
Fort Knox numérique : la stratégie du bunker présidentiel verrouillant 190 000 bitcoins
TechFlow SélectionTechFlow Sélection

Fort Knox numérique : la stratégie du bunker présidentiel verrouillant 190 000 bitcoins
Ce n'est jamais la monnaie cryptographique qui est réellement mise en vente, mais bien l'hégémonie du X pour les cinquante prochaines années.
Rédaction : Daii
Alors que la communauté mondiale des cryptomonnaies retenait son souffle en attendant un signal favorable du sommet à la Maison Blanche, un simple décret exécutif rendu public le 6 mars au soir (heure de Washington) a fait s'effondrer la capitalisation du bitcoin de 3,5 % en 24 heures.
Le gouvernement Trump a annoncé fièrement sceller 198 109 bitcoins – environ 17,8 milliards de dollars au cours actuel – dans une réserve stratégique baptisée « Fort Knox numérique », faisant directement référence au coffre-fort ultime des réserves d'or américaines, suggérant ainsi que le bitcoin deviendrait le « or numérique » soutenant la crédibilité du dollar. Pourtant, la réalité froide du marché, qui vote avec ses pieds, contraste vivement avec la vision proclamée de « or numérique » :
Le blocage de 17,8 milliards de dollars de bitcoins a entraîné une contraction de plus de 6 milliards de dollars de la capitalisation totale du bitcoin.
Le marché est morose et fragile, attendant désespérément une bonne nouvelle. Mais quand celle-ci arrive, il ne la juge pas suffisante et baisse malgré tout. Quoi qu'on pense du gouvernement Trump sur la question ukrainienne, cette fois, c'est bien lui qui a été trahi par le marché.

La déception du marché provient principalement de l'échec de l'attente d'un achat massif de bitcoins par le gouvernement. De nombreux investisseurs, en particulier les nouveaux venus dans le marché des cryptomonnaies, pourraient être perplexes : pourquoi le marché semble-t-il « ne pas suivre » alors que le gouvernement américain annonce si officiellement détenir une « réserve stratégique » de bitcoin ? S'agit-il simplement d'une opération médiatique bruyante mais peu concrète ?
Pas du tout. La sous-estimation du marché face à cette initiative n'est pas fortuite, mais le résultat combiné de biais cognitifs et d'asymétries informationnelles.
En termes simples, l'aveuglement à court terme du marché et son ignorance des outils techniques spécialisés ont conjointement causé cette perte de 6 milliards de dollars pour le bitcoin.
En réalité, tant sur le plan stratégique que tactique, le décret établissant une réserve stratégique de bitcoin constitue un événement historique, bien plus significatif que le geste sans vergogne du couple présidentiel lançant une memecoin. En langage plus académique, il s'agit d'un « positionnement institutionnel » extrêmement important. C’est précisément ce message clé que je souhaite vous transmettre aujourd’hui.
Examinons cela point par point.
1. L’illusion du marché à court terme
Dans les marchés financiers, en particulier ceux aussi volatils que celui du bitcoin, les comportements spéculatifs et les transactions à très court terme dominent souvent. Les investisseurs se concentrent davantage sur les fluctuations immédiates des prix et sur les « sujets chauds » permettant des gains rapides.
Par exemple, 56 % des parts des ETF bitcoin sont détenues par des fonds spéculatifs. Dès que les stratégies d'arbitrage cessent d'être rentables, ils vendent. La récente chute du bitcoin s'explique également par ce phénomène. Si ce sujet vous intéresse, je vous recommande la lecture de l'article « Bitcoin tombe sous 90 000 : parce que l'argent intelligent fuit ? ».
Ainsi, lorsque le gouvernement américain a annoncé la création d'une réserve stratégique de bitcoin, le marché s'attendait à une envolée immédiate du prix. Or, comme le décret ne mentionnait aucun plan d'achat immédiat, les traders à court terme n'ont vu aucune « bonne nouvelle » stimulante, et l'enthousiasme du marché ne s'est pas allumé.
Le marché ressemble à un papillon de nuit fixant une flamme, attiré par les mouvements de prix à court terme, ignorant complètement l’échiquier stratégique derrière. Le fait que le gouvernement américain définisse le bitcoin comme une « réserve stratégique » n’est pas une simple posture symbolique, mais une confirmation ultime du statut du bitcoin en tant qu’« or numérique ». La valeur de cette reconnaissance, ainsi que son impact profond sur l’avenir du marché du bitcoin, dépasse largement ce que peuvent refléter les fluctuations de prix à court terme.

