
Spacemesh : l'extraction minière par disque dur accessible à tous, se proclamant la monnaie du peuple
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Spacemesh : l'extraction minière par disque dur accessible à tous, se proclamant la monnaie du peuple
L'un des principaux atouts de Spacemesh est que tout le monde peut participer au minage sans autorisation préalable, sans machine spécifique et avec un faible seuil d'entrée.
Rédaction : TechFlow

La structure blockchain introduite par Bitcoin est simple et élégante, et la majorité des autres cryptomonnaies utilisent également cette même architecture. Toutefois, ces blockchains présentent certaines faiblesses intrinsèques.
Premièrement, la garantie de consensus dans les protocoles blockchain similaires à Bitcoin repose sur des intervalles réguliers fréquents durant lesquels un seul bloc est créé, intervalle dont la durée est limitée par la latence du réseau. Cela restreint fondamentalement le volume de transactions que ce type de blockchain peut supporter ainsi que la fréquence à laquelle les mineurs peuvent produire des blocs.
Cela conduit aussi à des frais de transaction plus élevés, incitant les mineurs à former des pools miniers plus centralisés afin de réduire le temps d'attente moyen pour recevoir une récompense ainsi que sa variance.
Pour résoudre ces problèmes, le domaine blockchain a proposé d'utiliser la structure DAG (Directed Acyclic Graph) en remplacement de la topologie en chaîne. Par exemple, IOTA, ancien projet pionnier, ou KAS, dont le jeton connaît actuellement un fort engouement, sont des protocoles où des mineurs réalisent des calculs PoW pour créer des blocs DAG.

Deuxièmement, le mécanisme traditionnel PoW présente des inconvénients inhérents, car il tend à la centralisation du fait de l'avantage des matériels spécialisés (ASIC) par rapport aux équipements informatiques généraux, conduisant facilement à un monopole des fabricants de matériel minier sur la chaîne d'approvisionnement, tout en posant des problèmes environnementaux.
Ethereum est passé du PoW au PoS, mais cela nécessite toujours que les validateurs (« stakers ») investissent d'importants capitaux afin d'obtenir des incitations économiques, favorisant ainsi les plus riches.
Face à ces deux défis, Aviv Eyal et Tomer Afek ont fondé en 2017 en Israël Spacemesh, un nouveau réseau blockchain.
Spacemesh adopte un nouveau mécanisme de consensus — Proof of Space-Time (PoST) — qui lie le protocole à une ressource physique du monde réel : l'espace de stockage. Toute personne disposant d'espace libre sur son disque dur peut participer, en utilisant une structure de grille de blocs (DAG hiérarchique) à la place d'une chaîne unique pour ordonner les transactions.
Sans autorisation préalable, sans besoin de machine spécifique, avec un seuil d'accès bas : n'importe qui peut participer au minage. C'est là la principale caractéristique de Spacemesh. L'équipe considère que le PoST est plus économe en ressources, plus propice à la décentralisation et plus sûr que le Proof of Work (PoW) et le Proof of Stake (PoS).
Voici les exigences minimales pour exécuter un nœud :
CPU : Processeur Intel ou AMD x86-64 ou ARM 64 bits, y compris Apple Silicon (mais pas Raspberry Pi), avec au moins 1 Gio de mémoire vive.
Système d'exploitation : Windows 10/11, MacOS, Ubuntu 22.04+ ou Fedora 36+.
Disque : 50 Gio d'espace disque disponible.
Vitesse : Une connexion Internet permanente, illimitée en données, avec une vitesse de téléchargement d’au moins 5 Mbps et de 1 Mbps en upload.
Plus d'informations disponibles sur le site officiel.

En outre, l’équipe ne recommande pas d’acheter du matériel spécifiquement pour le minage, car aucun retour sur investissement n’est garanti. Spacemesh suggère plutôt d’utiliser l’espace disque déjà disponible sur les appareils personnels.
Afin de protéger le réseau Spacemesh contre toute prise de contrôle par des attaquants, le système utilise un mécanisme fondé sur la quantité d’espace alloué par les Smeshers sur une période donnée. Pour être éligible à la participation et aux récompenses, chaque participant doit prouver qu’il a bien possédé pendant un certain temps la capacité de stockage requise.
Ce mécanisme de consensus peut rappeler un projet antérieur — Chia — qui exploite lui aussi le minage via disque dur. Dans Chia, on crée des « plots », fichiers occupant de l’espace disque, et qui permettent de participer à la création de blocs grâce aux preuves d’espace et de temps.
Le processus de minage de Spacemesh est similaire à celui de Chia : il s’agit aussi de « plotter » (remplir le disque dur de données hachées à l’aide d’un algorithme particulier via le CPU ou le GPU ; cette opération est appelée « plotter »). Plus l’espace utilisé est grand, plus les récompenses sont élevées, et la vitesse de plotting dépend du nombre de threads.
Toutefois, selon certains investisseurs ayant expérimenté concrètement le minage, la vitesse de plotting de Spacemesh est relativement lente : ce n’est pas l’espace disque qui constitue le goulot d’étranglement, mais bien le nombre de cartes graphiques.
Ensuite, outre le mécanisme de consensus PoST, Spacemesh intègre également le DAG, assurant ainsi sécurité et forte évolutivité au réseau décentralisé.

