
Résumé du marché du 19 mai : le BTC chute à 77 000 USD, le rendement des obligations américaines à dix ans atteint un plus haut depuis près d’un an, et la probabilité d’une hausse des taux passe de 1 % à 45 %.
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Résumé du marché du 19 mai : le BTC chute à 77 000 USD, le rendement des obligations américaines à dix ans atteint un plus haut depuis près d’un an, et la probabilité d’une hausse des taux passe de 1 % à 45 %.
Mercredi est le « jour à double déclencheur » de cette semaine.
Auteur : TechFlow
Ce lundi a été une journée particulièrement éprouvante :
- Dow Jones : +0,32 %, clôture à 49 686,12 points (seul indice dans le vert)
- S&P 500 : –0,07 %, clôture à 7 403,05 points
- Nasdaq : –0,51 %, clôture à 26 090,73 points (le secteur technologique a chuté de 2,3 % en séance)
- Bitcoin : creux intrajournalier à 76 690 USD, clôture aux alentours de 77 300 USD
- Ethereum : chute à 2 113 USD, niveau le plus bas depuis le 7 avril
- Pétrole brut WTI : forte volatilité entre 102 et 108 USD, clôture vers 102 USD
- Rendement des obligations d’État américaines à 10 ans : nouveau plus haut depuis près d’un an
- Contrats à terme sur les fonds fédéraux du CME : probabilité d’une hausse des taux cette année portée à 45 % (contre 1 % il y a un mois)
- Liquidation de positions longues cryptos sur 24 heures : 563 millions de dollars
Si l’on ne considère que les cours de clôture des indices vendredi et lundi, on pourrait penser « cela ne fait qu’une baisse de 2 % ». Pourtant, le diable se cache dans trois détails : le rendement des obligations d’État, les anticipations de hausse des taux et les liquidations cryptos.
Pour vous permettre de mieux cerner la position actuelle des marchés, voici un récapitulatif de la semaine :
- 14 mai (jeudi) : « Bonne nouvelle » liée au sommet Trump-Xi à Pékin. Le Dow Jones repasse au-dessus de 50 000 points, le bitcoin atteint 82 000 USD, et l’IPO de Cerebras explose de 75 % dès la première séance. L’humeur du marché passe de la panique à l’euphorie… en une seule séance.
- 15 mai (vendredi) : retournement brutal. Le Dow Jones chute de 1,07 % (–537 points), le S&P 500 recule de 1,2 %, le Nasdaq de 1,5 %. Cerebras perd 4 % en une journée : « effet jour unique ». Trump rentre aux États-Unis sans avoir obtenu de progrès concret sur une résolution pacifique du conflit iranien.
- 16–17 mai (week-end) : la situation iranienne continue de se dégrader. Le Pakistan transmet aux États-Unis une nouvelle proposition de paix iranienne, mais la Maison-Blanche juge ce texte « insuffisant ». Trump publie sur Truth Social une mise en garde : « Concernant l’Iran, l’horloge tourne. Ils feront mieux d’agir vite, sinon ils perdront tout. Le temps est compté ! »
- 18 mai : les cryptomonnaies sont déjà en chute libre durant le week-end, avec un creux intrajournalier du bitcoin à 76 690 USD. À l’ouverture des marchés actions, le Nasdaq poursuit sa baisse sous la pression des valeurs technologiques ; le S&P 500 termine quasiment stable, tandis que le Dow Jones parvient à terminer en légère hausse grâce aux valeurs défensives.
En reliant ces quatre jours, une chose devient évidente : le rebond du jeudi dernier n’était pas le début d’un nouveau marché haussier, mais bien une impulsion politique extrêmement surexploitée. Dès lors que la politique ne s’est pas concrétisée, le marché a immédiatement annulé toutes les positions spéculatives prises à l’aveugle.
Marchés actions américains : encore le Dow Jones qui tient le cap, encore les valeurs technologiques qui tirent vers le bas
L’allure du marché aujourd’hui rappelle fortement celle du 12 mai — date de la publication des chiffres de l’IPC très supérieurs aux attentes. Ce jour-là déjà, le Dow Jones avait terminé en hausse contre vents et marées, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq baissaient. Ce sont alors des valeurs défensives comme Walmart, UnitedHealth et JPMorgan Chase qui avaient porté le Dow Jones. Aujourd’hui, le scénario est presque une réplique exacte.