Matt Hougan, Chief Investment Officer chez Bitwise, affirme que cela est extrêmement positif pour le bitcoin à long terme. Il souligne que la réserve stratégique de bitcoin va :
réduire considérablement la probabilité que le gouvernement américain interdise un jour le bitcoin ;
accroître la probabilité que d'autres pays créent leurs propres réserves stratégiques de bitcoin ;
accélérer la prise en compte par d'autres pays de la création d’une réserve stratégique, car cela leur ouvre une fenêtre temporelle limitée pour devancer les achats potentiels supplémentaires des États-Unis.
De plus, cette mesure risque de faire taire beaucoup de critiques. À partir de maintenant, il sera difficile pour des institutions quasi-gouvernementales comme le FMI de continuer à qualifier le bitcoin d’actif dangereux ou inapproprié à détenir.
Par conséquent, bien que le marché n’ait pas réagi positivement à court terme, cette politique pourrait avoir un impact profond et durable sur le marché du bitcoin. Les investisseurs doivent sortir de la myopie des jeux à court terme et porter leur attention sur la signification stratégique à long terme de cette décision.
2. La barrière cognitive liée aux « outils professionnels »
La création par le gouvernement américain d’une réserve stratégique de bitcoin n’est pas un caprice passager, mais une mesure stratégique soigneusement réfléchie. Pour y parvenir, il utilise habilement certains instruments politiques spécialisés.
Cette fois, dans la « boîte à outils » du gouvernement américain, outre le principe explicitement mentionné de « neutralité budgétaire », on peut trouver des éléments comme le Fonds ESF (Exchange Stabilization Fund) ou encore une éventuelle modification de la loi sur les réserves d'or. Bien que le décret exécutif ne mentionne peut-être pas directement ces termes techniques, comprendre leurs mécanismes est essentiel pour saisir la véritable stratégie du gouvernement.
2.1 « Neutralité budgétaire » : pas d’achat ?
Le décret insiste clairement sur le fait que toute stratégie d’acquisition de bitcoins supplémentaires doit être « neutre sur le plan budgétaire », c’est-à-dire « ne pas augmenter le coût pour les contribuables américains ». Cette phrase, entendue rapidement, semble limiter la capacité du gouvernement à acheter des bitcoins, et pourrait expliquer en partie la déception du marché — si l’on ne dépense rien, combien peut-on vraiment acheter ?
Mais la « neutralité budgétaire » signifie-t-elle vraiment « ne pas acheter » ?
La réponse est clairement non. La « neutralité budgétaire » ressemble davantage à une stratégie de « rentrées compensant les sorties », ou, plus crûment, à une forme sophistiquée de « profit sans effort ». Cela signifie que le gouvernement peut accumuler des bitcoins sans puiser directement dans le budget des contribuables, en utilisant d’autres voies.
Où réside donc la « magie » du gouvernement ? C’est ici qu’intervient le Fonds ESF, véritable « arme secrète ».
2.2 Le Fonds ESF : le « couteau suisse » du Trésor américain
Le Fonds ESF (Exchange Stabilization Fund) est un compte spécial relevant du Département du Trésor américain. Créé initialement pour stabiliser le taux de change du dollar, son rôle a largement évolué avec le temps, devenant un instrument politique puissant, flexible et doté d’un large champ d’action.
Flexibilité des sources de financement : Le Fonds ESF tire principalement ses ressources des revenus générés par les actifs en dollars, notamment les retours sur investissement des réserves de change. Cela signifie que le gouvernement peut vendre une partie de ses réserves de change (par exemple, des euros ou des yens), transférer les recettes au Fonds ESF, puis utiliser ces fonds pour acheter des bitcoins. Ainsi, l’argent utilisé pour acheter des bitcoins ne provient pas directement du budget des contribuables, respectant ainsi la règle de « neutralité budgétaire ».
Autonomie élevée dans les décisions d’utilisation : L'utilisation du Fonds ESF relève largement de la seule discrétion du Secrétaire au Trésor, sans nécessiter l’approbation laborieuse du Congrès. Cette grande autonomie offre au gouvernement une flexibilité et une discrétion maximales. Il peut ajuster la taille de sa réserve de bitcoins selon les conditions du marché et les besoins stratégiques, sans avoir à divulguer publiquement les détails.
