
Forbes : Les cinq moments les plus controversés de la cryptomonnaie en 2025
TechFlow SélectionTechFlow Sélection

Forbes : Les cinq moments les plus controversés de la cryptomonnaie en 2025
2025 a été pour le domaine des cryptomonnaies une année délicate mêlant politique et pouvoir, à la fois préoccupante et hautement révélatrice.
Rédaction : Becca Bratcher, Forbes
Traduction : Saoirse, Foresight News
De piratages de plusieurs milliards de dollars à la création de cryptomonnaies mèmes par un président, 2025 a été pour le secteur des cryptomonnaies une année tourmentée mêlant politique et pouvoir, à la fois angoissante et révélatrice. Alors que le quatrième trimestre de 2025 commence, cinq moments se distinguent particulièrement — ils illustrent profondément comment l'industrie des cryptomonnaies teste continuellement les limites de la confiance du public et de la tolérance réglementaire.
JANVIER : Lancement de la cryptomonnaie mème Trump
Au début de l'année 2025, un geste inattendu du futur président américain attire l'attention.
Quelques heures avant son investiture, Donald Trump lance sa cryptomonnaie officielle, TRUMP. Le jeton, initialement valorisé à environ 1 dollar, grimpe rapidement au-dessus de 70 dollars avant de s'effondrer brutalement. Peu de temps après, la première dame Melania Trump introduit également son propre jeton, MELANIA, dont la trajectoire de prix suit un modèle similaire à celui de TRUMP. À ce jour, le cours du jeton TRUMP se maintient autour de 7 dollars, tandis que MELANIA oscille aux alentours de 0,13 dollar.
Ces jetons sont présentés comme des « objets numériques commémoratifs », mais leur lancement suscite immédiatement des interrogations éthiques et juridiques. Jusqu'alors dédaigneux envers les cryptomonnaies, Trump se repositionne désormais comme un « partisan » du secteur — il cherche activement à séduire la communauté croissante d'électeurs passionnés par les actifs numériques, promettant de faire des États-Unis un centre mondial des actifs digitaux. Parallèlement, son entreprise familiale « World Liberty Financial » étend considérablement ses activités dans le domaine des cryptomonnaies.
En quelques heures seulement, la capitalisation boursière combinée de ces deux cryptomonnaies mèmes approche les 11 milliards de dollars, transformant ce qui aurait pu n'être qu'une simple campagne de marque politique en la première grande controverse majeure du secteur des cryptomonnaies en 2025.
FEVRIER : Le plus grand vol financier de l'histoire
Un mois plus tard, la confiance du public dans la sécurité des cryptomonnaies subit un coup dur.
L'exchange de cryptomonnaies basé à Dubaï, Bybit, révèle qu'un hacker a dérobé environ 1,5 milliard de dollars d'ETH depuis un de ses portefeuilles froids hors ligne. Cette faille de sécurité sans précédent plonge les investisseurs dans la panique, puis la société d'analyse blockchain Elliptic confirme que cet incident constitue le plus gros vol unique jamais enregistré entre les mondes de la finance numérique et traditionnelle.

