
La situation actuelle du marché sud-coréen de la cryptomonnaie : un engouement massif des investisseurs particuliers, accompagné d'un encadrement réglementaire toujours insuffisant
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La situation actuelle du marché sud-coréen de la cryptomonnaie : un engouement massif des investisseurs particuliers, accompagné d'un encadrement réglementaire toujours insuffisant
Le marché sud-coréen de la cryptomonnaie présente une situation complexe, marquée par un fort investissement des utilisateurs ordinaires tout en étant confronté à des défis réglementaires.
Auteur : Min Jung
Traduction : TechFlow
Résumé
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Porté par une population technophile, le marché sud-coréen des cryptomonnaies se caractérise par un investissement massif de particuliers et connaît des phénomènes uniques tels que la « Kimchi Premium » et les « listing pumps ».
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L’histoire des cryptomonnaies en Corée du Sud est marquée par d’importantes évolutions réglementaires, principalement axées sur l’intégrité du marché et la protection des investisseurs.
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Cependant, malgré des volumes d’échanges élevés et des progrès réglementaires significatifs, le marché reste difficile pour les développeurs en raison des perceptions publiques négatives et d’un cadre réglementaire encore incertain.

Figure 1 : Le won coréen figure constamment parmi les deux premières monnaies fiduciaires au monde en volume d’échanges
Introduction
La Corée du Sud, puissance technologique avec un accès Internet généralisé et une population très à l’aise avec les technologies numériques, occupe une place importante dans l’écosystème mondial des cryptomonnaies. Les investisseurs individuels y sont extrêmement actifs, générant des phénomènes de marché uniques comme la « Kimchi Premium » ou les « listing pumps », témoignant de l’engouement du public pour les investissements en cryptomonnaies. Toutefois, ces comportements ont attiré l’attention des régulateurs et observateurs du marché, entraînant l’élaboration de nouvelles règles qui devraient avoir un impact global.
Dans cet article d’étude, nous (1) reviendrons sur l’histoire des cryptomonnaies en Corée du Sud, (2) examinerons l’état actuel du secteur, notamment ces phénomènes et les nouvelles réglementations, puis (3) présenterons certains des principaux acteurs du marché national.
Histoire des cryptomonnaies en Corée du Sud
~2017 :
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Avant 2017, les cryptomonnaies n’étaient pas populaires en Corée du Sud, ce qui correspondait à la tendance mondiale. Quelques événements notables incluent Korbit, devenu en 2013 le premier exchange de cryptomonnaies du pays, suivi par Bithumb en 2014.
2017 :
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Bull run : L’année 2017 marque le début de l’engouement sud-coréen pour les cryptomonnaies. Le marché haussier attire des millions d’investisseurs particuliers, Bithumb se classant souvent en tête mondiale des volumes d’échanges quotidiens, tandis que la « Kimchi Premium » (que nous détaillerons plus loin) atteint 30-40 %.
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Interdiction des ICO : En septembre 2017, la Commission des services financiers (FSC) interdit toutes les formes d’offres initiales de jetons (ICO), afin de protéger les investisseurs contre les fraudes financières potentielles et la spéculation excessive. À ce jour, des plateformes comme CoinList restent interdites en Corée.
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2018 :
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« Crise Park Sang-ki » : En janvier 2018, le ministre de la Justice Park Sang-ki annonce que le gouvernement envisage de fermer tous les exchanges de cryptomonnaies, provoquant une forte agitation sur les marchés et une chute brutale du prix du bitcoin.

Figure 2 : Chute importante du prix du BTC après ses déclarations
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Système de comptes nominatifs : Le 30 janvier 2018, la Corée du Sud met en œuvre un « système de transactions nominatives », exigeant que tous les exchanges de cryptomonnaies collaborent avec des banques pour fournir des comptes vérifiés nominativement. Cette mesure vise à renforcer la transparence des transactions et à prévenir le blanchiment d’argent.
2020 / 2021
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Révision de la loi sur l'information financière spécifique : En mars 2020, l’Assemblée nationale coréenne adopte une révision de la Loi sur la déclaration et l’utilisation des informations relatives aux transactions financières spécifiques (appelée « Spécial Act »), intégrant les exchanges de cryptomonnaies dans son champ de régulation. Cette réforme oblige tous les prestataires de services d’actifs virtuels (VASP) à s’enregistrer auprès de la Commission des services financiers (FSC) et à respecter les réglementations anti-blanchiment (AML) et « Know Your Customer » (KYC). Cette loi entre en vigueur en mars 2021.
