
L'essor du récit « curation to earn » : bilan de quatre projets innovants monétisant le « goût »
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L'essor du récit « curation to earn » : bilan de quatre projets innovants monétisant le « goût »
De l'exploration des signaux sociaux à la nouvelle économie.
Auteur : michaellwy
Traduction : TechFlow
Dans la partie 1, nous avons exploré les marchés de capitalisation curatoriaux (Curator Capital Markets) comme fondement théorique pour faire face à un environnement médiatique piloté par l'intelligence artificielle. Cette idée est encore à ses débuts, mais des expériences commencent déjà à apparaître. Nous pouvons regrouper ces premières expérimentations en trois grandes catégories, chacune représentant une forme différente de « signal à coût élevé » :
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Marchés d'allocation de ressources : attribuer de la valeur aux actes de parrainage de contenu en introduisant de la rareté.
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Marchés prédictifs : monétiser directement la capacité de prédiction.
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Couche d'identité : lier le jugement numérique à une réputation exposée à des risques élevés.
Examinons maintenant quelques projets mettant en œuvre cette idée.
1. Tweem (@tweemdotlol)
Nous avons tous vu ces commentaires sous les tweets populaires : « J'investirai dès qu'il y aura 10 likes. » C'est essentiellement une tentative d'acquérir du capital social par un soutien précoce.

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Tweem transforme ce comportement implicite et informel en un jeu jouable et compétitif. Le mécanisme est très simple : les utilisateurs peuvent parier sur la viralité d’un tweet en mentionnant @tweemdotlol et en fixant un objectif précis concernant la performance future du tweet, par exemple :
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Amplification (par exemple, +10 fois les vues, +5 fois les likes)
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Mesures spécifiques (par exemple, 1000 likes)
Si le tweet atteint l’objectif prédit, l’utilisateur gagne des points sur la plateforme Tweem.

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L’argument central de valeur réside dans le fait que chaque prédiction correcte s’ajoute à un historique public et permanent de l’utilisateur. Ce registre vérifiable permet de construire une réputation quant à sa capacité à identifier les bons contenus et à anticiper les tendances. En « recherchant » un tweet, vous construisez en réalité un dossier public reflétant la qualité et le type de contenu que vous consommez.

En outre, Tweem propose une fonctionnalité appelée « Cult » (équipe), qui permet aux utilisateurs de former des équipes avec d'autres chasseurs de contenu afin de trouver des contenus de qualité. Les membres d'une équipe partagent équitablement les points. Cela pourrait conduire à la formation de certaines « guildes de contenu », spécialisées dans la curation de sujets particuliers. Par exemple, il pourrait exister des équipes « Cult » spécialisées dans les meilleurs mèmes, les meilleures analyses macro ou les meilleurs aperçus des marchés prédictifs.

2. Bangit (@bangitdotxyz)
Bangit est un jeu curatoriel et une couche économique basée sur X/Twitter, dont l'objectif est de remplacer les systèmes natifs de Twitter (likes et retweets) pour construire un marché plus sophistiqué récompensant les utilisateurs capables d'identifier avec précision les « contenus viraux ».
Son concept central est le « free-to-play, upvote-to-earn » (jouer gratuitement, gagner en aimant).

Le mécanisme repose sur une ressource rare et renouvelable : l’« énergie » (Power). Chaque utilisateur reçoit quotidiennement une réserve maximale d’énergie (Max Power), contrairement au système classique de likes illimités.
Les utilisateurs peuvent aimer ou disliker un tweet en dépensant un pourcentage de leur énergie (de 1 % à 10 %). Ce dispositif transforme le like, habituellement un clic gratuit et arbitraire, en une décision nécessitant une allocation prudente d’une ressource personnelle limitée.

Le système vise à récompenser selon un effet de cercle vertueux les curateurs talentueux. Ceux qui aiment régulièrement des tweets performants (en tenant compte de la précocité du like, de la quantité d’énergie utilisée et de l’impact global) peuvent gagner des jetons $BANG.
Ces jetons peuvent être misés pour augmenter la « puissance maximale » de l'utilisateur, ce qui accroît son potentiel de gains futurs. Ce cycle permet aux utilisateurs possédant une « preuve de goût » (Proof of Taste) d’étendre leur influence et leurs capacités de rémunération.
Concernant la distribution des récompenses, la majorité (80 %) va aux curateurs ayant bien identifié le contenu, tandis qu'une petite partie (20 %) revient aux créateurs du contenu original, capitalisant ainsi clairement la valeur de la découverte.

3. Vimix (@vimixdotfun)
Vimix est un protocole visant à devenir une « couche de coordination du marché de l’attention », dont l'idée centrale est de créer un marché pour une forme spécifique et à haute valeur ajoutée de curation : le remix de contenu.
Vimix reconnaît que « la culture est fondamentalement un remix », et que la diffusion la plus puissante provient de la manière dont les communautés dérivent des idées centrales via des montages, des mèmes, du contenu généré par les utilisateurs (UGC), diffusés sur de nouveaux canaux.
Le « signal à coût élevé » valorisé par Vimix est le travail créatif et intellectuel inhérent au processus de remix. Le coût se manifeste directement dans :
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Le temps et les compétences requis pour comprendre un contenu et le reformuler de façon nouvelle et percutante.
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La capacité à juger quels moments ont le plus de résonance, et comment les présenter pour maximiser leur impact.

Avec Vimix, les créateurs peuvent constituer une communauté autour de leur contenu, en définissant un petit pool de récompenses destiné aux remixeurs et aux curateurs pour diffuser leurs œuvres. Davantage d’informations sont disponibles dans les documents relatifs au projet.

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4. Twocents (@twocentinc)
Twocents est un réseau social dont l'identité utilisateur est basée sur un patrimoine net vérifié. Bien qu’il ne s’agisse pas en soi d’un marché curatoriel, il propose une approche intéressante pour résoudre le problème des identités gratuites et (pour la plupart) anonymes dans les médias sociaux actuels.

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La plateforme se connecte aux comptes financiers des utilisateurs via Plaid, intégrant leur capital comme partie intégrante de leur nom d'utilisateur. Cela crée un environnement pseudo-anonyme où chaque publication et commentaire est contextualisé par la richesse de l'utilisateur.
La plateforme ne se concentre pas sur un seul sujet ; les utilisateurs peuvent discuter de tout, des investissements aux rendez-vous, mais toujours dans le contexte de leur situation financière vérifiée.
Par exemple, l’opinion exprimée par un compte disposant d’un patrimoine net vérifié de 26 millions de dollars constitue un signal impossible à falsifier, doté d’un poids que d’autres comptes ne peuvent reproduire. Cela impose au niveau de l’identité un principe de « mise en jeu » (skin in the game). Un parrainage émanant d’un compte vérifié et capitalisé devient ainsi un signal plus fiable et de haute fidélité, pouvant être utilisé de façon plus sûre par d’autres participants du marché.
Résumé
Pour l'instant, ces projets ressemblent davantage à de curieux jeux internet qu'à la base d'une nouvelle économie, mais c’est précisément ainsi que commence ce type d’innovation.
Je pense que les caractéristiques spécifiques de ces projets pourraient ne pas être cruciales. Ce qui importe, c’est le problème commun qu’ils tentent tous de résoudre : construire un marché capable de tarifer l’acte humain de « choisir », et non pas seulement celui de « créer ».
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