
Tendances boursières américaines (19 juin) : l’effet de prime lié à l’accord entre les États-Unis et l’Iran s’estompe, les actions du secteur des semi-conducteurs poursuivent leur ascension vers de nouveaux sommets, tandis que le secteur de l’énergie enregistre les plus fortes baisses.
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Tendances boursières américaines (19 juin) : l’effet de prime lié à l’accord entre les États-Unis et l’Iran s’estompe, les actions du secteur des semi-conducteurs poursuivent leur ascension vers de nouveaux sommets, tandis que le secteur de l’énergie enregistre les plus fortes baisses.
Après le reflux de la prime géopolitique, le marché a rendu la priorité aux puces d’intelligence artificielle.
Rédaction : TechFlow Research

Jeudi, le dénouement de la crise du détroit d’Ormuz et la hausse historique des actions liées aux semi-conducteurs ont marqué la journée.
Un accord provisoire entre les États-Unis et l’Iran a été officiellement signé à Genève. Ce même jour, trois superpétroliers saoudiens ont traversé le détroit d’Ormuz. L’impact haussier du discours « faucon » de la Réserve fédérale américaine (FOMC) a été largement compensé par ces bonnes nouvelles géopolitiques. L’indice S&P 500 a grimpé de plus de 1 %, tandis que le Nasdaq a bondi près de 2 %, inversant ainsi deux séances consécutives de baisse. Le Dow Jones a clôturé pour la troisième fois cette semaine à un niveau record. L’indice Philadelphia Semiconductor Index a quant à lui progressé de plus de 6 % en une seule séance, atteignant également un nouveau sommet historique. À l’inverse, les valeurs énergétiques, pénalisées par la chute des cours du pétrole, ont été le seul secteur en recul sur l’ensemble de la séance.
Performance des marchés
L’indice S&P 500 a terminé la séance en hausse de 1,08 %, à 7 500,58 points ; le Nasdaq a progressé de 1,91 %, à 26 517,93 points ; le Dow Jones a gagné 0,14 %, à 51 564,70 points ; et l’indice Russell 2000, leader de la journée, a bondi de 2,12 %, à 2 979,77 points. La progression décroît du petit au grand capitalisation : le Dow Jones s’est quasiment stabilisé, ce qui indique que la reprise a été portée principalement par les actifs à forte sensibilité (high-beta), les plus touchés lors des deux séances précédentes, tandis que les valeurs défensives et les blue chips n’ont pas suivi. Les informations sur l’accord entre les États-Unis et l’Iran avaient déjà été pleinement intégrées dans les cours avant l’ouverture, et les indices ont donc maintenu toute la journée une tendance régulière à la hausse, permettant de récupérer la majeure partie des pertes subies la veille sous l’effet de la communication de la FOMC.
Dans un message publié tôt jeudi matin sur Truth Social, Donald Trump a confirmé que Apple et Intel avaient conclu un partenariat couvrant à la fois la conception et la fabrication sous contrat (« foundry ») de puces. Dans un premier temps, Intel produira des puces utilisant des procédés matures destinées aux iPad et aux anciens modèles d’iPhone ; les produits phares d’Apple continueront toutefois d’être fabriqués par TSMC. Ce dialogue était engagé depuis plus d’un an. Pour Intel, ce contrat constitue le client externe le plus prestigieux jamais acquis pour sa division foundry ; pour Apple, il s’agit d’une stratégie visant à réduire sa dépendance vis-à-vis de TSMC. Aucune des deux entreprises ne s’est officiellement exprimée, mais le marché a retenu la signification stratégique de cet accord.
Dans le même message, Trump a également indiqué que Nvidia avait accepté de faire fabriquer ses premières puces chez Intel, et qu’Elon Musk s’était engagé à construire conjointement avec Intel la plus grande usine de puces (fab) de l’histoire, baptisée TerraFab. La collaboration avec Apple constitue ainsi la troisième pièce majeure du puzzle de la stratégie foundry d’Intel. Le titre Intel a grimpé d’environ 10,5 %, atteignant 133,82 dollars. Par ailleurs, Apple envisage d’augmenter ses prix en raison de la forte hausse des coûts des puces mémoire et de stockage : SanDisk a bondi de plus de 11 %, Micron de près de 9 %, et l’ensemble de la chaîne de valeur des mémoires a bénéficié de cette dynamique. Nvidia a gagné près de 3 %, tandis que l’indice Philadelphia Semiconductor Index a progressé de plus de 6 %, établissant un nouveau record historique. De l’équipement aux mémoires en passant par la puissance de calcul, tous les segments ont connu une hausse simultanée : la logique structurelle des dépenses en capital liées à l’IA demeure intacte, même après la publication du tableau des taux (« dot plot ») de la FOMC.
Le titre SpaceX a reculé de 3,56 %, à 185,00 dollars, poursuivant ainsi pour la deuxième séance consécutive sa baisse, avec un repli cumulé sur deux jours d’environ 8,3 %. Selon un article publié ce jour par Bloomberg, la société prépare l’émission d’au moins 20 milliards de dollars d’obligations en devises (dollars américains) de qualité investment grade, destinées à rembourser un prêt pont arrivant à échéance en 2027. L’inquiétude concernant un éventuel dilution du capital, combinée à l’impact haussier du discours de la FOMC, a constitué une double pression expliquant ces deux séances baissières consécutives. Sur la semaine, le titre reste toutefois en hausse de près de 15 %, et il est supérieur de 37 % au prix de son introduction en Bourse (IPO). Toutefois, les pressions à court terme ne se sont pas encore dissipées.
