
Les actifs cryptographiques peuvent enfin être transmis par héritage.
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Les actifs cryptographiques peuvent enfin être transmis par héritage.
Cet article analyse le lien entre les contacts d'urgence et la succession des actifs cryptographiques à la lumière des nouvelles réglementations de Binance.
Rédaction : Liu Zhengyao
Récemment, un influenceur du secteur de la cryptomonnaie a publié sur une plateforme de médias sociaux que Binance avait ajouté dans sa dernière version d'application les fonctions « Contact d'urgence » et « Bénéficiaire successoral ». Selon ce blogueur, chaque année, des personnes décédées accidentellement détiennent collectivement plus d’un milliard de dollars en actifs numériques. Si ces actifs ne sont pas transférés à temps à leurs proches avant leur décès, ils finiront par être acquis par les plateformes d’échange (lorsque les actifs cryptographiques sont conservés sur une bourse ; s'ils sont stockés dans un portefeuille froid, ils resteront alors définitivement bloqués à l’adresse du portefeuille).
Cette nouvelle fonctionnalité lancée par Binance résout effectivement le problème de la transmission des actifs numériques pour les professionnels du web3, ce qui constitue une initiative extrêmement méritoire.
Avant d’entamer une analyse juridique du droit successoral relatif aux actifs numériques, l’avocat Liu tient à rappeler que cet article a uniquement vocation informative et analytique, et ne constitue en aucun cas une recommandation ou un parrainage en faveur de toute monnaie virtuelle ou plateforme d’échange de monnaie virtuelle.
I. Pratiques concrètes concernant la succession des actifs numériques
Selon les informations publiées sur le site officiel de Binance, les utilisateurs peuvent configurer un contact d’urgence via l’application. Lorsque le compte utilisateur reste inactif pendant une longue période (par défaut 12 mois, mais pouvant être défini manuellement à 2 ou 3 ans), Binance contactera le contact d’urgence désigné. Ce dernier pourrait alors obtenir le droit de succession ou la propriété des actifs présents sur le compte utilisateur.
L'utilisateur peut supprimer ou modifier à tout moment son contact d'urgence.

II. Le droit chinois autorise-t-il la succession des actifs numériques ?
Ce dispositif pratique résout effectivement le problème de la transmission des actifs cryptographiques liés aux comptes inactifs sur les plateformes décentralisées. En tant que professionnel du droit web3, l’avocat Liu ne peut s’empêcher de se demander si cette méthode rencontre des obstacles juridiques.
(a) Les monnaies virtuelles constituent-elles un bien patrimonial ?
Dans l'article publié hier par l'avocat Liu (« La saisie judiciaire des monnaies virtuelles : le journal du Tribunal populaire affirme qu'une institution tierce peut être mandatée »), il est mentionné que dans sa contribution au Journal du Tribunal populaire, la Cour populaire intermédiaire de Shenzhen reconnaît la nature patrimoniale des monnaies virtuelles aussi bien en droit civil qu'en droit pénal. Les raisons précises sont les suivantes :
Premièrement, en matière de contentieux civil, les monnaies virtuelles sont considérées comme ayant des caractéristiques telles que l'exclusivité, la contrôlabilité et la négociabilité, similaires à celles des biens virtuels. Il convient donc de reconnaître leur caractère patrimonial.
Deuxièmement, l'article 127 du Code civil de Chine stipule expressément : « Pour la protection des données et des biens virtuels numériques, les dispositions légales applicables s'appliquent ». Cela témoigne de la volonté du Code civil chinois de protéger les biens virtuels.
Troisièmement, l'article 83 du projet de « Recueil des orientations pour les audiences financières devant les tribunaux populaires » prévoit également que « les monnaies virtuelles possèdent certains attributs des biens virtuels numériques ».
Quatrièmement, en matière pénale, des affaires référencées dans la base de données de la Cour populaire suprême ont déjà établi clairement que les monnaies virtuelles constituent des biens au sens du droit pénal, et possèdent donc une qualité patrimoniale au regard du droit pénal.