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Après l’entrée en vigueur de cette loi, seulement 29 des 63 exchanges réussissent à s’enregistrer. Parmi eux, seuls cinq (Upbit, Bithumb, Coinone, Korbit et plus tard Gopax) obtiennent à la fois la certification ISMS (Information Security Management System) et un compte nominatif, leur permettant ainsi d’opérer sur le marché en won.
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Cette loi s’applique également aux exchanges étrangers, forçant des entreprises comme Binance à fermer leur support en coréen et leurs services P2P. À ce jour, trois principes s’appliquent : pas de prise en charge du won, absence de service en coréen, et pas de marketing direct en Corée.
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2022
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Effondrement de Terra Luna : En mai 2022, l’effondrement de Terra (LUNA) et de sa stablecoin UST provoque une grande instabilité sur le marché mondial des cryptomonnaies. Cet événement a un impact psychologique profond, en particulier sur les investisseurs sud-coréens. Il soulève également des inquiétudes majeures quant à la stabilité des stablecoins et au besoin d’une supervision réglementaire accrue. Étant donné les liens étroits entre Terra et la Corée, notamment via son fondateur Do Kwon et son écosystème, cet effondrement affecte fortement le marché local.

Figure 3 : Effondrement de l'écosystème Terra
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DAXA : L’Alliance des échanges d’actifs numériques (DAXA), composée des principaux exchanges sud-coréens (Upbit, Bithumb, Coinone, Korbit et Gopax), a été créée pour renforcer la coopération et établir des normes sectorielles afin de mieux protéger les investisseurs et préserver l’intégrité du marché.
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Règle de voyage : Conformément aux recommandations du Groupe d'action financière (GAFI), la Corée du Sud a introduit la « règle de voyage » pour améliorer la transparence des transactions en cryptomonnaies et combattre les activités illégales.
2023 / 2024
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Faillite de Haru Invest / Delio : En 2023, deux sociétés sud-coréennes de gestion d’actifs numériques font faillite, soupçonnées d’avoir fonctionné selon un modèle de Ponzi. Cet événement aggrave le sentiment négatif du marché après l’effondrement de Luna, mettant en lumière des failles réglementaires et des problèmes de protection des investisseurs, accompagnés d’accusations de mauvaise gestion et de violations financières.
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Guide sur les offres de jetons sécurisés (STO) : En février 2023, la Commission des services financiers publie un guide encadrant les jetons considérés comme des titres, conformément à la Loi sur les marchés des capitaux. Ce guide porte sur la détermination du statut de valeur mobilière des jetons et la réglementation de leur émission et distribution.
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Loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels : Adoptée en juin 2023, cette loi vise à protéger les investisseurs en sanctionnant les manipulations de prix et autres abus de marché. Elle constitue la première phase d’un cadre réglementaire global pour les actifs numériques.
2024 et au-delà
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Loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels : La loi susmentionnée entrera en vigueur le 19 juillet 2024. Bien que cette première phase se concentre sur la protection des utilisateurs et la prévention des abus, une deuxième phase pourrait porter sur l’accès au marché et le fonctionnement des prestataires de services d’actifs virtuels. Toutefois, les discussions sur cette deuxième phase n’ont pas encore commencé, et étant donné que la première a mis 20 mois à être adoptée, il faudra probablement davantage de temps avant de disposer d’un calendrier clair.
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Imposition des cryptomonnaies : La taxation des cryptomonnaies est devenue un enjeu électoral majeur en Corée. Depuis 2022, sa mise en œuvre a été repoussée à plusieurs reprises dans le cadre d’efforts gouvernementaux visant à séduire les électeurs avant les élections. Pour l’instant, elle est prévue à partir de 2025, imposant un prélèvement de 20 % sur les gains annuels excédant 2,5 millions de won coréens (environ 1 900 USD).

Figure 4 : Taxation des cryptomonnaies dans différents pays
Loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels
Étant donné qu’une cotation sur les exchanges coréens constitue une étape cruciale pour de nombreux projets de cryptomonnaie, les directives et réglementations concernant les processus de cotation attirent beaucoup d’attention. Actuellement, aucune réglementation officielle claire n’existe en Corée du Sud pour les opérations de cotation et de dé-cotation. La seule orientation disponible provient de DAXA, alliance des cinq principaux exchanges coréens, qui a publié en mars 2023 un cadre préliminaire. Ce guide a toutefois été critiqué pour son manque de précision, et DAXA travaille donc sous la supervision des autorités réglementaires à le réviser en y ajoutant davantage de détails. Ces nouvelles directives seront mises en œuvre conformément à la « Loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels », un développement important dans le paysage réglementaire sud-coréen, à suivre attentivement.
Loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels (가상자산이용자보호법)
La « Loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels » entrera en vigueur le 19 juillet 2024, en se concentrant sur les activités des investisseurs sur les exchanges, notamment :
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Protection des dépôts clients
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Renforcement des responsabilités de conservation
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Surveillance des transactions suspectes
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Prévention du trading d’initié
Directives de cotation/dé-cotation
Sous la supervision de la Commission des services financiers (FSC) et de l’Autorité de surveillance financière (FSS), DAXA prévoit de publier des « meilleures pratiques de conformité » au moment de l’entrée en vigueur de la loi. Ces directives, actuellement soumises aux retours du secteur, comprennent des critères de cotation et de dé-cotation examinés trimestriellement. Elles reposent sur neuf exigences regroupées en quatre grands domaines :
1. Crédibilité de l’émetteur
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Non-divulgation d’informations importantes relatives à l’actif virtuel, ou modifications arbitraires répétées sans justification.
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Non-vérification des informations des portefeuilles principaux de l’émetteur et de l’exploitant.
2. Mesures de protection des utilisateurs
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Non-vérification des documents explicatifs importants préparés par l’émetteur et l’exploitant (livre blanc).
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Absence d’outils de surveillance des transactions en chaîne (explorateur de blocs).
3. Sécurité technique
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Occurrence d’incidents de sécurité non expliqués ou non résolus sur l’actif virtuel, le portefeuille ou le registre distribué.
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Non-vérification du code source du contrat intelligent du jeton sur le registre distribué, ou configuration inappropriée des fonctions d’événements critiques.
4. Conformité
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Jetons émis par soi-même, jetons obscurs et autres actifs virtuels jugés illégaux.
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Support de transactions d’actifs virtuels pouvant servir à des activités illégales ou violant la réglementation en vigueur.
Tout actif virtuel en infraction avec l’un des huit points ci-dessus est considéré comme non conforme et ne doit donc pas être coté. De plus, les autorités financières ont introduit un neuvième critère qualitatif, incluant :
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Capacité, réputation sociale et historique professionnel des entités liées à l’émission, à l’exploitation et au développement.
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Divulgation d’informations importantes relatives à l’actif virtuel.
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Transparence et pertinence du plan d’émission et de circulation, ainsi que des changements apportés au projet.
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Adéquation des paramètres de contrôle d’accès aux fonctions critiques du contrat intelligent du jeton.
Ces directives en évolution visent à créer un environnement structuré et sécurisé pour les échanges de cryptomonnaies en Corée du Sud, à lever les ambiguïtés actuelles et à renforcer l’intégrité du marché.
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Frénésie des investisseurs particuliers
L’engouement des particuliers en Corée du Sud s’explique par des facteurs culturels : adoption massive des technologies grâce à une connectivité Internet rapide, culture du risque, et propagation rapide des tendances dans une société homogène. Depuis 2017, la Corée est ainsi devenue l’un des plus grands marchés de cryptomonnaies, ses exchanges devenant des plateformes stratégiques pour les projets. Aujourd’hui encore, Upbit figure constamment parmi les cinq premiers en volume moyen, juste derrière Binance. C’est particulièrement remarquable car les exchanges coréens sont limités aux résidents locaux, contrairement à Binance, Coinbase ou HTX, qui ciblent un public mondial.

Figure 5 : Upbit classé deuxième en volume d’échanges moyen
Premium Kimchi et listing pump
Récemment, le volume des échanges de cryptomonnaies en Corée a dépassé celui du KOSDAQ et du KOSPI, indiquant une intégration profonde des cryptos dans le système financier. Un tel engouement a donné lieu à des phénomènes de marché intéressants : le « Kimchi premium » et le « listing pump ».
Kimchi premium
Le « Kimchi premium » désigne l’écart de prix des cryptomonnaies entre les exchanges coréens et ceux du reste du monde. En raison des barrières réglementaires, l’arbitrage est difficile, entraînant généralement une prime de 2 à 3 %, c’est-à-dire que les prix sont plus élevés en Corée. Toutefois, lors de périodes de fort marché haussier, comme en avril, cette prime peut atteindre environ 14 %.

