
Synthèse du marché du 30 janvier : l’or et l’argent chutent brutalement en pleine nuit, Trump secoue les nominations à la Réserve fédérale
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Synthèse du marché du 30 janvier : l’or et l’argent chutent brutalement en pleine nuit, Trump secoue les nominations à la Réserve fédérale
Le marché n’a jamais manqué d’histoires, mais il lui manque de la certitude.
Rédaction : Ma Mengniu, TechFlow
La nuit dernière, les marchés de l’or et de l’argent ont connu une scène palpitante : après avoir atteint un nouveau sommet historique en cours de séance, or et argent se sont soudainement retournés à la baisse, avec des chutes si brutales qu’elles ont pris les investisseurs au dépourvu.
Métaux précieux : d’abord propulsés vers les cieux, puis précipités au sol
Dans la nuit, l’or au comptant a chuté en flèche depuis son plus haut de 5 598 dollars, tombant brièvement sous la barre des 5 100 dollars, soit une baisse maximale journalière supérieure à 400 dollars. L’argent a encore plus fortement chuté, passant de 121 dollars à moins de 110 dollars — une baisse dépassant 6 %. Sur le marché intérieur, les contrats à terme sur l’or et l’argent cotés à la Bourse de Shanghai (SHFE) ont également connu une chute généralisée, tous affichant des baisses supérieures à 3 %.
Cette montagne russe trouve son origine dans la situation iranienne.
Depuis mi-janvier, Donald Trump a multiplié les revirements concernant l’Iran : d’abord menaçant d’envoyer un groupe aéronaval, ce qui a poussé les marchés à acheter massivement des actifs de couverture contre le risque ; puis, soudainement, annonçant qu’il « n’allait pas entrer en guerre » et préférait « observer ». Hier encore, le président américain a déclaré que « une flotte considérable était déjà en route vers l’Iran » et qu’une « frappe majeure » était imminente si Téhéran ne faisait pas de concessions. La tension s’est ainsi brusquement accrue.
L’or et l’argent, traditionnellement des actifs refuges, se sont alors transformés en actifs spéculatifs.
Par ailleurs, une pression plus directe provient du « poing de fer » des bourses. Le 30 janvier, la Bourse d’or de Shanghai (SGE) a relevé le niveau de la marge requise pour les contrats différés sur l’argent (de 19 % à 20 %), tandis que la limite quotidienne de variation des cours a été augmentée de 18 % à 19 %. Il s’agit déjà de la N-ième intervention consécutive de la part des bourses : CME, SHFE et SGE, tant nationales qu’étrangères, relèvent tour à tour les marges et restreignent les nouvelles positions afin de ralentir un marché devenu trop surchauffé.
Pour référence historique : après cinq hausses successives des marges sur l’argent par la CME en 2011, le cours de l’argent a chuté de près de 30 % en trois semaines, passant de 49 dollars à environ 34 dollars ; pire encore, en 1980, suite à l’interdiction des achats spéculatifs par les bourses, le cours de l’argent s’est effondré de 50 dollars à seulement 10 dollars.
Cependant, un regard plus posé révèle que la logique à moyen terme reste intacte : les banques centrales continuent d’acheter de l’or, et la crédibilité du dollar est en recul — ces facteurs de soutien demeurent inchangés. Seule la hausse excessive à court terme rend inévitable un ajustement technique. Comme la volatilité de l’argent est intrinsèquement supérieure à celle de l’or, une baisse temporaire jusqu’à 100 dollars, voire 90 dollars, ne peut être exclue.
Nouveau président de la Réserve fédérale : Trump dévoilera prochainement son choix
Un autre facteur perturbateur pour les marchés concerne la nomination au poste de président de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Le 27 janvier, Donald Trump a de nouveau critiqué publiquement Jerome Powell, affirmant qu’il « souhaitait maintenir les taux d’intérêt aussi élevés que possible », tout en précisant qu’il « désignerait très prochainement le prochain président de la Fed ». Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a indiqué que cette annonce pourrait intervenir dès cette semaine (semaine du 26 janvier).
Donald Trump a déclaré, jeudi 29 janvier, heure locale, qu’il nommerait vendredi 30 janvier, en matinée, le candidat désigné à la présidence de la Réserve fédérale américaine.
Sur la plateforme de paris prédictifs Polymarket, le favori actuel est :
Kevin Warsh, ancien membre du Conseil des gouverneurs de la Fed.
