
Alan Greenspan est décédé : les règles du marché qu’il avait établies sont aujourd’hui réécrites par Christopher Waller.
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Alan Greenspan est décédé : les règles du marché qu’il avait établies sont aujourd’hui réécrites par Christopher Waller.
Alan Greenspan, centenaire, est décédé ; son mythe de la « vente d’options » et son adage « Ne vous opposez pas à la Réserve fédérale » ont dominé les marchés pendant trente ans.
Rédaction : Yán Wài Zhī Yì
Source : WallStreetCN
Le 22 juin 2026, NBC a annoncé une nouvelle peu surprenante : Alan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), est décédé à l’âge de 100 ans des complications liées à la maladie de Parkinson.
Il était depuis longtemps sorti du champ médiatique. Pourtant, ce qu’il a laissé derrière lui n’a jamais quitté les marchés.
Aujourd’hui, plus de la moitié de la logique de valorisation des marchés financiers mondiaux porte encore sa signature. La phrase prononcée par Greenspan après le « lundi noir » de 1987 — « La Fed fournira de la liquidité » —, la question lancée en 1996 sur la « prospérité irrationnelle », déclenchant des secousses boursières à l’échelle mondiale, ainsi que le principe récité depuis trente ans par les traders — « Ne vous opposez pas à la Fed » (Don’t Fight the Fed) — ne sont pas des souvenirs historiques. Ce sont des lignes de code encore actives.
Or, quelques jours avant le décès de Greenspan, le président actuel de la Fed, Kevin Warsh, venait juste de lancer un examen complet et approfondi du mode de fonctionnement de la banque centrale. Cette coïncidence temporelle ressemble presque à une métaphore intentionnellement orchestrée : un homme quitte la scène, tandis que les règles qu’il a lui-même écrites sont désormais démontées et reconstruites par un autre.
La naissance du « put de Greenspan »
Pour comprendre ce que Warsh cherche à modifier, il faut d’abord saisir la nature du système qu’il a hérité — un système presque entièrement conçu par Greenspan.
Le 11 août 1987, à l’âge de 61 ans, Greenspan fut nommé président de la Fed par le président Ronald Reagan, succédant à Paul Volcker. Il s’agissait d’une nomination assez inattendue. Greenspan n’était pas issu du milieu universitaire des économistes : son doctorat, entamé bien plus tôt, ne fut obtenu qu’en 1977, à l’âge de 51 ans, à l’université de New York. Son parcours initial était celui d’un consultant financier à Wall Street : en 1954, il avait cofondé avec l’avocat Nathan Wolff la société Townsend-Greenspan & Co., spécialisée dans les prévisions économiques destinées aux entreprises et aux institutions financières. Son flair pour les données et les cycles économiques s’était affiné non sur le tableau noir, mais dans la pratique concrète de la génération de profits pour ses clients.
Cette expérience a profondément marqué ses dix-neuf années à la tête de la Fed.
À peine soixante-neuf jours après sa prise de fonction, le 19 octobre 1987, le « lundi noir » frappait. L’indice Dow Jones chuta de 22,6 % en une seule séance, soit la plus forte baisse quotidienne jamais enregistrée sur les marchés américains. Des ordres de vente automatisés se déclenchèrent en chaîne, plongeant le marché dans un « trou noir » de liquidité dont personne ne pouvait anticiper la fin.
La réponse de Greenspan définissait alors le nouveau paradigme de conduite de la Fed pour les trente années suivantes. Plutôt que d’attendre une autorégulation du marché — la solution classique enseignée par l’économie théorique —, il publia immédiatement une déclaration affirmant que la Fed « fournirait de la liquidité afin de soutenir l’économie et le système financier », tout en tolérant tacitement l’élargissement des prêts bancaires aux courtiers. Cette simple phrase stabilisa les marchés.
Cette logique fut ensuite synthétisée par les marchés sous le terme de « put de Greenspan » (Greenspan Put). Elle signifie que, dès lors que les marchés tombent suffisamment bas, la Fed interviendra systématiquement pour les soutenir, offrant ainsi gratuitement à tous les acteurs une option de vente (put). Une fois cette attente ancrée, elle ne peut plus être effacée.
