
Les robots en 2024, le prochain ChatGPT
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Les robots en 2024, le prochain ChatGPT
Année prévue de la robotique.
Rédaction : Wang Wang
Édition : Manman Zhou

Encore une fois en 2024, l'année du robot. On semble le dire chaque année.
En décembre 2023, à la fin de l’année, avec la première introduction en bourse au monde d’une entreprise spécialisée dans les robots humanoïdes, UBTech, le mot « robot » est soudainement devenu le prochain grand phénomène après les grands modèles, ouvrant ainsi un début enthousiasmant pour 2024.
Outre cette première IPO, les actualités dans le domaine des robots ont été fréquentes récemment. Par exemple, Musk a publié sans prévenir sur son compte X une vidéo présentant la deuxième génération du robot humanoïde Tesla, Optimus, capable de marcher, faire des squats et attraper des œufs avec maîtrise ; tandis que Mobile ALOHA, développé par une équipe de Stanford, a évolué jusqu’à être capable de cuisiner seul, nettoyer les tables et appuyer sur les boutons d’ascenseur, avec un taux de réussite atteignant 90 %.
Profitons donc de l’occasion pour revenir sur les histoires les plus populaires du secteur robotique auxquelles vous avez peut-être manqué en 2023.
01 Les robots humanoïdes peuvent enfin travailler
En 2015, lors du DARPA Robotics Challenge, surnommé « les Jeux olympiques des robots », le robot humanoïde DRC Hubo de l’équipe sud-coréenne KAIST a remporté la première place en accomplissant en 44 minutes et 28 secondes une mission de sauvetage simulée après une catastrophe.
Pourtant, ce concours intense semblait quelque peu « ridicule » aux yeux du public : les tâches qu’un humain pouvait réaliser en seulement 5 minutes ont pris presque une heure aux robots, sans compter les nombreux concurrents qui se sont retirés en tombant régulièrement — que ce soit en marchant, en ouvrant une porte ou même sous une légère brise.
À l’époque, on se demandait : quand les robots humanoïdes entreront-ils réellement sur le marché ? Peut-être obtiendrons-nous la réponse en 2024.

Le robot humanoïde DRC Hubo | IEEE Spectrum
Aujourd'hui, nous voyons de nombreux robots capables d’exécuter divers mouvements complexes, voire des opérations précises nécessitant rapidité et exactitude comme rattraper un objet en chute libre. De plus en plus de fabricants de robots ne se contentent plus de transporter des boîtes ou livrer des colis, mais visent désormais le développement de robots universels.
Le système de contrôle de Sanctuary AI imite les fonctions cérébrales humaines liées à la mémoire, à la vision, à l’ouïe et au toucher, combinant raisonnement symbolique et réseaux neuronaux pour doter les robots d’une intelligence similaire à celle des humains. La société norvégienne de robots 1X a conclu un partenariat avec OpenAI, permettant aux grands modèles d’intelligence artificielle d’atteindre également les robots, leur conférant ainsi une capacité de « réflexion » plus profonde. Ces entreprises prévoient toutes un déploiement commercial en 2024.
Musk prédit qu’il y aura un milliard de robots humanoïdes sur Terre au cours des 20 prochaines années. Toutefois, alors que nous entamons 2024, il convient de rester prudent.
Bien que d’importants investissements et talents se soient dirigés vers le secteur des robots humanoïdes ces deux dernières années, aucune avancée technologique substantielle n’a été observée récemment. Par exemple, les actionneurs restent complexes et coûteux, et l’autonomie des batteries constitue toujours un défi majeur. Sur le plan logiciel, la sécurité et la stabilité exigent des efforts continus d’amélioration. Du point de vue de la production, un déploiement commercial à grande échelle requiert des chaînes d’approvisionnement flexibles et des infrastructures adéquates, ce qui demande temps et ressources.
02 Les robots aspirateurs conquièrent le monde
À la station de recherche Antarctique Amundsen-Scott, où la température moyenne annuelle est de -28 °C, pouvant descendre jusqu’à -80 °C. En raison de conditions climatiques extrêmes, la station se retrouve sans ravitaillement pendant huit mois chaque année. Quels que soient les chercheurs présents, quatre habitants permanents sont toujours là : Bert, Ernie, Sam et Frodo, quatre robots aspirateurs.
La vie quotidienne de ces quatre robots n’est pas dénuée de rebondissements.
Bert, le premier arrivé, fut pendant plus d’un an le robot aspirateur le plus solitaire au monde. Puis Ernie rejoignit, partageant les étages un et deux avec Bert. Séparés par un escalier infranchissable, ils devinrent des âmes sœurs proches mais lointaines. Ce n’est que lorsque Sam et Frodo, inséparables amis, arrivèrent que Bert et Ernie purent enfin vivre ensemble au même niveau. Ernie a même été victime d’un kidnapping, ses ravisseurs exigeant des biscuits en échange de sa libération. Heureusement, Ernie revint sain et sauf, prêt à reprendre son travail de nettoyage.
Le compte X South Pole Telescope documente le quotidien palpitant de ces quatre robots aspirateurs, ainsi que les blagues (glaciales) des chercheurs confrontés à ce froid extrême.