Figure 6 : Le Kimchi premium explose durant les bull runs à fort volume
Listing pump
Un autre phénomène notable est le « listing pump ». Lorsqu’Upbit ou Bithumb annoncent la cotation prochaine d’un projet, le prix du jeton monte immédiatement. Ce phénomène dépend de facteurs tels que la capitalisation boursière, la liquidité et la disponibilité de contrats perpétuels. Bien qu’une cotation sur un exchange coréen améliore effectivement la liquidité et soit généralement perçue positivement, la hausse de prix qui suit est souvent éphémère, ponctuelle plutôt que durable.

Figure 7 : Hausse du prix d’un actif après annonce de cotation sur Upbit
Cependant…
Malgré les progrès en matière de réglementation des exchanges et de protection des investisseurs, l’environnement d’exploitation Web3 et de développement en Corée du Sud fait face à d’importants obstacles. Aucun projet sud-coréen notable ne figure actuellement parmi les 100 premiers par capitalisation, ce qui est surprenant compte tenu de la popularité des cryptomonnaies dans le pays. Les principaux freins semblent être la perception publique des cryptomonnaies et l’incertitude réglementaire entourant les projets Web3.
Bien que les cryptomonnaies soient populaires en Corée, elles sont surtout perçues comme une forme de jeu plutôt qu’un investissement à long terme dans la technologie Web3. Les comportements à court terme, comme les hausses autour des annonces de cotation/dé-cotation, renforcent cette image. L’accent est donc mis sur la spéculation immédiate plutôt que sur des investissements fondés sur les bases du Web3. En outre, l’effondrement de LUNA en mai 2022 a exacerbé les sentiments négatifs du public, conduisant à un examen rigoureux médiatique de tous les projets de cryptomonnaies en Corée. Ces projets sont aussi devenus des cibles politiques, rendant difficile la création d’un environnement propice à une croissance durable, malgré un véritable intérêt initial.

Figure 8 : Les Coréens préfèrent les altcoins aux cryptomonnaies principales
Facteurs aggravants
L’absence de réglementation claire joue également un rôle important. Bien que les responsables gouvernementaux travaillent activement à élaborer un cadre réglementaire, les lois existantes se concentrent principalement sur la protection des investisseurs, négligeant le soutien à l’innovation et au développement du secteur. Par exemple, les exigences de licence pour les prestataires de services d’actifs virtuels (VASP) s’appliquent uniquement aux exchanges, portefeuilles et services de garde, tandis que la première phase de la « Loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels » concerne principalement l’exploitation des exchanges. De plus, l’interdiction sud-coréenne des jeux Play-to-Earn (P2E) crée une situation complexe : les grandes entreprises mondiales de jeux Web2 s’installent en Corée pour bénéficier de talents locaux, mais ciblent des marchés étrangers. Cette imprécision réglementaire pousse de nombreux développeurs coréens à transférer leurs activités vers des juridictions plus favorables comme Singapour, freinant ainsi l’innovation locale malgré un fort potentiel technologique.
Principaux acteurs du marché coréen des cryptomonnaies
Exchanges
Bien qu’il n’existe pas de règlement explicite, les contraintes imposées par la Commission des services financiers (FSC) interdisent de facto les contrats à terme sur cryptomonnaies en Corée. Le marché est donc dominé par cinq exchanges au comptant : Upbit, Bithumb, Coinone, Korbit et Gopax. Ensemble, ils détiennent une part de marché significative, avec Upbit et Bithumb représentant près de 96 % du volume total d’échanges.

Figure 9 : Part de marché des exchanges coréens à ce jour
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Upbit : Appartenant à Dunamu, Upbit est l’exchange incontesté numéro un en Corée du Sud. Dunamu gère également Luniverse (produits Web3), une plateforme de trading d’actions et même une marketplace de montres d’occasion. Valorisée environ 2,5 milliards USD sur le marché OTC, Dunamu a réalisé un chiffre d’affaires de 2,7 milliards USD en 2023. Aujourd’hui, Upbit propose des paires KRW/BTC/USDT, avec la majorité des volumes provenant du marché en won.