Le secteur énergétique a été le plus mauvais performer parmi les onze grands secteurs composant l’indice S&P 500. Le brut WTI a chuté d’environ 2 %, à 74,29 dollars le baril. ExxonMobil et Chevron ont toutes deux reculé, tandis que l’indice Dow Jones U.S. Oil & Gas a chuté de plus de 4 %. La réouverture du détroit d’Ormuz a entièrement éliminé la prime géopolitique précédemment intégrée aux cours. Les gains accumulés depuis le début de l’année — de 20 à 40 % — commencent désormais à se désagréger, faisant basculer le secteur énergétique du statut de meilleur performer de la semaine à celui de plus gros perdant.
Les secteurs technologique, de la consommation cyclique et industriel ont tous trois affiché les meilleures performances. Les capitaux se sont déplacés des valeurs défensives et du secteur énergétique vers la chaîne de valeur de la puissance de calcul. L’argent qui avait quitté les valeurs technologiques suite à l’annonce de la FOMC hier a partiellement réinvesti ce secteur aujourd’hui, profitant des bonnes nouvelles géopolitiques. Cette rapidité de rotation montre que ces capitaux n’ont pas véritablement quitté le marché, mais attendaient simplement un motif crédible pour y revenir.
Contexte macroéconomique et perspectives
L’indice VIX a chuté de 11,06 %, clôturant à 16,40 : la vague de panique déclenchée hier par la FOMC s’est presque entièrement dissipée en une seule séance, ce qui suggère que la réaction au « dot plot » haussier relevait davantage d’un ajustement technique qu’une véritable aversion au risque. Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a légèrement reculé, autour de 4,445 %, tandis que celui à 2 ans est resté au-dessus de 4,18 %. Le marché n’a pas retiré sa mise sur une hausse des taux en septembre, mais la volatilité a temporairement été contenue par l’amélioration du sentiment général. L’or a chuté à 4 210 dollars l’once, l’argent suivant la même tendance baissière, tandis que l’indice du dollar américain a légèrement reculé sans toutefois quitter ses niveaux élevés. Le bitcoin (selon CoinGecko) a clôturé aux alentours de 64 026 dollars, l’Ethereum autour de 1 734 dollars. Le marché des cryptomonnaies n’a pas réagi de façon notable aux bonnes nouvelles géopolitiques, la pression exercée par les anticipations haussières persistant. Le brut WTI a clôturé à 74,29 dollars le baril, son plus bas niveau depuis près de trois mois.
La semaine prochaine sera marquée par la publication successive des données PCE, des indicateurs Flash PMI, ainsi que des résultats trimestriels de Micron. Les prévisions de Micron constituent le baromètre le plus direct de la demande en puissance de calcul liée à l’IA : une prévision décevante au dernier trimestre avait entraîné une chute quotidienne spectaculaire de l’ensemble du secteur des semi-conducteurs. La révision annuelle de l’indice Russell (« Russell Reconstitution ») entrera en vigueur à la clôture de la séance du vendredi prochain, provoquant une augmentation massive des volumes de transactions liée aux réajustements mécaniques obligatoires des fonds indexés, accompagnée d’une hausse de la volatilité des petites capitalisations.
Point de vue TechFlow
La reprise de jeudi repose sur deux piliers : d’une part, la signature de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, qui a libéré la prime géopolitique ; d’autre part, la hausse concrète des titres liés aux semi-conducteurs, qui confirme que la thématique IA reste pleinement opérante. Ces deux logiques sont valides, mais leur durée de vie diffère. La prime géopolitique est ponctuelle : elle est entièrement réalisée dès la signature de l’accord. En cas de revers iranien ultérieur, le marché réagira plus rapidement et plus violemment qu’au premier épisode. La logique sous-jacente aux valeurs semi-conducteurs est plus durable : la hausse coordonnée d’Intel, SanDisk et Micron illustre la largeur sectorielle de cette journée, et confirme que la valorisation des dépenses en capital liées à l’IA repose sur des fondamentaux solides. Derrière les deux séances baissières de SpaceX se cache un nouvel élément : si l’émission de 20 milliards de dollars d’obligations vient à se concrétiser, la pression de financement et les craintes de dilution deviendront des facteurs de pression structurelle sur le cours de l’action, bien au-delà d’un simple ajustement de valorisation. La publication des données PCE la semaine prochaine constituera le test le plus immédiat : si ces chiffres dépassent à nouveau les attentes, la hausse des taux en septembre passerait d’une simple probabilité à un consensus quasi général, et la reprise de jeudi ne serait alors qu’un simple « coup de respiration » ; si, en revanche, les données s’avèrent plus faibles que prévu, le marché pourrait réévaluer très rapidement ses anticipations de baisse des taux — plus vite encore que ne l’anticipent la plupart des observateurs.
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