Deng Chao, Managing Director de Hashkey Capital : 10 points clés sur l'innovation et l'investissement dans Web3
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Deng Chao, Managing Director de Hashkey Capital : 10 points clés sur l'innovation et l'investissement dans Web3
10 points essentiels de Deng Chao sur le Web3
Le 24 septembre, l'émission en ligne « Shengwu » de Web3 Coach sur Wùwú Island a invité Deng Chao, directeur général de HashKey Capital, pour échanger autour des thèmes de « création » et d'« investissement », partageant ses observations et réflexions. L'ensemble de l'échange a privilégié un langage simple, limitant au maximum l'usage de termes techniques afin que les professionnels venus du Web2 puissent mieux comprendre le Web3.
Wùwú Island, en collaboration avec le bfrenz DAO, a synthétisé le contenu de ce livestream pour vous proposer 10 idées fortes de Chao Ge (Deng Chao) sur le Web3. Voici un contenu exclusif — enjoy !

Conversation entre Yingmu, builder de Wùwú Island, et Deng Chao, directeur général de HashKey Capital
01. Quels changements de mentalité doivent adopter les talents des grandes entreprises Web2 qui rejoignent le Web3 ?
Les utilisateurs de la blockchain dépassent déjà les 300 millions.
Lorsque davantage de personnes expérimentées, compétentes et techniquement qualifiées du Web2 intégreront le Web3, ce dernier pourra franchir une nouvelle étape. Beaucoup arrivent avec leur succès passé dans le Web2, mais ils doivent se préparer psychologiquement à constater que Web2 et Web3 diffèrent fondamentalement, tant au niveau logique qu’en critères d’évaluation. La différence la plus marquante est celle entre centralisation et décentralisation.
- Caractère : Le Web3 possède à la fois une dimension financière et commerciale.
- Modèle économique : Bien que les modèles semblent similaires, ils diffèrent essentiellement. Par exemple, pour un prêt bancaire, on doit passer par une banque en tant qu’intermédiaire, alors qu’en blockchain, aucun intermédiaire n’est nécessaire : tout s’effectue via des protocoles, avec une efficacité accrue. Une fois cette expérience vécue, certains n’ont plus envie de revenir aux banques traditionnelles. Dans le Web3, la plateforme cède progressivement la place à l’utilisateur, qui gagne en voix et en pouvoir décisionnel.
- Conception produit : Dans le Web3, l’idée prime. On peut même ne pas avoir d’équipement ni de société. Ethereum fournit la plateforme ; une bonne idée attire naturellement les développeurs (builders).
- Financement : Le Web3 ne dépend pas uniquement du capital ou des VC traditionnels. Certains projets n’ont même pas envie d’avoir un acteur dominant.
- Relation plateforme-utilisateur : Prenons l’exemple du jeu vidéo. Les jeux traditionnels jugent souvent les jeux Web3 peu pratiques, tandis que les jeux Web3 répondent : « Vous ne me voyez que comme une machine à payer ». Cela montre que si les jeux Web2 mettent l’accent sur l’expérience utilisateur, les jeux Web3 ne veulent pas non plus traiter les utilisateurs comme des machines, mais souhaitent plutôt partager les bénéfices et avancer ensemble.
- Promotion : Dans le Web3, l’« airdrop » revient en réalité à céder une partie de la propriété du projet. Autrement dit, le budget marketing traditionnel provenait du bilan comptable de l’entreprise, alors qu’aujourd’hui il provient de sa propriété.
02. Le choix du créneau
Du point de vue de l’entrepreneur, les opportunités liées aux blockchains publiques ne sont pas très grandes aujourd’hui. Cependant, cela n’exclut pas des opportunités au niveau des technologies sous-jacentes : la blockchain n’est pas encore suffisamment mature. Il existe encore beaucoup d’opportunités aux niveaux Layer1 et Layer2.
L’infrastructure est encore à un stade très préliminaire. Par exemple, les banques capables de gérer la finance numérique sont déjà bien développées aux États-Unis, mais pas encore en Asie.
Il est difficile de généraliser sur les créneaux à investir. Il faut analyser en fonction du profil et des compétences propres à chaque équipe.
03. Existe-t-il des cas de réussite dans le Web3 issus de grandes entreprises technologiques ?
Oui, plusieurs : jeux, réseaux sociaux, infrastructures de base… Des projets existent même chez Tencent, Alibaba, etc. L’esprit entrepreneurial exige une vision à long terme, pas seulement cyclique. Un investisseur entré à 60 000 dollars sur Bitcoin peut penser que le marché est une bulle.
Actuellement, de nombreuses équipes blockchain sont dirigées par des personnes d’origine chinoise. Discrètes, elles ont pourtant une forte influence dans ce secteur. Les équipes asiatiques excellent par leur exécution et leur capacité à concrétiser commercialement, tandis que les Occidentaux se distinguent davantage par la créativité. De plus en plus de talents du Web2 rejoignent le Web3, faisant entrer l’industrie dans une phase d’applications commerciales dont les avantages deviennent de plus en plus visibles. Faites confiance aux équipes asiatiques : leur potentiel est illimité.
04. Y a-t-il encore des opportunités d’innovation basées sur les fonctions des infrastructures existantes ?
De nombreuses opportunités subsistent au niveau des performances de la chaîne. Premièrement, concernant les solutions : la feuille de route technique d’Ethereum, notamment son extension, évolue continuellement. Deuxièmement, au niveau de l’exécution : le développement logiciel. Ethereum encourage fortement l’exploration de nouvelles voies technologiques.
