
Au sommet : Une lutte secrète pour le pouvoir qui déterminera l’avenir de la cryptographie
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Au sommet : Une lutte secrète pour le pouvoir qui déterminera l’avenir de la cryptographie
Des démocrates en faveur du chiffrement existent bel et bien, mais ils ne se trouvent tout simplement pas aux postes clés détenant le pouvoir législatif réel.
Auteur : David Christopher
Traduction : Saoirse, Foresight News
Quels sont réellement les risques que représentent ces élections intermédiaires pour le secteur de la cryptomonnaie ? À mesure que les chances pour les démocrates de remporter la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants continuent de croître, j’aimerais, à partir des sondages actuels, analyser en profondeur l’impact potentiel de ces élections sur l’avenir du secteur.
À cette fin, j’ai consulté à la fois les marchés prédictifs et des ressources telles que Stand with Crypto (SWC, « Soutenons la cryptomonnaie »), une plateforme recensant les positions politiques des candidats concernant le secteur de la cryptomonnaie. J’ai intégré ces informations afin de concevoir un tableau d’analyse dédié.
Bien que les données soient encore en cours de complément, j’ai déjà constitué une base de données centrale suivant les circonscriptions clés où les candidats démocrates prennent de l’avance, tout en associant leurs positions sur les questions liées à la cryptomonnaie à leur influence potentielle au sein des commissions du Congrès. Cette analyse révèle, dès ses premiers résultats, un paysage réglementaire à venir : bien qu’une coopération semble possible en apparence, une analyse plus approfondie met en lumière des blocages structurels profonds.
Une réalité inattendue
Il convient tout d’abord de préciser que le niveau de soutien des démocrates au secteur de la cryptomonnaie est en réalité supérieur aux attentes générales — du moins s’agissant de certains projets de loi.
À la Chambre des représentants, 101 députés démocrates (soit environ 48 % du groupe démocrate) ont voté en faveur du projet de loi GENIUS ; au Sénat, 18 sénateurs démocrates (soit 40 %) ont soutenu son passage en séance plénière. Cela semble ainsi former une coalition bipartisane concrète. Toutefois, ce soutien se limite strictement à ce projet spécifique : dès lors que l’on aborde la phase décisive déterminant véritablement le sort des textes législatifs — celle des commissions — ce soutien s’évanouit totalement.
C’est précisément là que réside le cœur du problème.
La source fondamentale de l’influence
Aucun projet de loi relatif à la cryptomonnaie n’est jamais soumis directement au vote de l’ensemble de la chambre.
Que ce soit la régulation des stablecoins, la définition de la structure des marchés ou la délimitation des compétences de la Securities and Exchange Commission (SEC), tous ces sujets doivent obligatoirement passer par l’examen préalable des commissions. Les deux instances décisives pour le sort des projets de loi sur la cryptomonnaie sont la Commission des services financiers de la Chambre des représentants (HFSC) et la Commission bancaire du Sénat (le Comité agricole doit également être consulté pour les projets portant sur la structure des marchés, notamment en ce qui concerne les compétences de la Commodity Futures Trading Commission, ou CFTC).
Le président de chaque commission détient un pouvoir absolu sur l’ordre du jour : il décide quels projets feront l’objet d’auditions, quels autres seront examinés en commission, et quels textes seront purement et simplement enterrés dans une impasse procédurale. Un président opposé à un projet n’a pas besoin de voter contre celui-ci pour le rejeter : il lui suffit de refuser d’inscrire ledit projet à l’ordre du jour pour le faire disparaître sans coup férir.
Ces dernières années, les présidents républicains ont pleinement démontré l’étendue de ce pouvoir :
- Tim Scott, président de la Commission bancaire du Sénat, a fait avancer le projet de loi GENIUS au sein de sa commission et contribué à son adoption en séance plénière au Sénat ;
- Patrick McHenry, ancien président de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants, a joué un rôle moteur dans l’adoption de la loi FIT21, première grande loi sur la structure des marchés de cryptomonnaies jamais approuvée par la Chambre ;
- French Hill, président actuel de la Commission des services financiers de la Chambre, a poursuivi cette dynamique en faisant adopter à la Chambre des représentants des textes tels que la loi CLARITY (bien que ce dernier texte reste bloqué au Sénat) et en organisant régulièrement des auditions sur la modernisation des actifs numériques et des marchés de capitaux.
Alors, que se produirait-il si les démocrates remportaient une victoire complète ?
Le parti majoritaire prendrait le contrôle de toutes les présidences de commissions du Congrès, sans exception. Si les démocrates reprenaient la Chambre des représentants, ils en assureraient la direction intégrale ; s’ils remportaient également le Sénat, ils contrôleraient alors l’ensemble des commissions sénatoriales. Or, les présidents de commission issus du parti majoritaire sont traditionnellement désignés selon l’ancienneté.
- Chambre des représentants – Commission des services financiers : la démocrate la plus ancienne est Maxine Waters ;
- Sénat – Commission bancaire : la démocrate la plus ancienne est Elizabeth Warren.
Or, il est notoire que toutes deux se sont opposées à tous les principaux projets de loi relatifs à la cryptomonnaie. Warren a mené l’opposition contre le projet GENIUS au cours de son examen en commission, qualifiant ce texte de « menace pour la sécurité nationale » ; Waters, quant à elle, a dénoncé ce même projet comme « une escroquerie totale autour de la cryptomonnaie ».
