
Worldcoin change de nom pour se sauver, le WLD sans véritable utilité, la nouvelle chaîne finit en spectacle de mème
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Worldcoin change de nom pour se sauver, le WLD sans véritable utilité, la nouvelle chaîne finit en spectacle de mème
Worldcoin change de nom pour World : s'éloignerait-il progressivement de la cryptomonnaie ?
Rédaction : Tuoluo Finance

Le 18 octobre, Worldcoin, longtemps resté silencieux, a enfin fait vibrer le marché.
Lors d'une diffusion en direct, ses deux fondateurs, Alex Blania et Sam Altman, ont annoncé une mise à jour majeure : le projet change officiellement de nom pour devenir World Network, sa blockchain World Chain est lancée en mainnet, accompagnée de mises à jour globales incluant ORB 2.0, World ID 3.0 et World App 3.0.
Une volonté évidente de repositionnement de marque. Pourtant, il y a seulement trois mois, Worldcoin avait été critiqué pour l'inflation du jeton WLD ainsi que des pratiques frauduleuses de wash trading. Cette mise à jour peut donc être vue comme une tentative de sauvetage. Même Sam Altman, souvent absent depuis son rôle fondateur chez OpenAI, est revenu en première ligne pour promouvoir le projet.
Pourtant, malgré la notoriété de ses dirigeants, le marché ne semble guère convaincu : après le lancement de World Chain, le prix du WLD a chuté de 10 %. Quant à World Chain, elle est inévitablement devenue un nouveau terrain de jeu pour les MEME coins.
Lors de cette annonce du 18 octobre, l'équipe fondatrice a présenté la nouvelle stratégie de Worldcoin. Contrairement aux précédentes priorités centrées sur World ID, WLD et World App, cette mise à jour met désormais en avant World Chain, reléguant légèrement l'application dans l'ordre des priorités. L'idée d'un revenu universel de base (UBI) est désormais moins mise en avant, tandis que le projet revient à son cœur de métier initial : l'authentification de l'identité humaine. À l’avenir, World Chain, World ID et WLD formeront les trois piliers du réseau, visant à créer un écosystème composé uniquement d'humains réels et vérifiés.
La nouveauté la plus marquante reste sans conteste World Chain. Après près de six mois d'attente, cette chaîne Layer2 basée sur OP Stack est officiellement lancée, intégrant désormais World ID. Comparée aux autres blockchains publiques, World Chain se distingue par plusieurs caractéristiques : tout d’abord, les transactions sans frais de gaz (gasless), financés par la fondation pour tous les utilisateurs ayant scanné leurs iris via l’appareil Orb. Ensuite, un système innovant d’espace de blocs privilégié destiné à réduire les risques d’attaques MEV.
L’appareil Orb, longtemps critiqué, passe à la version 2.0. Les nouveaux Orbs devraient être disponibles au printemps 2025. Leur conception simplifiée réduit de 30 % le nombre de composants, abaissant ainsi leur coût. Équipés du module NVIDIA Jetson, ils sont trois fois plus rapides que la version précédente. Autre point fort : le dispositif relance son objectif ambitieux d’un milliard d’utilisateurs, en étendant sa portée mondiale grâce à un partenariat avec Rappi, leader sud-américain de la livraison, permettant désormais des rendez-vous à domicile pour la vérification par Orb, élargissant considérablement les canaux d’accès.
Côté application, les changements sont également significatifs. Au-delà de son ancienne fonction de simple portefeuille, World App introduit désormais les Mini Apps, permettant à des applications tierces de s’exécuter directement dans l’app, tout en intégrant de manière anonyme l’identité World ID, le portefeuille et les contacts de l’utilisateur. Cela ajoute des fonctionnalités sociales, de consommation légère et de jeux occasionnels. Cette approche s’inspire clairement des mini-applications populaires sur Telegram. Toutefois, là où Telegram regorge de robots non identifiés, World App pourrait tirer son épingle du jeu en misant sur l’authenticité humaine de ses utilisateurs.
Toutes ces fonctionnalités peuvent intégrer World ID. Avec cette version 3.0, afin d’accélérer l’adoption, le projet introduit désormais le « certificat World ID », permettant aux utilisateurs de s’authentifier via des documents physiques ou des puces NFC, comme un passeport. Ces données sont stockées localement (edge storage) pour préserver la vie privée. Jusqu’alors, seule la validation par iris était acceptée, et les utilisateurs non vérifiés ne pouvaient pas recevoir de WLD. La version 3.0 intègre aussi World ID Deep Face, capable de détecter les deepfakes lors de vidéos ou de discussions.
