
Comment les protocoles Web3 et les NFT favorisent-ils l'avenir du secteur de la musique ?
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Comment les protocoles Web3 et les NFT favorisent-ils l'avenir du secteur de la musique ?
Quels problèmes du secteur musical peuvent être résolus par la technologie web3 ?
Rédaction : Genesis Block
Traduction : TechFlow
Dans un précédent article, nous avons abordé plusieurs problèmes auxquels l'industrie de la musique Web3 est confrontée, ainsi que certaines façons dont les technologies Web3 pourraient y remédier. À mesure que le secteur commence à expérimenter, nous constatons qu’il se diversifie vers différents domaines clés.
Dans cet article, nous allons entrer plus en détail dans ces cas d’usage, examiner des protocoles spécifiques qui contribuent à façonner l'avenir de la musique Web3, et expliquer comment les utilisateurs peuvent interagir avec ce secteur.
Enfin, nous formulerons quelques prévisions sur l’évolution probable de ce paysage.
1A : Les stations de travail audio numériques — L’avenir de la production
Le premier protocole que nous étudions est Arpeggi, qui développe actuellement une station de travail audio numérique (DAW) native Web3. Une DAW est essentiellement une version moderne du logiciel de production musicale. Grâce à l'émergence de logiciels comme Logic, Pro Tools ou Ableton, la production musicale s'est démocratisée : désormais, pour moins de 500 dollars, toute personne disposant d’un ordinateur peut produire, mixer et masteriser des sons, là où auparavant cela nécessitait un studio professionnel équipé de matériel haut de gamme.

Arpeggi pousse cette évolution encore plus loin. En exploitant un flux de travail en ligne, il rend la création musicale plus collaborative, en offrant des mises à jour en temps réel à tous les membres d'une équipe de production. Ce qui est particulièrement intéressant (et pertinent ici), c’est qu’il permet aux artistes de créer directement des NFT depuis leur DAW. Cela permet non seulement de générer sans friction des morceaux complets, mais aussi des éléments musicaux individuels (mélodies, lignes de basse, etc.). Un tel outil accélère l’adoption des NFT dans la musique, ouvrant la voie à un monde où les remixs et les samples sont possibles sans priver l’artiste original d’une juste compensation financière.
1B : Les fournisseurs de services numériques Web3 — L’avenir du streaming
Nous avons également des projets comme Audius et Emanate, qui transforment notre manière de consommer la musique.
Les fournisseurs de services numériques (DSP) tels que Spotify ou Apple Music ont dominé l’écoute individuelle de la musique, et franchement, l’expérience utilisateur n’a jamais été aussi bonne.
Mais voilà : les DSP ne sont qu’une autre incarnation des plateformes de médias sociaux, et leurs comportements monopolistiques font l’objet d’un examen rigoureux, notamment en matière de contrôle des plateformes et d’utilisation des données.

Les DSP Web3, si nous pouvons les appeler ainsi, tentent de construire des versions de Spotify ou d’Apple Music résistantes à la censure, sans permission requise et transparentes.
En décentralisant les composants fondamentaux — hébergement, indexation et diffusion — ils offrent une visibilité sur la chaîne concernant le comportement des consommateurs, proposant ainsi aux artistes une offre de valeur nettement supérieure : davantage de données exploitables et une plateforme fiable pour développer leur audience.
Cependant, il reste à voir si les utilisateurs adopteront massivement ces plateformes, ce qui sera décisif pour leur passage au grand public.
1C : Distribution, gestion d’artistes, etc.
Comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessous, d’autres aspects du secteur font également l’objet d’expérimentations.
On observe des initiatives dans la distribution musicale (via Sound.xyz, Catalogue, Royal, etc.), ainsi que dans la gestion d’artistes ou de marques (via des entités natives Web3 comme DOOMSDAY X ou Hume).
Certes, beaucoup de ces projets disparaîtront après avoir servi d’expériences, mais ceux qui perdureront auront la possibilité de façonner durablement l’évolution du secteur.
2 : Les NFT musicaux et comment les utiliser ?

Si vous êtes un artiste ou un fan découvrant le Web3, voici quelques démarches concrètes que vous pouvez entreprendre.
Premièrement : recherchez, recherchez et recherchez encore. Lire cet article est déjà un excellent point de départ.
Une fois que vous avez compris les outils disponibles et les projets en cours de développement, vous aurez peut-être envie de passer à l'action.
Voici quelques pistes :
Mintez ou achetez des NFT musicaux en tant que collection
Il peut s’agir d’un ou plusieurs NFT faisant partie d’une même collection (par exemple, la première édition d’un morceau publiée sous forme de NFT). Des plateformes comme Sound.xyz ou Catalogue proposent ce type de service. Leur existence constitue un pilier pour les artistes, leur permettant non seulement de monétiser leurs œuvres, mais aussi d’obtenir des données précieuses sur leurs fans.
La monétisation est ici très simple : l’artiste lance sa série de NFT auprès de ses premiers supporters, ce qui peut financer la création de futurs projets. Du côté des données, la nature on-chain des NFT permet à l’artiste de savoir qui a acheté son NFT, quand, si le détenteur actuel est le même que l’acheteur initial, où l’achat a eu lieu, etc. Ces informations permettent de segmenter précisément la communauté et d’adapter sa communication. Par exemple, si vous savez qui a minté votre NFT Genesis, vous savez qu’il s’agit d’un de vos tout premiers soutiens, et vous pouvez lui offrir une reconnaissance spéciale.
Mintez ou achetez des NFT musicaux offrant une part de propriété
Pour les artistes, c’est une excellente méthode pour transformer les redevances futures en liquidités immédiates. Pour les fans qui croient en l’artiste, c’est aussi une opportunité de bénéficier d’un retour financier si le morceau ou la carrière de l’artiste connaît du succès. Un exemple notable est la plateforme Royal, qui permet aux artistes de créer des NFT incluant cette fonctionnalité.
Si des DSP comme Spotify ou Apple Music, ou des DSP natifs Web3 comme Audius (une fois qu’ils auront acquis une certaine influence), choisissent d’intégrer ces NFT à leurs services, nous pourrions facilement arriver à un monde où une part significative des redevances — surtout pour les artistes indépendants — revienne à leurs fans. Dans ce futur, être fan de musique prendrait aussi des allures d’investissement.
Les NFT utilitaires
Ce sont des NFT accompagnés d’avantages supplémentaires. Cela peut inclure un accès direct à l’artiste, du contenu exclusif derrière un paywall, des droits sur l’œuvre visuelle du NFT — bref, tout est possible. Bien que des plateformes comme Sound.xyz ou Catalogue puissent également prendre en charge ce type de fonctionnalité, les NFT utilitaires appartiennent à une catégorie qui dépasse le seul domaine musical. Ainsi, ces jetons peuvent être obtenus via des marchés généralistes comme OpenSea, Magic Eden ou Rarible.