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Bithumb : Bien que sa structure de gouvernance reste floue, Bithumb est actuellement valorisé environ 289 millions USD sur le marché OTC et prévoit une introduction en bourse en 2025. Leader du marché jusqu’en 2020, il a perdu une grande partie de sa part au profit d’Upbit. Grâce à une politique agressive sur les frais, Bithumb a récemment récupéré du terrain et continue de jouer un rôle central dans le phénomène de « listing pump ».

Figure 10 : Historique des parts de marché montrant que Bithumb était leader avant 2020
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Coinone : Avec une part de marché de 1,1 %, Coinone a été le premier exchange coréen à lister Ethereum.
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Gopax : Binance a acquis 72,26 % de Gopax dans le cadre d’une stratégie pour pénétrer le marché coréen. Toutefois, le processus attend toujours l’approbation des autorités en raison de l’incertitude réglementaire.
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Korbit : Avec 0,4 % de part de marché, Korbit est l’exchange de cryptomonnaies le plus ancien de Corée.
Projets
i) Kaia
Kaia est un nouveau projet blockchain issu de la fusion entre Klaytn et Finschia, porté par deux géants technologiques sud-coréens : Kakao (via Klaytn) et Naver’s Line (via Finschia). Cette fusion vise à intégrer leurs deux plateformes blockchain en un système unique baptisé Kaia — mot grec signifiant « et », symbolisant la connexion. Prévu pour la fin de l’année, il devrait devenir un important blockchain « coréen » de couche 1. C’est aussi l’un des rares cas de fusion-acquisition dans l’industrie crypto.
1. Qui êtes-vous, et qu’est-ce que Kaia ?
Je suis John Cho, vice-président marketing de la Fondation Klaytn, en charge actuellement de la promotion internationale et du développement des canaux dans les zones clés. Kaia est une nouvelle superchaîne de couche 1 issue de la fusion des blockchains Klaytn et Finschia. En tant que projets de troisième génération lancés respectivement par Kakao (principale application de messagerie en Corée) et Line (plateforme dominante en Asie avec 178 millions d’utilisateurs), la convergence de leurs écosystèmes était naturelle, menant à la création d’un des plus grands blockchains d’Asie. Fort de l’expertise de Finschia en développement d’applications et de la puissance technologique inégalée de Klaytn, Kaia pourrait non seulement catalyser l’adoption massive du Web3, mais aussi devenir une passerelle stratégique vers les utilisateurs, la liquidité et les talents d’Asie.
2. Quelle est votre vision de l’état actuel de la réglementation sur le Web3 en Corée, et quelles évolutions seraient nécessaires pour stimuler l’innovation ?
L’environnement réglementaire coréen reste en retard par rapport à l’innovation continue du Web3. Malgré des volumes d’échanges au comptant parmi les plus élevés au monde, reflétant une forte demande du public pour la technologie blockchain, les législateurs n’ont pas encore fourni aux équipes locales les orientations claires dont elles ont besoin, entraînant une fuite des talents vers des régions offrant plus de visibilité. Le principal obstacle actuel est le manque de compréhension des technologies Web3 par les régulateurs, ainsi que l’absence de dialogue avec les développeurs et équipes opérationnelles. Pour favoriser l’innovation et une croissance substantielle en Corée, les développeurs ont besoin de clarté : actuellement, les directives sont floues et leur application incohérente. Une réglementation précise et claire permettrait à notre industrie de définir des stratégies et objectifs plus cohérents.
3. Pouvez-vous nous parler des prochaines mises à jour attendues pour Kaia ?
Le lancement officiel du réseau principal de Kaia approche rapidement. Outre les mises à jour techniques et fonctionnalités comme la délégation native de mise en gage et un mécanisme de frais prioritaires, nous prévoyons de lancer un système de points incitatif pour tout l’écosystème via Kaia Portal. Ce portail, interface utilisateur et découverte de services propriétaires, permettra aux utilisateurs de gagner des points en réalisant des tâches exclusives et en participant à des missions en chaîne. Notre objectif est d’encourager la contribution des utilisateurs pour stimuler la croissance et la liquidité. Kaia Portal sera lancé conjointement avec le nouveau réseau principal.
ii) Delabs
La Corée du Sud est un leader mondial dans le domaine des jeux Web2, avec des géants comme Nexon, Netmarble, NCSOFT et Krafton dominant le marché international. De nombreuses personnes issues de ces studios, voire des studios entiers, ont donc commencé à explorer le Web3, comme Wemade ou Nexon. Delabs Games s’inscrit dans cette tendance : un studio coréen, filiale de 4:33 Games, fondé par Joon Mo Kwon, ancien dirigeant de Nexon, et qui affirme désormais sa place dans le Web3.
