche L2, voire gérée par le projet) et y gérer ses actifs devient acceptable, surtout quand l’utilisateur ne se soucie pas du portefeuille utilisé. Appeler MetaMask à chaque fois sur mobile est fastidieux. Ainsi, des applications sociales spécifiques peuvent remplacer MetaMask comme point d’entrée. Le cœur du modèle économique n’est plus le portefeuille, mais le service offert — comme chez friend.tech, qui intègre son propre portefeuille.

Source : Interface d’achat de Key sur friend.tech
Conclusion
En comparant Telegram, Discord et les navigateurs (PWA), on constate que le futur de la porte d’entrée dépend largement de deux facteurs : l’expérience utilisateur et la réglementation. Côté UX, Telegram offre une fluidité supérieure à de nombreuses applications crypto natives, un atout majeur. Sur mobile, les applications comme FT, avec portefeuille intégré, réduisent la pertinence de MetaMask comme entrée. Du côté réglementaire, les grands réseaux sociaux traditionnels subissent de fortes pressions, ouvrant la voie à des applications comme TG ou FT, moins encadrées ou natives à la crypto.
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