L’exchange Bybit (illustration photo : Thomas Fullerton / SOPA Images/LightRocket via Getty Images)
Des enquêtes ultérieures révèlent que cette violation est liée à un groupe de pirates soutenu par le gouvernement nord-coréen. Cette découverte ajoute instantanément une dimension géopolitique sérieuse à un événement qui aurait pu être classé comme une simple « vulnérabilité classique d’exchange ».
MAI : Le président américain récompense les principaux acheteurs du jeton TRUMP
En mai, une annonce provoque une augmentation « modeste mais significative » du volume des échanges du jeton TRUMP — le président Trump annonce qu'il n'invitera que les détenteurs principaux du jeton TRUMP à un dîner habillé organisé dans son club de golf privé. Ce modèle d'« accès payant exclusif » transforme en pratique le jeton en un outil de « mise aux enchères » : toute personne détenant suffisamment de jetons peut ainsi obtenir une occasion de rencontre privée avec le président.
Les participants au dîner incluent Justin Sun, fondateur de Tron, qui avait auparavant investi plus de 18 millions de dollars dans le jeton TRUMP, et qui avait fait face à des accusations de la SEC américaine (ultérieurement suspendues).
Cet événement suscite une double controverse : des manifestants protestent à l'extérieur, tandis qu'à l'intérieur, le Congrès américain examine attentivement la situation. Bien que la Maison Blanche affirme que les actifs de Trump ont été placés sous « gestion aveugle » (confiés à un tiers indépendant, sans intervention directe), des analyses sur la blockchain montrent que des entités liées à Trump contrôlent environ 80 % du stock restant du jeton et ont déjà perçu plus de 320 millions de dollars de frais via les transactions.
Le représentant Adam Smith et Sean Casten ont mené une initiative conjointe avec 35 démocrates de la Chambre des représentants pour adresser une lettre au ministère de la Justice, exigeant une enquête sur cette pratique de Trump : offrir aux principaux investisseurs du jeton TRUMP l'opportunité de « dîner ensemble », constituait-elle un pot-de-vin ou violait-elle la clause interdisant les « appointements étrangers » dans la Constitution américaine (interdisant aux fonctionnaires fédéraux de recevoir des paiements non autorisés d’un gouvernement ou d’une personne étrangère) ?
Dans leur lettre, ils soulignent que cet événement « ouvre la porte à une ingérence des puissances étrangères dans les décisions politiques américaines, pourrait constituer un acte de corruption, et risque de violer la clause des appointements. C’est simplement le dernier exemple parmi d’autres du président Trump ignorant les normes éthiques, aggravant les conflits d’intérêts et tirant profit de ses fonctions publiques. »
OCTOBRE : L'affaire du « 11.10 »
Avançons jusqu’en octobre : des analystes blockchain découvrent qu’un trader anonyme a soudainement vendu à découvert Bitcoin et Ethereum quelques minutes avant que le président Trump n’annonce de nouveaux droits de douane contre la Chine. Cette déclaration ayant directement provoqué la plus importante « cascade de liquidations » de l’histoire des cryptomonnaies (où un grand nombre de positions à effet de levier sont automatiquement clôturées suite à une chute des prix, amplifiant davantage la baisse dans un effet domino).
Selon les rapports, ce trader anonyme aurait réalisé un bénéfice de 160 millions de dollars avant que le marché ne se stabilise. Des observateurs, notamment le média d’analyse « The Kobeissi Letter », ont publiquement demandé : « Quelqu’un avait-il connaissance anticipée de l’annonce des tarifs douaniers ? »
Pour l’instant, aucune preuve directe d’une « fuite d’informations privilégiées » n’a été établie, mais cet événement ravive les inquiétudes du public sur les marchés des actifs numériques — les déséquilibres d’information et l’influence politique sur les marchés pourraient être bien plus graves qu’on ne l’imagine.
OCTOBRE : Une grâce « lucratrice »
Quelques semaines plus tard, une nouvelle controverse éclate : le président Trump accorde une grâce présidentielle au fondateur de Binance, Changpeng Zhao.
Zhao avait plaidé coupable en 2023 pour des « violations anti-blanchiment », purgeant quatre mois de prison ; quant à l’exchange Binance, il a lui-même versé une amende dépassant 4 milliards de dollars.

Le 30 avril 2024, Changpeng Zhao, ancien PDG de Binance, quitte le tribunal fédéral de Seattle, État de Washington, aux États-Unis. Le fondateur et ancien PDG de Binance, la plus grande plateforme mondiale d’échange de cryptomonnaies, a été condamné ce jour-là à quatre mois de prison après avoir admis avoir enfreint la législation anti-blanchiment. (Photo : Jason Redmond / AFP via Getty Images)
Cette grâce efface non seulement le casier judiciaire de Zhao, mais lui permet aussi de revenir librement dans l’industrie des cryptomonnaies. La Maison Blanche justifie cette décision comme une tentative de corriger les « excès réglementaires » de l’administration Biden.
Toutefois, un reportage de la BBC alimente davantage la controverse : les entreprises affiliées à Zhao avaient collaboré avec des sociétés liées aux « projets cryptographiques de la famille Trump ». Ce lien relance fortement les soupçons selon lesquels cette grâce pourrait résulter d’un échange d’intérêts.
Objectivement, cette grâce renforce davantage l’alliance entre le gouvernement américain actuel et l’industrie des actifs numériques, tout en soulevant une question plus profonde : dans quelle mesure l’influence politique peut-elle influencer les résultats réglementaires ?
Conclusion : Une autre « année ordinaire » pour les cryptomonnaies
Ces cinq événements font ensemble de 2025 une autre « année médiatique » pour l’industrie des cryptomonnaies. Malgré les controverses persistantes, comparée à l’histoire passée, cette année est loin d’être la « pire période » du secteur.
Le lancement des cryptomonnaies mèmes en janvier brouille la frontière entre « spéculation » et « gouvernance » ; le piratage de Bybit en février expose les failles même dans les systèmes les plus fiables ; le dîner de mai transforme la « possession de jetons » en « accès politique » ; le scandale des opérations d’octobre révèle le pouvoir de manipulation du marché par la « spéculation » et le « timing » ; et la grâce présidentielle du même mois fait de 2025 une année où les limites entre « légitimité » et « éthique » ont été constamment remises en question.
Chaque année dans le monde des cryptomonnaies apporte son lot d’innovations, de défis, de percées et de controverses — 2025 ne fait pas exception.
Bienvenue dans la communauté officielle TechFlow
Groupe Telegram :https://t.me/TechFlowDaily
Compte Twitter officiel :https://x.com/TechFlowPost
Compte Twitter anglais :https://x.com/BlockFlow_News










