
Quel impact aura la proposition de l'Union européenne concernant Web4 sur le monde du chiffrement ?
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Quel impact aura la proposition de l'Union européenne concernant Web4 sur le monde du chiffrement ?
Bien que Web4 et Web3 ne soient pas étroitement liés, les secteurs de la cryptographie associés au développement de Web4 dans l'Union européenne pourraient profiter de l'impulsion volontariste de l'UE et connaître une période de forte croissance.
Rédaction : veDAO
Le 11 juillet, la Commission européenne (European Commission, EC) a adopté une nouvelle stratégie concernant le Web4 et les mondes virtuels dans le but de guider la prochaine transformation technologique et d’assurer un environnement numérique ouvert, sécurisé, fiable, équitable et inclusif pour les citoyens, les entreprises et les administrations publiques de l’Union européenne.

Alors que le concept du Web3 n’est pas encore pleinement assimilé par le monde entier, le domaine politique européen introduit déjà une nouvelle narration autour du Web4. S’agit-il d’un monde traditionnel enfin en avance sur le monde cryptographique en lançant le prochain récit dominant ? Ou bien s’agit-il d’une Europe, peu familière avec la crypto, qui tente un dépassement par la bande ? Dans cet article, l’Institut de recherche veDAO propose une analyse de la vision européenne du Web4.
Qu’est-ce que le Web4 ?

Dans l'initiative publiée le 11 juillet, il est indiqué que le Web4 répond au terme Web3 et en couvre le champ, constituant une nouvelle vision de l'internet intégrant expériences virtuelles, Internet des objets (IoT) et blockchain. La Commission européenne a précisé quelles stratégies et initiatives elle mettrait en œuvre pour renforcer la participation de l’UE à l’écosystème technologique du Web4.
Dans cette initiative, le Web3 est défini comme suit : « La principale caractéristique de la troisième génération de l’internet, le Web3, réside dans son ouverture, sa décentralisation et la souveraineté complète des utilisateurs. » Sur cette base, où l’UE reconnaît le concept actuel de Web3, elle ajoute l’intégration entre objets numériques et objets ou environnements réels, ainsi qu’un renforcement de l’interaction homme-machine, ce qu’elle nomme Web4. En résumé, on peut comprendre le Web4 comme une évolution du Web3, fusionnant IoT, blockchain, réalité virtuelle (VR) et réalité augmentée (AR).
La Commission européenne insiste sur le fait que l’initiative Web 4.0 et mondes virtuels repose sur quatre piliers. Les trois premiers sont alignés sur les objectifs du projet « Numérique pour l’Europe 2030 » : compétences humaines, environnement des entreprises et services publics. Le quatrième pilier concerne les infrastructures critiques telles que la puissance de calcul et le cloud, ainsi que l’ouverture et la gouvernance mondiale du Web 4.0 et des mondes virtuels.
Bien que la Commission européenne classe la blockchain comme l’une des technologies constitutives du Web4, le terme employé dans le document est celui de blockchain « de confiance » (trusted), et non pas de blockchain « sans confiance » (trustless), telle qu’elle existe nativement dans l’écosystème cryptographique. Par ailleurs, aucun détail concret n’a encore été fourni quant aux modalités pratiques d’intégration de ces différentes technologies dans le cadre de cette nouvelle narration appelée Web4.
Les projets liés au Web4
L’annonce de cette stratégie Web4 inclut également plusieurs nouvelles initiatives :
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Premièrement, un programme intégré au programme Horizon Europe, baptisé « Partenariat sur les mondes virtuels », dont le lancement est prévu pour 2025. Ce programme vise à élaborer une « feuille de route industrielle et technologique pour les mondes virtuels », en aidant développeurs, créateurs et entreprises à appréhender cette nouvelle tendance. Il prévoit également des tests conjoints de nouvelles solutions avec tous les États membres de l’UE.
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Deuxièmement, un projet nommé « CitiVerse », décrit comme un métavers urbain destiné à gérer et planifier autrement les activités et fonctions des villes, sans toutefois préciser ses cibles ou son fonctionnement exact.
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Enfin, une autre idée proposée par la Commission consiste à créer un « jumeau numérique humain européen », une réplique virtuelle du corps humain pouvant aider les médecins à étudier les épidémies et les traitements médicaux.
À propos de cette percée technologique que représente le Web4, Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, a déclaré : « Aujourd’hui, l’Europe devient officiellement le leader mondial du Web4 et des mondes virtuels. L’Europe dispose des atouts nécessaires pour diriger la prochaine transformation technologique : des start-ups innovantes, des contenus créatifs riches, des applications industrielles développées, un rôle fort dans la fixation des standards mondiaux, ainsi qu’un cadre juridique favorable à l’innovation et prévisible. »
Les défis du Web4 au sein de l’UE
Dans l’« Aperçu économique de l’UE après 2030 » publié en mars, l’Union européenne souligne que la numérisation est l’un de ses moteurs clés, et que le Web4 constitue une transformation technologique majeure permettant un monde interconnecté, intelligent et immersif. Après avoir obtenu en avril l’approbation de la réglementation MiCA (Marchés des actifs cryptographiques), ouvrant la porte aux cryptomonnaies et à la blockchain, l’UE souhaite désormais aller plus loin et rivaliser avec l’innovation technologique américaine.
Ces annonces, dont celle sur le Web4, montrent clairement que le cadre réglementaire européen s’oriente vers l’un des plus permissifs au monde dans le domaine des cryptomonnaies, et qu’il entend positionner le continent européen comme un acteur de premier plan dans le contexte des nouvelles technologies. Toutefois, parler de Web4 semble prématuré pour l’ensemble de l’Union européenne.
Une enquête menée en juin par Consensys (entreprise mère de MetaMask) révèle que seulement 8 % des citoyens de l’UE se disent familiers avec le concept de Web3. D’un autre côté, des termes comme blockchain, cryptomonnaie ou DeFi restent obscurs pour de nombreux utilisateurs inexpérimentés et ne sont pas encore compris par la majorité. Pour une grande partie de la population peu familiarisée avec les bases des monnaies virtuelles, l’accès au Web3, encore plus au Web4, présente des obstacles importants. Bien que des centres comme Berlin, Londres ou Lisbonne deviennent des hubs de la crypto et de la blockchain, d’autres régions du continent ignorent même ce que signifie le mot « Crypto ».
Quels secteurs du marché cryptographique pourraient bénéficier de cette initiative ?

