
Dialogue avec Gollum : Interprétation de l'aboutissement de l'Ethereum, Ethereum a-t-il vraiment gagné ?
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Dialogue avec Gollum : Interprétation de l'aboutissement de l'Ethereum, Ethereum a-t-il vraiment gagné ?
Layer1+Layer2, espace non étatique, évolution du paradigme des transactions.
Interviewé : Gulu
Source : ChainFeeds
La mise à niveau Dencun aura lieu le 13 mars. En tant qu'étape importante dans le développement d'Ethereum, cette mise à jour introduit l'EIP-4844 qui améliorera considérablement l'efficacité des réseaux Ethereum L2. Grâce à une nouvelle structure de données appelée « Blob space », elle permettra un débit plus élevé et des coûts réduits pour les Rollups sur Ethereum.
Dans ce contexte, ChainFeeds a invité Gulu, figure emblématique du monde Ethereum, afin d'explorer avec lui des sujets clés liés à l'écosystème Ethereum : sa conception de la chaîne, l'importance de la décentralisation dans le développement de la blockchain, ainsi que les perspectives prometteuses dans les domaines DeFi, des stablecoins et du stockage de valeur.
Gulu est le traducteur chinois du whitepaper d’Ethereum et a participé à la campagne de financement initial d’Ethereum. Il est également le fondateur de la plateforme éducative Blockchain Bihu et du portefeuille intelligent multi-chaînes MYKEY, tout en étant un ambassadeur actif de DeGate.
Points clés :
1) L’état final de l’industrie blockchain sera la blockchain modulaire (Modular Blockchain), c’est-à-dire Layer1 + Layer2, et potentiellement Layer3 à l’avenir ;
2) La blockchain offre un « espace indépendant des États », favorisant le développement d'une infrastructure financière mondiale où chaque utilisateur peut librement effectuer des transactions via sa clé privée, générant ainsi des applications inattendues ;
3) Lorsque le débit des infrastructures sous-jacentes ne sera plus un problème, le paradigme des transactions blockchain changera, et le modèle basé sur le carnet d'ordres pourrait devenir la forme finale.
L’état final de la blockchain : quelle architecture prévaudra entre modularité et monolithisme ?
Le débat entre blockchains modulaires et monolithiques n’a jamais cessé dans l’écosystème blockchain, chaque camp affirmant la supériorité de son approche. Sur Twitter, de nombreuses controverses opposent ces deux modèles, notamment sur les questions de coût, vitesse, degré de décentralisation et évolutivité. Lors de cet échange sur Spaces, Gulu a partagé son point de vue : selon lui, l’aboutissement de l’industrie blockchain sera la blockchain modulaire, combinant Layer1 et Layer2. Il a étayé son argumentation autour de deux axes principaux : le coût en gaz et le niveau de décentralisation.

Coût en gaz
Dans une blockchain monolithique, chaque nœud de consensus doit valider chaque transaction de chaque bloc. Cela signifie qu’en cas de forte demande transactionnelle, chaque nœud subit une charge de calcul extrêmement élevée. Par exemple, si la blockchain devait traiter 100 000 transactions par seconde, chaque nœud de consensus devrait être capable de les exécuter toutes — une tâche quasi impossible.
En revanche, Gulu considère que la blockchain modulaire implique un coût en gaz nettement inférieur. Prenons le cas de la stratégie d’extension d’Ethereum via les Rollups : Layer1 assure les services de calcul et de stockage des données, tandis que Layer2 traite les transactions réelles. À terme, toutes les transactions applicatives s’effectueraient au niveau 2. Gulu donne un exemple : imaginons 50 réseaux Layer2, chacun traitant 2 000 transactions par seconde. Ensemble, ils atteindraient 100 000 transactions par seconde, dont la validation finale serait assurée par les nœuds de Layer1. Ce modèle est bien plus économique, car il n’exige pas que chaque nœud valide l’intégralité des transactions. Seul un coût matériel correspondant à 2 000 transactions par seconde est nécessaire. De plus, après la mise à niveau Cancun, l’utilisation de BlockData par les Layer2 deviendra très bon marché. On s’attend à une baisse d’au moins un ordre de grandeur — voire deux — du prix du gaz au niveau des données. En tenant compte conjointement du coût global et du gaz, le coût pour chaque Layer2 pourrait diminuer de plus de 80 %.
