
Les piliers du « Web3 » : information, contrat et identité, où la « centralisation » reste indispensable
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Les piliers du « Web3 » : information, contrat et identité, où la « centralisation » reste indispensable
La réalisation du « Web III » et de la DeSoc, soutenus par l'« Internet des contrats » et l'« Internet de l'identité », n'est qu'une question de temps.
Auteurs : Will, Xiao Xiaopao
01 Le talon d’Achille du monde Web3
Dans le film « Infernal Affairs », Andy Lau incarne un chef de gang infiltré au sein de la police pour transmettre des informations confidentielles, tandis que Tony Leung est un étudiant policier infiltré dans le gang. Un mauvais agent double et un bon agent double, dont les véritables identités ont été complètement effacées, sans aucun document ni enregistrement pouvant prouver leur existence réelle. Pour l'agent de police Tony Leung, la seule personne capable de confirmer son identité initiale, son « âme », est le commissaire Huang — son supérieur hiérarchique direct.
Mais lorsque le commissaire Huang tombe du toit sur le capot d'une voiture, éclaboussant tout de sang, cette unique « relation sociale » disparaît aussi. L’« âme » de Tony Leung s’évapore alors du monde réel, plongeant dans un abîme sans retour.
Imaginons maintenant un autre scénario : Tony Leung entre dans un monde virtuel basé sur la blockchain. Toutes ses traces numériques — actifs numériques, NFT, réseau social, certificat d'école de police — sont liées à une seule clé privée. Si cette clé privée unique venait à disparaître, Tony Leung deviendrait-il également une « personne transparente » sur la blockchain, perdant ainsi son « âme » ? Aurait-il la possibilité de restaurer son identité grâce à des « relations sociales » (récupération sociale) dans ce monde virtuel ?
À ce jour, la réponse est malheureusement non : Tony Leung connaîtrait probablement le même sort qu’en monde réel. Dans l’univers actuel de la blockchain, la clé privée est tout. Sans elle, tout ce que vous avez créé ou possédé dans ce monde numérique est irrécupérable. Il n’existe aucun centre d’assistance pour récupérer votre clé, ni de commissaire Huang pour témoigner en votre faveur.
C’est là le talon d’Achille du monde blockchain et Web3 auquel nous accordons tant d’espoir : nous disposons désormais d’un « internet de l’information » aux entrées-sorties illimitées, et d’une blockchain capable de porter des « actifs » et de transférer de la valeur. Mais nos âmes, nos identités, notre crédit et nos relations sociales ? Ils restent sans ancrage.
L’émergence du concept de « jeton lié à l’âme » (Soul-bound token, SBT) commence à apporter une réponse. Le plan du Web3 se dessine désormais avec davantage de clarté — nous avons besoin de trois piliers fondamentaux : un « internet de l’information » (Information Network), un « internet des contrats » (Asset Network), et un « internet de l’identité » (Status Network), pour ensemble soutenir un Web III complet et viable.

02 Le Web3 actuel : un « internet des contrats » sans « identité »
Dès sa naissance, Ethereum a porté en lui la mission et l’aura d’« ordinateur mondial ». Pourtant, aujourd’hui, il souffre fortement de critiques liées à une « financiarisation excessive ». À ce jour, sa fonction principale reste centrée sur la finance et les échanges d’actifs, ce qui rend de plus en plus problématique sa vocation d’« ordinateur du monde » : un système blockchain purement basé sur des « adresses » sans « identité », uniquement contractuel et automatisé par des contrats intelligents, ne peut plus supporter efficacement le développement d’applications riches, diversifiées et socialement structurées — c’est désormais un consensus.
Dans le film « Split », Kevin, doté de 23 personnalités distinctes, oscille entre un styliste nommé Barry, Dennis un maniaque obsessionnel, Patricia une femme religieuse conservatrice, et un adolescent turbulent — dans le monde réel, seul un trouble dissociatif sévère permettrait une telle expérience. Mais dans un monde virtuel où seules existent des « adresses » sans « identité », n’importe qui peut aisément adopter plusieurs rôles.
Prenons l’exemple de l’attaque de la sorcière (Sybil attack) : une personne peut utiliser des dizaines d’« adresses » pour accomplir la même action, brouillant ainsi les règles. Ou encore, la « centralisation implicite » : si un individu contrôle un grand nombre d’adresses et d’actifs, il devient lui-même le « centre » — nous évitons un gouvernement centralisé visible, mais nous aboutissons à un manipulateur invisible contrôlant tout en coulisses. Dans un monde sans « identité », la « décentralisation » semble être une illusion.