Précédents historiques marquants : Le Fonds ESF n’en est pas à son coup d’essai. Dans le passé, il a joué un rôle crucial en plusieurs occasions :
Crise financière mexicaine de 1994 : Le Fonds ESF a permis d’accorder un prêt d’urgence au Mexique pour stabiliser le peso et éviter la propagation de la crise.
Crise des subprimes et pandémie de Covid-19 : Le Fonds a également été mobilisé pour soutenir la liquidité des marchés financiers et calmer les tensions.
Ces exemples montrent que le Fonds ESF est un outil politique puissant et polyvalent. Il est tout à fait plausible que le gouvernement américain l’utilise, dans le cadre de la « neutralité budgétaire », pour accumuler discrètement et progressivement une réserve stratégique de bitcoins.
2.3 La Loi sur les réserves d'or : offrir un « cadre juridique » à la réserve de bitcoins
Tout d’abord, si vous considérez l’appellation de « or numérique » comme une simple métaphore dans le décret, vous faites une grave erreur. Car la présence de la « Loi sur les réserves d'or » signifie que « or numérique » pourrait devenir un « pont politique », permettant au gouvernement, à l’avenir, de gérer le bitcoin comme il gère l’or.
La « Loi sur les réserves d'or », comme son nom l’indique, était à l’origine une loi régissant la gestion des réserves d’or américaines. Elle attribue clairement au Trésor le pouvoir de conserver et de disposer de l’or, et autorise l’intervention via le Fonds ESF sur les marchés des changes.
Fournir un cadre juridique aux réserves stratégiques : La modification envisagée de la « Loi sur les réserves d'or » est cruciale, car elle offre un cadre légal solide à la création et à la gestion d’une « réserve d’actifs stratégiques ». Bien que cette loi concernait initialement l’or, l’interprétation et la portée des textes juridiques sont souples. Si le gouvernement souhaite inclure le bitcoin dans la catégorie des « actifs stratégiques », une modification de cette loi pourrait servir de base légale solide.
L’analogie entre « or numérique » et « réserve d’or » : Le fait de qualifier le bitcoin de « or numérique » dans le décret n’est pas une simple comparaison rhétorique. Ce positionnement établit une analogie directe entre le bitcoin et la traditionnelle « réserve d’or », suggérant fortement que le gouvernement pourrait adopter une gestion similaire. Or, la « Loi sur les réserves d'or » est justement la pierre angulaire réglementant cette dernière.
La « souplesse » de l’interprétation juridique : La vie du droit réside dans son interprétation. Le système juridique américain possède une certaine « souplesse ». L’interprétation de la « Loi sur les réserves d'or » pourrait donc évoluer avec les progrès technologiques. Si le gouvernement souhaite légitimer et institutionnaliser la réserve de bitcoins, le monde juridique pourrait tout à fait fournir une interprétation favorable, consolidant ainsi sa position stratégique.
2.4 Synthèse
Grâce au principe de « neutralité budgétaire », et en utilisant des « outils professionnels » tels que le Fonds ESF et la « Loi sur les réserves d'or », le gouvernement américain cherche à s’imposer silencieusement sur le « or numérique », visant à conquérir le point stratégique clé du « dollar cryptographique », sans alerter le Congrès ni provoquer de controverses.
Cependant, en raison de la complexité du système juridique américain, si les tribunaux concluent que le mot « or » dans les lois existantes désigne uniquement des actifs tangibles, étendre directement cette définition au bitcoin pourrait dépasser les limites de l’interprétation juridique. Dans ce cas, un simple décret exécutif pourrait faire face à des défis judiciaires, et une autorisation explicite du Congrès serait nécessaire.
Il existe toutefois une autre voie possible. Selon la « Loi sur les réserves de matériaux stratégiques et essentiels », le bitcoin pourrait être classé comme un « actif non souverain servant de couverture contre les risques macroéconomiques », ce qui pourrait également nécessiter une autorisation du Congrès.
Compte tenu de la majorité républicaine actuelle au Sénat et à la Chambre des représentants, l’obtention d’une telle autorisation ne serait pas aussi difficile qu’on pourrait le penser. La question centrale est : quelle est la priorité accordée à cette réserve stratégique de bitcoins par le gouvernement actuel ? Est-ce un objectif suffisamment important pour justifier tous ces efforts ?