1. Qui êtes-vous, et qu’est-ce que Delabs Games ?
Je suis Hyunmyung Kim, directeur marketing de Delabs Games. Studio coréen et filiale de 4:33 Games, nous avons plus de 13 ans d’expérience dans le développement de jeux mobiles, ayant conçu de nombreux succès à l’international. Initialement centré sur le marché coréen, 4:33 Games s’est ensuite tourné vers un public mondial. Aujourd’hui, Delabs Games ouvre un nouveau chapitre en intégrant la technologie blockchain. Ces deux dernières années, nous avons développé trois jeux blockchain : le jeu de course casual Rumble Racing Star, le survival game Space Frontier et le RPG de collection Web3 Metabolts. En février 2024, nous avons lancé notre premier jeu, Rumble Racing Star, avec un bon accueil : 10 000 utilisateurs actifs quotidiens atteints en cinq jours.
3. Pourquoi la Corée occupe-t-elle une position si importante dans le domaine des cryptomonnaies ?
La position de premier plan de la Corée dans les cryptomonnaies s’explique par plusieurs facteurs clés. La pression économique, notamment l’inflation élevée et le coût du logement, pousse de nombreuses personnes, en particulier la génération dite « N-Po », à se tourner vers des investissements à haut risque pour espérer un déblocage financier, rendant le Web3 particulièrement attractif. Bien que classée 13e économie mondiale, la Corée possède un pouvoir d’achat en cryptomonnaies très élevé, avec Upbit figurant parmi les exchanges les plus actifs au monde. Enfin, la priorité accordée aux solutions numériques locales se reflète dans le succès de projets comme Klaytn ou WeMade, illustrant l’innovation technologique et l’influence significative de la Corée sur le marché global du Web3.
4. Quelle est votre opinion sur la réglementation actuelle sud-coréenne des jeux Play-to-Earn (P2E), et comment devrait-elle évoluer ?
Les réglementations prudentes de la Commission des services financiers (FSC), qui limitent les jeux P2E, les NFT et les cryptomonnaies, pourraient freiner la croissance du secteur. Avant la mise en œuvre de la « Loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels » en juillet 2024, la taxation des NFT et leur classification en tant qu’actifs virtuels restent des sujets de débat. À l’instar du Japon, il est essentiel d’établir des limites claires pour les services P2E. Un besoin urgent existe pour une « tour de contrôle » centralisée afin de coordonner la réglementation entre les différents ministères dans un contexte de développement rapide de la technologie blockchain. Cette initiative est cruciale pour assurer une gestion efficace et équilibrée de ces technologies en pleine évolution.
5. Pouvez-vous nous parler des prochaines mises à jour attendues chez Delabs ?
Delabs Games s’achemine vers un événement de création de jeton (TGE) et lance son écosystème autour de son concept central, la « couche jouable ». Pour illustrer l’expérience utilisateur centrale de cette « couche jouable », nous organisons un événement appelé « Ladybug’s Journey », un programme incitatif basé sur les points où les utilisateurs peuvent accumuler et améliorer leurs points en accomplissant diverses tâches, collectant des actifs en chaîne et grimpant aux classements. Delabs Games lancera divers jeux, allant des AAA hardcore aux jeux légers sur Telegram, afin d’améliorer l’accessibilité.
Conclusion
Le marché sud-coréen des cryptomonnaies présente un paysage complexe, marqué à la fois par un fort engagement des investisseurs individuels et des défis réglementaires persistants. Bien que dotée d’une population très sensible à la technologie, l’absence de projets blockchain locaux significatifs révèle des obstacles réglementaires et cognitifs. L’entrée en vigueur prochaine de la « Loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels » constitue une avancée vers la résolution de ces problèmes, visant à renforcer l’intégrité du marché et à fournir des directives opérationnelles plus claires. Toutefois, pour véritablement exploiter ses atouts technologiques et son enthousiasme du marché, la Corée doit créer un environnement favorable à l’innovation blockchain, surmonter les perceptions négatives du public et établir un cadre réglementaire équilibré encourageant les investissements à long terme dans les projets Web3. Seule une telle approche équilibrée permettra à la Corée de s’imposer comme un leader mondial dans l’écosystème en pleine expansion des cryptomonnaies.
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