
Le détroit d’Ormuz est rouvert : la Réserve fédérale amorcera-t-elle un « virage vers le « faucon » », et les marchés vont-ils réévaluer les attentes de « baisse des taux » ?
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Le détroit d’Ormuz est rouvert : la Réserve fédérale amorcera-t-elle un « virage vers le « faucon » », et les marchés vont-ils réévaluer les attentes de « baisse des taux » ?
La probabilité que le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, envoie un signal accommodant lors de la réunion du FOMC prévue cette semaine est en hausse ; le rendement des obligations américaines à deux ans dispose encore d’un espace significatif de baisse, et une nouvelle évaluation des taux d’intérêt (réduction) pourrait survenir à tout moment.
Rédaction : Zhao Ying
Source : Wall Street Insight
Deux catalyseurs majeurs de la baisse de l’inflation sont actuellement en train de produire leurs effets simultanément, fournissant ainsi une justification solide à une orientation plus « dovish » (prudente) du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, lors de la réunion du Comité fédéral de marché ouvert (FOMC) cette semaine.
Selon le bureau de trading « Chasing the Wind », dans un rapport publié par Citigroup Research le 15 juin, la réouverture prévue du détroit d’Ormuz devrait entraîner une baisse des cours du pétrole, éliminant ainsi le risque haussier que les prix de l’énergie font peser sur l’inflation. Parallèlement, les données publiées la semaine dernière concernant l’indice des prix à la consommation (IPC) hors alimentation et énergie (core CPI) se sont avérées nettement plus faibles que prévu, avec une hausse mensuelle de seulement 0,21 %.
La conjonction de ces deux éléments affaiblit encore davantage les arguments justifiant une position « hawkish » (restrictive) de la Réserve fédérale, remettant ainsi clairement sur la table la perspective d’une baisse des taux d’intérêt.
Pour les marchés, cette analyse a des implications directes en termes de valorisation. Le rendement des obligations américaines à deux ans a baissé d’environ 13 points de base par rapport à son niveau d’il y a une semaine, mais reste néanmoins supérieur de plus de 60 points de base à son niveau de février. Le marché conserve donc encore une marge pour réduire sa probabilité implicite de hausses de taux, tout comme il dispose d’un espace supplémentaire pour augmenter sa probabilité implicite de baisses de taux.
La pression exercée par les prix de l’énergie s’atténue, le risque inflationniste à la hausse s’émousse
L’anticipation d’une réouverture du détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux moteurs de ce recentrage « dovish ». Une fois la circulation maritime rétablie dans ce détroit stratégique, l’offre de pétrole brut augmentera, entraînant une baisse des cours du pétrole et des autres énergies.
Les prix de l’essence connaissent déjà une baisse continue depuis un mois : le prix national moyen est passé d’environ 4,50 dollars le gallon à 4,00 dollars le gallon. Citigroup prévoit que cette tendance se poursuivra, accompagnée d’une baisse similaire des autres produits énergétiques. Ce phénomène devrait générer, au cours des prochains mois, plusieurs lectures mensuelles négatives de l’inflation globale, incitant les responsables de la Réserve fédérale à requalifier les prix de l’énergie non plus comme un « risque inflationniste », mais comme un facteur neutre, voire déflationniste.
Le core CPI ralentit, la divergence entre les indicateurs d’inflation s’accentue
Au niveau de l’inflation sous-jacente, bien que le core PCE (indice des dépenses de consommation personnelle hors alimentation et énergie) de mai devrait rester robuste, le core CPI montre déjà des signes nets de ralentissement, avec une hausse mensuelle limitée à 0,21 %.
Le core PCE apparaît désormais comme un « élément atypique » parmi les différents indicateurs d’inflation : à la fois la moyenne tronquée du PCE et le core CPI se rapprochent davantage de l’objectif de la Fed, et leur tendance baissière est plus nette. Cette divergence est de plus en plus largement reconnue tant par les marchés que par les responsables de la Réserve fédérale, renforçant ainsi les fondements empiriques d’une posture « dovish ».
L’ajustement « hawkish » du FOMC est déjà pleinement anticipé ; une déclaration « dovish » offre une marge de progression
Le rapport prévoit que la déclaration du FOMC cette semaine supprimera la formulation faisant référence à une « orientation accommodante », tandis que la médiane du « dot plot » (graphique des projections individuelles des membres du FOMC) indiquera un maintien des taux d’intérêt inchangés pour cette année. Toutefois, cet ajustement « hawkish » est déjà pleinement intégré aux anticipations des marchés et ne constitue donc pas une information nouvelle.
Le véritable facteur d’incertitude réside dans le ton adopté par Jerome Powell. Compte tenu de la réouverture imminente du détroit d’Ormuz et du ralentissement observé de l’inflation sous-jacente, le risque qu’il envoie un signal « dovish » lors de cette réunion augmente. Si ses propos s’avèrent plus modérés que prévu, cela pourrait accélérer la réévaluation par les marchés de la trajectoire des baisses de taux.
Les rendements des obligations américaines conservent un potentiel de baisse ; la valorisation des marchés laisse encore place à des ajustements
Du point de vue de la valorisation marchande, le rapport considère que la probabilité implicite de hausses de taux, telle qu’affichée par les contrats à terme sur taux, demeure encore trop élevée. Bien que le rendement des obligations américaines à deux ans ait reculé d’environ 13 points de base par rapport à son niveau d’il y a une semaine, il reste supérieur de plus de 60 points de base à son niveau de février, ce qui indique que les marchés n’ont pas encore pleinement intégré l’atténuation des risques inflationnistes.
À mesure que les risques inflationnistes à la hausse, qui avaient jusque-là soutenu les anticipations « hawkish », disparaissent progressivement, les marchés devraient continuer à réduire leur probabilité implicite de hausses de taux, tout en augmentant simultanément celle de baisses de taux. Les rendements des obligations américaines conservent donc un potentiel de baisse supplémentaire.
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