
Tendance du marché boursier américain : un seul post déclenche un rebond de 930 points – ce soir, c’est au tour de SpaceX
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Tendance du marché boursier américain : un seul post déclenche un rebond de 930 points – ce soir, c’est au tour de SpaceX
Le cours d’ouverture de SPCX ce soir constituera la mesure la plus honnête du degré de préférence pour le risque sur ce marché.
Auteur : Recherche TechFlow

Jeudi (11 juin, heure de l’Est des États-Unis), Wall Street a connu un retournement en « V » digne d’un manuel. Les capitaux qui, la veille, fuyaient éperdument l’inflation et la guerre se sont tous retournés en bloc vingt-quatre heures plus tard.
L’indice Dow Jones a grimpé de 929,97 points (+1,86 %), atteignant 50 848,75 points et repassant au-dessus du seuil symbolique des 50 000 points ; le Nasdaq a bondi de 2,54 % à 25 809,66 points ; le S&P 500 a progressé de 1,75 % pour s’établir à 7 394,30 points. L’indice Russell 2000 a augmenté de 3,02 %, devançant tous les principaux indices. L’indice de volatilité VIX (« indice de la peur ») a reculé de près de 12 %, replongeant sous le seuil de 20.
Ce que rend cette forte hausse particulièrement remarquable, c’est qu’elle s’est produite malgré la publication des données d’inflation les plus élevées de l’année.
Le PPI le plus chaud, la réaction la plus froide
Le PPI (indice des prix à la production) de mai, publié ce matin, a bondi de 6,5 % en glissement annuel, son plus haut niveau depuis novembre 2022 ; en glissement mensuel, il a augmenté de 1,1 %, bien au-delà de la prévision consensus de 0,7 %. En détaillant davantage, la situation est encore plus impressionnante : les prix des biens ont augmenté de 2,8 % en glissement mensuel, soit la plus forte hausse mensuelle jamais enregistrée depuis le lancement de cette série statistique en 2009 ; environ 80 % de cette hausse provient de l’énergie, le prix de gros de l’essence ayant notamment grimpé de 23,4 % en un mois. Le prix de la demande intermédiaire au stade le plus amont de la chaîne logistique a quant à lui augmenté de 3,2 % en glissement mensuel, un nouveau record historique.
Dans n’importe quelle séance ordinaire, ces chiffres auraient suffi à faire chuter le Nasdaq de 2 %. Mais le marché ne se concentre sur qu’une seule chose : la guerre va-t-elle prendre fin ?
L’après-midi, Donald Trump a annoncé l’annulation de la frappe militaire contre l’Iran initialement prévue ce soir-là, affirmant que la direction suprême iranienne avait approuvé un projet d’accord multilatéral, auquel Israël et d’autres alliés avaient déjà donné leur accord « en principe ». À la suite de cette annonce, le cours du baril de pétrole brut WTI a chuté de plus de 4 % en séance, tombant vers les 86 dollars, tandis que le Brent a reculé sous les 89 dollars. Or, le pétrole est le moteur de cette vague inflationniste : sa chute équivaut à désamorcer directement la charge explosive du PPI. La réaction de Trump face à l’inflation est encore plus directe : « J’aime ça, j’aime cette inflation », déclarant par ailleurs que, dès la fin de la guerre, les cours du pétrole « tomberont comme une pierre ».
Ainsi, la chaîne logique des investisseurs s’est bouclée : projet d’accord, chute des cours du pétrole, anticipation d’un pic d’inflation, achat massif de tout actif. Les secteurs les plus fortement pénalisés la veille — technologie, industrie et matériaux — ont mené la hausse, tandis que les valeurs défensives, qui avaient atteint des sommets historiques mercredi (consommation discrétionnaire, immobilier, énergie), ont été brutalement délaissées. En deux séances, les mêmes capitaux ont accompli un retournement complet de position, passant du côté vendeur à celui acheteur.
La reprise vindicative des actions semi-conducteurs, le « no man’s land » des logiciels
La puissance de la reprise s’est concentrée sur le matériel IA. Micron a grimpé de près de 12 %, effaçant en une seule journée l’intégralité de ses pertes hebdomadaires ; SanDisk a progressé de 14 % ; Intel, dont le rating a été relevé par Bank of America, a gagné environ 10 %, grâce à une forte augmentation des commandes de processeurs (CPU) ; AMD a augmenté de 8 %. Depuis l’effondrement du Philadelphia Semiconductor Index survenu le 5 juin, seulement quatre séances ont suffi à restaurer complètement le sentiment du marché.
Dans le domaine des logiciels, on entre dans un autre monde. Oracle a chuté de 9,56 %, clôturant aux alentours de 184 dollars. Un résultat trimestriel supérieur aux attentes ne change rien : le marché observe surtout un chiffre d’affaires cloud inférieur aux prévisions, un flux de trésorerie libre négatif de 23,7 milliards de dollars et un nouveau plan de financement de 40 milliards de dollars. Après la clôture, Adobe a livré le classique combo « résultats supérieurs aux attentes + révision à la hausse des prévisions » : chiffre d’affaires du deuxième trimestre à 6,62 milliards de dollars (+13 %), prévisions annuelles de bénéfice par action (EPS) relevées à 24,35–24,45 dollars, revenus récurrents liés à l’IA triplés en glissement annuel. Pourtant, le cours de l’action a reculé de plus de 5 % après la séance. Le déclencheur ? Le directeur financier Dan Durn a annoncé son départ pour rejoindre Marvell dès lundi prochain — la deuxième haute direction à quitter Adobe en trois mois, après l’annonce, en mars, du départ prévu du PDG Shantanu Narayen. Le titre a déjà perdu 38 % depuis le début de l’année : une entreprise dont les revenus tirés de l’IA ont triplé est ainsi valorisée comme une victime de l’IA.
