
Jane Street fait l’objet d’une poursuite : elle aurait vraisemblablement utilisé des informations internes provenant de Telegram pour quitter le marché avant l’effondrement de Terra et réaliser un profit de 134 millions de dollars grâce à des positions vendeuses.
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Jane Street fait l’objet d’une poursuite : elle aurait vraisemblablement utilisé des informations internes provenant de Telegram pour quitter le marché avant l’effondrement de Terra et réaliser un profit de 134 millions de dollars grâce à des positions vendeuses.
Vente de 192 millions de dollars d’UST, entièrement orchestrée via la messagerie chiffrée de Telegram « Le secret de Bryce ».
Auteur : CoinDesk
Traduction et adaptation : TechFlow
Introduction de TechFlow : Jane Street, l’une des plus importantes sociétés de trading de Wall Street, est accusée d’avoir obtenu, avant l’effondrement de Terra, des informations privilégiées via des conversations confidentielles sur Telegram, lui permettant de quitter le marché en toute précision et de réaliser un bénéfice de 134 millions de dollars grâce à des positions vendeuses. Cette action en justice ne révèle pas seulement l’avantage informationnel dont jouissent les géants de la finance traditionnelle sur les marchés cryptographiques, mais repose désormais sur un fondement juridique renforcé, suite à la décision rendue en 2023 par un tribunal fédéral qualifiant UST et Luna de titres négociables. Elle revêt donc une importance capitale pour la compréhension, par les investisseurs, des comportements institutionnels et des manipulations de marché.
L’un des plus grands acteurs du trading à Wall Street, Jane Street Group, est accusé d’avoir vendu pour 192 millions de dollars de la stablecoin TerraUSD (UST) avant l’effondrement de Terra en mai 2022, en s’appuyant sur un canal privé Telegram établi avec des employés internes de Terraform Labs, selon des documents judiciaires récemment déclassifiés par le tribunal fédéral du district sud de New York, situé à Manhattan.
Cette action en justice a été intentée par l’administrateur chargé de la liquidation des actifs de Terraform Labs en faillite. Révisée la semaine dernière, elle comporte moins de passages censurés et révèle de nouveaux détails sur la manière dont Jane Street aurait eu accès à des informations non publiques au moment de l’effondrement de l’écosystème Terra.
Jane Street a rejeté, dès février, les accusations initiales, les qualifiant de « désespérées » et « totalement infondées », et a demandé au tribunal de rejeter l’affaire.
Selon cette plainte, l’avantage informationnel de Jane Street proviendrait d’un canal Telegram privé établi entre Bryce Pratt, ancien stagiaire chez Terraform Labs (et alors employé de Jane Street), et d’anciens collègues de ce dernier chez Terraform Labs.
L’administrateur de la faillite affirme que ce contact a permis à Jane Street de céder ses positions en UST à un prix proche de la parité juste avant l’effondrement de cette monnaie stable algorithmique, puis de prendre des positions vendeuses, réalisant ainsi un profit estimé à environ 134 millions de dollars lorsque l’écosystème Terra, évalué à 40 milliards de dollars, s’est effondré.
Dans un échange interne cité dans la plainte, Pratt aurait plaisanté en disant à ses collègues qu’ils devraient se sentir « légèrement ravis » de bénéficier d’un « avantage informationnel ».
Grâce à cet avantage, Jane Street aurait vendu l’intégralité de ses positions en UST le 7 mai 2022, soit environ 193 millions de jetons. Sa transaction la plus importante aurait consisté à céder pour 85 millions de dollars d’UST sur la bourse décentralisée Curve Finance, seulement neuf minutes après que Terraform Labs eut retiré discrètement 150 millions de dollars d’UST de ce même pool de liquidité.
Cette transaction revêt une importance particulière, car les analyses post-mortem publiées sur l’effondrement de Terra ont longtemps mis l’accent sur un échange massif effectué sur Curve, qui aurait contribué à faire dévier le cours de la pièce de son ancrage à 1 dollar. La plainte affirme désormais que ce portefeuille appartenait à Jane Street.
Lorsqu’une société d’analyse cryptographique informa ultérieurement un contact de Jane Street que celle-ci avait « largement profité » de la situation, les communications internes citées dans le dossier révèlent que les traders se sont inquiétés de la manière dont leur portefeuille avait pu être identifié, puis ont discuté de la façon de les « désactiver ».
« Cette action en justice constitue une tentative transparente de tirer profit financièrement d’une situation bien connue — à savoir les pertes subies par les détenteurs de Terra et de Luna, résultant d’une fraude à plusieurs milliards de dollars perpétrée par la direction de Terraform Labs », a déclaré un porte-parole de Jane Street. « Comme l’a démontré notre requête en rejet présentée devant le tribunal le mois dernier, nous défendrons vigoureusement notre cause contre ces accusations opportunistes et totalement infondées. »
La plainte nomme également Robert Granieri, cofondateur de Jane Street, ainsi que Michael Huang, trader chez la société. Elle accuse les défendeurs de violations des lois fédérales sur les valeurs mobilières et de la Loi sur les transactions de marchandises, et demande la restitution des profits afin de rembourser les créanciers.
La qualification, rendue en 2023 par un tribunal fédéral dans une autre affaire opposant la Securities and Exchange Commission (SEC) aux responsables de Terraform Labs, d’UST et de Luna comme titres négociables, renforce le fondement juridique de cette nouvelle action en justice.
La plainte indique que, le 18 mai 2022 — soit cinq jours après que le cours de l’UST eut atteint son plus bas niveau — Jane Street aurait proposé un poste au responsable de la recherche de Terraform Labs, qui aurait intégré la société deux semaines plus tard.
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