Équipe et financement
Fondateur du protocole de consensus : Professeur Tal Moran, Israélien, docteur postdoctoral de Harvard dans le domaine pertinent ;
Membres de l'équipe : Aviv Eyal, cofondateur, expérimenté dans la construction de systèmes full-stack et la création de startups ; Tomer Afek, cofondateur et PDG, forte expérience dans la publicité et l'investissement.
En mai 2018, lors de sa phase initiale, Spacemesh a attiré grâce à ses caractéristiques uniques un financement de départ de 3 millions de dollars auprès de BRM Group, iAngels, Alignment et Bancor. En septembre 2018, Spacemesh a levé 15 millions de dollars sous la direction de Polychain. Parmi les autres investisseurs figurent MetaStable, Paradigm (le nouveau fonds de Matt Huang et Fred Ehrsam), Coinbase Ventures, Bain Capital, 1kx, Arrington XRP Capital, Danhua Capital, Gumi Crypto, Electric Capital, Collaborative Fund, Jack Herrick, etc.
En décembre 2021, Spacemesh a levé à nouveau 4 millions de dollars, avec notamment Leland Ventures parmi les nouveaux investisseurs.
Globalement, il s'agit d'un projet ancien aux racines israéliennes, ayant traversé deux cycles complets du marché.
Contrairement à d'autres projets miniers principalement portés par des Chinois, la communauté de Spacemesh affiche une répartition diversifiée :
États-Unis : 18 % ; Hong Kong : 9 % ; Japon : 5 % ; Allemagne : 4 % ; Chine : 4 % ; Vietnam : 4 % ; Royaume-Uni : 4 % ; Canada : 3 % ; autres pays/régions : 40 %.

Une vision : la monnaie du peuple
En ouvrant le site officiel de Spacemesh, on découvre immédiatement un slogan percutant — On a quest to become the people’s coin (À la recherche de la monnaie du peuple) !
Tomer Afek, cofondateur de Spacemesh, a déclaré : « Le faible seuil d'entrée et la compatibilité des incitations de Spacemesh relancent la vision originelle d'une véritable décentralisation née avec Bitcoin. »
Dans cet esprit, Spacemesh a choisi le 14 juillet, jour de la fête nationale française et anniversaire historique de la prise de la Bastille par le peuple parisien, pour lancer officiellement son réseau principal.
En lisant la documentation ou les blogs officiels de Spacemesh, on perçoit nettement une atmosphère « artistique », voire quelque peu dramatique. Par exemple, dans l'article « You and I Can Change the World », Spacemesh lance un vibrant appel, refusant le système, résistant à l'autorité et à l'establishment :
« Nous ne pouvons peut-être pas changer le monde seuls, mais tout changement commence par nos choix.
Nous sommes importants, notre voix compte, nos décisions comptent, nous ne sommes pas simplement des engrenages dans un “système”. »
Cela donne à Spacemesh une touche de mouvement MEME. Sur le plan technique, Spacemesh a publié sa feuille de route technologique (2023-2026+), couvrant cinq phases, incluant la conception d’une machine virtuelle complète, le développement de l’écosystème, les tests sur appareils mobiles, etc. Par exemple, l’équipe souhaite permettre à Spacemesh de fonctionner sur différents types d’appareils, y compris les smartphones.
Toutefois, l’équipe précise que cette feuille de route n’est pas figée : il s’agit d’un document dynamique destiné à évoluer avec le temps.
Jeton du projet : SMH
SMH est le jeton natif du protocole, qui vient de connaître une forte hausse : le 10 novembre, il valait encore 0,55 dollar, atteignant 2,4 dollars le 17 novembre, soit une progression de plus de 300 % en seulement une semaine.

L’offre maximale de SMH est fixée à 2,4 milliards, répartis sur 941 ans. Parmi ceux-ci, 2,25 milliards (94,75 %) seront distribués aux Smeshers (mineurs Spacemesh), sans pré-minage.
Par ailleurs, 150 millions (6,25 %) iront au « trésor » des investisseurs précoces et de l’équipe, sans libération initiale, puis progressivement libérés après un an, sur une période de trois ans.
Autrement dit, la première année, seuls les jetons des mineurs circuleront sur le marché. À partir de la quatrième année, les jetons détenus par l’équipe et les investisseurs représenteront près de 40 % de la circulation totale. Puis progressivement, à la dixième année, leur part sera d’environ 25 % de l’offre en circulation.
Contrairement à Bitcoin, dont la réduction de moitié intervient tous les quatre ans, celle de Spacemesh a lieu environ tous les 29 ans, soit 7,3 fois plus lentement que Bitcoin. Le dernier Bitcoin sera émis vers 2140, tandis que le dernier jeton Spacemesh ne le sera qu’autour de l’an 2899.

Dans l’ensemble, l’émergence de Spacemesh représente un défi lancé à la structure traditionnelle des blockchains.
Grâce au mécanisme PoST, Spacemesh brise les limitations du minage classique, permettant aux utilisateurs de simples ordinateurs de bureau de participer au minage et au consensus blockchain sans matériel spécialisé, rendant ainsi la blockchain plus inclusive et accessible au grand public.
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