Degré de décentralisation
Du point de vue de la décentralisation, une blockchain monolithique pourrait à terme ne compter que quelques dizaines, voire moins, de nœuds, probablement tous gérés par des centres de données. Dans un tel scénario, les gouvernements ou autres entités pourraient intervenir en contrôlant ces nœuds, compromettant ainsi le caractère décentralisé du réseau. Prenons Bitcoin comme exemple : un gouvernement pourrait limiter son émission ou imposer des règles sur les transactions. Selon Gulu, cela ferait perdre à la blockchain sa valeur fondamentale : l’indépendance. Ainsi, la blockchain monolithique peinerait à garantir une véritable décentralisation, rendant son écosystème fragile et vulnérable aux attaques.
À l’inverse, dans une architecture modulaire, les Layer2 n’ont pas une forte autonomie. Le design global suppose justement que les Layer2 renoncent à une partie de leur indépendance, leur pouvoir de gestion étant rattaché à Layer1. Autrement dit, bien que les Layer2 conservent un certain degré d’autonomie, le contrôle ultime repose sur Layer1. Selon Gulu, ce modèle permet de préserver la décentralisation du réseau Layer1. Arbitrum, par exemple, a déjà atteint les caractéristiques souhaitées : sans confiance (trustless) et sans permission (permissionless).
La notion d’« espace hors État » dans la blockchain : confiance, évolutivité et révolution financière
Le terme « espace hors État » fait référence, en histoire, aux périodes primitives de formation des États, où de vastes zones échappaient encore au contrôle étatique. Entre les points de domination étatique se trouvaient donc de grands espaces « hors État », abritant diverses formes d’organisation humaine primitive, comme les tribus. Dans ce contexte, sortir des frontières étatiques signifiait accéder à l’indépendance et à la liberté. Initialement, la portée effective d’un État était limitée à un rayon d’environ 48 km.
Transposé à la blockchain, ce concept désigne un espace autonome, indépendant du système étatique. Cet espace indépendant fournit un environnement décentralisé, offrant autonomie et liberté, permettant aux individus de mieux contrôler leurs données et leurs actifs. Tout comme les anciens « espaces hors État », le réseau blockchain est constitué de nœuds décentralisés, sans autorité centrale de gouvernance.
Gulu souligne que Bitcoin fut la première application concrète de cet « espace hors État » dans la blockchain, illustrant parfaitement la synergie entre décentralisation et marché monétaire. Par la suite, des applications plus souples ont vu le jour grâce à l’architecture technologique de la blockchain : DeFi, NFT, prêts, etc. Ces applications, fondamentalement, tirent leur force de cet « espace hors État ». Mais pourquoi construire des applications sur blockchain ? Quels avantages cet « espace hors État » apporte-t-il ? Gulu propose les éléments de réponse suivants :
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Confiance : les applications blockchain renforcent la confiance des utilisateurs, car leurs données sont publiques et immuables. Par exemple, tout contrat d’émission de jeton peut être vérifié publiquement sur la chaîne ;
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Capacité d’extension : dans son article « Interprétation de l’état final (1) : Ethereum est en train de gagner », Gulu explique que cet « espace hors État » deviendra progressivement un centre financier numérique, intégrant Bitcoin, les applications DeFi sur Ethereum, les échanges décentralisés, les prêts, les stablecoins, etc., offrant ainsi aux utilisateurs une multitude de services financiers ;
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Adéquation produit-marché : Gulu insiste particulièrement sur la pertinence des stablecoins dans cet « espace hors État », notamment pour les paiements transfrontaliers. Contrairement aux virements internationaux traditionnels, coûteux, les stablecoins offrent des frais de transfert minimes et une rapidité élevée, facilitant les activités économiques mondiales ;
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Processus de dollarisation : bien que le dollar bénéficie d’un fort consensus, son adoption est freinée par les frontières nationales. Avec la diffusion des technologies blockchain, une deuxième vague de dollarisation pourrait émerger, permettant à des produits comme le dollar de s’étendre largement dans cet « espace hors État » ;
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Tokenisation des actifs : selon Gulu, la demande de tokenisation des actifs est intrinsèquement très attrayante. La blockchain permet d’inscrire des actifs numériquement, élargissant ainsi les cas d’usage. Par exemple, un titre de propriété immobilier transformé en NFT peut servir de garantie pour des prêts. À long terme, la tokenisation des actifs représente un domaine prometteur, source d’innovations multiples.
