Le protocole de location de NFT Rentable annonce sa fermeture, le fondateur partage trois « leçons d'échec »
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Le protocole de location de NFT Rentable annonce sa fermeture, le fondateur partage trois « leçons d'échec »
Un produit ou une solution doit mieux être validé avant d'être généralisé sur le marché, plutôt que de passer immédiatement à l'action : on ne peut pas manger de tofu brûlant en toute hâte.

Par : 0xrose, TechFlow
Le 13 septembre, le protocole de location NFT Rentable a annoncé son arrêt. À compter du 14 octobre, tous les services seront suspendus. Emiliano Bonassi, cofondateur, a déclaré : « Nous n’avons pas trouvé de produit adapté au marché, et notre trésorerie est épuisée. Après plusieurs réflexions approfondies et discussions, nous préférons opter pour la fermeture plutôt que de lever davantage de fonds. »
Il fut un temps où le secteur NFTFI était en plein essor, particulièrement après l’adoption en juin du standard ERC-4907 pour la location de NFT, suscitant de nombreux espoirs. Mais en quelques mois, tout a changé. Concernant les raisons de cet « échec », le fondateur s’est livré à une introspection. Voici ses trois conclusions :
1. Un créneau trop étroit
Définir un créneau consiste à identifier précisément le problème à résoudre et à s’y concentrer. Il faut d’abord évaluer si votre solution peut s’appliquer à des problèmes similaires plus larges, visant ainsi un marché plus vaste — tout en restant prudent dans ce choix.
Fort de mon expérience dans la DeFi, j’étais biaisé : résoudre un problème général lié aux ERC20 permettait de régler tous les cas. J’ai donc pensé qu’en résolvant un problème général lié aux NFT, on pouvait tout régler.
Erreur : cette approche fonctionne peut-être en DeFi, car tous les jetons se ressemblent fondamentalement, mais elle échoue dans le domaine de la location.
Chaque NFT possède ses spécificités. Louer un NFT peut ressembler à un prêt, mais « louer x NFT » signifie des choses différentes selon ce que représente « x ». Notez bien que ceci concerne la location ; pour les échanges, une approche généraliste fonctionne parfaitement.
Nous aurions pu mieux faire : étudier en profondeur les différents types de NFT, choisir un marché spécifique, le comprendre finement, puis construire une solution verticale sur mesure, plutôt qu’une solution universelle et indifférenciée.
2. Allocation des ressources
Le temps est la ressource la plus rare pour chacun : partenaires, investisseurs, et bien sûr utilisateurs.
Après un premier appel ou quelques retours, il est difficile d’engager quelqu’un sans engagement clair, sauf s’il agit gratuitement par conviction.
Comme nous n’avions pas besoin de capital externe pour développer notre MVP, j’ai sous-estimé cet aspect.
En réalité, nous avions besoin de capitaux pour aligner les intérêts. Chaque investisseur et partenaire apporte une valeur spécifique. Savoir l’exploiter est crucial.
Il est donc indispensable de planifier ce que chacun peut offrir : capital, recrutement, ou simplement de la notoriété.
3. Mieux valider
La validation est un vaste sujet, mais peut se résumer à la définition d’objectifs, à la formulation d’hypothèses, à la réalisation d’expériences et à la collecte de données.
Nous avons fait une erreur : dès qu’une bonne solution technique pour la location a été trouvée, nous l’avons immédiatement mise en œuvre.
De plus, nous partions du principe qu’il n’existait aucun mécanisme de location, et qu’en proposant une solution (« être là »), de nouvelles dynamiques émergeraient naturellement.
Nous aurions dû davantage valider « sur papier », raccourcir les cycles d’itération, et rediriger les efforts techniques vers une meilleure compréhension des motivations et objectifs des partenaires/utilisateurs concernant la location.
Conclusion
L’auteur considère que l’analyse du fondateur est sincère et va droit au cœur du problème.
Premièrement, s’agit-il d’un véritable besoin ? Et ce besoin / ce créneau est-il suffisamment large ? La location de NFT semble séduisante, mais imaginons des cas concrets : un NFT blue-chip sert avant tout d’élément de statut social. Les détenteurs, souvent des personnalités influentes ou ultra-riches, ont-ils vraiment envie de le louer ? Y a-t-il assez de demandes de location ? Cela ressemble un peu à la location de vêtements de luxe d’occasion : un besoin existe peut-être, mais il reste marginal, bien moins important que des marchés verticaux comme la location de NFTs de jeux vidéo.
Deuxièmement, l’équipe pensait pouvoir créer et lancer un produit sans financement externe. Or, dans l’écosystème crypto, lever des fonds ne sert pas seulement à obtenir de l’argent. C’est aussi une manière d’obtenir un parrainage, des ressources commerciales (BD), d’établir des liens stratégiques, d’aider au recrutement… Bref, toute une série de ressources externes peuvent être activées via la structure du capital (cap table).
Enfin, mieux vaut valider un produit ou une solution avant de le lancer massivement, plutôt que d’agir précipitamment. On ne mange pas un bol de soupe brûlante à grandes cuillères.
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