Pendant la séance, le secteur technologique du S&P 500 a chuté jusqu’à –2,3 % avant de revenir légèrement à –1,1 % à la clôture : cette forme en « V » révèle une anxiété partagée, à la fois chez les acheteurs précipités et chez les vendeurs désespérés. Les semi-conducteurs ont été particulièrement touchés : NVIDIA poursuit son repli entamé vendredi (–4,4 % vendredi, principal contributeur à la baisse du Dow Jones), AMD, Micron et Intel subissent tous une forte pression.
Mais ce qui mérite surtout attention aujourd’hui, ce ne sont pas les performances individuelles des titres, mais deux indicateurs clés :
Premièrement, le rendement des obligations d’État à 10 ans a atteint un plus haut depuis près d’un an. Historiquement, ce niveau n’avait pas été atteint depuis le troisième trimestre 2024. Cela signifie que le marché a récemment réévalué ses anticipations pour intégrer une période prolongée de taux élevés, or les valeurs technologiques — dont la valorisation repose largement sur l’actualisation des flux de trésorerie futurs — sont les premières victimes d’un tel contexte.
Deuxièmement, les contrats à terme sur les fonds fédéraux du CME indiquent désormais une probabilité de hausse des taux cette année de 45 %. Il y a un mois, ce chiffre était encore de 1 %.
Passer de 1 % à 45 % en un seul mois.
Cela traduit un changement radical dans les anticipations concernant la Fed : on est passé de la question « La Fed va-t-elle procéder à une baisse des taux cette année ? » à « La Fed va-t-elle procéder à une hausse des taux cette année ? ». Un simple verbe opposé — « baisser » ou « augmenter » — suffit à inverser complètement le cadre d’évaluation de tous les actifs à risque.
Encore plus frappant : selon Schwab, l’indice PHLX des semi-conducteurs (SOX) a progressé de 143 % sur un an, tandis que l’indice équitablement pondéré du S&P 500 (SPXEW) n’a grimpé que de 15 %. Actuellement, SOX se situe à +32 % par rapport à sa moyenne mobile sur 50 jours. Historiquement, un tel écart signale généralement « une phase obligatoire de consolidation ».
Autrement dit, même sans crise iranienne, le secteur des semi-conducteurs avait déjà atteint une zone technique nécessitant une pause. L’Iran n’a fait que fournir le déclencheur qui l’a poussé hors de cette zone.
Cryptomonnaies : 563 millions de dollars de liquidations, un rebond tiré par le levier, aussitôt renversé
L’histoire des cryptomonnaies aujourd’hui est simple — et terriblement violente.
Le bitcoin a glissé depuis son sommet de 82 000 USD atteint jeudi dernier jusqu’à environ 77 000 USD aujourd’hui, avec un creux intrajournalier à 76 690 USD. L’Ethereum a chuté à 2 113 USD, soit le plus bas niveau depuis le 7 avril. Sur les 24 dernières heures, 563 millions de dollars de positions longues ont été liquidées sur l’ensemble du marché crypto, principalement sur le bitcoin et l’Ethereum.
Le déclencheur immédiat de cette baisse est unique : le message publié dimanche par Trump sur Truth Social — « For Iran, the Clock is Ticking ». Dès l’ouverture asiatique, les cryptomonnaies ont commencé à chuter, car ce marché fonctionne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, et réagit toujours en premier aux risques géopolitiques.
Mais la cause profonde, nous l’avions déjà signalée dans notre bulletin hebdomadaire : la poussée du bitcoin à 82 000 USD jeudi dernier était essentiellement alimentée par des positions dérivées, non par une demande réelle en actif physique. Selon les données Wintermute, l’encours ouvert (OI) des contrats perpétuels sur bitcoin est passé de 48 milliards à 58 milliards de dollars en un mois. La majeure partie des 10 milliards supplémentaires correspond à de nouvelles positions longues à effet de levier.