« Il fait trop froid », dit Ernie
Petite anecdote insolite : les robots aspirateurs sont en réalité issus de recherches militaires.
En 1990, des chercheurs du MIT ont fondé iRobot (la marque du robot aspirateur illustré ci-dessus), initialement pour développer un robot désamorceur de mines destiné à l’armée américaine. À cette fin, l’équipe a conçu un algorithme permettant au robot de couvrir chaque endroit d’un espace donné. Pendant le développement, ils réalisèrent que cette même technologie pouvait être utilisée pour contrôler un aspirateur. Ainsi, en 2002, le premier robot aspirateur fut lancé sur le marché américain, dépassant rapidement le million d’exemplaires vendus en deux ans. Aujourd’hui, pour seulement un peu plus de mille yuans chinois, on peut acquérir cet ancien « détecteur de mines ».
03 Henry Evans et le robot : 13 ans de vie commune
Henry Evans, victime d’un AVC, a perdu toute mobilité, ne pouvant bouger que les yeux, la tête, le cou et légèrement le pouce gauche. En 2010, Henry découvrit fortuitement le robot PR2 de l’entreprise Willow Garage. Il pressentit que cela pourrait changer sa vie et contacta l’équipe de recherche afin de lancer conjointement le projet « Robots for Humanity », aidant les personnes handicapées à gagner en autonomie tout en offrant plus de liberté aux familles et aux aidants.

Henry Evans et PR2, source image | Stanford Magazine
Cependant, le PR2 pesait 181 kg et coûtait 400 000 dollars, le rendant inaccessible au grand public, réservé uniquement à la recherche. En 2017, après plusieurs années de collaboration avec la famille d’Henry, l’équipe du PR2 fonda une nouvelle entreprise, Hello Robot, pour concevoir un robot plus simple, léger et abordable. Le fruit de leurs efforts, Stretch, abandonna la forme humaine pour ne garder qu’un bras unique, réduisant le prix à 20 000 dollars. Ce robot aide Henry à se raser, jouer aux cartes, voire à faire la vaisselle pour autrui.
2023 marque la treizième année où Henry et sa famille vivent sous le même toit qu’un robot. Bien que la plupart des tâches quotidiennes dépendent encore de son épouse et de son aide-soignant, Henry peut souvent accomplir seul certaines petites tâches grâce au robot. Lorsqu’il cueille une rose pour la donner à sa femme, il ressent pleinement qu’il n’est pas complètement inutile.
04 Le 70ᵉ vol de l’hélicoptère martien Ingenuity
Le 22 décembre 2023, Ingenuity a réalisé son 70ᵉ décollage et atterrissage à la surface de Mars, plus de deux ans après son premier vol en 2021. Selon les plans initiaux de l’équipe de lancement, Ingenuity ne devait effectuer au maximum que 5 vols et survivre 30 jours sur Mars.
L’environnement martien est extrêmement froid, sec, avec une atmosphère très ténue. Même si la gravité y est plus faible, générer suffisamment de portance reste un défi majeur pour un hélicoptère. De plus, le délai de communication entre Mars et la Terre rend chaque mission de vol particulièrement complexe. Le record de vol d’Ingenuity a fourni une inspiration révolutionnaire à l’exploration martienne. En tant que pionnier aérien sur Mars, il a transmis des enseignements précieux à ses successeurs. Sur cette base, les scientifiques envisagent désormais d’inclure des engins à rotors dans les futures missions de retour d’échantillons martiens, et de concevoir un hélicoptère scientifique capable de transporter une charge utile accrue pour explorer des zones inaccessibles aux rovers.