On peut imaginer qu’à l’avenir, les détenteurs de NFT utilitaires créés par des artistes musicaux auront accès aux coulisses d’un concert, recevront des produits limités, voire bénéficieront d’une rencontre de 30 minutes avec l’artiste.
3. Prévisions et synthèse
Comme dans presque tous les secteurs, avec le temps, une consolidation s’opère souvent en raison de gains d’efficacité. Nous l’avons vu dans l’industrie du pétrole et du gaz au XIXe siècle, comme aujourd’hui dans le commerce électronique. De la même manière, nous anticipons une consolidation similaire au sein des différents projets Web3 musicaux. Prenons l’exemple des canaux de distribution : nous avons plusieurs marchés (Catalogue, Sound, Royal, etc.) qui offrent fondamentalement le même service — mint de NFT musicaux. Bien sûr, leurs positionnements varient légèrement.
Nous envisageons deux scénarios possibles :
- Étant donné que la musique représente un marché vertical suffisamment vaste, il pourrait exister un marché unique centralisant la liquidité, ou bien ;
- Toutes ces plateformes conservent des expériences différenciées, mais reposent sur un même protocole comme Zora, contournant efficacement la fragmentation de la liquidité tout en répondant à des besoins spécifiques.
Les intermédiaires resteront présents
Bien que nous puissions anticiper que de nombreuses interactions sectorielles auront lieu sur blockchain, des intermédiaires seront toujours nécessaires, tout comme aujourd’hui. Si une chanson est jouée à l’autre bout du monde, avec des niveaux technologiques variés et des législations sur les droits d’auteur différentes, il faudra probablement encore des entités locales capables d’identifier correctement les ayants droit et de transférer les redevances légitimes.
Web2 x Web3
Comme discuté précédemment, le Web3 n’est pas là pour remplacer le Web2 ; il existe comme complément. Étant donné que des DSP comme Spotify ou Apple Music offrent une expérience utilisateur exceptionnellement riche, il est peu probable que leur adoption ralentisse. Leur effet de réseau, qui attire continuellement le plus grand nombre d’utilisateurs, est trop puissant pour être facilement brisé.
Au contraire, un système hybride semble plus probable. Nous pouvons imaginer que le Web2 continuera de jouer un rôle central dans la découverte et la consommation musicale, tandis que le Web3 deviendra primordial pour la monétisation des artistes. Pour la découverte, figurer dans une playlist populaire sur Spotify ou apparaître sur la page d’accueil restera la norme. Quant à la monétisation, plus un artiste accumule de streams sur les DSP, plus ses NFT gagneront en valeur.
DAO de capital-risque musical
Comme mentionné plus haut, une nouvelle catégorie de curateurs financiers coordonnés devrait émerger. En allant plus loin, ces acteurs pourraient s’unir pour former un DAO, élargissant ainsi considérablement leur portée. Multicoin Capital voit particulièrement d’un bon œil cette évolution.
Droit d’auteur
En revenant à la comparaison entre jeux vidéo et musique, l’un des facteurs clés expliquant le succès relatif du secteur du jeu réside dans sa gestion du droit d’auteur.
Avec l’émergence de plateformes comme Twitch, YouTube et autres géants des médias sociaux, tout le monde sait que le contenu généré par les utilisateurs (UGC) est le prochain grand terrain d’innovation.
La différence ? Alors que les grands acteurs de la musique (principalement les majors) ont adopté une posture agressive face à l’UGC, l’industrie du jeu les a au contraire accueillis à bras ouverts. Cette hostilité envers les petits créateurs s’appuyant sur les œuvres des grands — héritée de Napster, LimeWire, etc. — a fini par miner SoundCloud et a engendré une série de tensions entre artistes, fans et labels.
Le Web3 représente une deuxième chance. Il est crucial que le droit d’auteur ne soit pas utilisé de manière abusive au point d’étouffer l’innovation dans la musique Web3.
4. Conclusion
Voilà donc un aperçu du paysage actuel de la musique Web3. Ce secteur en est clairement à ses tout débuts, et les années à venir promettent de nombreux développements passionnants. Nous sommes impatients de découvrir quelles surprises il nous réserve.
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