Dans l’ensemble, cette mise à jour constitue indéniablement un recentrage stratégique complet. Elle réaffirme clairement la mission principale du projet : l’identification humaine authentique, revenant ainsi à son objectif initial de contrer les menaces liées à l’intelligence artificielle. Les modifications apportées aux différents composants tiennent compte de la viralité et de la croissance, tandis que l’ajout d’une blockchain pourrait servir à valoriser davantage le jeton WLD. De ce point de vue, le modèle économique de World semble progressivement mûrir.
Malgré ces annonces positives et la rare apparition des fondateurs, la réaction du marché reste décevante.
Le prix du WLD a fortement fluctué autour de l’événement, passant de 2,08 $ le 17 octobre à 2,53 $ le 19 octobre, mais a ensuite chuté de 10 % après le lancement effectif de la mainnet. En comparaison, Uniswap, qui a également lancé sa propre chaîne Layer2 (Unichain), a vu le prix de son jeton UNI grimper de 15 % en une journée.

La raison principale ? L’absence criante de valorisation concrète pour le jeton WLD. Dès le 30 septembre, lorsque Worldcoin a publié un teaser intitulé « Building AI on human terms takes all of us », la mention d’« IA » dans le titre a suscité des spéculations sur une potentielle collaboration entre Worldcoin et OpenAI. Beaucoup pensaient que l’apparition de World Chain offrirait enfin des cas d’usage concrets au WLD. Selon le blog officiel de l’équipe, au 17 octobre 2024, 15 millions de détenteurs de World ID et utilisateurs de World App avaient migré ou étaient en cours de migration vers World Chain. Tant du point de vue externe qu’interne, le WLD semblait donc promis à un avenir brillant.
Mais pendant toute la présentation, l’utilité réelle du WLD n’a pas été précisée. On a simplement mentionné que les utilisateurs vérifiés sur World Chain recevraient des airdrops de WLD, sans insister sur le rôle central du jeton dans l’écosystème. D'autres points, comme la possibilité pour les utilisateurs vérifiés par passeport physique d’obtenir des WLD même sans validation complète via Orb, ont été abordés de façon très superficielle. Ces mesures sont loin des attentes du marché, qui espérait une redistribution directe des revenus du protocole aux détenteurs de jetons. Même comparé aux incitations indirectes habituelles sur les blockchains, cela reste clairement insuffisant.
Dans ce contexte, le marché adopte une attitude prudente vis-à-vis du WLD. Une fois les bonnes nouvelles annoncées, la vente rapide devient la norme, surtout parmi les market makers. Selon l’analyse on-chain de Coinwire, plusieurs sociétés de liquidité ont réalisé des prises de profit à court terme. GSR MARKET a déposé 3 millions de dollars de WLD sur Binance et les a rapidement vendus durant la hausse. Ce jour-là, Binance a transféré 16 millions de dollars de WLD vers un wallet froid, tandis qu’Amber retirait plus de 5 millions de dollars de WLD sur Binance, les divisant en deux sous-portefeuilles pour éviter d’être tracée. Face à cela, les accusations de manipulation des prix ont resurgi.
En réalité, ce n’est pas la première fois que WLD est au cœur d’un tel scandale. En juillet dernier, DeFi Squared avait publié un long post sur X affirmant que l’équipe WLD manipulait les prix en modifiant la quantité émise, en ajustant les contrats des market makers, et en publiant des annonces juste avant des déblocages massifs. Selon eux, chaque bonne nouvelle permettait à des membres de l’équipe ou à des investisseurs institutionnels d’exploiter des informations privilégiées pour trader en avance. L’enquêteur blockchain ZachXBT avait appuyé ces accusations.
Avec un tel passé, il n’est guère étonnant que le prix peine à s’envoler. Et la nouvelle chaîne, dotée de 15 millions d’utilisateurs, World Chain, devient inévitablement un terrain de jeu typique du monde crypto, dominé par les tokens spéculatifs.
Le premier jeton de la chaîne, baptisé ORB — homonyme de l’appareil de scan d’iris — possède un statut quasi officiel. Les utilisateurs peuvent en obtenir 1 000 unités via l’application World après avoir été validés. Toutefois, ce jeton n’est pas encore disponible sur les marchés.