« Prospérité irrationnelle » et le pouvoir des mots
La façon dont Greenspan a façonné les marchés ne reposait pas uniquement sur ses actes, mais aussi sur ses mots.
Le 5 décembre 1996, lors d’une allocution à l’American Enterprise Institute (AEI), il lança une question apparemment anodine : « Comment savoir si la prospérité irrationnelle a porté les valeurs des actifs à un niveau insoutenable ? » (How do we know when irrational exuberance has unduly escalated asset values...)
Cette phrase était purement interrogative, sans aucune implication politique explicite. Pourtant, la réaction des marchés fut quasi instantanée : le jour suivant, la Bourse de Tokyo ouvrait en chute de 3 %, entraînant un mouvement baissier mondial.
Tel est le pouvoir du « langage de Greenspan » (Fedspeak). Plus tard, il décrivit lui-même avec satisfaction ce style comme une « ambiguïté délibérée » — utilisant quatre ou cinq phrases de plus en plus obscures pour éviter de répondre aux questions qu’il ne souhaitait pas traiter, laissant ainsi les membres du Congrès croire avoir obtenu une réponse satisfaisante avant de passer à la question suivante.
Mais « prospérité irrationnelle » n’était pas un langage ambigu : c’était une expression précise comme un scalpel. Elle transmettait un seul message : « Je pense que les marchés boursiers sont trop chers. » Rien de plus — et cela suffisait déjà à provoquer des secousses mondiales. Les marchés constatèrent rapidement que cette phrase n’avait modifié aucune politique — ni les taux d’intérêt, ni la liquidité fournie. Après une brève correction, les marchés reprirent leur ascension jusqu’au sommet de la bulle internet, en mars 2000.
Cela renforça encore davantage la crédibilité du « put de Greenspan » : si même une simple mise en garde verbale n’était pas suivie d’un resserrement monétaire effectif, cela signifiait clairement qu’il se rangeait du côté des acheteurs.
1994 : la main ferme oubliée
Aujourd’hui, on associe surtout Greenspan au « put » — on le perçoit comme toujours du côté des marchés. Mais les événements de 1994 racontent une histoire radicalement différente.
Début 1994, Greenspan jugea que les pressions inflationnistes s’accumulaient et décida d’agir préventivement. Rompant avec l’attitude modérée attendue par les marchés, il augmenta le taux des fonds fédéraux de 3 % à 6 % en l’espace d’une année. Cette décision fut prise sans communication préalable suffisante avec les marchés, ce qui valut à l’opération le qualificatif de « coup de poignard dans le dos ».
Le résultat fut désastreux : un véritable « massacre » sur le marché obligataire, avec des pertes atteignant 1 500 milliards de dollars dans les portefeuilles obligataires ; le comté d’Orange, en Californie, fit faillite suite à des pertes colossales sur des produits dérivés obligataires ; la cote de popularité de Greenspan s’effondra auprès des milieux financiers.
Pourtant, cette crise eut pour conséquence paradoxale de renforcer sa crédibilité. Elle prouvait qu’il n’avait pas peur de contrarier les marchés. Son objectif prioritaire restait la maîtrise de l’inflation, non la séduction de Wall Street. Cette réputation permit, dans la seconde moitié des années 1990, de maintenir des taux d’intérêt bas sans voir l’anticipation d’inflation se déconnecter — les marchés lui faisaient confiance, convaincus qu’il interviendrait si nécessaire.
Tel était le fondement indispensable du « put de Greenspan » : les marchés devaient croire Greenspan capable de maîtriser l’inflation pour croire aussi qu’il interviendrait en cas de crise. Ces deux facettes constituaient les deux faces d’une même pièce.
1998 : LTCM et le précédent du « trop gros pour faire faillite »
En 1998, deux crises éclatèrent presque simultanément : le défaut souverain de la Russie et la quasi-faillite de Long-Term Capital Management (LTCM), un fonds spéculatif dirigé par des lauréats du prix Nobel d’économie.