Ces dernières années, Kevin Warsh a formulé de nombreuses critiques à l’encontre de la Fed, portant à la fois sur ses décisions de politique monétaire à court terme et sur sa stratégie à long terme.
Tout d’abord, Warsh critique depuis longtemps l’utilisation trop agressive, par la Fed, de son bilan au cours des quinze dernières années.
Bien qu’il ait soutenu le programme d’assouplissement quantitatif (QE) mis en œuvre par la Fed lors de la crise financière mondiale, il a averti que la poursuite du QE par la suite n’était pas appropriée, car elle risquait de générer de l’inflation et de compromettre la stabilité financière, tout en éloignant la Fed de sa mission fondamentale, notamment en intervenant dans l’allocation du crédit — une pratique susceptible de fausser les signaux du marché.
Warsh considère par ailleurs que l’usage actif du bilan par la Fed a pu conduire à une « ère de domination monétaire ». Selon lui, en maintenant artificiellement les taux d’intérêt à un niveau bas pendant une période prolongée, la Fed a joué un rôle déterminant dans l’accumulation de la dette publique américaine.
Le 16 janvier, suite à une allusion de Trump selon laquelle il ne nommerait probablement pas Kevin Hassett, les marchés se sont immédiatement convulsés : l’indice du dollar a bondi de 30 points, l’or au comptant a chuté de 70 dollars, et le rendement des obligations d’État américaines à 10 ans a grimpé à 4,23 % — un plus haut depuis septembre. Cela illustre clairement à quel point les marchés sont sensibles à cette question.
Marché actions américain : chute brutale de Microsoft, envolée de SanDisk
Le jeudi 30 janvier, le cours de l’action Microsoft a chuté de 9,99 %, entraînant une destruction de valeur boursière quasi instantanée de près de 360 milliards de dollars — la deuxième plus forte perte journalière jamais enregistrée, juste derrière celle subie par NVIDIA en janvier dernier, lors de la panique liée à DeepSeek, qui avait coûté près de 600 milliards de dollars à la capitalisation boursière du groupe.
Les résultats financiers publiés semblent pourtant remarquables : chiffre d’affaires du deuxième trimestre à 81,3 milliards de dollars (+17 % en glissement annuel), bénéfice net à 38,5 milliards de dollars (+60 % en glissement annuel). Alors, où est le problème ?
Le secret derrière cette hausse de 60 % du bénéfice net réside dans le fait que, sur ces 38,5 milliards de dollars, 7,6 milliards proviennent d’un gain exceptionnel lié à la restructuration d’OpenAI. Une fois cette composante éliminée, le bénéfice net ajusté n’augmente que de 23 % — bien loin de l’impression initiale de performance spectaculaire.
Le ralentissement de la croissance d’Azure. Le chiffre d’affaires du service cloud Azure a progressé de 38 % en glissement annuel — un chiffre apparemment satisfaisant, mais inférieur aux attentes de Wall Street (39,4 %). Plus grave encore, la dynamique de croissance ralentit. Or, Azure constitue le cœur même de la stratégie IA de Microsoft : un ralentissement de sa croissance suffit à faire paniquer les marchés.
Des dépenses en capital ayant bondi à 37,5 milliards de dollars, soit une augmentation de 66 % par rapport à l’année précédente — dépassant largement les 36,2 milliards attendus par les analystes. Le PDG de Microsoft, Satya Nadella, a annoncé que l’entreprise comptait accroître sa capacité IA de 80 % au cours des deux prochaines années. Mais la question cruciale demeure : à quel moment ces investissements massifs commenceront-ils à générer des retours ?
La préoccupation centrale de Wall Street est simple : « Vous nous dites que l’IA est l’avenir — nous vous croyons. »
Mais les quatre géants technologiques — Microsoft, Meta, Amazon et Alphabet — devraient engager ensemble 440 milliards de dollars cette année dans les infrastructures IA. Où seront les retours ? La croissance d’Azure ralentit, tandis que sa marge brute tombe à un plus bas triennal (68 %). Comment justifier économiquement un tel investissement ?
Comme l’a formulé sans détour un analyste de JPMorgan : « D’après les informations communiquées par Meta et Microsoft, leurs dépenses en capital dépassent toutes les attentes, et les dépenses liées à l’IA continuent de s’accélérer. La différence réside dans le fait que Meta a fortement relevé ses prévisions de chiffre d’affaires pour 2026, tandis que Microsoft ne l’a pas fait. »
En contraste frappant avec la chute de Microsoft, SanDisk, leader mondial des puces de mémoire, a vu son action grimper de 17 % après la clôture. Cette entreprise, dont le cours a bondi de 577 % en 2025, s’impose comme la valeur la plus performante du S&P 500 cette année, et sa dynamique reste intacte.
