
Résumé du marché du 27 mars : le Nasdaq entre en correction, Christine Lagarde ravive les anticipations de hausses de taux à l’échelle mondiale, et Trump obtient un nouveau sursis après la clôture des marchés.
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Résumé du marché du 27 mars : le Nasdaq entre en correction, Christine Lagarde ravive les anticipations de hausses de taux à l’échelle mondiale, et Trump obtient un nouveau sursis après la clôture des marchés.
Dans un scénario de « triple frappe », Christine Lagarde et l’OCDE lancent conjointement un avertissement mondial sur l’inflation.
Auteur : TechFlow
Marchés américains : le Nasdaq entre officiellement en zone de correction, le scénario le plus redouté de Wall Street s’est concrétisé
Jeudi, la courte embellie de deux séances consécutives à Wall Street s’est totalement dissipée.
L’indice Dow Jones a chuté de 469 points (–1,01 %), tandis que l’indice S&P 500 a plongé de 1,74 %, enregistrant sa plus forte baisse quotidienne depuis deux mois. Le Nasdaq a chuté de 2,38 %, entrant officiellement en zone de correction — soit une baisse cumulée supérieure à 10 % par rapport à son plus haut historique atteint fin octobre dernier. En un mot : actions, or et obligations ont subi une triple chute ; aucun actif n’a offert de protection efficace contre le risque.
Le premier tir venu d’outre-Atlantique a déclenché la dégringolade. Dans un discours public, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a jeté un seau d’eau froide sur les marchés : qualifiant le conflit iranien d’« choc réel », elle a estimé que « les marchés pourraient être trop optimistes », prévenu que l’inflation pourrait contraindre l’Europe à reconsidérer une hausse des taux d’intérêt, et souligné que les dommages économiques pourraient nécessiter plusieurs années pour être réparés. Ces propos ont fait tomber un nouveau pilier des anticipations de baisse des taux, déjà fragiles.
Peu après, l’OCDE a asséné un nouveau coup dur. Dans sa dernière mise à jour économique, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a relevé sa prévision d’inflation aux États-Unis pour 2026, la portant de 2,8 % à 4,2 % — bien au-dessus de la prévision de 2,7 % publiée la semaine précédente par la Réserve fédérale américaine (Fed). Que signifie ce chiffre ? Il signifie qu’au vu de l’impact persistant de ce conflit, même le statu quo monétaire devient un luxe pour la Fed — le marché commence progressivement à intégrer la probabilité d’une nouvelle hausse des taux.
Sur le plan diplomatique, les déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères ont définitivement anéanti les derniers vestiges d’optimisme cette semaine : Hossein Amir-Abdollahian a clairement indiqué que « transmettre des messages via des intermédiaires ne signifie pas entamer des négociations avec les États-Unis » ; Téhéran examine la proposition américaine de cessez-le-feu, mais refuse tout contact direct. Les marchés asiatiques ont été les premiers à réagir : l’indice coréen KOSPI a chuté de plus de 3 %, l’indice Hang Seng de Hong Kong a reculé de 1,9 %, et l’indice CSI 300 a baissé de plus de 1 %.
Au niveau des valeurs individuelles, le secteur technologique a été le plus touché. NVIDIA a perdu 3,7 %, Alphabet 3,5 %, et la quasi-totalité des poids lourds du Nasdaq 100 ont connu des baisses. NVIDIA subit depuis plusieurs semaines des pressions croisées liées à la géopolitique et à la régulation de l’IA, sans aucune accalmie en vue.
Dans le Dow Jones, seules quelques valeurs défensives ou liées à l’énergie, comme Salesforce (+1,65 %) et Chevron (+1,44 %), sont parvenues à rester dans le vert ; l’indice global n’a toutefois pu éviter la contagion, avec seulement 9 valeurs positives parmi ses 30 composantes.
Un détail remarquable : lors d’une réunion de son cabinet, Donald Trump a déclaré que « l’impact de ce conflit sur les cours du pétrole et des actions n’était pas aussi important que prévu », ajoutant que « tout reviendrait à la normale, voire descendrait en dessous des niveaux d’avant-guerre ». La réaction des marchés à ces propos ? Une poursuite de la baisse.
Or et pétrole : le pétrole refait surface, l’or enregistre sa pire performance mensuelle depuis 1983
Pétrole : retour au-dessus de 100 dollars, les espoirs de négociation s’évanouissent
Le Brent a brièvement dépassé 107 dollars le baril, tandis que le WTI oscillait autour de 93 dollars. Les deux benchmarks ont fortement rebondi depuis leurs creux de mercredi, retrouvant des niveaux qui étouffent les marchés.
Le moteur reste le même : la déclaration ferme du ministre iranien des Affaires étrangères jette une ombre sur les perspectives de pourparlers, et les marchés se remettent à anticiper un « blocus prolongé ». Le passage par le détroit d’Hormuz demeure incertain — les coûts de fret, d’assurance et la faisabilité des itinéraires deviennent désormais la première étape de la formation des prix du brut, dépassant largement la simple question des volumes offerts.
Or : un mois marqué par une triple pression
Les contrats à terme sur l’or ont chuté de 4 % jeudi, portant leur baisse mensuelle depuis mars à près de 17 % — leur pire performance mensuelle depuis octobre 2008.