La réponse de Greenspan redéfinissait une nouvelle fois les attentes des marchés. Il procéda à une baisse rapide des taux d’intérêt et organisa personnellement, en coordination avec les grandes banques d’investissement de Wall Street, une aide privée à LTCM (la Fed ne versa aucun fonds directement, mais coordonna l’intervention du secteur privé).
L’importance historique de cet épisode est souvent sous-estimée. Il constitue l’un des principaux points de départ de la logique moderne du « trop gros pour faire faillite » (Too Big to Fail) : lorsqu’une institution est suffisamment grande pour menacer la stabilité du système financier, son éventuelle faillite — qu’il s’agisse d’une banque, d’une banque d’investissement ou d’un fonds spéculatif — déclenchera inévitablement une intervention de la banque centrale ou du gouvernement.
À partir de ce moment, le « put de Greenspan » s’étendit du marché actions à l’ensemble du système financier. Les marchés commencèrent à anticiper systématiquement que les risques pris par les institutions jugées systémiquement importantes seraient finalement garantis par l’autorité monétaire.
Greenspan lui-même ne rejetait pas ce rôle. Dans ses mémoires, il écrivit : « La mission d’un banquier central n’est pas d’empêcher chaque bulle spéculative, mais de veiller à ce que le système financier ne s’effondre pas lorsque la bulle éclate. » Cette formulation semble prudente, mais les marchés en tirèrent une interprétation très différente : « Je peux donc rester dans la bulle un peu plus longtemps, car la Fed interviendra quand elle éclatera. »
L’ombre de l’héritage : le taux à 1 % et la question de 2008
Après l’éclatement de la bulle internet en 2000, puis les attentats du 11 septembre 2001, Greenspan réagit en abaissant progressivement le taux des fonds fédéraux, passant de 6,5 % au milieu de l’année 2000 à 1 % au milieu de l’année 2003 — le plus bas niveau enregistré aux États-Unis depuis plus de quarante ans —, où il resta fixé pendant un an.
Des capitaux bon marché affluèrent vers le marché immobilier. Entre 2000 et 2006, les prix de l’immobilier aux États-Unis augmentèrent de plus de 80 %. Les prêts hypothécaires subprime — c’est-à-dire accordés à des emprunteurs disposant d’une capacité de remboursement extrêmement faible — se développèrent de manière exponentielle durant cette période. Wall Street, quant à lui, regroupa ces prêts subprime en CDO (obligations adossées à des créances), puis utilisa des modèles mathématiques complexes pour se convaincre que ces produits étaient « sûrs ».
En 2008, tout s’effondra.
Les critiques pointèrent immédiatement du doigt Greenspan : « En abaissant le taux à 1 % en 2003 et en le maintenant à ce niveau pendant un an, vous avez alimenté la bulle immobilière avec des liquidités bon marché. Vous êtes le responsable de la crise financière de 2008. »
La défense de Greenspan fut tout aussi ferme. En 2007, dans un entretien accordé au journal USA Today, il déclara : « Sur ce point précis, je suis innocent. » (This one, I’m innocent.) Dans ses mémoires, intitulées *The Age of Turbulence* (L’Âge de la turbulence), il imputa la responsabilité à un « excès d’épargne mondiale » (Global Savings Glut) — les marchés émergents, notamment la Chine, plaçant massivement leurs excédents commerciaux dans des actifs libellés en dollars, ce qui exerçait une pression baissière sur les taux d’intérêt à long terme, créant ainsi un contexte monétaire globalement accommodant, indépendamment de la politique de taux courts menée par la Fed.
Ce débat reste ouvert à ce jour. En 2016, un article de travail de la Banque des règlements internationaux (BRI) conclut, à l’issue d’une analyse économétrique, que le maintien prolongé de taux trop bas par Greenspan à la fin de son mandat a effectivement contribué de manière significative à la hausse des prix de l’immobilier. D’autres économistes soulignent toutefois que le taux d’inflation américain était particulièrement bas entre 2003 et 2005, et que le « taux neutre » lui-même était en baisse — rendant donc la politique de baisse des taux menée par Greenspan loin d’être injustifiée.