Si l’équipe Trump perçoit là une opportunité historique, comparable après le « dollar-or » et le « dollar-pétrole », de réaffirmer l’hégémonie du dollar, alors cette réserve stratégique de bitcoins constitue une réussite remarquable de « positionnement institutionnel », pleinement justifiée par un investissement massif.

3. Positionnement institutionnel : une lutte stratégique pour la domination monétaire future
Après avoir compris pourquoi le marché sous-estime la valeur de la réserve stratégique de bitcoin, examinons maintenant, d’un point de vue plus global et plus long terme, la véritable portée stratégique de cette action du gouvernement américain.
3.1 Qu’est-ce que le « positionnement institutionnel » ?
Le « positionnement institutionnel » (Institutional Positioning) consiste, en termes simples, à occuper préventivement une place dans le cadre institutionnel afin de bénéficier d’une position avantageuse dans l’avenir, contrôlant ainsi la formulation des règles et la parole.
Imaginez le « positionnement institutionnel » comme une partie d’échecs. Un bon joueur ne se concentre pas seulement sur la capture immédiate des pièces adverses, mais anticipe en occupant des positions clés de l’échiquier, construisant une configuration favorable, prenant ainsi l’initiative dans la partie entière et finissant par gagner.
La compétition entre nations, en particulier dans les domaines émergents et stratégiques, ressemble souvent à une telle lutte de « positionnement institutionnel ». Celui qui parvient à réaliser une implantation institutionnelle précoce dans un nouveau domaine ou une nouvelle course prend l’avantage stratégique initial, voire acquiert le pouvoir de définir les règles.
Le cœur du positionnement institutionnel repose sur deux piliers : « prendre les devants » et « fixer les normes ».
Prendre les devants : Au début du développement d’un domaine émergent, les règles et institutions sont souvent incomplètes, laissant un grand « vide institutionnel ». Le pays qui s’implante institutionnellement en premier occupe la voie de développement, pose les bases de son propre avenir, et peut distancer ses concurrents.
Fixer les normes : Les institutions contiennent en elles-mêmes des normes et des règles. Celui qui domine la construction institutionnelle peut largement définir les futures normes industrielles et les règles de concurrence. Dans la compétition mondiale, maîtriser la définition des normes équivaut souvent à tenir les rênes de l’initiative stratégique.
3.2 Réserve stratégique de bitcoin : le « positionnement institutionnel » de l’Amérique dans sa stratégie du « dollar cryptographique »
La création par les États-Unis d’une « réserve stratégique de bitcoin » est précisément une manœuvre clé de « positionnement institutionnel » dans le domaine des monnaies numériques et, plus largement, dans le futur système monétaire mondial. Son intention stratégique et sa méthode sont d’une finesse remarquable, à trois effets simultanés :
Positionnement juridique : En utilisant un décret exécutif plutôt qu’un processus législatif, le gouvernement américain ancre astucieusement le bitcoin comme un « actif stratégique », établissant ainsi son statut juridique au niveau national. Ce « positionnement juridique » jette les bases de la conformité et de l’institutionnalisation futures du bitcoin dans le système financier américain, et sert de modèle aux autres gouvernements.
Positionnement de la parole : En qualifiant le bitcoin de « or numérique » et en l’intégrant à la « réserve stratégique », le gouvernement américain s’empare de la parole mondiale sur les « actifs cryptographiques ». Grâce à ce « parrainage officiel », il renforce la légitimité et l’autorité du bitcoin, pouvant même influencer globalement la perception de la valeur et les standards de classification des cryptos, et ainsi s’approprier le pouvoir de fixation des règles dans cette course.
Positionnement opérationnel : Grâce au principe de « neutralité budgétaire » et à l’utilisation du Fonds ESF, le gouvernement a aussi accompli un « positionnement institutionnel » au niveau opérationnel. Le principe de « neutralité budgétaire » permet non seulement de réduire les obstacles politiques, mais aussi de prévoir une interface institutionnelle pour une augmentation future flexible de la réserve ; quant à l’utilisation du Fonds ESF, elle offre un espace d’action et une garantie institutionnelle pour accumuler discrètement et continuellement des bitcoins.
