
Andrew Ng : L’IA ne provoquera pas une vague de licenciements, mais une vague d’embauches.
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Andrew Ng : L’IA ne provoquera pas une vague de licenciements, mais une vague d’embauches.
Il est désormais opportun d’encourager davantage de personnes à apprendre l’intelligence artificielle et à se préparer aux futurs emplois, certes différents, mais abondants.
Auteur : Andrew Ng
Traduction : TechFlow
Introduction de TechFlow : Dans son dernier article, Andrew Ng répond frontalement à la narration selon laquelle « l’IA entraînera un chômage massif ». Son argument central est le suivant : l’ingénierie logicielle, le secteur le plus affecté par l’IA, connaît néanmoins une demande robuste en recrutement ; le taux de chômage aux États-Unis reste à un niveau sain de 4,3 %. Les laboratoires d’IA, les entreprises SaaS et les sociétés procédant à des licenciements ont chacun des motifs propres à exagérer les capacités substitutives de l’IA. La valeur de cet article réside dans le fait qu’il émane d’une personnalité qui a à la fois contribué au développement de l’IA et œuvré durablement à sa démocratisation éducative.
Il n’y aura pas de « fin du travail » causée par l’IA.
La narration selon laquelle « l’IA entraînera un chômage massif » suscite une anxiété injustifiée. Comme toute technologie, l’IA a un impact sur l’emploi, mais présenter cette perspective comme une « crise de chômage massif » est à la fois irresponsable et nuisible. Il est temps de mettre un terme à cela.
J’ai déjà exprimé mes doutes concernant la « fin du travail » liée à l’IA dans des articles antérieurs. La bonne nouvelle est que les médias grand public commencent désormais eux aussi à contester cette narration. Le graphique ci-dessous rassemble quelques titres récents d’articles traitant du sujet.
L’ingénierie logicielle est le domaine le plus fortement impacté par les outils d’IA, les agents de programmation (« coding agents ») occupant une place de premier plan. Pourtant, la demande de recrutement d’ingénieurs logiciels demeure forte. Certes, des cas de remplacement de postes par l’IA existent bel et bien, mais la tendance est claire : l’IA crée nettement plus d’emplois qu’elle n’en supprime, comme ce fut le cas lors de chaque vague technologique précédente. En outre, malgré les progrès spectaculaires réalisés par l’IA, le taux de chômage aux États-Unis reste à un niveau sain de 4,3 %.
Qui propage la « fin du travail » liée à l’IA ?
Pourquoi la narration de la « fin du travail » liée à l’IA rencontre-t-elle un tel succès ?
Tout d’abord, les laboratoires d’IA de pointe ont un fort intérêt à raconter des histoires qui donnent l’impression que l’IA est d’une puissance extraordinaire. La version la plus extrême de ce récit est celle d’un scénario de science-fiction où l’IA « prendrait le contrôle du monde » ou conduirait à l’extinction de l’humanité. Le raisonnement est simple : si une technologie peut remplacer un grand nombre de salariés, alors cette technologie doit nécessairement être extrêmement précieuse.
Ensuite, de nombreuses entreprises SaaS pratiquent des tarifs annuels par utilisateur compris entre 100 et 1 000 dollars. Or, si une entreprise spécialisée dans l’IA parvient à remplacer un employé dont le salaire annuel s’élève à 100 000 dollars, ou à augmenter sa productivité de 50 %, il semble tout à fait raisonnable de facturer 10 000 dollars par an. Le point d’ancrage passe ainsi du prix des solutions SaaS au salaire des employés, permettant aux entreprises d’IA de fixer des tarifs nettement plus élevés.
Enfin, les entreprises elles-mêmes ont également intérêt à présenter leurs licenciements comme étant dus à l’IA. Après tout, affirmer « nous avons amélioré notre efficacité grâce à l’IA, ce qui nous a conduit à rationaliser nos effectifs » sonne bien mieux que « nous avions embauché excessivement pendant la pandémie, lorsque le coût du capital était bas ». Cette dernière explication — fondée sur des taux d’intérêt bas et une stimulation budgétaire gouvernementale massive — est pourtant la cause réelle de ces sur-embauches.
Cela n’a rien à voir avec une « fin du travail »
J’admets que l’IA transforme profondément le travail de nombreuses personnes. Cela est difficile et source d’anxiété (et peut même sembler intéressant à certains). Je comprends parfaitement la situation de chacun de ceux qui en sont affectés. Toutefois, la transformation du contenu des emplois et la prédiction d’un effondrement du marché du travail sont deux choses radicalement différentes.
La société est capable de se raconter une histoire pendant de nombreuses années, même si celle-ci repose sur peu de fondements réels, et d’en tirer collectivement des décisions médiocres. Par exemple : la peur liée à la sécurité nucléaire a conduit à un investissement gravement insuffisant dans ce domaine ; la panique autour de la « bombe démographique » dans les années 1960 a incité plusieurs pays à adopter des politiques de contrôle strict de la population ; l’inquiétude quant aux graisses alimentaires a poussé les gouvernements à promouvoir, pendant des décennies, des régimes riches en sucres et malsains.
Les médias grand public commencent aujourd’hui à remettre publiquement en question la narration de la « fin du travail » liée à l’IA. J’espère que ce type de récit perdra progressivement de son influence, tout comme la crainte selon laquelle « l’IA entraînerait l’extinction de l’humanité » s’est peu à peu estompée.
Plutôt qu’une « fin du travail », une « fête de l’emploi »
Ma prédiction va précisément dans le sens opposé : nous assisterons à une véritable « fête de l’emploi » liée à l’IA. L’IA créera un grand nombre d’emplois qualifiés dans le domaine de l’ingénierie IA, et je suis globalement optimiste quant à l’avenir du marché du travail. Ce que feront les ingénieurs IA sera différent de ce que font traditionnellement les ingénieurs logiciels, et de nombreux nouveaux postes émergeront au sein d’entreprises autres que les grands employeurs technologiques classiques. Par ailleurs, les compétences requises pour les postes non liés à l’IA seront également transformées par l’IA. C’est donc précisément le moment idéal pour encourager davantage de personnes à apprendre l’IA afin de se préparer aux emplois futurs, certes différents, mais abondants.
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