
Synthèse du marché du 17 mars : le bitcoin réalise une percée historique au-delà de 75 000 dollars, tandis que le marché est déchiré entre cauchemar pétrolier et euphorie cryptographique
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Synthèse du marché du 17 mars : le bitcoin réalise une percée historique au-delà de 75 000 dollars, tandis que le marché est déchiré entre cauchemar pétrolier et euphorie cryptographique
Le marché a totalement abandonné le cadre binaire traditionnel « risque/refuge ».
Auteur : TechFlow
Marchés américains : rebond vigoureux suivi d’une pause
Lundi 16 mars, Wall Street a connu un rebond enthousiasmant.
L’indice Nasdaq a mené la hausse avec une progression de 1,23 %, clôturant à 22 374 points ; l’indice S&P 500 a grimpé de 1,01 % pour atteindre 6 699 points ; l’indice Russell 2000 a augmenté de 0,94 % ; le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a progressé de 0,83 %, clôturant à 46 946 points. Environ deux tiers des valeurs cotées ont terminé en territoire positif, tandis que l’indice VIX de la peur a chuté de plus de 13 %, tombant sous la barre des 24.
Quelle a été la principale source du puissant rebond observé lundi ? La chute brutale des cours du pétrole.
Le baril de pétrole brut WTI a chuté de près de 5 % lundi, passant sous la barre des 93 dollars, ce qui a permis aux contrats à terme sur actions américaines de connaître une forte hausse dès dimanche soir. Ce recul marqué depuis les sommets de panique dépassant les 100 dollars a atténué les inquiétudes du marché concernant un emballement de l’inflation.
Les valeurs technologiques se sont distinguées : Meta a bondi de près de 3 % à l’ouverture et a finalement clôturé en hausse de 2,33 % à 627,45 dollars. Des informations publiées le week-end indiquaient que Meta envisageait de supprimer au moins 20 % de ses effectifs tout en annonçant un accord d’infrastructures IA d’un montant de 27 milliards de dollars avec la société spécialisée Nebius — un catalyseur décisif du rallye technologique lundi.
Nvidia a progressé de plus de 2,5 %, portée par les attentes suscitées par le discours attendu de son PDG, Jensen Huang, lors de la conférence annuelle GTC. L’ensemble des valeurs du secteur des semi-conducteurs a fortement bondi : Intel (+6,29 %), Micron Technology (+6,20 %), Seagate (+5,83 %).
Dans le DJIA 30 : Salesforce a mené la hausse (+2,86 %), Amazon (+1,93 %), Boeing (+1,66 %). Les plus fortes baisses ont été enregistrées par Disney (−0,76 %), Verizon (−0,70 %) et American Express (−0,68 %).
Le marché anticipe une légère pause après ce rebond vigoureux lundi afin de se préparer à la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les taux d’intérêt, attendue mercredi.
Pétrole : repli éphémère lundi, puis reprise haussière mardi
Les cours du pétrole échappent totalement au contrôle, reprenant leur ascension après un bref recul lundi.
À 9 h 30, heure de l’Est, lundi 16 mars, le prix du baril de Brent s’établissait à 102,14 dollars, soit une baisse de 3,05 dollars par rapport à la veille. À la clôture lundi 16 mars, le Brent était coté à 104,22 dollars le baril, tandis que le WTI atteignait 98,88 dollars le baril.
Mais il ne s’agissait là que d’une respiration éphémère. Dans la nuit du 16 mars, les cours du pétrole ont repris leur hausse après que les États-Unis eurent frappé l’île iranienne de Kharg, un carrefour stratégique essentiel pour les exportations pétrolières iraniennes : le conflit entrait alors dans sa troisième semaine. Le contrat à terme sur le Brent a ouvert à 105,26 dollars, reflétant une intensification persistante de l’anxiété liée aux ruptures d’approvisionnement.
Ce bref repli lundi s’explique par la promesse de Donald Trump de « mettre fin rapidement à la guerre ».
