Source : Bitcoinist
Traduit par : Blockchain Knight
Vendredi a marqué une journée historique dans le domaine technologique, alors que les négociateurs de l'Union européenne ont achevé la rédaction du premier ensemble complet de règles mondiales sur l'intelligence artificielle.
Cet accord, baptisé « loi sur l’IA », constitue un grand pas en avant vers une supervision juridique des technologies d’intelligence artificielle.
Après d’intenses discussions à huis clos, les représentants des États membres de l’UE ainsi que ceux du Parlement européen sont parvenus à lever leurs désaccords et ont conclu un accord politique préliminaire sur la loi sur l’IA.
Les discussions ont porté sur des sujets sensibles tels que l’IA générative ou encore l’utilisation par la police des systèmes de reconnaissance faciale pour des enquêtes secrètes. Thierry Breton, commissaire européen, a annoncé cette avancée majeure, soulignant le rôle de leadership de l’Europe, premier continent à établir des règles claires sur l’utilisation de l’IA.

Malgré les bons résultats obtenus après plus de 20 heures de « marathon » de négociations, les organisations de la société civile ne sont pas satisfaites de cet accord.
Elles considèrent en effet qu’il ne prévoit pas suffisamment de protections contre les dangers potentiels posés par ces technologies. Elles insistent sur la nécessité de davantage de précisions, qui devraient être apportées dans les semaines à venir.
L’Union européenne avait publié la première ébauche de son cadre réglementaire sur l’IA en 2021, prenant ainsi une longueur d’avance au niveau mondial. Toutefois, avec l’émergence de l’IA générative, les dirigeants européens ont dû revoir leur stratégie, initialement destinée à servir de modèle pour le reste du monde.
Pour être officiellement adopté, le Parlement européen doit voter la réglementation relative à l’IA dans les premiers mois de l’année prochaine.
Si elle est approuvée, la loi ne pourrait entrer en vigueur qu’à partir de 2025 au plus tôt. Les sanctions en cas de non-respect seront sévères, allant jusqu’à 35 millions d’euros (38 millions de dollars) ou 7 % du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise.
Les systèmes d’IA générative spécifiques, comme ChatGPT d’OpenAI, attirent une attention particulière en raison de leur capacité à produire des textes, images et musiques semblant humains. Certains craignent que cela ne menace l’emploi, la vie privée, les droits d’auteur et même la sécurité humaine.
Bien que l’UE, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine et d’autres groupes mondiaux élaborent leurs propres règles sur l’IA, le cadre européen pourrait devenir un modèle influent pour les autres nations.

Initialement, la loi sur l’IA visait à restreindre certaines fonctionnalités selon leur niveau de risque. Elle s’est ensuite étendue pour inclure les modèles fondamentaux, ces systèmes complexes qui rendent possibles des services généraux d’IA tels que ChatGPT ou Bard de Google.
Malgré certaines difficultés, les négociateurs ont trouvé un compromis équilibré sur les modèles de base. Ils ont renforcé les exigences concernant la documentation technique, le respect du droit d’auteur de l’UE, l’évaluation des risques, la déclaration des incidents, les mesures de cybersécurité, ainsi que le partage d’informations sur l’efficacité énergétique.
Des chercheurs mettent en garde contre un usage abusif potentiel des puissants modèles fondamentaux par les grandes entreprises technologiques, soulignant les risques de diffusion de fausses informations, de cyberattaques, de fabrication d’armes biologiques ou de manipulation mentale. La réglementation européenne sur l’IA pourrait influencer les normes mondiales et servir d’exemple aux pays souhaitant encadrer cette technologie.
La finalisation de la loi sur l’IA par l’UE a un impact significatif sur l’industrie des actifs crypto.
Plus précisément, les dispositions relatives à l’IA générative (comme ChatGPT d’OpenAI) soulèvent des questions cruciales. Ces technologies, largement utilisées dans le secteur des actifs numériques, pourraient faire l’objet d’un contrôle et d’une régulation plus stricts, notamment lorsqu’elles sont employées pour automatiser des activités ou générer du contenu sur les plateformes blockchain.

L’accent mis par la loi sur l’IA en matière de sécurité des données et de protection de la vie privée correspond aux besoins du secteur des actifs numériques en termes de transactions sécurisées.
Les entreprises d’actifs numériques opérant en Europe devront respecter ces règles sous peine de sanctions pouvant atteindre 7 % de leur chiffre d’affaires mondial. Cette exigence de conformité pourrait inciter le secteur à renforcer ses efforts pour se plier aux normes évolutives liées à l’IA.
L’inclusion des modèles fondamentaux dans la loi sur l’IA, nécessaire aux services d’IA générale, aura un impact direct sur les initiatives blockchain intégrant des technologies d’IA. En outre, l’influence mondiale de la législation européenne pourrait façonner les approches de la Chine et des États-Unis – deux autres acteurs clés du secteur des actifs numériques – en matière de gouvernance de l’IA.
La politique innovante de l’UE en matière d’IA élargit effectivement son influence au domaine des actifs numériques, façonne les normes de confidentialité des données, crée un précédent mondial sur l’intégration de l’IA et des cryptos, et influence l’adoption des technologies d’IA.
À mesure que le secteur des actifs numériques continue d’évoluer, la loi sur l’IA exercera probablement une influence profonde et étendue.














