
Wall Street sur LABUBU et Moutai : une impression de déjà-vu ou un changement de paradigme ?
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Wall Street sur LABUBU et Moutai : une impression de déjà-vu ou un changement de paradigme ?
Selon BofA, bien que Labubu et Moutai partagent tous deux des attributs de monnaie sociale, ils présentent une différence générationnelle évidente.
Rédaction : Ye Zhen, Wall Street Insights
Le Labubu, surnommé « le Maotai des jeunes », suscite souvent des comparaisons avec la célèbre marque de baijiu. Mais en quoi ces deux phénomènes se ressemblent-ils réellement, et en quoi diffèrent-ils ?
Selon des informations du desk Marché Spéculatif, Bank of America a récemment publié un rapport comparant cet IP populaire dans l’univers des jouets tendance à un géant traditionnel de l’alcool fort chinois, afin d’analyser si ce succès reflète une simple répétition historique du cycle de consommation ou bien une transformation profonde du paradigme.
Les analystes d'Amérique (Alice Ma, Chen Luo et Lucy Yu) soulignent que, bien que les deux soient des monnaies sociales, la nature sociale du Labubu repose davantage sur les intérêts communs et les valeurs partagées au sein des jeunes générations, tandis que celle du Maotai dépend principalement des relations hiérarchiques et de pouvoir. Cette différence illustre précisément la distinction fondamentale entre la « nouvelle consommation » et la « consommation traditionnelle ».
Bank of America note également que, comme pour Maotai, Pop Mart fait face à un double défi lié au cycle de vie de ses licences (IP) et à l’aspect spéculatif de ses produits. Si un long vide sépare la popularité actuelle de Labubu et le prochain succès viral, la croissance mondiale de l’entreprise pourrait ralentir.
En outre, les investisseurs ne peuvent ignorer deux autres risques majeurs : la régulation et la surconcentration du marché. Le rapport attire l’attention sur le fait que l’afflux massif de capitaux vers le secteur de la « nouvelle consommation » rappelle fortement la période précédente où les investisseurs se regroupaient autour des actions bleues-chips comme Maotai. Cette concentration peut rendre les valorisations extrêmement vulnérables.
Bank of America maintient sa recommandation d’achat sur Pop Mart avec un objectif de prix de 275 HKD. Le cours de l’action Pop Mart a évolué entre 34,4 et 283,4 HKD au cours des 52 dernières semaines, clôturant à 244,2 HKD lundi.
Une différence générationnelle dans la monnaie sociale
L’équipe de recherche de Bank of America considère que, bien que Labubu et Maotai partagent tous deux une fonction de monnaie sociale, ils incarnent des logiques très différentes selon les générations. Le Maotai agit principalement comme un « lubrifiant social ou professionnel », un outil productif, tandis que Labubu représente la quête de valeur émotionnelle par la jeune génération, offrant dans l’ère numérique une expérience immédiate, subtile et abordable de « dopamine ».
Les analystes indiquent que, dans un monde numérique marqué par le sentiment de vide existentiel et une pression croissante, Labubu symbolise une transition progressive de la Chine d’un modèle piloté par l’investissement vers un modèle axé sur la consommation. Profondément ancré dans la culture traditionnelle chinoise, le Maotai en est encore à un stade précoce de son expansion internationale. En revanche, Labubu, parfaitement aligné sur l’esprit du temps global, a déjà connu un succès international significatif.
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Différence d’attribut social : L’attribut social du Maotai repose davantage sur les hiérarchies et structures de pouvoir, principalement utilisé dans des contextes professionnels ; Labubu incarne une sociabilité jeune fondée sur les centres d’intérêt et les valeurs, mettant l’accent sur la valeur émotionnelle et la satisfaction immédiate.
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Motivations de consommation : Le Maotai peut être perçu comme un « outil productif » (lubrifiant commercial), alors que Labubu répond à la recherche de valeur affective et de consommation « dopaminergique » des jeunes dans un environnement social numérique, reflétant ainsi la tendance de la Chine vers un modèle économique centré sur la consommation.