Le WTI a chuté de près de 5 % lundi, passant sous la barre des 93 dollars, ce qui a déclenché une forte hausse des contrats à terme sur actions américaines dès dimanche soir. Toutefois, ce recul s’est avéré éphémère : le marché ne croit plus aux déclarations de Trump sur une « fin rapide du conflit ».
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) publie un rapport d’urgence prévoyant une chute mondiale de l’offre pétrolière de 8 millions de barils par jour.
Dans son rapport sur le marché pétrolier de mars, l’AIE estime que l’offre mondiale devrait chuter de 8 millions de barils par jour en mars, suite à une réduction drastique de la production au Moyen-Orient, partiellement compensée par une hausse de la production hors OPEP+, notamment au Kazakhstan et en Russie.
Depuis les frappes aériennes conjointes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, les cours du pétrole connaissent une extrême volatilité. Suite aux attaques contre les infrastructures pétrolières du Moyen-Orient et à l’arrêt total du trafic pétrolier dans le détroit d’Hormuz, le contrat à terme sur le Brent avait brièvement grimpé vers les 120 dollars le baril avant de redescendre autour de 92 dollars. Néanmoins, le Brent reste en hausse de 20 dollars le baril sur le mois de mars.
Le marché des produits raffinés s’effondre, paralysant l’aviation et la chimie pétrolière mondiales.
Les exportations de produits raffinés via le détroit d’Hormuz sont presque totalement à l’arrêt. Les producteurs de la région du Golfe exportaient en 2025 environ 3,3 millions de barils par jour de produits raffinés et 1,5 million de barils par jour de gaz de pétrole liquéfié (GPL). En raison des attaques et de l’absence de voies d’exportation viables, plus de 3 millions de barils par jour de capacité de raffinage dans cette région ont déjà été fermés.
La suspension des vols dans les principaux aéroports du Moyen-Orient, ainsi que les effets en chaîne sur les hubs mondiaux, ont considérablement réduit la demande mondiale de kérosène d’aviation. La chute brutale de l’offre de GPL et de naphte a contraint les usines pétrochimiques à réduire leur production de polymères, aggravant ainsi la perte de produits pétrochimiques dans la région du Golfe.
L’utilisation du GPL pour la cuisson et le chauffage, notamment en Inde et en Afrique de l’Est, est également menacée.
L’AIE abaisse ses prévisions de demande mondiale de pétrole.
En raison de la suspension des vols, de la chute brutale de l’offre de GPL et de naphte, ainsi que de la flambée des cours du pétrole qui érode la demande, l’AIE a revu à la baisse ses prévisions de demande mondiale de pétrole pour mars et avril, de plus d’un million de barils par jour en moyenne. Elle a également réduit sa prévision de croissance annuelle de la demande mondiale pour 2026, abaissant celle-ci de 210 000 barils par jour à 640 000 barils par jour.
Combien de temps les stocks vont-ils tenir ?
Les pays consommateurs disposent de réserves pétrolières importantes pour faire face à des perturbations temporaires de l’approvisionnement. Les stocks mondiaux observés de brut et de produits raffinés sont actuellement estimés à plus de 8,2 milliards de barils, soit le niveau le plus élevé depuis février 2021.
Mais la question cruciale demeure : quand la guerre prendra-t-elle fin ? Le conflit entre dans sa troisième semaine, et la frappe américaine contre l’île de Kharg marque une escalade supplémentaire. Si la guerre se prolonge au-delà de deux mois, les 8,2 milliards de barils de stocks seront épuisés, les cours du pétrole pourraient franchir la barre des 150 dollars le baril et l’économie mondiale plongerait dans la récession.
Les producteurs américains de pétrole de schiste sont les grands bénéficiaires.
Si le prix moyen du WTI atteint 100 dollars le baril, les producteurs américains de pétrole de schiste pourraient engranger un bénéfice supplémentaire de 63,4 milliards de dollars en 2026, surtout ceux qui n’ont aucune activité au Moyen-Orient. Plus la guerre durera, plus les entreprises énergétiques américaines gagneront — ce qui explique pourquoi le marché accorde de moins en moins de crédit aux promesses de Trump de « mettre fin rapidement au conflit ».