En revanche, je pense que le besoin de ponts entre blockchains (cross-chain) pourrait finalement ne pas être aussi grand. Du point de vue de l’utilisateur, une fois installé dans un écosystème, migrer vers un autre est difficile. Il est donc probable que les blockchains convergent progressivement. Dans ce cas, les projets cross-chain perdraient tout attrait.
Au-delà des performances, des besoins importants persistent dans des domaines comme la sécurité informatique de base ou la confidentialité.
05. Centralisation ou décentralisation ?
La décision de centraliser ou non dépend du projet.
Si vous travaillez sur une infrastructure de base, comme une blockchain publique, il faut autant que possible la distribuer : plus elle est décentralisée, plus la confiance dans le réseau est forte.
Pour les applications construites au-dessus, certaines formes de centralisation peuvent être nécessaires. Plus on s’approche des régulations, plus la centralisation augmente. Par exemple, certaines bourses décentralisées commencent désormais à recevoir des licences réglementaires.
La technologie de base est décentralisée, mais les applications commerciales requièrent une dose de centralisation (pour interfacer avec le monde réel, loin d’un idéal pur). Il ne faut donc pas généraliser.
06. Quel type de fondateur privilégiez-vous ?
Cette question ne peut pas être tranchée catégoriquement : il n’existe pas de profil-type.
La réussite d’un projet dépend de nombreux facteurs. Le projet lui-même est crucial, mais les exigences varient selon les couches (technologie de base, couche intermédiaire, couche applicative, finance cryptée). Le fondateur doit comprendre profondément son produit et son métier (compétence technique), et savoir comment le commercialiser (conception commerciale). Le fondateur agit comme un intégrateur de ressources : il sait concevoir un produit, le promouvoir, le rendre accessible au grand public, voire dialoguer avec les autorités de régulation.
Comme on dit : « Chaque métier est une montagne ». Pour ceux qui passent d’un domaine traditionnel au Web3, il est essentiel de d’abord lâcher prise sur les chemins de réussite antérieurs, d’adopter une mentalité ouverte, et d’observer l’industrie de façon objective.
07. La réglementation chinoise sur le Web3 va-t-elle évoluer ?
Difficile à prédire, car chaque régulateur a ses propres considérations.
Voici un aperçu mondial de la réglementation blockchain : trois grands groupes. Les États-Unis sont en tête, très avancés, avec un cadre clair et des exigences strictes ; beaucoup de régulateurs regardent ce qui se passe aux USA. Deuxième groupe : Singapour, Hong Kong, Japon, Suisse, France, Royaume-Uni — cadres réglementaires également clairs, parfois même un peu plus avancés que les États-Unis. Troisième groupe : ceux qui cherchent à faire une percée rapide, comme Dubaï ou Malte.
Les réglementations varient selon les régions. À Hong Kong, par exemple, il s’agit surtout de décisions commerciales : le secteur se développe d’abord, puis pousse à l’évolution réglementaire (approche ascendante). En Chine continentale, c’est l’inverse (approche descendante), avec de nombreuses considérations macroéconomiques.
Il n’est pas conseillé de lancer en Chine des activités liées aux tokens, car toute activité impliquant des tokens suscite une vigilance accrue de la part des régulateurs.
08. Quelles sont les meilleures sources et médias pour suivre l’actualité Web3 ?
« Guide d’investissement sur les actifs virtuels et la blockchain », qui résume efficacement la cartographie du secteur, ses composantes, ainsi que les méthodologies et connaissances nécessaires pour investir. Un bon point de départ pour ceux qui sont intéressés.
Quelques personnalités influentes dans l’industrie : Chris Dixon (associé chez a16z), doté d’une vision prospective ; Matt Huang (associé chez Paradigm), aux analyses approfondies et singulières sur les projets ; Ryan Selkis (fondateur de Messari), qui publie chaque année un rapport de plus de 100 pages, permettant de repérer les acteurs clés et les sujets chauds du secteur, et d’en saisir facilement les grandes lignes.
Apprendre, c’est comme construire une maison : commencez par la structure (cadre), puis posez les briques (détails). Cette méthode est bien plus efficace.
09. La valeur des oracles dans le Web3
Leur rôle principal est de connecter les données et applications hors chaîne (off-chain) à la blockchain. Chainlink fait déjà un bon travail, mais la route vers une adoption commerciale massive reste longue. De nombreuses opportunités subsistent dans la plupart des domaines d’application ou au niveau intermédiaire.
Les infrastructures technologiques actuelles ne supportent pas encore une adoption commerciale à grande échelle. C’est pourquoi davantage de personnes doivent travailler sur les couches intermédiaires et techniques. Si vous souhaitez concurrencer, vous pouvez soit entrer en concurrence directe, soit opter pour une différenciation — comme les blockchains, soit généralistes, soit spécialisées dans un secteur précis. Les opportunités existent, tout dépend de votre orientation et stratégie.
10. Recommandations pour composer un tour de table au stade de la levée amorce
Cela dépend de la nature du projet.
Si le projet est fortement orienté communauté, le financement doit venir de la communauté : commencez par un airdrop, rassemblez d’abord la base d’utilisateurs, puis discutez du token. Quand le token prend de la valeur, le projet acquiert un prix, et donc une source de financement.
Si le projet s’oriente vers une application commerciale traditionnelle, le financement par actions (equity) sera majoritaire. Auparavant, environ 70 à 80 % du financement se faisait via des tokens, et 20 à 30 % via des actions. Aujourd’hui, on observe une hausse de la demande en equity, car de plus en plus de projets se tournent vers des applications pratiques, nécessitant des interactions avec le monde réel.
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