Une même narration sur l’IA, mais deux destins opposés : le matériel est acheté à tour de bras, tandis que les logiciels sont abandonnés. Le sous-entendu du marché est impitoyable : l’argent généré par la puissance de calcul est tangible, tandis que la « moat » (avantage concurrentiel durable) des logiciels reste invisible. Les dirigeants votent avec leurs pieds dans la même direction que le cours de l’action : le CFO d’Adobe part justement rejoindre Marvell, une société spécialisée dans les semi-conducteurs.
Ce soir, la plus grosse introduction en bourse de l’histoire
Un autre motif d’achat en fin de séance jeudi se trouve dans ce qui attend vendredi : SpaceX a fixé son prix d’introduction à 135 dollars par action et fait officiellement son entrée sur le Nasdaq ce soir, sous le code SPCX.
L’envergure de cette opération est sans précédent : l’offre initiale devrait lever environ 75 milliards de dollars, soit près de trois fois le précédent record détenu par Aramco (25,6 milliards de dollars) ; la valorisation à l’introduction sera d’environ 1 750 milliards de dollars, plaçant immédiatement SpaceX au septième rang des capitalisations boursières américaines, devant son « frère » Tesla (environ 1 600 milliards de dollars). Selon certaines sources, la demande de souscription aurait dépassé 250 milliards de dollars, soit 3,5 à 4 fois l’objectif de levée de fonds. Environ 30 % des actions seront réservés aux investisseurs particuliers, soit trois fois plus que la pratique habituelle dans le secteur. Après l’introduction, Elon Musk conservera plus de 82 % des droits de vote.
Autre élément à noter sur les agendas des traders : conformément aux règles, SpaceX sera intégré à l’indice Nasdaq-100 quinze jours après son introduction. À ce moment-là, les fonds indiciels suivant le QQQ devront acheter mécaniquement des actions SPCX, pour un montant estimé entre 22 et 27 milliards de dollars.
Les risques sont eux aussi parfaitement transparents. Le sénateur Elizabeth Warren a écrit à la SEC pour demander un report de l’introduction, mettant en cause une valorisation déconnectée des fondamentaux financiers (chiffre d’affaires annuel d’environ 20 milliards de dollars, soit un ratio valeur marchande/chiffre d’affaires de 88) et la structure actionnariale à double niveau de droits de vote. Morningstar a quant à elle jugé l’opération « nettement surévaluée ». Un problème plus immédiat se pose également : la levée de 75 milliards de dollars retirera une masse considérable de liquidités du marché secondaire en une semaine ; les fortes fluctuations observées cette semaine dans les secteurs du stockage et des CPU résultent en partie de mouvements de portefeuille destinés à libérer des moyens pour souscrire à l’offre.
Observation TechFlow
La qualité de cette reprise mérite d’être questionnée.
La chute de 953 points mercredi et la hausse de 930 points jeudi ont été déclenchées par un seul et même compte Twitter. Le projet d’accord n’est pas encore signé, et la confirmation iranienne provient encore de sources non officielles ; or, historiquement, ce conflit a déjà connu plusieurs reprises après des annonces de « rapprochement avancé ». Si un simple post a suffi à sortir les indices du précipice, un seul autre post pourrait les y précipiter à nouveau.
Le front de l’inflation n’est pas non plus sécurisé. La hausse record du PPI pour la demande intermédiaire correspond à une eau déjà injectée dans la tuyauterie : même si les cours du pétrole atteignent immédiatement leur sommet, ils continueront à se répercuter sur l’IPC pendant les deux ou trois prochains mois. La probabilité d’une hausse des taux de 25 points de base en décembre, telle que reflétée par les marchés, n’a pas bougé d’un iota après la publication des données. La Banque centrale européenne a déjà relevé ses taux jeudi, les portant à 2,25 % ; la Réserve fédérale américaine, la Banque du Japon et la Banque d’Angleterre prendront le relais la semaine prochaine. Le marché mise sur un scénario idéal où « la guerre prend fin, les cours du pétrole s’effondrent, et les hausses de taux sont annulées » — les trois éléments étant indispensables.
Les arguments contraires sont toutefois clairement exposés : le PPI sous-jacent a augmenté de 0,4 % en glissement mensuel moins que prévu, confirmant un ralentissement réel de la dynamique inflationniste hors énergie ; les commandes de processeurs d’Intel et la demande adressée à Micron reposent sur des commandes réelles, non sur des anticipations spéculatives ; et si l’accord de paix se concrétise, le chemin inflationniste associé à un baril à 86 dollars sera totalement différent de la sur-réaction paniquée observée cette semaine. Les haussiers n’ont pas besoin d’un scénario parfait : il leur suffit que les cours du pétrole cessent de battre des records.
Le cours d’ouverture de SPCX ce soir constituera la mesure la plus sincère du degré de tolérance au risque du marché. 75 milliards de dollars de nouvelles actions, un ratio valeur marchande/chiffre d’affaires de 88, une souscription excédentaire de 4 fois : la cupidité et le scepticisme se rencontreront dans une même bougie.
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