On peut dire que la création d’une « réserve stratégique de bitcoin » par les États-Unis va bien au-delà de la simple détention de quelques bitcoins : c’est une manœuvre « réfléchie et soigneusement planifiée » de « positionnement institutionnel ». Son objectif stratégique ne se limite pas à la « couverture contre les risques » ou au « stockage de valeur », mais vise les transformations futures du système monétaire mondial, construisant la stratégie du « dollar cryptographique » et disputant la « domination » à l’ère des monnaies numériques. J’ai approfondi ces thèmes dans « L’hégémonie du dollar 3.0 : la supercherie "décentralisée" de Trump ».
3.3 Retour sur l’histoire : des cas réussis de positionnement institutionnel
Pour mieux comprendre la valeur stratégique et l’impact profond du « positionnement institutionnel », examinons quelques cas historiques emblématiques dont les enseignements restent précieux.
Exemple 1 : Le positionnement progressif de la Réserve fédérale américaine (1913-1933)

Une position initialement « faible », en réalité une « embuscade stratégique » : Créée en 1913, la Réserve fédérale était initialement conçue comme une « plateforme de compensation interbancaire », avec des pouvoirs strictement limités, évitant même délibérément tout contrôle monétaire direct. Cette position « faible » semblait alors limiter son avenir. Mais vue sous l’angle du « positionnement institutionnel », c’était en réalité une « embuscade stratégique », préparant le terrain à une expansion future de ses pouvoirs et à une évolution institutionnelle progressive.
Saisir l’opportunité critique lors d’une crise : En 1932, alors que l’économie américaine était plongée dans la Grande Dépression, la clause 13(3) de la Loi sur la Réserve fédérale a été activée, autorisant la Fed à accorder du crédit à des institutions non bancaires « en cas d’urgence exceptionnelle ». Cette disposition, mineure en apparence, est devenue la « brèche institutionnelle » permettant à la Fed d’étendre son pouvoir. Elle a su exploiter ce moment de crise pour un « positionnement institutionnel » décisif, posant les bases de son ascension future.
Expansion progressive du pouvoir, jusqu’à devenir la « banque centrale des banques centrales » : Grâce à la clause 13(3) et à une série d’évolutions institutionnelles subséquentes, la Réserve fédérale est passée progressivement d’une simple plateforme « faible » à un nœud central contrôlant la politique monétaire mondiale, devenant effectivement la « banque centrale des banques centrales ». L’ascension de la Fed nous enseigne que la valeur du « positionnement institutionnel » ne se révèle pleinement qu’avec le temps.
Exemple 2 : Le positionnement imbriqué du système « dollar-pétrole » (1974)

L’accord « dollar-pétrole », évitant un affrontement direct avec le « standard-or » : Après la crise pétrolière de 1973, les États-Unis conclurent un accord secret avec l’Arabie Saoudite stipulant que toutes les transactions pétrolières devaient être effectuées en dollars. Apparemment, cet accord ne semblait être qu’une simple « transaction commerciale », sans lien avec un « positionnement institutionnel ». Pourtant, à une altitude stratégique, il s’agissait d’un « positionnement imbriqué » extrêmement habile. Les États-Unis choisirent astucieusement le « pétrole » comme levier, optant pour une stratégie indirecte, liant profondément le dollar au pouvoir de fixation des prix des matières premières mondiales, plutôt que d’affronter directement le toujours puissant « standard-or », évitant ainsi un conflit ouvert tout en atteignant un objectif stratégique plus profond.
Lier la fixation des prix des marchandises au dollar, posant la pierre angulaire de l’« hégémonie du dollar » : L’accord « dollar-pétrole » n’a pas seulement élevé le statut du dollar dans les transactions pétrolières, mais surtout, en reliant le dollar au « nerf vital » de l’économie mondiale – l’énergie – via le pouvoir de fixation des prix, il a jeté les bases institutionnelles de l’« hégémonie mondiale » du dollar pour les 50 années suivantes. Même après l’effondrement du « standard-or », le dollar est resté la première monnaie de réserve mondiale, grâce incontestablement au système « dollar-pétrole ». La sagesse stratégique du « positionnement imbriqué » s’illustre parfaitement ici.
