
Résumé du marché du 4 février : l’effondrement des actions technologiques déclenche une réaction en chaîne, tandis que les actifs refuges connaissent un fort rebond.
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Résumé du marché du 4 février : l’effondrement des actions technologiques déclenche une réaction en chaîne, tandis que les actifs refuges connaissent un fort rebond.
Toute détérioration fera monter les actifs refuges (or) et exercera une pression baissière sur les actifs à risque (actions, cryptomonnaies).
Rédaction : Ma Mengniu, TechFlow
Marchés américains : l’apocalypse des valeurs logicielles
Clôture des marchés américains, mardi 4 février :
- Dow Jones : 49 241 points (–0,34 %)
- S&P 500 : 6 918 points (–0,84 %)
- Nasdaq : 23 255 points (–1,43 %)
Cela ne ressemble pas à un simple ajustement, mais plutôt à une crise de confiance généralisée dans le secteur technologique.
Le secteur logiciel a été le plus durement touché aujourd’hui. Le fonds WisdomTree Cloud Computing a chuté de 3,2 %, enregistrant sa sixième séance consécutive de baisse — son plus long repli annuel à ce jour.
Un grand nombre d’actions de sociétés de logiciels professionnels ont atteint un plus bas sur 52 semaines :
Salesforce a reculé de près de 7 % ; ServiceNow de près de 7 % ; IBM de 6,28 % ; Workday, Adobe, DocuSign et Asana ont tous établi de nouveaux creux historiques.
Pourquoi les actions logicielles se sont-elles effondrées collectivement ?
Le marché vient de prendre conscience d’une réalité brutale : l’IA ne vient pas aider les entreprises SaaS, elle est là pour les remplacer.
Au cours des dernières semaines, l’attitude des investisseurs envers les logiciels professionnels s’est radicalement inversée. On pensait initialement que l’IA renforcerait ces outils ; on réalise désormais qu’elle pourrait tout simplement les remplacer. Pourquoi souscrire à Salesforce si un assistant IA peut gérer directement vos relations clients ? Pourquoi utiliser ServiceNow si l’IA traite automatiquement vos tickets de support ?
Il ne s’agit pas ici d’un problème de valorisation excessive, mais bien d’une panique face à la disruption du modèle économique.
Les « Sept géants technologiques » ont affiché aujourd’hui des performances contrastées :
Microsoft a reculé de plus de 2 % ; Meta de plus de 2 % ; NVIDIA de près de 3 % ; Apple a légèrement baissé.
L’unique point lumineux est Palantir : après avoir publié hier soir des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, l’action a grimpé de 6,8 % aujourd’hui. Ce cas isolé met d’autant plus en lumière la sélectivité du marché : les capitaux ne veulent financer que les entreprises capables de démontrer des applications concrètes de l’IA.
Les difficultés de NVIDIA s’aggravent. OpenAI exprime sa déception vis-à-vis des dernières puces IA de NVIDIA, plongeant ainsi dans l’impasse leur projet d’investissement conjoint de 100 milliards de dollars. Ce n’est pas seulement un problème pour NVIDIA : c’est une fissure dans tout le récit d’investissement autour des infrastructures IA. Si la cadence d’innovation est aussi rapide, les milliers de milliards de dollars déjà engagés dans les dépenses en capital ne risquent-ils pas de devenir obsolètes très rapidement ?
PayPal a chuté de 15 % en pré-marché aujourd’hui, puis de plus de 20 % à la clôture.
Son rapport financier révèle : un bénéfice trimestriel inférieur aux attentes ; des prévisions de bénéfice décevantes pour 2026 ; une faiblesse persistante des dépenses de détail aux États-Unis ; une croissance modeste de son activité de paiements intégrés aux marques.
L’effondrement de PayPal n’est pas un événement isolé, mais un signal clair du ralentissement des dépenses des consommateurs. Si même un service d’infrastructure comme les paiements en ligne stagne, cela signifie que la dynamique sous-jacente de l’économie s’affaiblit.
Le Dow Jones n’a reculé que de 0,34 %, bien mieux que le Nasdaq (–1,43 %). Pourquoi ?
Des valeurs défensives ont soutenu le marché : Verizon a progressé de 3,59 %, Cisco de 3,08 %, Walmart de 2,97 %. Les capitaux se réorientent : ils quittent les actions technologiques à forte valorisation pour se tourner vers les valeurs de rendement et les titres défensifs.