Le point critique à la Chambre réside dans le fait que, dès lors qu’un changement de majorité intervient, les sous-commissions sont entièrement reconstituées. Le parti majoritaire prend alors en main la répartition des sièges et l’ajustement des rapports de force entre les membres. Waters exercera donc une influence considérable sur la composition de la Commission des services financiers et de ses sous-commissions, y compris sur la désignation de la personne chargée des questions relatives aux « actifs numériques ». Certes, elle ne décide pas seule de la composition de la commission dans son ensemble (le leadership du parti et la réunion du groupe démocrate conservent également un droit de regard), mais elle dispose néanmoins d’un pouvoir suffisant pour orienter la commission vers une position résolument hostile à la cryptomonnaie.
Actuellement, la frange démocrate de la Commission des services financiers de la Chambre affiche déjà une nette orientation anti-cryptomonnaie : Brad Sherman, Stephen Lynch, Emanuel Cleaver et Sylvia Garcia s’y opposent fermement. Même si des députés favorables à la cryptomonnaie — tels que Jim Himes, Bill Foster, Ritchie Torres, Josh Gottheimer ou Vicente Gonzalez — siègent également au sein de cette commission, ils ne pourront, tant que Waters en sera la présidente, exercer aucune influence sur l’ordre du jour.
Ce graphique illustre la répartition des positions sur les questions liées à la cryptomonnaie au sein des deux commissions clés, dans l’hypothèse d’un retour des démocrates au pouvoir au Congrès suite aux élections intermédiaires de 2026. Il rend ainsi compte de façon visuelle du cadre réglementaire auquel le secteur sera confronté.
La situation à la Commission bancaire du Sénat est légèrement plus favorable. Bien que Warren en devienne présidente, la composition de la commission est plus diversifiée : elle inclut des sénateurs favorables à la cryptomonnaie (tels que Mark Warner, Ruben Gallego et Angela Alsobrooks), des opposants (comme Tina Smith) ainsi que des élus indécis ou modérés. Un léger motif d’espoir réside dans le fait que, si les démocrates contrôlent le Sénat, le sénateur Gallego — dont la position favorable à la cryptomonnaie est attestée par le classement SWC — devrait très probablement prendre la tête de la sous-commission dédiée aux actifs numériques. Bien que Warren conserve le contrôle total de l’ordre du jour de la commission dans son ensemble, Gallego pourrait ainsi offrir, au niveau de la sous-commission, un espace d’expression limité aux voix favorables à la cryptomonnaie.
Les élections véritablement déterminantes
La plupart des démocrates actuellement favorables à la cryptomonnaie ne siègent ni à la Commission des services financiers de la Chambre, ni à la Commission bancaire du Sénat. Ils peuvent certes voter en faveur des projets de loi concernés lors des votes en séance plénière, ou exercer des pressions sur le leadership de leur parti (mais, étant donné le haut degré de polarisation partisane sur ce sujet, la plupart des élus hésitent à prendre publiquement position en faveur de la cryptomonnaie) ; toutefois, ils ne disposent d’aucun moyen de contraindre les présidents de commission à faire avancer la législation.
Seules quelques élections sont susceptibles de modifier réellement la composition du pouvoir au sein des commissions.
Ce graphique présente une analyse des élections cruciales pour le pouvoir législatif relatif à la cryptomonnaie au Congrès américain. Les données proviennent de la moyenne des marchés prédictifs Polymarket et Kalshi, et mettent en évidence les résultats électoraux capables de modifier directement les orientations en matière de cryptomonnaie au sein de la Commission des services financiers de la Chambre (HFSC) et de la Commission bancaire du Sénat.
Conclusion finale sur les élections intermédiaires
Les perspectives à la Chambre des représentants sont extrêmement sombres.
La probabilité que les démocrates reprennent le contrôle de la Chambre atteint 85 %, ce qui signifie que Maxine Waters deviendrait très probablement présidente de la Commission des services financiers, avec le pouvoir absolu de restructurer les sous-commissions et de contrôler l’ordre du jour législatif. Le seul point positif, infime, réside dans le fait que Menefee pourrait battre Green pour remporter un siège, tandis que Gonzalez devrait vraisemblablement conserver le sien. Ces résultats pourraient introduire une certaine contre-pouvoir, mais ils ne changeront en rien la donne essentielle : la présidence de la commission restera entre les mains de Waters.
Le Sénat constitue désormais le dernier bastion du secteur de la cryptomonnaie — et la situation s’est encore détériorée hier soir : Juliana Stratton a remporté la primaire démocrate dans l’Illinois face à Raja Krishnamoorthi. Selon les archives SWC, et compte tenu du fait que Fairshake — un comité d’action politique majeur (Super PAC) issu du secteur de la cryptomonnaie aux États-Unis, et l’un des groupes de lobbying politique les plus influents dans ce domaine — a dépensé 7 millions de dollars pour s’opposer à elle, on peut affirmer sans ambiguïté que Stratton est une figure résolument hostile à la cryptomonnaie.
Ce qui rend la situation encore plus frustrante, c’est le constat global suivant : environ 47 % des démocrates du Congrès ont soutenu le projet de loi GENIUS, et 37 % des démocrates à la Chambre ont voté en faveur de la loi CLARITY — des démocrates favorables à la cryptomonnaie existent bel et bien. Mais la survie ou la mort d’un projet de loi ne dépend jamais du vote en séance plénière : elle dépend exclusivement de la position des commissions. Or, les votes des commissions sur les projets relatifs à la structure des marchés obéissent strictement à la ligne partisane. Ainsi, le soutien existant ne parvient absolument pas à se traduire au niveau décisif — celui des commissions — où se joue réellement le sort de la législation.
Le secteur de la cryptomonnaie ne devrait pas être aussi fortement polarisé. Des démocrates favorables à la cryptomonnaie existent bel et bien — ils se trouvent simplement, par hasard, absents des postes clés détenant le pouvoir législatif effectif.
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