Or : rupture de la barre des 5 000 dollars l’once, freiné par la hausse du dollar et les craintes inflationnistes
Le 17 mars, le cours de l’or s’établissait à 5 012 dollars l’once. Lundi 16 mars, l’or physique a chuté de 1,2 %, testant la barre psychologique des 5 000 dollars, et a clôturé à 5 019 dollars l’once.
L’argent a clôturé à 80,60 dollars l’once, en baisse de 0,62 dollar (−0,76 %) sur la journée. Le ratio or/argent s’est élargi à 62,3, indiquant une sensibilité accrue de l’argent aux inquiétudes concernant la demande industrielle.
Pourquoi l’or chute-t-il malgré la guerre et l’inflation, deux facteurs habituellement favorables ?
- La hausse du dollar exerce une pression baissière sur l’or. Étant donné que l’or est coté en dollars, une appréciation du billet vert pèse directement sur son cours. Lundi, l’indice du dollar américain a rebondi, constituant le catalyseur immédiat de la chute de l’or.
- Les craintes inflationnistes se transforment en facteur négatif. Une hausse brutale des cours du pétrole alimente directement l’inflation, réduisant la probabilité de baisses de taux par les banques centrales — ce qui, historiquement, pèse sur le cours de l’or.
Cela semble contre-intuitif, mais la logique est claire : hausse des cours du pétrole → emballement de l’inflation → la Fed renonce à baisser ses taux (voire envisage une hausse) → les taux réels augmentent → l’or perd de son attrait.
Bob Haberkorn, stratège senior marché chez RJO Futures, souligne que la hausse des cours du pétrole alimente l’inflation et réduit la probabilité de baisses de taux par les banques centrales. Toutefois, Haberkorn maintient son objectif de 6 000 dollars l’once, invoquant « les événements mondiaux en cours » et l’attente de fonds externes prêts à entrer sur le marché.
La décision de la Fed mercredi sera déterminante.
Le marché attend avec impatience la décision de politique monétaire de la Fed cette semaine, ainsi que les commentaires du président de la Fed, Jerome Powell, sur la trajectoire future des taux américains. Si Powell laisse entendre que la flambée des cours du pétrole pourrait contraindre la Fed à reporter ses baisses de taux, voire à relever ses taux, l’or pourrait encore chuter, atteignant la fourchette des 4 800 dollars l’once.
Crypto-monnaies : le bitcoin franchit historiquement la barre des 75 000 dollars, les ETF accumulent 2,1 milliards de dollars nets en trois semaines
Le bitcoin a enfin franchi la barre critique.
Le 17 mars, le cours du bitcoin a brièvement dépassé les 75 000 dollars.
Il s’agit de la première percée au-delà d’un niveau de résistance clé depuis fin février, marquant l’entrée du marché crypto dans un nouveau cycle haussier.
Achat continu des institutions et des « baleines », avec un afflux net de 2,1 milliards de dollars en trois semaines.
Les ETF américains sur bitcoin au comptant ont enregistré un afflux net continu pendant trois semaines consécutives, pour un montant total de 2,1 milliards de dollars. Il s’agit de la première fois depuis octobre 2025 que ces ETF affichent un afflux net sur trois semaines consécutives, signe que les investisseurs institutionnels recommencent à prendre des positions.
Les données en chaîne (on-chain) montrent que les portefeuilles détenant entre 10 et 10 000 bitcoins sont entrés en mode « accumulation », leur part dans l’offre totale atteignant désormais 68,17 %. Les « baleines » accumulent activement, préparant ainsi la prochaine phase haussière.
La décision de la Fed mercredi : un catalyseur pour franchir les 80 000 dollars ?
La décision de la Fed sur les taux d’intérêt sera publiée mercredi 18 mars à 14 heures, heure de l’Est. Les économistes anticipent largement un maintien des taux dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 %, accompagné d’une posture prudente, compte tenu de la persistance d’une inflation élevée causée par le choc pétrolier.
Bien que le maintien des taux soit traditionnellement un frein à la hausse des actifs à risque, l’élan actuel du bitcoin et son statut de « nouvel or numérique » suggèrent que la percée de la barre psychologique des 75 000 dollars pourrait déclencher une importante liquidation des positions vendeuses (« short squeeze »), propulsant le cours vers les 80 000 dollars.
