
Explication détaillée de la procédure d’annulation de l’acquisition de Manus par Meta : remboursement de 2 milliards de dollars et isolement puis suppression des données
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Explication détaillée de la procédure d’annulation de l’acquisition de Manus par Meta : remboursement de 2 milliards de dollars et isolement puis suppression des données
L’opération d’acquisition, troisième plus importante de l’histoire de Meta, a été officiellement annoncée en décembre 2025 et interdite en avril 2026, soit seulement quatre mois plus tard.
Source : AI Ruipu
Le 27 avril, le Bureau du mécanisme de contrôle de la sécurité des investissements étrangers au sein de la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR) a officiellement pris la décision d’interdire l’investissement, mettant ainsi fin à l’acquisition par Meta de l’entreprise chinoise spécialisée dans les agents intelligents IA, Manus.

Cette transaction, un temps considérée comme la troisième plus importante acquisition de l’histoire de Meta, a été annoncée en décembre 2025 et interdite en avril 2026 — soit un délai de seulement quatre mois.
Chronologie clé de l’acquisition de Manus
En mars dernier, Manus a été officiellement lancé. L’équipe de Monica.im a présenté le premier agent intelligent IA universel au monde, déclenchant immédiatement un engouement massif sur le marché : les codes d’invitation se sont vendus à des prix élevés, tandis que le chiffre d’affaires annuel a rapidement dépassé 125 millions de dollars américains.
Le 30 décembre dernier, Meta a annoncé son intention d’acquérir Butterfly Effect, société mère de Manus, pour un montant compris entre 3 et 5 milliards de dollars américains. Les négociations n’ont duré qu’une dizaine de jours, et son fondateur, Xiao Hong, devait devenir vice-président de Meta.
Le 8 janvier, les autorités réglementaires ont lancé une enquête ; le Ministère du Commerce, en coordination avec d’autres départements concernés, a procédé à une évaluation portant notamment sur la conformité des exportations technologiques, des transferts transfrontaliers de données et des déclarations relatives aux investissements étrangers.
En mars, la CNDR a convoqué les dirigeants des deux parties afin de leur signaler les risques liés au transfert technologique et à la sécurité des données, et leur a demandé de suspendre toute avancée dans le processus d’acquisition.
Le 27 avril, le Bureau du mécanisme de contrôle de la sécurité des investissements étrangers a officiellement interdit la transaction, exigeant l’annulation de l’acquisition et le rétablissement de la situation antérieure.
Annulation de la transaction : rétablissement complet, depuis les actions jusqu’aux données
Conformément à l’article 12 des « Règles sur le contrôle de la sécurité des investissements étrangers », une fois qu’une décision d’interdiction d’investissement est prise par les autorités nationales, l’exigence principale consiste à rétablir, dans un délai imparti, la situation antérieure à la mise en œuvre de l’investissement, afin d’éliminer tout impact sur la sécurité nationale. Cette obligation se décline en trois volets :
(1) Niveau des actions et des entités contractantes
Les parties signent un accord écrit de résiliation, annulant l’acquisition et mettant fin à tous les documents connexes (accords d’actionnaires, accords de transfert technologique, etc.).
Si Meta a déjà procédé au transfert des actions, elle doit restituer intégralement ses parts de Manus à leurs actionnaires initiaux ou à une entité résidente en Chine, et effectuer les modifications requises auprès des autorités d’enregistrement commercial, tant en Chine qu’à l’étranger.
Les autorités réglementaires superviseront ce changement d’actionnariat afin de garantir qu’aucun « contrôle déguisé » (par exemple via des accords de contrôle ou des actions détenues pour le compte d’autrui) ne subsiste.
(2) Restitution des fonds et du prix convenu
Meta doit rembourser intégralement environ 2 milliards de dollars américains déjà versés (acomptes, paiements anticipés, etc.) sur le compte bancaire lié à la transaction.
Une fois les fonds reçus, les actionnaires initiaux doivent les renvoyer par la même voie que celle initialement utilisée, conformément aux exigences réglementaires, et déclarer cette opération à l’autorité chargée de la régulation des changes.
Les frais d’intermédiaires, les pénalités de rupture de contrat et autres sommes similaires doivent être réglés par les deux parties, sans recourir à des dispositifs détournés tels que des « paiements compensatoires » ou des « frais de conseil », destinés à masquer un versement effectif du prix d’acquisition.
L’autorité chargée de la régulation des changes vérifiera scrupuleusement l’ensemble du parcours des fonds afin d’empêcher toute fuite de capitaux sous couvert de « résiliation de transaction ».
(3) Sécurité des données et des technologies
Isolation et suppression des données :
Meta doit supprimer intégralement toutes les données des utilisateurs chinois de Manus, ainsi que les données d’entraînement et les données opérationnelles auxquelles elle a eu accès ; elle doit fournir une attestation écrite de suppression, soumise à vérification. De son côté, Manus doit rétablir le stockage local de ses données et mettre fin à tous les canaux de transfert transfrontalier de données.