Le levier est une arme à double tranchant. Il ne prend parti ni pour ni contre : il amplifie les hausses quand les bonnes nouvelles arrivent, et les baisses quand les mauvaises nouvelles surviennent. Un simple message de Trump sur Truth Social a suffi à faire basculer presque intégralement les positions longues à effet de levier prises jeudi — au moment où la « bonne nouvelle » était censée se concrétiser — dans le système de liquidations.
Quelques détails remarquables :
- Le volume total ouvert sur les contrats perpétuels WTI et Brent sur Hyperliquid a dépassé 481 millions de dollars ce week-end. Il s’agit d’un phénomène intéressant émergent en 2026 dans l’écosystème crypto : les contrats traditionnels sur le pétrole ne sont cotés que pendant les horaires d’ouverture des bourses, mais les conflits au Moyen-Orient se déroulent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. De plus en plus de traders se tournent donc vers les contrats perpétuels sur le pétrole émis sur blockchain afin de couvrir leurs expositions. Le jeton natif d’Hyperliquid, $HYPE, a quant à lui augmenté de 8,36 % dans un contexte général de baisse des cryptomonnaies — un exemple concret de bénéfice infrastructurel dans un climat géopolitique tendu.
- La faiblesse de l’Ethereum est encore plus prononcée que celle du bitcoin. Alors que BTC est passé de 82 000 à 77 000 USD (–6 %), ETH est tombé de 2 300 à 2 113 USD (–8 %). Il s’agit du ratio ETH/BTC le plus faible observé depuis un mois.
- Une prévision pour les trimestres Q2 à Q4 publiée par l’analyste crypto Aralez commence à circuler : selon lui, le bitcoin pourrait descendre à 58 000 USD au Q2-Q3, l’Ethereum à 1 700 USD, puis remonter au Q4 entre 90 000 et 109 000 USD. Bien que je ne partage pas pleinement le chiffre précis de 58 000 USD, son jugement chronologique selon lequel « les ventes paniquées atteindront leur pic au Q3 » mérite d’être noté et suivi.
Pétrole : forte volatilité, le marché coincé entre « illusion de paix » et « escalade militaire »
Le pétrole brut WTI a connu aujourd’hui une forte volatilité entre deux extrêmes :
- Haut intrajournalier proche de 108,70 USD (plus haut depuis le 30 avril)
- Bas intrajournalier vers 102 USD
- Clôture vers 102 USD, amplitude journalière d’environ 6 %
Cette amplitude correspond à la norme observée sur le marché pétrolier ces dernières semaines. La volatilité d’aujourd’hui a été principalement alimentée par deux nouvelles contradictoires :
Catalyseur haussier : attaque par drone contre la centrale nucléaire de Barakah (le premier cas d’attaque contre une installation nucléaire), ainsi que des attaques simultanées contre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite. La prime de risque géopolitique s’est instantanément ouverte.
Catalyseur baissier : l’agence iranienne semi-officielle Tasnim annonce que « les États-Unis auraient accepté, dans le dernier texte négocié, une exemption temporaire des sanctions pétrolières iraniennes pendant la durée des négociations ». Cette information a provoqué un repli immédiat du prix du pétrole, de 108 USD à environ 102 USD. Toutefois, aucun responsable américain n’a confirmé cette information.
Autrement dit, la forte volatilité du pétrole aujourd’hui reflète essentiellement une spéculation sur des « rumeurs », non sur des faits avérés.
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a lancé un nouvel avertissement aujourd’hui : les stocks commerciaux mondiaux de pétrole brut sont en train de s’épuiser à un rythme accéléré, ne laissant que quelques semaines de réserve. Il s’agit d’un jugement aussi pessimiste que possible : même si le détroit d’Ormuz rouvrait demain, le marché ne retrouverait probablement un équilibre offre-demande qu’au quatrième trimestre.
Le véritable épée de Damoclès : selon Axios, Trump tiendra une réunion du Conseil national de sécurité mardi (19 mai, heure de l’Est aux États-Unis — c’est-à-dire aujourd’hui) pour examiner des options de frappe militaire contre l’Iran.
L’importance de cet événement ne peut être trop soulignée. Le résultat de cette réunion de sécurité nationale déterminera vraisemblablement, au cours des deux prochaines semaines, si le cours du pétrole suivra une trajectoire vers 90 USD ou vers 120 USD.