Ce phénomène mérite une explication approfondie. Face à un véritable conflit au Moyen-Orient, pourquoi l’or ne monte-t-il pas, mais baisse ? Trois chaînes logiques, mutuellement renforcées, fournissent la réponse : premièrement, les rendements des obligations du Trésor américain continuent de grimper, augmentant ainsi le coût d’opportunité de détention de l’or ; deuxièmement, le dollar se renforce dans le cadre de la chaîne causale « inflation → anticipation de resserrement monétaire → dollar fort », alors que l’or est coté en dollars ; troisièmement, les anticipations d’inflation liées à la hausse des cours du pétrole renforcent la conviction selon laquelle « les banques centrales ne baisseront pas les taux, ni n’assoupliront la liquidité », privant ainsi l’or de son soutien narratif lié à la politique monétaire accommodante.
Le fait que l’or ne progresse pas pendant la guerre constitue l’un des signaux les plus contre-intuitifs — et les plus inquiétants — de ce choc pétrolier de 2026.
Crypto-monnaies : le bitcoin perd le seuil des 70 000 dollars
Le bitcoin a franchi à la baisse le seuil des 70 000 dollars jeudi, cotant environ 68 837 dollars, soit une baisse d’environ 3,4 %. L’Ethereum a suivi la tendance baissière, s’approchant de la zone de support critique comprise entre 2 000 et 2 100 dollars.
Cette rupture sous les 70 000 dollars survient à un moment particulièrement sensible — à peine une semaine après que Bernstein eut affirmé publiquement la semaine dernière que « le fond était atteint ». Le bitcoin affiche désormais une baisse d’environ 45 % par rapport à son plus haut historique de 126 000 dollars atteint en octobre dernier, et la confiance du marché dans un « rebond après le creux » est une fois encore mise à l’épreuve.
Une observation structurelle intéressante : depuis le début du conflit, l’amplitude de la réaction du bitcoin aux mauvaises nouvelles géopolitiques s’est progressivement atténuée — une première chute de 9 % le 28 février, puis une baisse de 4 % suite au blocus du détroit d’Hormuz, avant que les tensions ultérieures n’entraînent des fluctuations inférieures à 2 %. Cette dernière rupture sous les 70 000 dollars est principalement imputable à des facteurs macroéconomiques (le ton résolument haussier de la BCE et la révision à la hausse des prévisions d’inflation par l’OCDE), et non directement au conflit lui-même — ce qui illustre, dans une certaine mesure, une accumulation de « résilience face aux crises » du bitcoin, même si la puissance destructrice de la narration sur les taux d’intérêt demeure considérable.
En séance post-marché, un tournant s’est produit : Donald Trump a publié sur Truth Social une déclaration annonçant le report de la date butoir pour frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, initialement fixée à vendredi, au 6 avril, précisant que « les négociations sont en cours et progressent favorablement ». À la suite de cette annonce, les futures sur le Dow Jones ont immédiatement bondi d’environ 205 points (+0,4 %), tandis que les futures sur l’indice S&P 500 et le Nasdaq 100 ont toutes deux augmenté d’environ 0,4 %. Le bitcoin a également rebondi légèrement depuis ses plus bas niveaux.
Il s’agit de la Ne intervention « salvatrice » de Donald Trump en séance post-marché depuis le début de ce conflit — les marchés, désormais suffisamment expérimentés, savent que cela ne signifie pas la fin de la guerre, mais simplement qu’un peu plus de temps leur est accordé.
Résumé de la journée : dans un contexte de triple chute, Lagarde et l’OCDE lancent une alerte mondiale sur l’inflation
Le 26 mars (jeudi), la conjonction de chocs externes et de ruptures techniques a fait de cette journée la plus difficile pour les marchés américains depuis le début du conflit :
Marchés américains : Dow Jones –469 points (–1,01 %), S&P 500 –1,74 % (plus forte baisse quotidienne depuis deux mois), Nasdaq –2,38 %, entrée officielle en zone de correction. Les mises en garde de Christine Lagarde, présidente de la BCE, sur l’« optimisme excessif » des marchés, et la révision à la hausse par l’OCDE des prévisions d’inflation américaine à 4,2 %, ont toutes deux accéléré la chute.
Pétrole / Or : Le Brent revient au-dessus de 107 dollars le baril, le WTI tourne autour de 93 dollars — le pétrole refait surface ; l’or chute de 4 %, sa baisse mensuelle cumulée atteignant près de 17 %, sa pire performance mensuelle depuis 2008 — le fait que l’or ne serve pas de refuge en période de guerre constitue actuellement le signal le plus anormal des marchés.
Crypto-monnaies : Le bitcoin perd le seuil des 70 000 dollars, cotant environ 68 837 dollars (–3,4 %), tandis que l’Ethereum subit également une pression baissière ; en séance post-marché, Trump repousse la date butoir des frappes à la mi-avril, provoquant un léger rebond des indices à terme et du bitcoin.
La seule question qui occupe désormais les marchés : Téhéran donnera-t-il une réponse avant le 6 avril ?
Trump vient d’accorder à l’Iran une nouvelle fenêtre temporelle. Mais cette fois-ci, la patience des marchés est bien plus mince qu’il y a trois semaines — chaque « report » érode davantage l’espoir d’un « cessez-le-feu effectif ». Le 6 avril constitue une nouvelle date butoir impérative. Si, à cette date, l’Iran ne formule toujours aucune réponse concrète, Trump devra choisir entre une nouvelle extension qui minerait définitivement sa crédibilité, ou une action militaire réelle susceptible de faire exploser l’inflation.
Le coût le plus élevé de ce conflit pourrait ne pas être le prix du pétrole, mais le fait que les marchés aient définitivement perdu toute confiance dans la possibilité d’un « retournement imminent ».
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