La logique sous-jacente est limpide : la construction des centres de données IA déclenche un « super-cycle des mémoires ». La demande de stockage des serveurs IA est 8 à 10 fois supérieure à celle des serveurs classiques, et les quatre géants technologiques (Microsoft, Meta, Amazon et Alphabet) prévoient d’investir 600 milliards de dollars dans leurs infrastructures IA d’ici 2026 — dont plus de 30 % seront consacrés exclusivement au matériel de stockage.
Crypto-monnaies : rupture sous les 85 000 dollars, où est la foi ?
Le bitcoin a cassé le seuil des 85 000 dollars, soit un repli supérieur à 33 % par rapport à son pic d’octobre à 126 080 dollars. L’ether oscille entre 2 900 et 3 100 dollars, essayant à plusieurs reprises de franchir la barre des 3 300 dollars sans y parvenir.
Le contraste le plus cruel est le suivant : même après leur forte correction, l’or reste au-dessus de 5 100 dollars et l’argent au-dessus de 110 dollars, affichant respectivement des hausses de 20 % et 40 % depuis le début de l’année. Quant au bitcoin, il est désormais sous les 85 000 dollars.
Les institutions commencent également à exprimer des réserves. Standard Chartered a réduit de moitié sa prévision de cours pour le bitcoin en 2026, passant de 300 000 à 150 000 dollars. Une enquête menée par Coinbase révèle que 54 % des institutions considèrent actuellement que le marché est soit en phase d’accumulation, soit en pleine tendance baissière. Les volumes de transactions se contractent, les liquidations massives se multiplient (plusieurs épisodes impliquant des milliers d’opérateurs se sont produits en janvier), et bien que l’atmosphère spéculative reste intense, la confiance apparaît extrêmement fragile.
Toutefois, d’un autre point de vue, une panique extrême et une propagation massive de FUD (peur, incertitude, doute) pourraient accélérer l’arrivée du creux.
Logique centrale : l’incertitude politique domine tout
Le marché du 30 janvier raconte en réalité une seule histoire : celle de l’incertitude.
Le recul technique des métaux précieux s’explique par une hausse trop rapide, combinée à des mesures successives de resserrement prises par les bourses, ce qui a déclenché un mouvement massif de prise de bénéfices. Pour autant, la logique à moyen terme demeure intacte : tant que la crédibilité du dollar continuera de se dégrader et que les banques centrales poursuivront leurs achats d’or, ce recul représentera une opportunité.
Le véritable enjeu réside dans la bataille autour de la nomination au poste de président de la Fed. Serait-ce Riddle (position dovish) ou Warsh (position hawkish) ? Que recherche réellement Trump ? La Fed parviendra-t-elle à préserver son indépendance ? Les réponses à ces questions détermineront le calendrier des baisses de taux en 2026, et influenceront donc durablement la trajectoire du dollar, de l’or et des marchés actions.
Les crypto-monnaies, quant à elles, se retrouvent dans une position particulièrement inconfortable : elles ne bénéficient ni du consensus de refuge propre aux métaux précieux, ni du soutien fondamental offert par les résultats des entreprises technologiques, et doivent donc se contenter de subsister sur la spéculation.
Les marchés ne manquent jamais d’histoires — ce qui leur fait défaut, c’est la certitude.
Or, cette certitude, c’est Donald Trump qui la détient aujourd’hui.
Avertissement relatif aux risques : risque accru de correction technique à court terme sur les métaux précieux, particulièrement élevé pour l’argent ; la nomination du nouveau président de la Fed déterminera l’orientation future de la politique monétaire, et toute atteinte à l’indépendance de la Fed pourrait déclencher une crise de confiance ; le bitcoin a rompu des niveaux de soutien clés, exposant les investisseurs à des risques accrus liés à l’effet de levier ; les craintes d’une bulle IA sur les marchés actions s’intensifient ; la situation iranienne et les politiques tarifaires introduisent une incertitude géopolitique supplémentaire ; les marchés connaissent une forte volatilité — il convient donc de prendre des décisions prudentes et de gérer soigneusement ses positions.
Cet article ne constitue qu’une observation de marché et ne saurait être considéré comme un conseil en investissement.
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