Quoi qu’il en soit, la crise de 2008 remit fondamentalement en cause la logique du « put de Greenspan » : lorsque les marchés partent du principe que la banque centrale interviendra systématiquement à chaque retournement baissier, le risque moral s’accumule jusqu’à atteindre un niveau dangereux pour le système dans son ensemble. C’est précisément cet héritage que Ben Bernanke, Janet Yellen et Jerome Powell, les trois présidents successifs de la Fed, ont dû affronter : comment apporter un soutien en période de crise sans renforcer davantage l’attente, chez les marchés, d’une intervention systématique.
Les dernières années : de « tsar économique » à personnage controversé
Le 31 janvier 2006, Greenspan mit un terme à ses dix-neuf années de présidence à la Fed. À son départ, sa popularité était à son apogée : l’économie américaine avait connu l’un des cycles d’expansion les plus longs de son histoire, l’inflation était contenue à bas niveau, et la Bourse avait connu, dans les années 1990, une formidable hausse historique.
Mais la crise financière survint deux ans plus tard, et la réputation de Greenspan s’effondra. En octobre 2008, lors d’une audition devant le Congrès, il admit être « stupéfait, incapable de croire » que le marché libre puisse ainsi dysfonctionner. Ce propos fut interprété par les médias comme une « confession publique de la foi de Greenspan dans le marché libre », devenant le moment emblématique de la transition de son image publique, du triomphe à la décadence.
Après sa démission, Greenspan ne disparut pas complètement de la vie publique. Il fonda la société de conseil Greenspan Associates, continuant à accompagner les institutions financières. Il intervint occasionnellement dans les médias : en 2018, sur CNBC, il alerta les investisseurs en leur disant de « courir se mettre à l’abri » (Run for cover), estimant que l’inversion de la courbe des taux d’intérêt sur les obligations d’État américaines constituait un signal fort de récession imminente. En 2024, il s’associa à d’anciens responsables de la Fed et du Trésor américain pour condamner l’enquête pénale menée contre le président de la Fed, Jerome Powell, qualifiant cette démarche d’« tentative sans précédent d’attaquer l’indépendance de la Fed via le pouvoir judiciaire ».
Sa vie privée suscita également l’intérêt. Son premier mariage (avec la peintre Joan Mitchell) dura moins d’un an. En 1997, à l’âge de 71 ans, il épousa Andrea Mitchell, journaliste en chef des affaires étrangères de NBC, lors d’une cérémonie présidée par la juge Ruth Bader Ginsburg. Ce mariage dura jusqu’à sa mort.
Greenspan possédait également une identité méconnue de sa jeunesse : musicien de jazz, saxophoniste. Adolescent, il avait été admis au Juilliard School, et joua même plus tard au sein de l’orchestre de jazz de Woody Herman. Cette expérience pourrait expliquer son goût naturel pour l’« improvisation » et l’« ambiguïté » — qu’il appliqua aussi bien à la politique monétaire qu’aux réponses données aux journalistes.
Que change Warsh après la mort de Greenspan ?
L’annonce du décès de Greenspan coïncida avec le lancement, moins d’une semaine auparavant, des cinq groupes de travail spécialisés (Task Forces) mis en place par le président actuel de la Fed, Kevin Warsh.
Warsh n’est pas un outsider à la Fed. De 2006 à 2011, il fut membre du Conseil des gouverneurs, témoin direct de la fin du mandat de Greenspan et du début de l’ère Bernanke. Après avoir quitté la Fed, il rejoignit le Hoover Institution de l’université Stanford, où il commença à critiquer systématiquement la trajectoire « ultra-accommodante » adoptée par la Fed après la crise — notamment l’expansion de son bilan, passé de moins de 900 milliards de dollars avant 2008 à un pic dépassant les 9 000 milliards de dollars. Selon lui, une telle ampleur d’achats d’actifs déformait les mécanismes de valorisation des actifs et instaurait une dépendance pathologique des marchés vis-à-vis des interventions de la banque centrale.
