
Fondateur d'Acheron Trading : 78,5 % des méthodes de création de marché perturbent le marché
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Fondateur d'Acheron Trading : 78,5 % des méthodes de création de marché perturbent le marché
Il est temps d'élever les standards, d'éliminer les market makers « parasitaires » et de faire en sorte que les teneurs de marché jouent un rôle clé dans la découverte des prix.
Auteur : Wesley Pryor, fondateur d'Acheron Trading
Traduction : Chris, Techub News
Beaucoup se demandent si chaque cryptomonnaie est une escroquerie de type « pump and dump ». Presque chaque fois qu’un utilisateur voit un jeton listé sur une bourse, le même phénomène se produit : le prix monte brusquement à un niveau insoutenable, puis s’effondre rapidement, laissant les participants avec des jetons dépréciés.
Qui est responsable de ce phénomène ? Les market makers, ces sociétés embauchées par les projets de cryptomonnaie pour gérer les jetons (ou la liquidité) utilisés lors du trading sur les bourses.
Le premier listing des cryptomonnaies
Les actifs numériques passent du marché privé au marché public via un premier listing, similaire à une introduction en bourse (IPO) dans les marchés traditionnels. Toutefois, une différence majeure existe : les émetteurs d’actifs numériques fixent intentionnellement un prix d’ouverture bas, entraînant une performance bien supérieure dès le premier jour comparé aux marchés traditionnels.
Dans les marchés traditionnels, les investisseurs passifs détiennent principalement les actions. En revanche, les jetons sont idéalement détenus par des participants actifs. Le succès d’un marché de jetons dépend de la qualité de ses détenteurs. Contrairement aux IPO où les banques d’investissement fixent le prix d’émission, le prix des jetons lors des tours publics est généralement inférieur à leur juste valeur de marché, ce qui explique la forte hausse observée dès le premier jour.
Durant le premier listing, les market makers mettent en vente une grande partie de l’offre circulante de jetons. Cela se fait via le carnet d’ordres pré-bourse, permettant aux market makers d’apporter de la liquidité avant le début des échanges publics, afin d’assurer une liquidité suffisante au démarrage du marché.
Cependant, certains market makers adoptent des pratiques néfastes en remplissant le carnet d’ordres avec une liquidité de mauvaise qualité afin de maximiser leurs profits à court terme, nuisant ainsi à la communauté et au projet lui-même. Cette pratique, appelée « market making parasitaire », privilégie les profits du market maker au détriment de la santé du marché.
Voici comment différentes approches de création de liquidité pré-bourse peuvent être classées :
Parasitaire : Les market makers parasitaires manipulent la perception de rareté pour influencer l’humeur du marché. Ils attendent que les petits investisseurs achètent, puis vendent à découvert, plaçant des ordres de vente élevés pour absorber la demande d’achat, provoquant ainsi une baisse du prix du jeton. Cette stratégie cause souvent des dommages irréversibles au marché.
Court terme : Ces market makers manipulent le carnet d’ordres pré-bourse en plaçant de nombreux ordres de vente pour couvrir leurs positions, maximiser les frais ou finaliser des transactions OTC. Cette pratique conduit à une sortie rapide du marché, éliminant tout potentiel de hausse par des ventes massives de jetons.
Symbiotique : À l’inverse, les market makers symbiotiques utilisent leur compréhension du carnet d’ordres pour installer stratégiquement une liquidité initiale favorisant une découverte de prix ordonnée, créant ainsi une valeur à long terme et un prix relativement contrôlé. En fournissant de la liquidité aux deux côtés du marché, ils permettent une découverte de prix juste reflétant la véritable valeur de l’actif.
Pour classifier les différentes méthodes de market making, nous avons suivi la performance des prix des jetons durant deux périodes clés : les deux premiers jours après le listing (analyse horaire) et les deux premières semaines (analyse quotidienne). Les données proviennent des principales plateformes d’échange des projets ou de plateformes agrégées fiables, standardisées pour permettre une comparaison entre différents projets. Notre analyse repose sur le changement du taux de volatilité relative (RCV), une méthodologie introduite précédemment dans une étude de cas.
Formule du changement du taux de volatilité relative (RCV). Source : Acheron Trading
La formule RCV mesure la variation de volatilité d’un jeton selon qu’il atteint ou non un nouveau plus haut historique (ATH). Une valeur RCV positive indique un manque d’offre, donc une liquidité pré-bourse insuffisante. Une valeur négative signale un excès d’offre, révélant un market making trop agressif et un prix surestimé. Une valeur neutre reflète une liquidité équilibrée, favorable à une découverte de prix ordonnée.
Pour évaluer les méthodes des market makers lors des premiers listings, nous avons appliqué la méthode RCV à 93 nouveaux listings apparus depuis avril 2024 sur Bybit, KuCoin, Binance, Coinbase, Kraken et OKX.

Classification des méthodes de listing pré-bourse. Source : Acheron Trading
Nous avons constaté que 69,9 % des premiers listings étaient de type « parasitaire », 8,6 % de type « court terme », et seulement 21,5 % utilisaient une approche « symbiotique ». Cela signifie que 78,5 % des méthodes de market making perturbent une découverte de prix équitable, nuisant aux utilisateurs et aux projets eux-mêmes.
Dans les listings « parasitaires », la volatilité du marché, ATH inclus, augmente de 420 %, signalant une pénurie d’offre sévère et une inflation artificielle des prix, conduisant à un rejet par le marché. À l’inverse, pour les listings « court terme », la volatilité diminue de 34 % lorsque l’ATH est inclus, indiquant un excès d’offre et une mauvaise gestion de l’offre initiale, avantageant uniquement les market makers au détriment de la communauté.
Que ce soit par des méthodes « parasitaires » ou « court terme », le prix du jeton est gravement affecté, réduisant la probabilité d’une participation durable au marché. En comparaison, les approches « symbiotiques » affichent un RCV d’environ ±20 %, offrant une base stable pour un prix juste et sain du jeton.
Alors que l’industrie des cryptomonnaies continue de croître en légitimité et en taille, les market makers doivent corriger les mauvaises pratiques lors des premiers listings. Les émetteurs d’actifs et les bourses devraient collaborer avec les market makers et utiliser la méthode RCV pour analyser si le carnet d’ordres initial a été correctement structuré.
Les données montrent une image négative des market makers. Il est temps d’élever les standards, d’éliminer les acteurs « parasitaires » et de responsabiliser les market makers dans leur rôle essentiel de découverte de prix. Notre industrie mérite mieux.
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