Par ailleurs, selon les connaissances approfondies de l’avocat Liu sur la réglementation chinoise relative aux monnaies virtuelles, dès décembre 2013, dans l’avis « Sur la prévention des risques liés au Bitcoin », la Chine qualifiait déjà le Bitcoin de « marchandise virtuelle spécifique ». Puis, en mai 2021, dans l’« Avis sur la prévention des risques liés à la spéculation sur les transactions de monnaies virtuelles », les monnaies virtuelles ont été définies comme « une marchandise virtuelle spécifique » (voir : « Compilation des documents réglementaires sur l’industrie web3.0 en Chine continentale »). Cette qualification de « marchandise virtuelle » s’est ainsi étendue du Bitcoin seul à toutes les catégories de monnaies virtuelles.
En résumé, les monnaies virtuelles sont bel et bien des biens patrimoniaux.

(b) Cadre juridique relatif à la succession
Le livre du Code civil consacré à la succession précise que la succession comprend tous les biens légaux appartenant à une personne physique au moment de son décès.
Étant donné que les monnaies virtuelles sont reconnues comme des biens patrimoniaux par la loi chinoise, elles peuvent donc faire l’objet d’une disposition successorale par testament lorsque détenues légalement par un particulier.
Les formes courantes de testaments prévues par le Code civil incluent : le testament manuscrit, le testament par procuration, le testament imprimé, le testament audio ou vidéo, le testament oral et le testament notarié. De plus, un testament peut être retiré ou modifié à tout moment.
Configurer dans une application un contact d’urgence bénéficiant de droits successoraux revient à exprimer sa volonté personnelle. Cette démarche respecte pleinement le principe d’« autonomie de la volonté » prôné par le droit civil chinois, et est donc juridiquement valide.
III. Difficultés lors de l’exécution effective de la succession numérique
Cependant, il existe un point crucial à souligner.
Il faut toujours tenir compte de la réglementation émise le 15 septembre 2021 par dix départements gouvernementaux (l’« avis du 24 septembre »), qui interdit explicitement aux plateformes d’échange de monnaies virtuelles établies à l’étranger de fournir des services aux résidents du continent chinois via Internet. Parmi ces dix départements figure la Cour populaire suprême.
Imaginons que Zhang San configure dans l’application d’une plateforme d’échange de monnaies virtuelles son ami Li Si comme contact d’urgence, lui permettant ainsi d’hériter d’actifs cryptographiques d’une valeur de 100 millions de yuans. Après le décès de Zhang San, Li Si hérite effectivement de ces 100 millions. Mais lorsque Zhang Xiaosan, fils de Zhang San (ce nom n’est pas très heureux), l’apprend, il intente une action en justice contre Li Si afin d’obtenir la restitution de ces actifs successoraux. Son argument principal serait que les plateformes d’échange de monnaies virtuelles ne sont pas autorisées à opérer sur le continent chinois ; par conséquent, l’action de son père Zhang San dans l’application de la plateforme serait nulle en raison de la violation de règles impératives chinoises (le legs testamentaire serait donc nul), et que la succession devrait suivre la voie légale, revenant ainsi intégralement à Zhang Xiaosan.
Alors, comment sortir de cette impasse ? En tant qu’avocat pénaliste, l’avocat Liu préfère ne pas trop exposer ici ses modestes connaissances en droit civil. Les lecteurs intéressés peuvent discuter avec lui en privé.
IV. Conclusion
Bien que les monnaies virtuelles, représentées par le Bitcoin, existent depuis 2008, du point de vue juridique, elles restent une réalité technologique nouvelle (non seulement en Chine, mais également dans tous les pays). L’avocat Liu est convaincu que des litiges civils et pénaux relatifs aux monnaies virtuelles continueront d’émerger à l’avenir. Toutefois, il croit également que de nombreux entrepreneurs du web3 poursuivront activement des initiatives constructives. Que cela soit fait de manière proactive ou réactive, le droit continuera d’évoluer pour s’adapter aux nouvelles technologies et aux transformations qu’elles apportent au monde.
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