
Le prochain grand moment de Web3 : les applications mobiles
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Le prochain grand moment de Web3 : les applications mobiles
La mobilité représente une transition de plateforme, un changement de paradigme dans la manière de travailler sur Internet.
Rédaction : Golden Hour
Traduction : TechFlow Intern
En 2013, l'analyste médias et technologie Benedict Evans a prononcé une conférence intitulée « Les téléphones portables dévorent le monde », explorant comment les appareils mobiles, à une échelle sans précédent, allaient transformer Internet et l'économie tout entière. À l’époque, 56 % des adultes américains possédaient un smartphone (contre plus de 85 % aujourd'hui). Nous ne pouvons pas imaginer ce qui se produira dans les dix prochaines années, tout comme je l'ai mentionné dans mes articles précédents : les innovations technologiques apparaissent souvent au moment où nous en avons le moins besoin.
La réflexion de Benedict Evans était visionnaire. Il savait que chaque vague technologique (chemins de fer, logiciels, smartphones... j’oserais dire aussi web3) donne naissance à de nouveaux modèles économiques. Il n’est donc pas surprenant que peu après son discours soit survenue l’explosion des applications mobiles natives et de l’innovation native. Uber en 2009, Snap en 2011, Lyft en 2012, DoorDash en 2013… la liste est longue.

La mobilité représente un changement de plateforme, un changement de paradigme dans le fonctionnement d’Internet. Elle accroît l’échelle et la complexité pour le consommateur, rendant l’utilisation des applications bien plus simple. Le téléphone est différent de l’ordinateur fixe : il est portable. Vous pouvez l’emporter partout, l’utiliser sans entrave pour une multitude de tâches — passer des appels, prendre des photos, consulter des cartes, effectuer des paiements, écouter de la musique, naviguer dans les magasins d’applications. Contrairement au web sur ordinateur, le smartphone est intrinsèquement social. Les applications peuvent accéder au carnet d’adresses du téléphone, disposant ainsi d’un graphe social immédiat ; elles peuvent importer des photos depuis l’album photo de l’utilisateur ou facilement récupérer ses coordonnées géographiques pour créer des réseaux basés sur la localisation.
Vu sous un angle global et objectif : en 1999, 80 milliards de photos prises par les consommateurs étaient réalisées sur pellicule. En 2014 seulement, 800 milliards de photos ont été partagées sur les réseaux sociaux. Soudainement, tout le monde est devenu photographe. Le smartphone incarne une nouvelle génération d’ordinateurs, mais aussi la naissance d’une nouvelle catégorie d’utilisateurs : les utilisateurs occasionnels, auxquels n’importe qui peut désormais appartenir.
Aujourd’hui, le web3 est largement natif du web, avec très peu d’applications mobiles natives largement utilisées. Comme l’a écrit Packy McCormick : « Si le web3 veut atteindre la même ampleur que l’internet (4,66 milliards d’utilisateurs), alors il ne couvre actuellement pas encore 1 % du marché. » Je crois que pour atteindre cet objectif, notre priorité doit être de développer des applications web3 véritablement natives du mobile, capables d’attirer ces utilisateurs occasionnels vers cet univers.
Quel type d’expérience utilisateur mobile native du web3 pourrait alors émerger ? Comme tout le monde, je ne peux qu’émettre des hypothèses, mais voici quelques exemples qui me viennent à l’esprit :
1. Des NFT géolocalisés, comme Mirage ou Dropverse. J’aimerais voir naître de nouveaux graphes sociaux fondés sur la localisation, quelque chose d’extrêmement proche d’un Zenly des NFT. Superlocal travaille justement sur une version intéressante.
2. Des jeux web3 en réalité augmentée, comme Jadu.
3. À ce stade, tout ce qui mêle réalité augmentée et NFT (j’imagine un monde où nous intégrons des NFT dans des vidéos Snapchat, TikTok ou Instagram).
4. Des portefeuilles web3 sociaux, comme Genesis ou Family.
5. Des « loot bags » hautement visuels et des galeries de NFT, comme Surreal et Cyber.
Le principal obstacle à la mobilité du web3 réside dans le fait que Google et Apple continuent de prélever des commissions sur toutes les transactions in-app sur leurs plateformes mobiles natives. Je vois des signes indiquant qu’Apple pourrait s’ouvrir sur ce point, mais la situation continue d’évoluer. (Note : c’est aussi pourquoi je suis enthousiaste à propos d’ethOS, dont l’objectif est de devenir le premier système d’exploitation mobile natif d’Ethereum : conçu sans permission, doté d’un navigateur décentralisé, d’un magasin de dApps et d’un support robuste pour les portefeuilles.)
Ce que je retiens avec le plus d’enthousiasme dans le discours de Benedict Evans, c’est que lorsqu’une technologie est pleinement adoptée, elle disparaît. Vous pouvez vérifier cette théorie avec presque tous les faits historiques liés aux innovations technologiques. J’ai testé cela en examinant la fréquence d’apparition des termes « chemin de fer », « ordinateur », « logiciel » et « téléphone portable » dans le corpus Google Livres entre 1900 et aujourd’hui.

On observe que chacun de ces mots suit une sorte de courbe en cloche : leur utilisation atteint un pic, puis commence à décroître à partir de ce point. Jusqu’à ce qu’à un certain moment, le mot disparaisse pratiquement… Benedict Evans avait raison. Maintenant, testons cette théorie avec les termes « Web3 » et « Crypto » entre 2018 et aujourd’hui.

Il est clair que les termes « Web3 » et « Crypto » sont encore loin d’atteindre une courbe en cloche similaire. Nous sommes loin d’une adoption massive. Et je crois fermement que les applications natives du mobile joueront un rôle clé pour y parvenir.
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