Hormis les jetons officiels, les MEME coins ne manquent pas. Dès le lancement de World Chain, chats, chiens, lapins et grenouilles se sont succédé en une parade carnavalesque, faisant ressurgir la célèbre « saison des animaux ». Le token FROGE (grenouille) a notamment bondi de 1600 % en 24 heures, devenant le plus fort gain de la journée. Ce boom des MEME coins a entraîné une hausse massive du volume de transactions : selon les données, World Chain a dépassé 70 millions de dollars de volume en 24 heures le jour du lancement.
En somme, pour une chaîne neuve et encore dépourvue d'applications matures, l’émergence des MEME coins était presque inévitable. Ce n’est pas forcément négatif : l’impact positif des MEME sur l’activité d’une blockchain a déjà été prouvé maintes fois, Solana étant un exemple emblématique. Mais à long terme, World Chain ne peut pas se contenter de reposer uniquement sur les MEME. Comparée à d’autres solutions Layer2, elle ne présente aucune percée technologique majeure, ni d’avantage décisif côté utilisateur, ce qui affaiblit sa capacité à attirer des développeurs.
Bien sûr, dans sa conception globale, cette chaîne n’est qu’une extension de l’écosystème World. Pour l’instant, elle insiste surtout sur l’intégration avec World ID. Sa création découle d’une anticipation stratégique : les transactions des utilisateurs Worldcoin représentaient déjà 44 % du trafic sur OP Mainnet. Cependant, force est de constater que, pour l’heure, l’attrait de la nouvelle chaîne dépend entièrement du développement de l’écosystème World. Les capitaux extérieurs adoptent une posture d’observation prudente, testant le terrain sans s’engager pleinement.
Revenons à l’écosystème World. Selon les données officielles, World ID couvre aujourd’hui 160 pays/régions, avec plus de 7,01 millions de personnes vérifiées, 848 appareils Orb actifs, et un volume quotidien de transactions dans les portefeuilles dépassant 290 000. Pour un projet dans la course à l’identité numérique, ces chiffres restent acceptables, même s’ils sont loin des ambitions initiales des fondateurs.

Mais en termes de croissance, le tableau est moins flatteur. En prenant l’exemple du nombre de vérifications, l’ajout net en trois mois est inférieur à un million, soit environ 333 300 par mois. Pour atteindre l’objectif réaffirmé lors de la conférence — un milliard d’utilisateurs — il faudrait encore… 248 ans. Sans compter que les risques réglementaires autour de l’appareil Orb augmentent. Celui-ci est déjà interdit en Espagne et au Portugal, et fait l’objet d’enquêtes en Argentine et au Royaume-Uni.
Face à tout cela, cette mise à jour majeure prend une saveur clairement salvatrice. Depuis son lancement en juillet 2023, Worldcoin n’a connu qu’un bref éclat. Malgré des financements colossaux, le projet a vite perdu de sa superbe : mauvaise performance du jeton, problèmes réglementaires constants, stagnation de la croissance. Dans ce contexte, l’équipe fondatrice doit impérativement trouver de nouvelles voies de développement. Ainsi, cette mise à jour met fortement l’accent sur la croissance : abandon partiel de la validation exclusive par Orb, reconnaissance via documents physiques, ajout de fonctionnalités sociales dans l’app pour renforcer la fidélité, réduction des coûts et amélioration de l’efficacité d’Orb, et surtout, un modèle de distribution à la demande qui vise clairement à accélérer l’acquisition d’utilisateurs. L’expansion mondiale devient la voie directe.
Mais si l’on espère sauver le projet de cette situation critique, la réaction du marché montre que les obstacles restent immenses. À ce jour, l’écosystème World n’a toujours pas de modèle économique clair. Que ce soit la fondation, les market makers ou les investisseurs externes, tous dépendent du WLD pour monétiser. Pourtant, lors de cette mise à jour, on continue de ne pas donner de véritable utilité au jeton. Tant que ce problème fondamental ne sera pas résolu, l’avenir du jeton est facile à prévoir.
Pour l’instant, WLD reste un satellite du secteur crypto-IA, un accessoire du récit marketing de Sam Altman, flottant au gré des tendances. Curieusement, Worldcoin devient World Network : le mot « coin » disparaît. Officiellement, c’est parce que l’ancien nom « Worldcoin » ne reflète plus la mission du projet — accélérer le rôle des humains dans un futur dominé par l’IA. Mais cette disparition ne résonne-t-elle pas étrangement avec le sort du WLD lui-même ? Peut-être que la réponse viendra bientôt.
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