Or et argent : la panique n’a pas eu lieu
Logiquement, une montée des tensions géopolitiques, conjuguée à la baisse des marchés actions et au bain de sang dans le secteur crypto, aurait dû faire de l’or le grand gagnant. Or, l’or a légèrement reculé aujourd’hui, tandis que l’argent a continué de s’affaiblir.
Pourquoi ?
Parce que le dollar américain et le rendement des obligations d’État à 10 ans ont tous deux augmenté simultanément. Lorsque le taux d’intérêt réel atteint un plus haut depuis près d’un an, l’avantage de couverture offert par l’or — actif non rémunéré — est fortement réduit. Il s’agit là du « paradoxe du refuge » décrit dans les manuels : lorsque l’anxiété inflationniste et l’anxiété géopolitique coexistent, le marché privilégie d’abord le dollar et les obligations d’État à court terme, plutôt que l’or.
L’argent reste aujourd’hui soumis à une pression de vente purement technique : après une baisse de 4,1 % jeudi dernier, aucune reprise d’achats n’a été observée aujourd’hui. Son attrait industriel — lié notamment à la demande croissante pour les centres de données IA et les panneaux solaires — est temporairement étouffé par le recul global de l’appétit pour le risque.
Résumé de la journée : mercredi sera le « jour des deux détonateurs » de la semaine
Le 18 mai, le marché nous a informés, d’une manière mesurée mais ferme : le rebond du jeudi dernier est bel et bien terminé.
Marchés actions américains : le Dow Jones a juste réussi à terminer en légère hausse (+0,32 %) grâce aux valeurs défensives, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq ont poursuivi leur baisse. L’indice SOX des semi-conducteurs se trouve dans une zone historique de bulle, le rendement des obligations d’État à 10 ans atteint un plus haut depuis près d’un an, et la probabilité d’une hausse des taux cette année est passée de 1 % à 45 %.
Cryptomonnaies : le bitcoin est passé de 82 000 USD à 76 690 USD, l’Ethereum a atteint son plus bas niveau depuis le 7 avril, et 563 millions de dollars de positions longues ont été liquidées. Le « rebond tiré par le levier » du jeudi précédent a été aussitôt renversé.
Pétrole : le WTI a oscillé entre 102 et 108 USD avec une amplitude journalière de 6 %, le marché étant pris entre la rumeur d’une « exemption temporaire des sanctions pétrolières iraniennes » et la réalité de l’attaque contre la centrale nucléaire de Barakah.
Métaux précieux : l’or est resté stable, tandis que l’argent a continué de faiblir. Lorsque le taux d’intérêt réel atteint un nouveau plus haut, les actifs refuges sont d’abord remplacés par le dollar.
Le marché ne s’intéresse désormais qu’à un seul point : deux événements majeurs auront lieu mercredi (20 mai, heure de l’Est aux États-Unis) — la réunion du Conseil national de sécurité de Trump sur les options militaires contre l’Iran, et la publication des résultats du T1 de NVIDIA.
Tout déclencheur suffira à définir la direction des marchés cette semaine :
- Si Trump opte pour une escalade militaire → le pétrole bondit vers 120 USD, le S&P 500 revient à 7 200 points, le bitcoin teste 72 000 USD ;
- Si Trump choisit de donner un ultimatum à l’Iran sans action immédiate → le marché pourrait stabiliser sa position, mais tout rebond dépendra ensuite des résultats de NVIDIA comme catalyseur ;
- Si les résultats de NVIDIA dépassent les attentes → la bulle autour des semi-conducteurs serait temporairement justifiée par des résultats réels, et la narration autour de l’IA survivrait encore un trimestre ;
- Si les perspectives de NVIDIA s’avèrent décevantes → la déviation de 32 % de SOX se résorberait de la façon la plus douloureuse possible, et les anticipations de hausse des taux cette année grimperaient encore d’un cran.
Nous sommes aujourd’hui à un moment où le marché attend un verdict. Tout pari doit être conscient qu’il porte sur des décisions politiques et des orientations d’entreprise — non sur des fondamentaux.
Lorsque Trump affirme « the clock is ticking », il ignore peut-être que cette phrase vaut également pour tous les traders.
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