Rétablissement des technologies et du code source :
Toutes les licences technologiques accordées à Meta ainsi que tout transfert de code source doivent être annulés. Le contrôle des technologies IA fondamentales et des modèles algorithmiques doit être pleinement rétabli par Manus, et Meta est interdite d’utiliser tout résultat technologique issu de Manus. Tous les documents techniques et copies de code déjà transmis doivent être détruits.
Isolation des personnels et de la gestion :
Tout personnel managérial ou technique envoyé par Meta doit quitter immédiatement Manus. Tous les accords de gestion impliquant un quelconque droit de contrôle doivent être résiliés, afin de garantir une autonomie complète de l’entité résidente en Chine.
Raisons fondamentales de l’interdiction : franchissement de trois lignes rouges
1. Sécurité des technologies et des données
Les technologies fondamentales de Manus ont été développées en Chine par une équipe composée exclusivement de ressortissants chinois. Or, lors de la transaction, la structure juridique de l’entreprise a été transférée à Singapour, ce qui a suscité une attention particulière des autorités réglementaires, notamment quant à la possibilité d’un « blanchiment technologique » visant à contourner les restrictions chinoises sur les exportations technologiques. Les algorithmes fondamentaux, les données d’entraînement et les données utilisateur risquaient ainsi d’être transférés à l’étranger via l’acquisition, menaçant directement la souveraineté des données et la sécurité technologique nationale.
2. Lacunes en matière de conformité des acquisitions par des investisseurs étrangers
Bien que présentée comme une « acquisition d’une entreprise singapourienne par une société américaine », cette transaction constituait en réalité l’acquisition, par un investisseur étranger, d’une technologie IA chinoise développée localement, mais transférée préalablement sous une entité étrangère. Elle n’a pas fait l’objet de la procédure obligatoire de contrôle de la sécurité des investissements étrangers en Chine. Les autorités réglementaires l’ont donc qualifiée de « fusion-acquisition transfrontalière destinée à contourner le contrôle réglementaire ».
3. Restructuration organisationnelle visant à éviter la surveillance réglementaire
Les « Règles sur le contrôle de la sécurité des investissements étrangers » stipulent clairement que toute acquisition par un investisseur étranger impliquant des technologies critiques ou des données sensibles doit faire l’objet d’une déclaration préalable au contrôle de sécurité. Manus avait tenté de transférer son contrôle via un schéma combinant « R&D locale + restructuration à l’étranger + acquisition par un investisseur étranger », sans accomplir la déclaration requise — une omission qui a rendu la transaction nulle et non avenue.
Surveillance réglementaire et contraintes ultérieures
Les parties concernées doivent achever l’ensemble des mesures décrites ci-dessus dans le délai fixé par les autorités réglementaires. Le Bureau du mécanisme de contrôle de la sécurité des investissements étrangers, en étroite collaboration avec la CNDR, le Ministère du Commerce, l’Administration nationale de la cybersécurité et de l’information (CAC), ainsi que l’Administration d’État des changes, procédera à des vérifications sur site afin de confirmer le rétablissement effectif de la situation antérieure.
En cas de non-respect de ces obligations, les autorités réglementaires pourront infliger des sanctions légales, telles que des amendes, des restrictions d’activités sur le territoire chinois ou encore l’interdiction pour les entités concernées de participer à toute activité d’investissement étranger. Les responsables concernés pourraient également encourir des responsabilités pénales.
Par ailleurs, toute coopération transfrontalière future ou toute levée de fonds menée par Manus ou ses actionnaires initiaux devra impérativement respecter les procédures légales obligatoires, notamment le contrôle de la sécurité des investissements étrangers et l’évaluation de la sécurité des transferts de données à l’étranger. Il sera désormais strictement interdit de transférer, par des moyens détournés, le contrôle, les données ou les technologies vers l’étranger.
Plus aucune zone grise pour les fusions-acquisitions transfrontalières dans le domaine de l’IA
La décision d’interdiction prise cette fois ne vise pas uniquement un cas isolé, mais trace clairement une frontière pour l’ensemble du secteur de l’intelligence artificielle :
Elle interdit explicitement le modèle de transfert « R&D locale + restructuration à l’étranger + acquisition par un investisseur étranger » ; toute fusion-acquisition transfrontalière dans le domaine de l’IA doit impérativement passer par l’ensemble complet des procédures de contrôle de sécurité et d’évaluation des transferts de données ; enfin, le contrôle des technologies IA développées sur le territoire chinois ne peut être transféré à l’étranger sans avoir préalablement fait l’objet d’un contrôle réglementaire.
Pour Meta, la fin de ce projet d’acquisition signifie la perte d’un actif technologique stratégique clé dans le domaine des agents IA, et le remboursement intégral des sommes déjà versées. Pour l’équipe de Manus, cela implique le rétablissement intégral du contrôle exercé par l’entité résidente en Chine, la fin de toute collaboration avec Meta, et un retour à une exploitation entièrement conforme à la réglementation nationale.
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