Dans le monde réel, nous vivons entourés d’« identités » comme on respire l’air ou boit de l’eau, sans même en percevoir la commodité. Mais dans un monde blockchain dépourvu d’identité, tout devient à la fois transparent et anonyme, favorisant chaos et opacité. Nous devons impérativement construire un système d’« identité » dans le monde numérique afin d’atteindre une « théorie de l’évolution libre » du numérique — passant d’une « liberté passive » semblable à celle d’un chien domestique, à une « liberté abandonnée » tel un autruche, pour finalement atteindre une « liberté contrainte » organisée comme une fourmilière.
Mais alors, quelle forme l’« identité » devrait-elle prendre dans le monde de la blockchain ?
03 L’« identité contractuelle » (contractual status) et l’« identité relationnelle » (relational status) dans le monde blockchain
Le juriste britannique Henry Maine, il y a plus de 150 ans, affirmait : tout progrès humain jusqu’à présent a été un mouvement du « statut » vers le « contrat ». Il reconnaissait que l’« identité » humaine provient de deux sources : l’une issue des « relations sociales » avec autrui, l’autre découlant de l’exécution de « contrats ». Maine défendait le passage du « statut » au « contrat » car, à son époque, la société manquait cruellement d’« identité contractuelle » (contractual status), empêchant toute collaboration à grande échelle. Or, 150 ans plus tard, dans le monde blockchain, c’est précisément l’inverse : c’est l’« identité relationnelle » (relational status) — la projection des relations sociales du monde réel sur la blockchain — qui fait défaut, générant ainsi de nouveaux problèmes.

L’**« identité contractuelle » (contractual status)** inhérente à la blockchain **n’existe que par l’exécution de contrats intelligents et ne peut être modifiée que par ceux-ci** — ce que l’on observe sur la chaîne sous forme d’« actifs ». Bien que ce système purement computationnel pousse l’aspect « contractuel » à son extrême, offrant une efficacité remarquable, son absence d’autres formes d’identité entraîne des limites criantes : un spectre d’applications étroit, et donc une « financiarisation excessive » inévitable.
Alors, qu’est-ce que l’« identité relationnelle » (relational status) projetée du monde réel vers la blockchain ?
Dans leur article « Society Désentralisée : à la recherche de l’âme du Web3 », Vitalik, Glen Weyl et d'autres proposent le concept de « jeton lié à l’âme » (Soul-bound token, SBT) comme solution envisageable, et actuellement la plus concrète dans le domaine Web3. En transformant en « SBT » les contrats issus de relations sociales du monde réel — comme un CV ou un diplôme universitaire — puis en les liant à soi sur la chaîne, **l’immense potentiel de l’« identité relationnelle » (relational status)** commence à se révéler : ces jetons peuvent être émis par autrui — confirmant ainsi une « relation », modifiés ou retirés pour changer votre « statut/identité » (status), ou encore utilisés pour récupérer votre identité via la vérification de cette relation.
Grâce à une identité fondée sur les relations sociales, le talon d’Achille du Web3 semble enfin vulnérable. Non seulement cela permettrait de résister aux attaques Sybil (car les émetteurs de SBT seraient identifiables), mais cela ouvrirait aussi la voie, pour la première fois, à une solution crédible pour le prêt sans garantie sur chaîne.
Ainsi, notre « état complet » dans le monde numérique doit inclure l’« information », l’« actif » et la « relation » — en omettre une seule le rend incomplet. Une « carte de construction du Web III » apparaît alors clairement : seule l’intégration des « relations sociales » dans le monde Web3 permettra de former une société désentralisée complète (DeSoc).
Nous devons superposer, au-dessus de l’« internet de l’information » et du « internet des contrats » de la blockchain, une nouvelle couche d’infrastructure capable d’accueillir parfaitement les « relations sociales » imaginées par Maine il y a 150 ans — l’« internet de l’identité ».
04 Le Web III à venir : « internet de l’information » + « internet des contrats » + « internet de l’identité »
Le monde Web3 auquel nous aspirons devrait être doté d’un « internet de l’information » (Information Network) aux entrées-sorties infinies, d’un « internet des contrats » (Asset Network) capable de porter des « actifs » et de transférer de la valeur, et d’un « internet de l’identité » (Status Network) capable d’accueillir nos âmes, identités, crédits et relations sociales, répondant ainsi à la question fondamentale : « qui suis-je, et que possède-je ? ».
Ce sont ces trois piliers qui, ensemble, soutiendront le Web III.

L’« internet de l’information » bâti sur Internet constitue la base de tout. Ethereum, en tant que machine d’état mondiale puissante synchronisant l’exécution de tous les contrats intelligents, peut parfaitement assumer seul la construction du « internet des contrats ». Mais comment réaliser l’« internet de l’identité » ? Internet et Ethereum peuvent-ils répondre aux besoins modernes d’une personne possédant simultanément plusieurs « statuts identitaires » (status) tout en détenant de manière sécurisée et indépendante ses « actifs » ? Les infrastructures blockchain peuvent-elles supporter ces trois « grands piliers » du Web III ?