Il s’agit d’un comportement typique de fuite du risque. Lorsque les investisseurs commencent à remettre en cause le récit entourant les valeurs technologiques, ils privilégient les entreprises de l’« économie traditionnelle », dotées de flux de trésorerie réels, d’une valorisation modérée et d’un rendement élevé en dividendes.
Cryptomonnaies : de l’« hiver cryptographique » au « grand froid »
Le bitcoin est tombé sous les 73 000 dollars, atteignant son plus bas niveau depuis 16 mois.
Le bitcoin est descendu jusqu’à 72 884 dollars, son plus bas niveau depuis le 6 novembre 2024. L’ether a brièvement chuté sous les 2 200 dollars, perdant 6,5 % sur la journée ; la Solana a franchi le seuil des 100 dollars, reculant de 5,5 %.
Matthew Hougan, chef des investissements chez Bitwise Asset Management, a publié un rapport sans détour :
« Ce n’est pas une simple correction en pleine tendance haussière, ni une opportunité d’acheter à bas prix. Il s’agit d’un véritable hiver cryptographique, à l’échelle de celui de 2022, digne du film *The Revenant*. »
Il précise que le marché cryptographique est entré en période baissière dès janvier 2025, même si beaucoup refusent encore de l’admettre. La bonne nouvelle ? Si cette phase baissière ressemble effectivement à celle de 2022, cela signifierait que le point bas pourrait être proche.
Pourquoi les cryptomonnaies s’effondrent-elles aussi violemment ?
- Détérioration du contexte macroéconomique
Effondrement des valeurs technologiques américaines, effondrement généralisé de l’appétit pour le risque ; report des données sur l’emploi non agricole (NFP), laissant les marchés naviguer « à l’aveugle » ; rebond du dollar, défavorable aux actifs cryptographiques.
- Assèchement de la liquidité
Au cours de la semaine dernière, les produits d’investissement en actifs numériques ont connu des sorties nettes de 1,7 milliard de dollars. Depuis le début de l’année 2026, les sorties cumulées atteignent déjà 1 milliard de dollars. Le responsable de la recherche chez CoinShares qualifie ce phénomène de « détérioration notable du sentiment des investisseurs à l’égard de cette classe d’actifs ».
- Spirale de liquidations passives
Depuis jeudi dernier, plus de 2 milliards de dollars de positions longues et courtes sur le bitcoin ont été liquides forcées. Samedi, le montant total des liquidations s’est élevé à 2,56 milliards de dollars — le dixième plus important jamais enregistré sur une seule journée. Ces liquidations déclenchent une réaction en chaîne : baisse des cours → déclenchement des liquidations → pression vendeuse accrue → nouvelle baisse des cours. Dans un marché peu liquide comme celui du week-end, cette spirale devient particulièrement mortelle.
Où va le bitcoin ensuite ?
Sur le plan technique :
Niveau de soutien actuel : fourchette 72 000–70 000 dollars ; en cas de rupture sous 70 000 dollars, le prochain objectif serait 68 000 dollars ; dans un scénario plus pessimiste, une correction pourrait l’entraîner entre 58 000 et 62 000 dollars.
Sur le plan fondamental :
L’engagement de Donald Trump en faveur d’une « Réserve stratégique de bitcoins » reste sans suite concrète à ce jour ; les projets de loi régulant les cryptomonnaies, comme le Clarity Act, avancent lentement ; la pivot hawkish de la Réserve fédérale (nomination de Walsh) nuit à la liquidité.
Sentiment du marché :
L’indice de peur et de cupidité : 14 (peur extrême) ; l’indicateur RSI approche de la zone de survente, sans toutefois y être encore entré ; le bitcoin a perdu 16 % depuis le début de l’année.
Métaux précieux : un retournement en V épique
L’or au comptant a clôturé à environ 4 991 dollars l’once, en hausse de plus de 5 % sur la journée. En cours de séance, il a brièvement dépassé les 5 016 dollars — sa plus forte progression quotidienne depuis novembre 2008.
L’argent a également rebondi vigoureusement, gagnant près de 10 % pour atteindre environ 87 dollars l’once.
Pourquoi l’or a-t-il accompli ce retournement en V ?
La « panique Walsh » est désormais digérée.
Vendredi dernier, la nomination par Donald Trump de Christopher J. Walsh à la tête de la Réserve fédérale avait provoqué un effondrement historique de l’or (–11 % sur une seule journée). La réaction initiale des marchés avait été une vente panique : Walsh = politique monétaire restrictive → taux d’intérêt maintenus à un niveau élevé → dollar renforcé → or délaissé.