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Expansion mondiale : Le Maotai, profondément enraciné dans la culture chinoise traditionnelle, en est encore aux balbutiements de sa mondialisation ; Labubu, quant à lui, a déjà obtenu un succès notable à l’échelle mondiale, en phase avec les courants culturels globaux.
Le dilemme du cycle de vie de l’IP et de la spéculation
Malgré sa croissance rapide, Bank of America souligne que Pop Mart fait face, tout comme Maotai, à un double défi : celui du cycle de vie de ses licences (IP) et celui de l’aspect spéculatif de ses produits.
Il importe peu, selon Bank of America, que le bénéfice net de Pop Mart atteigne 80 ou 100 milliards de yuans en 2025 – cela dépendra surtout du rythme de sortie des produits Labubu. Ce qui compte vraiment, c’est la capacité à équilibrer la croissance à court terme et la gestion du cycle de vie des IPs.
Risque lié au cycle de vie de l’IP : Avec un héritage centenaire et un soutien institutionnel officiel, Maotai a prouvé sa capacité à traverser les cycles économiques. Pop Mart et Labubu, avec respectivement seulement 15 et 10 ans d’existence, restent exposés à un risque central : la durée de vie limitée de leurs licences.
Le rapport précise que, bien que le portefeuille diversifié d’IPs chez Pop Mart permette une certaine dispersion du risque, Labubu joue un rôle crucial dans son succès mondial. En cas de longue période creuse entre Labubu et le prochain produit phare, la croissance globale pourrait ralentir. Par ailleurs, la « mise en lumière » d’une sous-culture, bien qu’elle stimule la croissance, risque aussi de diluer l’identité sociale unique de Labubu, éloignant ainsi sa clientèle fidèle.
Avantages et inconvénients de la spéculabilité : L’exemple du Maotai montre que la « spéculabilité » est une arme à double tranchant : elle amplifie la hausse en période favorable, mais aggrave les baisses en période de crise.
Le rapport observe que Pop Mart gère activement les prix du marché secondaire afin de préserver son attrait auprès des jeunes consommateurs et de créer un environnement favorable au lancement de nouvelles IPs et produits. La baisse récente des prix de revente des peluches Labubu est justement interprétée comme le résultat d’une gestion active de l’offre et de la demande par l’entreprise.

Des risques réglementaires et de surconcentration incontournables
Enfin, le rapport insiste sur deux autres facteurs critiques auxquels les investisseurs doivent prêter attention : la réglementation et la sensibilité du marché face à la surconcentration.
Risque réglementaire : Le Maotai a toujours été soumis à des contrôles de prix et aux campagnes anticorruption. De même, Pop Mart n’évolue pas dans un vide réglementaire. Un article récent du Quotidien du Peuple a d’ailleurs attiré l’attention sur les risques associés. Toutefois, les analystes de Bank of America jugent que, grâce à une base de consommateurs de plus en plus diversifiée, la « normalisation » de Pop Mart réduit son exposition aux mineurs sur le marché chinois. Par ailleurs, la croissance continue de ses activités à l’international – qui devraient représenter plus de la moitié de ses ventes en 2025 – contribue à atténuer les risques liés à un seul marché. Malgré cela, ce risque réglementaire pourrait toujours impacter les fondamentaux de l’entreprise ou provoquer des fluctuations boursières via des « bruits médiatiques ».
La fragilité des « trades groupés » : À chaque cycle financier, apparaissent des « trades dominants » fortement concentrés. L’afflux de capitaux vers les actions grand public comme Maotai entre 2016 et 2021 rappelle étrangement la situation actuelle, où les investissements convergent vers des acteurs emblématiques de la « nouvelle consommation » comme Pop Mart. Les variations de flux et de positions peuvent avoir un impact majeur sur les valorisations : le PER anticipé du Maotai a ainsi oscillé entre près de 60 fois début 2021 et 18-19 fois aujourd’hui. Bien que les changements récents de flux aient exercé une pression sur les actions de « nouvelle consommation » comme Pop Mart, le rapport estime que cette concentration pourrait persister quelque temps, faute d’alternatives attractives. Le véritable tournant ne surviendra probablement que lorsque des données économiques extérieures solides émergeront ou qu’une reprise vigoureuse de l’économie chinoise offrira aux investisseurs davantage d'options.
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