
Guide pour les développeurs : quelles langues de programmation apprendre pour passer de Web2 à Web3 ?
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Guide pour les développeurs : quelles langues de programmation apprendre pour passer de Web2 à Web3 ?
Passer de développeur traditionnel à Web3.0 : parmi Solidity, Go, Haskell et Rust, quelle langue privilégier ?
Passer du monde des développeurs traditionnels au Web3.0 : sur quels langages se concentrer parmi Solidity, Go, Haskell et Rust ?
01 Avant-propos
Bien que les termes comme métavers ou NFT soient désormais familiers, pour ceux qui travaillent dans ce secteur, le Web3.0 reste clairement à un stade précoce, avec de nouvelles solutions, modèles économiques, concepts ou idées qui émergent constamment. Parallèlement, cette vague inarrêtable d'innovation génère une demande massive en talents, dont les développeurs blockchain sont l'un des joyaux les plus prisés.
En 2021, plus de développeurs ont rejoint le Web3.0 qu’à aucune autre période précédente, avec plus de 34 000 personnes intégrant ce secteur au cours de l’année. À l’instar du domaine de la finance traditionnelle, le nombre d’emplois dans la blockchain atteint également des sommets historiques.

[Comme illustré ci-dessus] Après la flambée du prix du Bitcoin en 2017, le nombre d’offres d’emploi a grimpé en flèche ; durant la pandémie de Covid-19, la hausse continue du Bitcoin a maintenu cette tendance.
Les développeurs web traditionnels maîtrisent déjà de nombreux langages tels que Python, C++, Truffle, JavaScript ou Golang. Il est donc relativement aisé pour les experts du Web2 de franchir le pas vers le Web3.
Outre Ethereum, les blockchains les plus populaires auprès des développeurs incluent actuellement Cardano, Solana, Avalanche et Tezos. Ces plateformes utilisent divers langages de programmation, offrant ainsi des opportunités aux développeurs quelle que soit leur spécialité. Naturellement, rejoindre un écosystème large présente un avantage certain grâce à ses tutoriels abondants, bibliothèques compatibles et outils « plug-and-play » facilitant le déploiement des dApps. Maîtriser plusieurs langages combinés ouvre encore davantage de perspectives dans le développement blockchain.
Cet article récapitule les principaux langages de programmation actuellement valorisés : JavaScript et Solidity pour Ethereum, Haskell – base du langage natif Plutus de Cardano, Go utilisé par Cosmos, et Rust adopté par Solana, NEAR Protocol et Polkadot.
02 JavaScript & Solidity : Ethereum
Ethereum dispose de quatre langages spécifiques : Serpent (inspiré de Python), Solidity (inspiré de JavaScript), Mutan (inspiré de Go) et LLL (inspiré de Lisp), tous conçus dès l’origine pour la programmation orientée contrat.
Parmi eux, Solidity est le langage privilégié d’Ethereum. Il intègre toutes les fonctionnalités de Serpent et sa syntaxe proche de celle de JavaScript le rend facile à apprendre et à utiliser. Comme JavaScript est déjà largement maîtrisé par les développeurs web, des millions d’entre eux disposent déjà des bases nécessaires pour développer des contrats intelligents sur Ethereum.
JavaScript et Solidity partagent de nombreuses similitudes étant tous deux orientés objet, mais leurs usages diffèrent. JavaScript, ancien allié du développement web, ajoute de l’interactivité aux interfaces et dynamise l’expérience utilisateur.
Tout comme pour les sites web ou applications mobiles, JavaScript peut être utilisé dans le développement Web3 pour créer des dApps. Cependant, il est essentiel d’utiliser des bibliothèques telles que web3.js ou ethereum.js, qui permettent aux utilisateurs d’interagir avec un nœud Ethereum via HTTP, IPC ou WebSocket, localement ou à distance. Elles fournissent aussi des outils prêts à l’emploi pour assurer la compatibilité entre les dApps et Ethereum.