Mais aujourd’hui, les investisseurs procèdent à une réévaluation :
Walsh ne prendra ses fonctions qu’au plus tôt en mai, donc la panique initiale était excessive ; même s’il adopte une posture hawkish, il ne pourra ignorer les indicateurs économiques ; le marché anticipe toujours deux baisses de taux en 2026.
L’or est passé de 5 600 à 4 400 dollars l’once, soit une chute supérieure à 20 %. Cette correction brutale a éliminé les spéculateurs à effet de levier et creusé ce qu’on appelle un « trou d’or ».
Les investisseurs à long terme et les banques centrales ont commencé à acheter massivement.
JPMorgan a réaffirmé aujourd’hui son objectif pour l’or fin 2026 : 6 300 dollars l’once, qualifiant ce recul actuel d’« opportunité de réaccumulation hautement valorisante ».
Par ailleurs, la publication du rapport sur l’emploi non agricole (NFP) pour janvier, initialement prévue vendredi, a été reportée en raison de la fermeture partielle du gouvernement américain. Les marchés se retrouvent ainsi privés de leur indicateur économique le plus fiable, ce qui accroît l’incertitude. Or, l’incertitude est l’alliée naturelle de l’or.
Dans l’ensemble, la logique fondamentale soutenant l’or demeure inchangée.
Ce rebond n’est pas un « dead cat bounce » (rebond artificiel après une chute brutale), mais bien le fruit d’achats réels étayés par des fondamentaux solides :
Les banques centrales poursuivent leurs achats d’or (800 tonnes attendues en 2026) ; la pression à la dépréciation à long terme du dollar persiste ; la tendance mondiale à la « désdollarisation » est irréversible ; la dette publique américaine atteint 38 000 milliards de dollars, et la dégradation de la discipline budgétaire alimente une crise de confiance généralisée dans les monnaies fiduciaires.
JPMorgan et Deutsche Bank estiment tous deux que l’or devrait atteindre entre 6 000 et 6 300 dollars l’once cette année. À son niveau actuel, aux alentours de 5 000 dollars, il conserve encore un potentiel de hausse supérieur à 20 %.
La contradiction centrale du marché : bulle IA contre résilience économique
L’évolution des marchés aujourd’hui révèle une contradiction profonde :
D’un côté, le récit autour de l’IA appliquée aux valeurs technologiques est mis à mal. L’effondrement des valeurs logicielles, les difficultés de NVIDIA, la chute vertigineuse de PayPal disent toutes la même chose : la vitesse de commercialisation de l’IA ne suit pas le rythme effréné des dépenses en capital. Les sept géants technologiques prévoient des dépenses en capital de 440 milliards de dollars en 2026 ; si ces investissements ne génèrent pas des retours proportionnés, la bulle explosera.
De l’autre côté, les secteurs économiques traditionnels résistent bien. Verizon, Cisco et Walmart ont tous grimpé de plus de 2 % aujourd’hui. Le Dow Jones n’a reculé que de 0,34 %, bien loin derrière le Nasdaq (–1,43 %). Cela prouve que les fondamentaux de l’économie ne se sont pas effondrés : le marché procède simplement à une réévaluation des valorisations des valeurs technologiques.
Les cryptomonnaies se retrouvent coincées entre deux feux : elles ne sont ni de véritables actifs de refuge (l’or bondit tandis que le bitcoin s’effondre), ni des actifs purement spéculatifs (les marchés actions ne font que corriger, alors que le bitcoin sombre dans l’hiver). Cette position « indésirable des deux côtés » fait des marchés cryptographiques le segment le plus vulnérable du moment.
Points clés à surveiller pour le reste de la semaine
Mercredi–jeudi : résultats des géants technologiques
- Amazon, Alphabet (Google)
Si ces résultats déçoivent, les valeurs technologiques pourraient connaître un nouvel effondrement. S’ils dépassent les attentes, ils pourraient temporairement stabiliser le moral des marchés.
Vendredi (si publié) : données sur l’emploi non agricole (NFP)
Actuellement reportées en raison de la fermeture partielle du gouvernement. Une fois publiées, elles constitueront un élément décisif pour déterminer si la Réserve fédérale procédera à une baisse de taux en mars.
Enjeux géopolitiques :
- Entretiens États-Unis–Iran vendredi
- Avancées dans les négociations de paix en Ukraine
Toute détérioration de ces situations ferait monter les actifs de refuge (or) et pèserait sur les actifs risqués (actions, cryptomonnaies).
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