Après avoir examiné la stratégie ambitieuse du Web4 proposée par l’UE, concentrons-nous maintenant sur les domaines susceptibles de bénéficier au marché cryptographique. L’annonce mentionne que la technologie blockchain pourrait être utilisée pour gérer des actifs dans les mondes virtuels, tels que les monnaies virtuelles ou l’immobilier numérique, et permettre des transactions sécurisées et transparentes au sein de ces univers. De nombreuses parties traitent également des « mondes virtuels » et des « villes numériques », identifiés comme l’une des principales orientations futures. Cette orientation pourrait donc représenter une opportunité positive pour les projets liés au métavers.
Dans l’initiative européenne, le terme « Blockchain » apparaît 30 fois, « Crypto » et ses dérivés 7 fois, et « NFT » est mentionné 40 fois. Globalement, les NFT constituent un domaine fortement mis en avant. Le texte affirme que les NFT sont largement utilisés dans diverses applications, reconnaissant que « les NFT favorisent l’innovation dans la création de contenu et offrent des opportunités aux artistes (et créateurs). Les plateformes NFT relient directement les artistes (et créateurs) à des acheteurs potentiels, avec des coûts faibles et une connexion directe. » Une vision conforme au consensus déjà établi.
En outre, l’initiative explore l’intégration des NFT dans les modèles commerciaux traditionnels : « En effet, les NFT ont déjà été intégrés à de nouveaux modèles économiques. Ils peuvent être utilisés dans la billetterie et la vente d’événements dans des cas concrets comme le sport, la mode, les jeux vidéo ou la musique. » Ces applications NFT + commerce traditionnel étant encore en développement, ce signal de l’UE pourrait stimuler leur croissance.
Enfin, l’importance de la blockchain pour la sécurité, la protection de la vie privée, les paiements transfrontaliers et le commerce international est également mentionnée, bien que sans approfondissement. Cela pourrait offrir des perspectives de croissance potentielles aux technologies zk, très populaires sur le marché cryptographique, ainsi qu’aux applications de paiement encore sous-développées.
Conclusion : En lançant le concept de Web4, l’UE semble vouloir accélérer dans le domaine de la blockchain afin de rattraper – voire dépasser – l’Asie et l’Amérique, qui progressent rapidement dans les infrastructures technologiques. Elle ambitionne ainsi de devenir un créateur de normes à domicile. Toutefois, alors que le Web3 peine encore à s’imposer en Europe, le succès d’un Web4 encore largement théorique reste à prouver dans le temps.
Même si les liens entre Web4 et Web3 ne sont pas étroits, les secteurs cryptographiques concernés par les projets européens liés au Web4 pourraient profiter de l’impulsion active de l’UE pour connaître une période de forte croissance.
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