
Le calcul institutionnel
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Le calcul institutionnel
Democracy est en réalité un ordinateur distribué.
Rédaction : Zhou Hang
Ce texte doit nécessairement mélanger chinois et anglais pour éviter certains problèmes, ce qui n'est pas sans refléter une corruption linguistique par défaut.
Quand on évolue longtemps dans le milieu technologique, personne ne peut échapper à la loi de Moore. Cette phrase est bien connue : le nombre de transistors sur une puce double tous les dix-huit à vingt-quatre mois, entraînant une montée en puissance informatique. Même s'il ne s'agit que d'une formule empirique, elle a en réalité façonné le monde des cinquante dernières années. Les ordinateurs deviennent plus rapides, les téléphones plus intelligents, l'IA peut même rédiger des articles — tout cela grâce au soutien de la loi de Moore.
Parfois, je me demande si la société humaine ne suit pas une règle similaire ? Pas avec des transistors, mais avec nous-mêmes. La manière dont nous nous organisons, prenons des décisions ou traitons des problèmes complexes — y aurait-il une sorte de « puissance de calcul » qui progresse ici aussi ? Plus j'y pense, plus j'en suis convaincu : ce quelque chose, c'est la démocratie.
La démocratie n'est pas qu'un discours creux, c'est un mécanisme, une machine. Elle agrège les informations et jugements de millions de personnes, puis produit un résultat. Elle est lente, bruyante, désordonnée, mais c'est bel et bien l'« ordinateur superpuissant » de la société.

La démocratie est en réalité un ordinateur distribué
Imaginez ceci : chaque vote, parole ou expression d'opinion d'un individu équivaut à une instruction exécutée par un processeur. Une seule instruction ne fait pas grand-chose, mais quand des millions ou dizaines de millions s'additionnent, la société entière réalise ainsi un calcul massif.
L'autocratie ressemble davantage à un système centralisé. Toutes les décisions passent par un seul processeur. Cela permet une grande rapidité : construire une autoroute ou lancer un projet nécessite seulement quelques approbations. En apparence, c'est très efficace, mais si ce processeur tombe en panne, tout l'État plante en bleu. L'histoire nous a déjà offert trop d'exemples de ce type.
La démocratie est un système distribué. Elle comporte de nombreux nœuds, connaît des latences élevées, et souvent des conflits violents, mais le système est difficile à faire tomber. Si une partie tombe en panne, d'autres peuvent prendre le relais. Plus la société est complexe, plus elle a besoin d'une architecture distribuée.
Prenons un exemple récent : Polymarket. Il s'agit d'une plateforme de marchés prédictifs où les utilisateurs peuvent acheter des parts « oui » ou « non » pour parier sur la réalisation d'un événement futur. Par exemple : « Les États-Unis entreront-ils en récession en 2025 ? ». Le prix de ces parts reflète la probabilité perçue par le marché. À chaque nouvelle information, les prix changent instantanément, le marché se corrige constamment.
C'est comme un petit ordinateur distribué : des personnes apportant des informations différentes misent leurs parts, et le prix final du marché constitue un résultat synthétique. Ce n'est pas parfait, mais c'est souvent plus fiable que les prévisions d'experts.

Évolution des probabilités de victoire de Trump, Biden et Harris sur Polymarket pendant l'élection présidentielle américaine de 2024, prédisant avec précision le résultat final
C'est là la « puissance de calcul de la démocratie » : pas issue de l'intuition de quelques génies, mais construite par des millions d'individus ordinaires qui entrent continuellement des données et corrigent ensemble vers un jugement plus proche de la réalité.
Bien sûr, cette machine a ses défauts
Certains diront : pourquoi alors voyons-nous souvent les sociétés démocratiques dans un tel chaos ? Des parlements en crise, des gouvernements fermés, des élections transformées en combats de chiens — comment appeler cela un « superordinateur » ?

En réalité, c'est comme voir pour la première fois les journaux d'exécution d'un ordinateur distribué : plein d'erreurs, de retards, de conflits. Pour un profane, c'est le désordre total ; pour un expert, c'est simplement le fonctionnement normal du système. L'avantage d'un système distribué n'est pas qu'il soit sans problème, mais qu'il continue de fonctionner malgré les problèmes.
Mais revenons-en aux véritables limites de cet « ordinateur démocratique » :
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Bruit informationnel : tout le monde peut parler, mais les fausses informations et propos inutiles prolifèrent, réduisant le rapport signal/bruit.
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Polarisation : les nœuds cessent de communiquer, s'insultent, gaspillant la puissance de calcul en conflits internes.
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Court-termisme : poussé par les élections, chacun poursuit des intérêts immédiats, tandis que les problèmes à long terme restent sans solution.
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Asymétrie : certains détiennent beaucoup de données, d'autres ne lisent que des potins ; la qualité des entrées varie fortement.
Le problème n'est donc pas que la « démocratie ne fonctionne pas », mais « comment mieux utiliser sa puissance de calcul ». Pour améliorer la qualité, il faut perfectionner l'algorithme — par exemple, vérifier les faits plus rapidement, fluidifier les canaux de communication, établir des incitations plus rationnelles.
Avec l'IA, il faut repenser le fonctionnement de cette machine
Voici maintenant la question clé : l'IA va-t-elle accélérer la puissance de calcul de la démocratie, ou la remplacer complètement ?
Si l'IA est utilisée pour aider chacun à filtrer l'information, prédire les conséquences des politiques, fournir des analyses pluridimensionnelles, alors elle devient un accélérateur de la démocratie. Cette machine autrefois bruyante et chaotique gagne désormais un assistant intelligent capable de nettoyer beaucoup de bruit.
Mais si l'IA est contrôlée par quelques-uns, le danger est grand. Elle pourrait devenir un superprocesseur centralisé, aspirer toute la puissance de calcul, et créer une nouvelle autocratie apparemment efficace mais incapable de s'autocorriger.

Le vrai enjeu de l'avenir n'est donc pas de savoir si l'IA peut surpasser la démocratie, mais si nous pouvons intégrer l'IA à la démocratie. Open source, transparence, décentralisation : permettre à différents groupes d'utiliser l'IA, plutôt que de laisser quelques institutions la monopoliser.
En fin de compte, la puissance de calcul de la démocratie n'est pas parfaite. Elle est lente, désordonnée, souvent décevante. Mais elle possède une caractéristique irremplaçable : la tolérance aux erreurs. Elle permet de se tromper, de corriger, de coexister dans la diversité. Dans un monde complexe, la tolérance aux erreurs importe plus que la vitesse.
Celui qui réussit à agréger efficacement les jugements de plus de gens ira plus loin. La loi de Moore pourrait atteindre ses limites, mais tant que la société humaine continuera de se complexifier, la puissance de calcul de la démocratie aura toujours de la place pour croître.

Images accompagnant l'article | Loop. Court métrage d'animation réalisé par le réalisateur argentin Pablo Polledri. À travers un langage visuel abstrait et répétitif, il dépeint une société mécanisée et institutionnalisée : les êtres humains y fonctionnent comme des engrenages, répétant jour après jour les mêmes gestes, jusqu'à ce qu'ils soient interrompus par... l'amour.
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