Source image | Space.com
05 Jouer avec des robots dans les parcs Disney
Aujourd’hui, vous pouvez interagir avec Mickey Mouse ou Lina Bell incarnés par des acteurs humains dans les parcs Disney. À l’avenir, un groupe de robots pourrait devenir vos compagnons Disney.
Dans son centre de recherche à Zurich, Disney développe de nouveaux robots de divertissement. Ces robots ne se contentent pas de marcher et parler : ils adoptent des méthodes de locomotion spécifiques pour imiter les personnages Disney, exprimant leurs émotions par des gestes exagérés et attendrissants. Des animateurs collaborent avec des experts en robotique pour assurer à la fois la stabilité du déplacement et une expressivité marquée dans chacun de leurs mouvements, allant jusqu’à reproduire des gestes mignons comme incliner la tête.

Source image | Youtube
Sur le plan de la production, cette nouvelle plateforme robotique n’étant pas dépendante du matériel, elle permet d’appliquer rapidement les prototypes à différents personnages. Grâce à des pièces imprimées en 3D, Disney peut produire de nouveaux robots personnages en quelques mois seulement.
On peut espérer que ces robots rencontreront bientôt les visiteurs.
06 Course de drones : les robots entièrement autonomes surpassent les humains
Une course de vitesse oppose un drone autonome à un champion humain. Les deux drones doivent traverser successivement sept portes orientées différemment et situées à différentes hauteurs, ce qui exige une multitude de micro-manœuvres précises. Sur un parcours complexe de 7,5 mètres, le drone entièrement automatisé n’a mis que 5,3 secondes.
Pour battre un humain, le drone doit être plus rapide et plus stable. Pour cela, l’équipe doit résoudre plusieurs problèmes. Premièrement, calculer la trajectoire optimale de vol. Durant la phase d’entraînement en simulation 3D, l’équipe du drone calcule non seulement la trajectoire mathématiquement optimale, mais collecte aussi continuellement des données de bruit du monde réel, telles que les courants d’air dans l’enceinte ou les vibrations du drone lui-même. Une fois la trajectoire définie, le drone doit calculer en temps réel sa position et son orientation. En raison de sa grande vitesse, la caméra embarquée subit un flou de mouvement, risquant de rendre le drone « aveugle ». L’équipe robotique doit donc trouver un équilibre entre la trajectoire la plus courte et la prévention des collisions.

Source image | Nature
Finalement, ce drone est équipé d’un système de suivi infrarouge comprenant 36 caméras, capable de localiser le drone avec une précision millimétrique 400 fois par seconde. En combinant ces données de position avec la carte de trajectoire, un ordinateur externe guide le drone le long de la trajectoire optimale — une performance difficile même pour les meilleurs pilotes humains.
Bien qu’il s’agisse d’une domination implacable de la machine sur l’humain, l’équipe robotique estime que, dans les décennies à venir, les drones automatiques ne pourront pas remplacer complètement les humains. La capacité humaine à traiter des données erronées, à s’adapter à l’environnement et à ajuster rapidement ses actions dépasse encore celle des machines.
2024 : l’explosion des robots est-elle pour demain ?
Selon Jim Fan, scientifique principal chez Nvidia et responsable des Agents IA, les robots constituent la technologie la plus importante de 2024. Dans un tweet publié sur X, il déclare : « Nous sommes à environ trois ans du moment ChatGPT pour les agents d’IA physiques. »
Par le passé, la recherche robotique a longtemps été confrontée au « paradoxe de Moravec ».
Dès les années 1980, le chercheur Hans Moravec a constaté que les capacités sensorielles et perceptives consomment d’importantes ressources informatiques, tandis que le raisonnement logique en nécessite beaucoup moins. Cela entraîne un phénomène contre-intuitif dans le développement des robots : des tâches banales pour les humains, comme rattraper une balle en vol, sont extrêmement difficiles pour un robot ; inversement, certaines tâches ardues pour les humains sont relativement faciles pour les robots.
Aujourd’hui, grâce aux progrès des grands modèles multimodaux, des ensembles de données simulées et du matériel, les robots évoluent à une vitesse exponentielle. Dotés désormais de capacités exceptionnelles de compréhension linguistique et d’interaction, leurs aptitudes perceptuelles connaissent également des avancées significatives.
Peut-être que le moment de singularité n’arrivera pas immédiatement, mais il est indéniable que l’avenir du secteur robotique est prometteur. Nous sommes bel et bien en route vers ce moment crucial.
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