
Guide de survie en crypto : du « tout miser sans réfléchir » au « faire moins d'erreurs »
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Guide de survie en crypto : du « tout miser sans réfléchir » au « faire moins d'erreurs »
Ne pas faire d'investissements erronés, aucune mauvaise année.
Rédaction : Blockchain Knight
Depuis que le BTC a franchi la barre des 100 000 dollars, le marché crypto n’a plus connu de hausse continue, mais une baisse ininterrompue depuis déjà trois mois. Le mot le plus souvent entendu récemment est « retour à la pauvreté » : de nombreux investisseurs qui avaient bien profité se retrouvent désormais dans une nouvelle lutte difficile.
D’un côté, l’arrivée en grande pompe des ETF Bitcoin sur la scène historique ; de l’autre, une détérioration extrême du marché. Face à un contexte aussi dégradé, survivre aux fluctuations incessantes ne peut plus s’envisager avec les mentalités des précédents cycles, car nous devons l’admettre — le marché a changé.
Alors, face à ce marché exaspérant, comment pouvons-nous survivre ? J’ai récemment découvert quelques idées et réflexions intéressantes que je souhaite partager avec vous.
Commençons par une question : lors d’un match de tennis de haut niveau, comparable à un tournoi du Grand Chelem, qu’est-ce qui importe le plus — la technique ou l’état d’esprit ? Et dans une rencontre entre joueurs amateurs ordinaires, quel facteur prime ?
Pour répondre à cette question, Simon Ramo, scientifique et statisticien, a écrit un excellent ouvrage sur la stratégie au tennis intitulé *Extraordinary Tennis for the Ordinary Player*.
À travers une observation prolongée, il a identifié deux formes distinctes de pratique du tennis : l’une chez les professionnels et rares génies amateurs, l’autre chez les amateurs ordinaires. Bien que les deux utilisent le même matériel et respectent les mêmes règles, leurs dynamiques essentielles sont radicalement différentes.

Grâce à des analyses statistiques rigoureuses, le Dr Ramo conclut : les professionnels gagnent en marquant activement des points, tandis que les amateurs perdent principalement par erreurs successives. Les joueurs de haut niveau livrent de longs échanges précis et puissants, exerçant une pression constante pour déséquilibrer leur adversaire et marquer. Ces experts commettent rarement des fautes directes ; leurs matchs relèvent du « jeu du gagnant », où la victoire dépend entièrement de l’initiative offensive. Gagner signifie non seulement accumuler des points, mais imposer son jeu par des actions positives.
Le tennis amateur, en revanche, présente un tout autre visage. Les frappes spectaculaires, les longs échanges passionnants et les retours miraculeux sont rares. En lieu et place, on observe fréquemment des balles touchant le filet ou sortant du terrain, des doubles fautes répétées. Les joueurs amateurs ne battent guère leurs adversaires — ils se battent surtout contre eux-mêmes. Le vainqueur l’emporte généralement parce que son opposant commet davantage d’erreurs.
Le Dr Ramo a validé sa théorie par une méthode innovante : abandonnant le système traditionnel de comptage des points, il a analysé le ratio entre points marqués activement et points offerts par erreur. Ses données montrent que dans les matchs professionnels, 80 % des points proviennent d’actions offensives réussies, contre 80 % de points dus à des erreurs adverses chez les amateurs.
Cela signifie que le tennis professionnel est typiquement un « jeu du gagnant », dont l’issue dépend des performances supérieures du vainqueur, tandis que le tennis amateur est un « jeu du perdant », décidé par le nombre d’erreurs du vaincu. Ces deux jeux, bien que semblables en apparence, sont fondamentalement différents.
Partant de cette découverte, le Dr Ramo a élaboré une stratégie complète : pour un joueur ordinaire, il suffit d’adopter une tactique simple — réduire ses propres erreurs et inciter l’adversaire à s’autodétruire — pour remporter régulièrement des victoires.
Il insiste : si l’objectif est de gagner plutôt que de s’amuser, la clé réside dans une défense solide, une haute précision de frappe, et la création d’un espace suffisant pour que l’adversaire commette des erreurs. La plupart des amateurs ignorent qu’ils sont pris dans un « jeu du perdant » et finissent par s’effondrer sous le poids de leurs propres fautes.
Dans son livre, le Dr Ramo met en lumière la différence fondamentale entre « jeu du gagnant » et « jeu du perdant » : dans le premier, la victoire repose sur une maîtrise exceptionnelle ; dans le second, elle tient simplement à commettre moins d’erreurs que les autres.
Charles Ellis, considéré par le magazine *Fortune* comme « l’homme le plus intelligent de Wall Street » et figure majeure de l’investissement, classe quant à lui l’investissement moderne comme un « jeu du perdant ». Il a consacré à ce sujet un best-seller intitulé *Winning the Loser’s Game*.

Comme l’écrit Ellis, investir ressemble au tennis : celui qui commet légèrement moins d’erreurs obtient de meilleurs résultats à long terme, tandis que le perdant subit des pertes en répétant sans cesse les mêmes fautes. Personne n’échappe à de nouvelles erreurs, mais les investisseurs performants répètent moins souvent leurs anciennes erreurs.
Appliquons cela au marché crypto : il fut autrefois un « jeu du gagnant », où participer et réussir exigeait une compétence supérieure à la moyenne. Aujourd’hui, il s’est largement transformé en un « jeu du perdant » — éviter les erreurs, survivre, suffit presque à assurer la victoire.
Ainsi, la logique devient claire : tant que les autres s’affrontent follement (PvP) ou prennent massivement des positions à effet de levier, il nous suffit de ne rien faire d’irréfléchi pour considérablement augmenter nos chances de succès dans ce jeu.
C’est pourquoi, alors qu’il suffisait il y a quelques années d’acheter aveuglément au début du marché haussier pour réaliser des profits, cette approche ne fonctionne plus aujourd’hui. Le jeu a fondamentalement changé. Pour plus de 90 % des acteurs du marché, il n’est plus nécessaire d’avoir des stratégies sophistiquées ou des techniques avancées. Ce qui compte, c’est de réduire la fréquence des erreurs pour obtenir des rendements supérieurs à la moyenne.
Comme l’a dit Howard Marks, fondateur d’Oaktree Capital : « Pour moi, la meilleure façon d’assurer un succès durable en investissement est de ne pas commettre d’erreurs, de ne pas faire d’investissements erronés, de ne pas connaître d’années désastreuses. En accumulant progressivement de bons investissements, année après année, avec une performance stable pendant vingt, trente, quarante, cinquante ans, on construit ainsi une carrière d’investisseur couronnée de succès. »
Voilà mes pensées partagées avec vous. Puissions-nous tous remporter notre propre victoire dans ce jeu.
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