Aspect technique : la « croix dorée » est imminente, les vendeurs coincés au-dessus de 75 000 dollars.
Le cours du bitcoin a déjà franchi la moyenne mobile simple à 50 jours, située à 71 164 dollars — un niveau à la fois psychologique et technique crucial.
La moyenne mobile simple à 20 jours est sur le point de réaliser une croisement haussier avec celle à 50 jours, signal classique de « croix dorée », généralement synonyme d’un momentum haussier durable.
L’indicateur Aroon renforce également cette perspective haussière : Aroon Up est à 100 %, Aroon Down à 0 %. Cette configuration très forte indique une tendance haussière naissante et vigoureuse, témoignant d’un contrôle total des acheteurs sur l’évolution actuelle des cours.
Vendeurs coincés, liquidation imminente à court terme.
Actuellement, des positions vendeuses d’un montant total de 4,34 milliards de dollars sont concentrées au-dessus de la barre des 75 000 dollars. Le taux de financement (funding rate) a atteint son niveau le plus négatif depuis août 2024, signifiant que les traders misent massivement sur une baisse du bitcoin.
Si le BTC franchit 75 000 dollars, ces positions vendeuses seront automatiquement liquidées, obligeant leurs détenteurs à racheter, ce qui fera monter les cours. Entre 75 000 et 80 000 dollars, quasiment aucune résistance n’existe, puisque seulement 1 % de l’offre totale de bitcoins a été achetée dans cette fourchette de prix.
Dès le début de cette liquidation, l’élan des investisseurs particuliers pourrait suivre, faisant de la barre des 100 000 dollars une étape intermédiaire vers des objectifs encore plus élevés.
Synthèse du jour : un marché déchiré entre cauchemar pétrolier et euphorie crypto
Le 17 mars, le marché affiche un clivage extrême.
La contradiction centrale est la suivante : pourquoi le bitcoin franchit-il une résistance historique alors que les cours du pétrole explosent et que l’or s’effondre ?
Il s’agit du phénomène le plus troublant de mars 2026. Selon la logique traditionnelle, une flambée des cours du pétrole → emballement de l’inflation → position plus ferme de la Fed → effondrement des actifs à risque. Or, non seulement le bitcoin ne s’effondre pas, mais il dépasse même la barre des 75 000 dollars.
Trois raisons possibles :
- Le bitcoin devient le « nouvel or numérique ». Alors que l’or physique souffre de la hausse du dollar et de la montée des taux réels, le bitcoin profite quant à lui de la narration de « dés-dollarisation » et de la crainte d’une dépréciation des monnaies fiduciaires.
- La vague d’accumulation institutionnelle. Un afflux net de 2,1 milliards de dollars sur les ETF en trois semaines, couplé à une part détenue par les « baleines » atteignant 68,17 % de l’offre totale, montre que les investisseurs avisés profitent de la panique liée au conflit pour acheter à bas prix.
- L’autoréalisation prophétique de la liquidation des vendeurs. Avec 4,34 milliards de dollars de positions vendeuses concentrées au-dessus de 75 000 dollars, une percée déclenchera inévitablement une liquidation massive, propulsant le cours vers des sommets exponentiels.
La décision de la Fed mercredi sera décisive. Si Powell laisse entendre que « le choc pétrolier pourrait contraindre la Fed à maintenir des taux élevés plus longtemps », le bitcoin pourrait bénéficier pleinement de sa réputation d’actif « anti-inflation », franchissant les 80 000 dollars. En revanche, si Powell évoque la possibilité d’une hausse de taux pour lutter contre l’inflation, le bitcoin pourrait chuter brutalement en dessous de 70 000 dollars.
Une chose est certaine : le marché a définitivement abandonné le cadre traditionnel binaire « actif à risque / actif refuge ». Bitcoin, or, marchés actions américains et cours du pétrole évoluent désormais chacun selon leur propre logique, et les corrélations entre ces actifs ont totalement disparu.
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