
La France sévit contre Polymarket, 30 pays emboîtent le pas, contraignant l'UE à redéfinir les marchés de prédiction
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La France sévit contre Polymarket, 30 pays emboîtent le pas, contraignant l'UE à redéfinir les marchés de prédiction
Les autorités de régulation n'ont pas considéré Polymarket comme une infraction relative à un lieu de transaction financier, mais l'ont plutôt directement qualifié de produit non conforme portant atteinte aux droits et intérêts des consommateurs.
Source : Blockhead
Compilation : Saoirse, Foresight News
L'Autorité Nationale des Jeux (ANJ) française a désormais ordonné à tous les fournisseurs d'accès Internet du pays de bloquer Polymarket. Il s'agit d'une plateforme de trading prédictif qui permet aux utilisateurs de parier sur les résultats d'événements réels en utilisant des cryptomonnaies.
Cette interdiction officielle a été officiellement émise par l'Autorité Nationale des Jeux le 16 juillet, marquant une escalade dans un bras de fer réglementaire qui dure depuis quatre ans, avec des mesures de régulation d'une rigueur sans précédent. Le point de départ central de ce contrôle se concentre principalement sur les dommages causés aux utilisateurs ordinaires par la plateforme, plutôt que sur les risques pour l'ordre du marché financier.
Cette classification est cruciale : les régulateurs n'ont pas classé Polymarket comme une bourse de cryptomonnaies sans licence, mais l'ont directement identifié comme une opération de jeu illégale, la plaçant dans la même catégorie réglementaire que les casinos en ligne sans licence et les plateformes de paris sportifs. La force contraignante juridique et les moyens d'application correspondant à ces deux classifications sont complètement différents, ce qui influencera également profondément l'approche des autorités de régulation des autres pays européens.
Les données sous-jacentes à l'escalade réglementaire
La France avait précédemment introduit des réglementations en novembre 2024, interdisant aux utilisateurs nationaux d'effectuer des transactions financières avec Polymarket, mais cette mesure a eu peu d'effet. Citant les données de la plateforme d'analyse de trafic Similarweb, l'Autorité Nationale des Jeux indique que rien qu'en juin 2026, la plateforme a compté 205 057 visiteurs uniques en France, avec un trafic total atteignant 578 751 visites. Les utilisateurs peuvent facilement contourner les restrictions de transfert de fonds en utilisant un réseau privé virtuel (VPN). L'autorité de régulation en a conclu que seul le blocage direct du nom de domaine du site peut permettre un contrôle efficace.
L'autorité de régulation a également cité deux pistes d'enquête sur des violations : Météo-France a déposé une plainte selon laquelle quelqu'un avait falsifié les données des capteurs de température pour manipuler les contrats prédictifs météorologiques sur Polymarket ; le département de la cybercriminalité du parquet de Paris a ouvert une enquête à ce sujet le 4 mai. En outre, les autorités de régulation se concentrent particulièrement sur un trader français dont le compte est nommé « Fredi9999 », qui a artificiellement modifié les cotes de paris liées à l'élection présidentielle américaine de 2024 via des positions importantes, et fait maintenant l'objet d'un examen réglementaire français.
Dès février 2026, l'Autorité Nationale des Jeux avait déjà requalifié ce type de marchés prédictifs en jeux illégaux. La raison est que ce type de plateforme manque des mécanismes de protection des risques obligatoirement équipés par les institutions de jeux légales en France : limites de mise, canal d'auto-exclusion pour les utilisateurs, incapables de garantir la sécurité des consommateurs.
Ce que cet événement signifie pour l'ensemble du secteur
La France n'est pas le seul pays à restreindre Polymarket ; actuellement, plus de 30 pays et régions dans le monde ont mis en place des contrôles sur cette plateforme : en novembre 2024, la Suisse a été la première à interdire le site ; début 2025, la Pologne, Singapour et la Belgique ont suivi avec des restrictions ; en janvier 2026, le Portugal a introduit des mesures de contrôle ; en mai de la même année, l'Espagne a émis un ordre de blocage temporaire et lancé simultanément une enquête. Le Brésil, l'Argentine, l'Inde, l'Indonésie, ainsi que l'Italie, l'Allemagne, la Roumanie, la Hongrie et l'Ukraine ont tous lancé des politiques de restriction pertinentes.
Mais la France est le pays à la plus grande économie de l'UE et aussi le premier État membre à exiger que tous les opérateurs nationaux bloquent uniformément le site. Les documents officiels mentionnent à plusieurs reprises des expressions telles que la nature addictive de la plateforme et les dommages aux consommateurs, ce qui est entièrement cohérent avec le langage utilisé lors de la régulation des loot boxes et d'autres produits de jeu gris similaires.
L'impact plus profond de cette affaire réside dans la question de savoir si cette norme réglementaire sera mise en œuvre dans toute l'UE. La France classe les marchés prédictifs dans la catégorie des jeux, plutôt que comme des instruments financiers ou des services d'information, ce qui entre en conflit évident avec le cadre réglementaire actuel du Règlement sur les marchés des crypto-actifs (MiCA) de l'UE. Si d'autres États membres de l'UE imitent la logique de jugement de la France, les marchés prédictifs cryptés pourraient être uniformément interdits dans toute l'UE en vertu de la loi sur les jeux, plutôt que d'être réglementés conformément aux réglementations du marché financier. Cela va à l'encontre de la stratégie de développement conforme à long terme déployée par la plateforme de prédiction conforme américaine Kalshi.
Kalshi est un marché prédictif conforme régulé par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) des États-Unis, qui étend actuellement continuellement ses activités institutionnelles américaines et avait auparavant des plans pour se déployer sur le marché européen. Une fois que l'UE qualifiera uniformément ce type de plateforme de projet de jeu, son plan d'expansion européenne rencontrera d'énormes obstacles — ce n'est pas que les utilisateurs européens ne pourront pas du tout y accéder, mais que le positionnement réglementaire et l'image de marque de la plateforme seront radicalement distincts de ses activités locales américaines.
À ce stade, la France équivaut à un échantillon test pour la régulation de l'UE. Si les mesures de blocage des opérateurs peuvent réduire considérablement le trafic d'accès local, et que l'affaire de falsification des données météorologiques aboutit finalement à des poursuites, les autres autorités de régulation de l'UE se référeront étroitement à ce cas pour élaborer leurs propres plans de contrôle nationaux.
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