La réponse est très probablement non. Puisque « identité » et « contrat » reposent sur des logiques techniques fondamentalement différentes, ces différences ne se limitent pas aux concepts ou perceptions, mais touchent aussi les couches technologiques, algorithmiques et structurelles. Réaliser un « internet de l’identité » couvrant tous les domaines relationnels serait une entreprise gigantesque. Le SBT est un outil important dans le système actuel, mais l’« identité statutaire » qu’il représente doit nécessairement provenir des relations sociales du monde réel — ce qui exige de projeter ces relations sur la blockchain de manière sécurisée, complète et respectueuse de la vie privée, bien au-delà de simplement créer un « jeton ».
Ainsi, si la société désentralisée (DeSoc) veut accueillir des structures complexes telles que les relations sociales, la gouvernance des données, la protection de la vie privée et la répartition des droits, l’« internet de l’identité » (réseau relationnel) doit constituer une couche d’infrastructure indépendante — un nouveau niveau fondamental.
S’il fallait aller plus loin, on pourrait même imaginer extraire de la chaîne d’Ethereum une « couche statut/identité » (status chain) indépendante de la « couche actifs » (asset chain), créant ainsi un « Ethereum 3.0 ». Cette « couche statut/identité » pourrait se diviser en plusieurs univers parallèles, tandis que la « couche actifs » resterait inchangée, préservant ainsi le lien avec les actifs du monde réel tout en étant acceptée séparément par les contrats intelligents des différents univers — reproduisant ainsi fidèlement la réalité.
05 Le Web III n’est pas un monde parfait — la « centralisation » reste indispensable
L’univers cryptographique souffre fréquemment de « financiarisation excessive », non seulement faute de « couche statut/identité », mais aussi en raison d’un facteur clé manquant : un « tiers » sécurisé, transparent, purement algorithmique, qui enregistre uniquement les adresses et les faits transactionnels, sans nouer aucune « relation » avec les intervenants. La présence d’un tel tiers, capable d’émettre et de confirmer vos « relations sociales » (relational status), est une pièce essentielle manquante dans la construction d’une société désentralisée (DeSoc).
Quand une telle plateforme « tierce » devient suffisamment importante, elle contribue de manière cruciale à chaque système de réputation et à chaque réseau relationnel au sein de DeSoc, tout en tirant elle-même profit du système global : un « statut relationnel » public permet aux nœuds interconnectés du réseau de servir de référence mutuelle. Plus un réseau intègre de facteurs combinés, plus il contient de relations riches, plus la société valorisera les « relations » — un réseau d’entraide et de confiance mutuelle devient envisageable, posant les bases de produits financiers comme les crédits sur la parole, les paiements échelonnés ou les hypothèques.
Mais cela ne réintroduit-il pas une forme de « centralisation » dans une « société désentralisée » ?
Même si, à l’ère de l’« internet de l’identité », le concept de « tiers » tend progressivement à ressembler aux grandes plateformes Web2 actuelles, il demeurera néanmoins construit sur une infrastructure ouverte et computationnelle, un « tiers » transparent, sans boîte noire — entre le monde illusoirement harmonieux des géants du Web2 (la « pilule bleue ») et l’extrême liberté radicale des cypherpunks (la « pilule rouge »), nous devrions avoir le choix d’une « pilule verte », une dose modérée et équilibrée.
Dans la société du Web III, nous avons besoin d’une « liberté contrainte » à la manière d’une fourmilière.
06 Conclusion
Réaliser la vision d’une société désentralisée (DeSoc) nécessite la création d’une nouvelle infrastructure — une « couche d’identité » — capable de supporter simultanément les trois piliers du Web III : le « réseau d’information » (Informational network), le « réseau d’actifs » (Asset network) et le « réseau d’identité » (Status network).
Pourtant, projeter sur une blockchain publique les « relations » du monde réel est une tâche d’une difficulté que seuls ceux qui ont tenté connaissent — les cadavres des pionniers du « cercle blockchain » flottent encore aujourd’hui, visibles ou non, sur les rives du « fleuve numérique » qui sépare le réel du virtuel.
Du libre contrat au livre « Radical Markets », puis aux SBT et à la société désentralisée, puisque les deux fils conducteurs de toute activité humaine — « identité » et « contrat » — étaient déjà présents dans l’esprit de Maine il y a 150 ans, nous avons toutes les raisons de croire que : la réalisation du Web III et de la DeSoc, soutenus par un « internet des contrats » (Asset Network) et un « internet de l’identité » (Status Network), n’est qu’une question de timing — trop tôt, on devient un précurseur sacrifié ; trop tard, on est broyé par la roue du temps.
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