3.4 Conclusion : positionnement institutionnel, en attente d’une réévaluation de la valeur
L’histoire nous enseigne que la valeur du « positionnement institutionnel » nécessite du temps pour se révéler, et demande patience stratégique et vision à long terme pour être pleinement comprise. La réserve stratégique américaine de bitcoin se trouve peut-être encore dans sa phase de « latence institutionnelle », où sa véritable valeur stratégique n’a pas encore été pleinement perçue ni intégrée par le marché.
Mais on peut prévoir qu’une fois que l’intention stratégique du « positionnement institutionnel » sera largement comprise par le marché, et que les dividendes institutionnels commenceront à se manifester, la réévaluation de la valeur du bitcoin connaîtra une croissance explosive.
Conclusion : L’algorithme défie la presse à billets, le code reconstruit Bretton Woods
La création de la réserve stratégique américaine de bitcoin n’est en aucun cas un simple jeu de réaffectation d’actifs, mais une « frappe descendante » de la civilisation numérique contre l’ordre monétaire traditionnel. Quand la signature de Trump est tombée, nous avons assisté non seulement au « verrouillage » de 200 000 bitcoins, mais aussi à un putsch financier silencieux – l’algorithme commence à disputer au système de création monétaire le droit de définir le système monétaire mondial.
L’histoire résonne toujours : en 1971, Nixon ferma la fenêtre de conversion en or, libérant le dollar de ses chaînes, inaugurant l’ère de l’hégémonie des monnaies fiduciaires ; en 2025, Trump intègre le bitcoin aux réserves nationales, injectant en réalité un « gène numérique » dans l’hégémonie du dollar, tentant de reproduire dans le monde du code la logique de domination du « dollar-pétrole ». La finesse de cette stratégie du « dollar cryptographique » réside dans le fait qu’elle reconnaît le crépuscule du système monétaire centralisé, tout en cherchant à prolonger cet hégémonie grâce à la technologie décentralisée.
La réaction myope du marché ressemble aux banquiers de la conférence de Bretton Woods en 1944 critiquant le droit de tirage spécial (DTS) : ils ne voyaient que le taux de change or-dollar, ignorant que le positionnement institutionnel allait redéfinir les règles financières pendant un demi-siècle. Aujourd’hui, le code algorithmique du bitcoin écrit une nouvelle constitution monétaire : quand la machine d’État commence à accumuler des actifs inviolables, c’est en réalité pour préinstaller un « module de secours » face à la crise ultime de la monnaie souveraine. Si vous souhaitez aussi votre propre capsule de survie, je propose deux tutoriels sans prérequis : comment acheter du bitcoin, et comment envoyer du bitcoin vers un portefeuille froid. Cela devrait suffire.
La guerre monétaire future ne se jouera peut-être pas sur la taille du bilan de la banque centrale, mais sur la capacité à intégrer l’« or numérique » dans un enchevêtrement stratégique plus élaboré. Tout comme le dollar-pétrole a transformé le pétrole noir en médium de crédit, le dollar cryptographique tente de convertir les hachages en levier de pouvoir. L’issue finale de ce jeu pourrait confirmer la prédiction de Hayek : « La dénationalisation de la monnaie enterrera enfin le fantôme du keynésianisme » – sauf que cette fois, ce ne sont pas seulement les marchés libres qui brandissent la pioche, mais aussi des États souverains éveillés.
Quand la Maison Blanche dépose le bitcoin dans le « Fort Knox numérique », ce n’est pas seulement le cliquetis discret du chiffrement d’un portefeuille froid, mais aussi le craquement des fondations de l’ancien ordre financier. L’algorithme dispute désormais au système de création monétaire le droit de définir la monnaie. Le futur « dollar » sera peut-être façonné par du code et des hachages.
Qui deviendra le prochain « dollar » ?
La réponse se cache peut-être dans la déclaration de Sax : « Nous ne vendrons pas ces bitcoins » – car ce qui est véritablement mis en vente, ce n’est jamais les cryptomonnaies, mais les cinquante prochaines années de l’hégémonie du X-dollar.
Pour l’instant, ce n’est que le « dollar » qui a légèrement plus de chances de gagner.
Bienvenue dans la communauté officielle TechFlow
Groupe Telegram :https://t.me/TechFlowDaily
Compte Twitter officiel :https://x.com/TechFlowPost
Compte Twitter anglais :https://x.com/BlockFlow_News