Voilà précisément la première chose qu’il entreprit dès sa prise de fonction.
Le 17 juin 2026, Warsh présida sa première réunion du Comité de politique monétaire (FOMC). Le maintien des taux inchangés était prévu, mais la réorganisation du communiqué post-réunion attira l’attention : Warsh plaça la « décision relative aux taux » en tête du communiqué, contrairement à la pratique établie depuis 2009, qui consistait d’abord à présenter l’évaluation économique avant d’annoncer la décision. Ce détail représente un retour vers le format utilisé à la fin du mandat de Greenspan.
Une initiative plus ambitieuse fut la création des cinq groupes de travail spécialisés : réexamen de la stratégie de communication de la Fed, de son cadre analytique des données, de sa théorie de l’inflation, de la taille de son bilan, ainsi que de l’impact des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, sur les mécanismes de transmission de la politique monétaire. Warsh demanda à ces groupes de procéder à un « retour aux principes premiers » — autrement dit, de ne considérer aucun cadre existant comme allant de soi.
C’est notamment la « guidance prospective » (Forward Guidance) qui suscite le plus d’interrogations : cette pratique, instituée par la Fed au cours des quinze dernières années, consistait à informer explicitement les marchés sur les intentions futures de la banque centrale. Warsh n’y adhère pas. Dans le communiqué publié après sa première réunion, il supprima toute mention de la trajectoire future de la politique monétaire. Loretta Mester, ancienne présidente de la Fed de Cleveland, en proposa une métaphore particulièrement juste : la Fed souffrait depuis longtemps d’un « problème de l’hôtel California » (Hotel California problem) — une fois qu’une phrase était inscrite dans un communiqué, elle ne pouvait plus jamais en être retirée. Warsh entreprend aujourd’hui une « liquidation » longtemps retardée.
Si cette évolution se concrétise, le « put de Greenspan » perdra son vecteur de diffusion le plus important. Pendant quinze ans, les marchés ont fondé leur valorisation de la question « quand la Fed viendra-t-elle me sauver ? » sur les indications prospectives figurant dans les communiqués du FOMC et les conférences de presse du président. Si ces informations sont volontairement rendues floues, voire supprimées, le sens même de la formule « Ne vous opposez pas à la Fed » changera radicalement : la Fed ne viendra pas nécessairement au moment espéré, ni selon la forme attendue.
Conclusion : la fin d’un paradigme
Greenspan a vécu cent ans — assez longtemps pour assister, en direct, à la remise en cause de son héritage par la crise de 2008, à son amplification par la politique de quantitative easing, et à sa distorsion par le régime de ciblage de l’inflation moyenne.
Il incarnait une époque où la Fed se pensait capable de maîtriser les marchés.
Durant ses dix-neuf années à la tête de la Fed, les États-Unis connurent l’une des périodes d’expansion économique les plus longues de leur histoire, l’inflation fut maintenue à un niveau bas, et la formule « Ne vous opposez pas à la Fed » devint le credo de tous les traders. Il fut qualifié par le magazine *Fortune* de « celui en qui nous avons confiance » (In Greenspan We Trust), et Bob Woodward, dans sa biographie, le surnomma « le Maestro ».
Warsh, quant à lui, fait face à une époque marquée par le doute quant à la capacité de la Fed à maîtriser les anticipations d’inflation. La fragmentation des chaînes d’approvisionnement mondiales, la fragmentation géopolitique, la remise en cause de la crédibilité du dollar — ces problèmes dépassent largement le champ d’action de la politique monétaire seule. Et sa réponse consiste à réécrire l’ADN même de la Fed.
Le 22 juin 2026, Greenspan décéda. Le modèle qu’il avait légué — le « put de Greenspan », son art du langage à la fois vague et puissant, sa gestion des attentes par la garantie implicite du crédit de la banque centrale — devient officiellement un chapitre clos de l’histoire. Quant à la Fed, elle doit désormais affronter, sans guide ni « Maestro », un monde bien plus complexe que celui de 1987.
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