Évolution du paradigme des transactions blockchain
En tant qu’ambassadeur (Evangelist) de DeGate, un DEX décentralisé basé sur ZK Rollup avec carnet d’ordres, Gulu a également partagé lors des Spaces ses visions sur l’avenir des bourses.

DeGate est un protocole décentralisé basé sur ZK Rollup, appartenant à l’écosystème Ethereum, fonctionnant selon un modèle de carnet d’ordres, sans confiance et permettant l’inscription sans permission. Il est entré officiellement en phase mainnet le 9 janvier dernier. À ce jour, sa TVL atteint 64,67 millions de dollars, avec un volume cumulé de transactions dépassant 200 millions de dollars.
Gulu considère que les échanges décentralisés sont essentiels pour l’écosystème blockchain. Il affirme que lorsque la capacité de traitement de la chaîne atteindra 100 000 transactions par seconde, les transactions internes à la chaîne seront non seulement les moins coûteuses mais aussi les plus pratiques pour les utilisateurs. Pour l’instant, les frais GAS élevés limitent des applications comme DeFi, poussant la majorité des transactions vers les bourses centralisées. Toutefois, Gulu croit qu’à mesure que la capacité de la chaîne augmentera, davantage de transactions auront lieu directement sur la blockchain. Cela prendra du temps, mais une fois que le débit de l’infrastructure sous-jacente cessera d’être un frein, le carnet d’ordres deviendra la forme dominante des échanges.
Gulu rappelle que les premiers DEX sur blockchain étaient précisément basés sur le carnet d’ordres, comme EtherDelta. Cependant, avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs et des frais GAS, l’efficacité de ces plateformes est devenue trop faible. Le modèle AMM (market maker automatisé) a alors émergé, offrant un meilleur rendement en termes de gaz. Toutefois, du point de vue des produits financiers, il souffre d’une faible efficacité capitalistique. Gulu souligne que des bourses traditionnelles comme le NYSE ou la SSE ont adopté le carnet d’ordres car celui-ci offre flexibilité, efficacité élevée du capital, et permet de mettre en œuvre via API des stratégies complexes de trading.
Enfin, Gulu résume les caractéristiques principales de DeGate :
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Autonomie des actifs : comme tout DEX, les clés privées sont détenues par les utilisateurs, les actifs leur appartiennent entièrement, personne ne pouvant les utiliser ou les bloquer arbitrairement ;
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Transactions par carnet d’ordres : meilleure expérience utilisateur, efficacité accrue du capital et grande flexibilité ;
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Inscription sans permission : tout utilisateur peut lister un jeton ERC20 compatible moyennant le paiement des frais de gaz ;
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Trading en grille décentralisée : similaire à Uniswap V3, les utilisateurs peuvent fournir des liquidités dans un intervalle de prix défini, et le protocole effectue automatiquement des achats bas et des ventes hautes pour générer des profits ;
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Investissement programmé décentralisé : permet aux utilisateurs de définir des intervalles réguliers pour acheter ou vendre des actifs, atténuant ainsi l’impact des fluctuations du marché ;
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Passation d’ordres gratuite : aucun frais de gaz ni commission de transaction requis pour placer un ordre.
💡 Pour découvrir davantage les opinions de Gulu sur Ethereum, la décentralisation et les cas d’usage, vous pouvez cliquer ici pour écouter l’intégralité de l’échange.
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