[Comme illustré ci-dessus] Selon les données, maîtriser Rust, Kotlin, Haskell et Go constitue une combinaison idéale de compétences pour les développeurs. Source : Enquête HackerEarth 2021 sur les développeurs
Solidity n’est pas un langage très complexe, proche d’une version allégée de JavaScript, ce qui facilite son apprentissage pour de nombreux développeurs.
Bien que Solidity soit relativement jeune, avec une communauté encore modeste et peu de bibliothèques standards réutilisables, son écosystème et sa base de code ont connu une croissance rapide depuis 2020. Fin 2021, il comptait plus de 2 000 développeurs actifs. Avec Ethereum restant l’écosystème le plus vaste, Solidity demeure sans conteste l’un des langages de référence dans l’industrie blockchain.
L’avènement d’Ethereum 2.0 renforce l’intérêt de combiner Solidity avec d’autres langages pour créer des dApps sur Ethereum, offrant ainsi une voie rapide aux développeurs souhaitant entrer dans le Web3.
03 Haskell : un langage fonctionnel pur pour le Web3
Haskell est un langage fonctionnel généraliste, généralement utilisé comme fondation personnalisée du langage Plutus destiné aux contrats intelligents sur Cardano.
Fondamentalement, Haskell fournit un cadre théorique pour décrire et évaluer des fonctions, chaque fonction étant mathématiquement définie, garantissant un haut niveau de sécurité. En Haskell, les fonctions exécutent des tâches élémentaires et précisent exactement ce que le programme doit accomplir. Langage à typage statique, il permet une vérification aisée du code lors de la compilation, assurant concision, clarté et justesse.
Il utilise l’évaluation paresseuse : si ce n’est pas nécessaire, il ignore tout code superflu, accélérant ainsi l’exécution. De plus, son gestion automatique de la mémoire (AMM) simplifie grandement le travail des développeurs, qui n’ont pas à gérer manuellement la mémoire lors de la création de leurs dApps.
Fin 2021, les développeurs Web3 utilisant Haskell restaient rares et le langage n’était pas encore largement adopté. Son seuil d’apprentissage élevé, ses bibliothèques limitées et sa croissance lente freinent son expansion. Pourtant, Haskell joue un rôle crucial dans la production de logiciels de haute qualité, et savoir le maîtriser permet de se démarquer nettement.
04 Go : Cosmos et SDK Polygon
Go est un langage de programmation open source généraliste lancé en 2009 par des ingénieurs Google. Langage statique explicite, Go cherche à combiner la simplicité de développement de Python avec l’efficacité des langages compilés comme C++.
Cosmos et le SDK Polygon utilisent fréquemment Go. Doté de nombreuses bibliothèques natives, il est multiplateforme et compatible mobile. Grâce aux « Goroutines », il permet un démarrage rapide des dApps et l’exécution efficace de tâches sans consommer trop de mémoire. Go supporte aussi l’exécution simultanée de plusieurs threads, assurant une performance élevée même sous forte charge.
Parmi les exemples concrets de Go dans le Web3 figure le SDK Polygon Edge, un framework modulaire pour construire des dApps et des blockchains compatibles avec Ethereum. Il permet d’ancrer des réseaux tiers à la blockchain Ethereum, transférant ainsi des jetons ERC-20 et des NFT ERC-721 via leurs propres solutions. D’autres implémentations Ethereum peuvent être intégrées à Go via le client Go Ethereum.
Go n’est pas difficile à apprendre, car sa logique initiale correspond bien à celle des développeurs JS ou C. De nombreuses ressources pédagogiques sont disponibles. Les développeurs ayant une expérience en C/C++/Java progresseront plus rapidement.
Selon l’enquête Stack Overflow 2020, Go est très populaire : plus de 62 % des répondants affirment aimer ce langage et souhaitent continuer à l’utiliser.
05 Rust : simplicité, concurrence et haute efficacité
Dès 2015, un ancien employé de Mozilla a publié Rust, un langage de programmation polyvalent centré sur la sécurité et les performances, conçu pour la rapidité et l’efficacité, offrant notamment des abstractions sans coût, de l’héritage et des fonctionnalités riches.
Rust offre une vitesse et une efficacité mémoire exceptionnelles. Son système de types riche et son modèle de propriété garantissent la sécurité mémoire et des threads fiables, éliminant de nombreuses erreurs classiques dès la compilation. Il permet aussi d’écrire du code concurrent (et parallèle), traitant rapidement les transactions. Cette capacité confère aux programmes Rust une excellente scalabilité, avec un débit transactionnel (TPS) supérieur à celui d’autres langages.
L’abstraction sans coût signifie que les abstractions utilisées n’imposent presque aucun surcoût à l’exécution : il n’y a aucune différence de vitesse entre le code de bas niveau et celui utilisant des abstractions. Ce principe est devenu central dans la philosophie de développement de Rust.
Rust propose aussi une documentation complète et un compilateur convivial, facilitant le diagnostic des problèmes et augmentant la productivité. Les développeurs n’ont pas besoin de passer beaucoup de temps à optimiser leur code, car le compilateur s’occupe de l’abstraction. Comparé à d’autres langages, les applications écrites en Rust tournent plus vite, même face à des codes optimisés dans d'autres langages.
De plus, Rust s’intègre parfaitement à d’autres langages, permettant d’appeler aisément du code externe, et inversement. Cette interopérabilité devient particulièrement précieuse dans un monde numérique interconnecté.
Grâce à ces atouts, une enquête Stack Overflow auprès des développeurs en 2020 a désigné Rust comme le « langage de programmation le plus aimé », environ 86 % des répondants exprimant le souhait de continuer à coder en Rust.
Le lancement de Polkadot et son adoption de Rust ont directement entraîné une forte demande en développeurs Rust. Par ailleurs, fin 2021, le nombre de développeurs actifs sur Solana est passé d’environ 180 à près de 1 000, soit une augmentation de près de 500 %, témoignant du fort potentiel applicatif de Rust.

Rust est particulièrement adapté aux opérations à haut débit et fortement concurrentes.
06 Conclusion : Rust, un candidat prometteur
Étant donné que les protocoles Web3 doivent traiter des dizaines de millions d’entrées non fiables avec rapidité et robustesse, Rust possède un avantage clair. Il traite des tâches complexes à grande vitesse tout en réduisant les erreurs liées à la mémoire, aux limites, aux variables nulles, aux initialisations ou aux débordements d’entiers.
Bien que Rust présente une courbe d’apprentissage plus raide, de nombreux développeurs s’y intéressent. Utiliser Rust permet de créer des dApps plus solides, réduisant grandement les erreurs courantes et assurant un fonctionnement conforme aux attentes après déploiement. Sa capacité concurrentielle répond parfaitement aux besoins de traitement de dizaines, voire centaines de milliers de transactions par seconde, faisant de Rust un choix idéal pour les applications Web3 et les transactions dans les mondes virtuels.
D’un autre côté, Solidity bénéficie d’une large communauté et d’une riche bibliothèque Ethereum. Cet effet réseau favorise la collaboration et augmente la probabilité qu’une dApp spécifique trouve de multiples usages.
La demande pour chacun de ces langages ne cesse de croître, et les développeurs polyglottes disposent de plus d’opportunités. Actuellement, la demande pour les développeurs Solidity est très forte, mais apprendre Go, Haskell ou Rust offre un avantage concurrentiel, car moins de développeurs les maîtrisent, et ces langages sont particulièrement appréciés des recruteurs.
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