
20 % des Américains observent la situation : le secret de la prochaine vague de croissance du marché de la cryptomonnaie se trouve ici
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20 % des Américains observent la situation : le secret de la prochaine vague de croissance du marché de la cryptomonnaie se trouve ici
Le groupe des « détenteurs potentiels » est crucial.
Auteur : Kyle Saunders
Traduction : Chopper, Foresight News
La plupart des recherches sur les cryptomonnaies tournent autour d’une question simple : qui en détient ? Qui n’en détient pas ?
Certes, il s’agit d’un point de départ légitime. La détention est un comportement observable et quantifiable. Toutefois, pour un marché dont la capitalisation boursière s’élève à plusieurs milliers de milliards de dollars, ce n’est peut-être pas la question la plus centrale.
Si vous suivez l’évolution du marché, les politiques réglementaires, le discours politique ou encore l’avenir des actifs numériques, une question pourrait s’avérer plus pertinente : qui envisage d’acquérir des cryptomonnaies ?
Car l’acceptation et la diffusion d’un actif ne constituent jamais un choix binaire, mais un processus progressif.
Si vous vous concentrez uniquement sur la phase finale de ce processus, vous manquez entièrement la chaîne complète de transformation.
Refus → Réflexion → Détention : les trois étapes de l’acceptation des cryptomonnaies
Erin Fitz et moi-même venons de publier conjointement un nouvel article, dans lequel nous ne considérons pas l’acceptation des cryptomonnaies comme un résultat binaire (oui/non), mais comme un processus progressif.
Entre la fin 2024 et 2025, nous avons mené trois enquêtes représentatives distinctes auprès d’adultes américains. À partir des résultats obtenus, nous avons classé les répondants en trois groupes :
- Ceux qui ne détiennent pas de cryptomonnaies et n’envisagent pas d’en acquérir
- Ceux qui ne détiennent pas de cryptomonnaies, mais y réfléchissent sérieusement
- Ceux qui détiennent actuellement des cryptomonnaies
Notre première conclusion, simple mais essentielle, est la suivante : environ un Américain sur cinq ne détient pas de cryptomonnaies, mais y réfléchit.
Ce groupe n’est ni une minorité insignifiante, ni une erreur statistique, ni même une catégorie « vouée à devenir détenteur ». Il s’agit d’un segment aux caractéristiques psychologiques et comportementales distinctes, ce qui le rend particulièrement crucial.
Pourquoi le groupe des « futurs détenteurs » est-il si important ?
Limiter l’analyse à la dichotomie « détenteurs » / « non-détenteurs » revient à supposer implicitement que tous ceux qui ne sont pas entrés sur le marché forment un ensemble homogène.
Or, dans la réalité, les choix comportementaux ne fonctionnent pas ainsi.
Selon la théorie classique de l’action planifiée en psychologie sociale, le comportement humain résulte d’une succession d’étapes préalables : représentations mentales, attitudes, perception du contrôle, intention comportementale. On commence par « envisager », puis vient « l’intention d’agir », et enfin seulement « l’action concrète ». Or, aucune de ces étapes ne conduit nécessairement à la suivante.
Autrement dit, tous les détenteurs ont un jour été des futurs détenteurs ; mais tous les futurs détenteurs ne deviendront pas nécessairement des détenteurs effectifs.
Lorsque l’on considère la participation aux cryptomonnaies non plus comme une caractéristique binaire, mais comme un processus progressif ordonné, des conclusions intéressantes émergent : les facteurs influençant la « réflexion » ne coïncident pas entièrement avec ceux qui poussent à la « détention effective ».
Cette chaîne de transformation comporte des mécanismes de filtrage successifs.
Quels facteurs influencent la « réflexion » ? Quels facteurs favorisent la « détention effective » ?
Certains facteurs habituels produisent des résultats conformes aux attentes : les jeunes, les hommes, les personnes plus ouvertes aux nouvelles expériences et celles ayant une plus grande tolérance au risque financier franchissent plus facilement les deux seuils « refus → réflexion » et « réflexion → détention ».
Toutefois, deux séries de résultats marqués par des différences significatives méritent une attention particulière.
Facteurs corrélés plus fortement à la « réflexion » :
- Une idéologie pragmatique plus conservatrice
- Un soutien au développement des technologies d’intelligence artificielle
Ces facteurs agissent principalement dans les premières phases du processus d’acceptation des cryptomonnaies : ils expliquent pourquoi certaines personnes adoptent une attitude ouverte, sans toutefois suffire à les inciter à franchir le pas décisif vers la « détention effective ».
Facteurs corrélés plus fortement à la « détention effective » :
- La détention d’actions
- Le besoin de désordre
La tolérance au risque constitue le facteur global le plus influent : entre son niveau le plus bas et son niveau le plus élevé, la probabilité de comportement des répondants varie considérablement — la probabilité de refuser les cryptomonnaies diminue de 32 points de pourcentage, tandis que celle de les détenir augmente de 27 points de pourcentage.
Voici un résumé synthétique des principales différences :
Nos données d’enquête correspondent également étroitement à la configuration réelle du marché des cryptomonnaies : le bitcoin domine largement tant chez les « futurs détenteurs » que chez les « détenteurs effectifs » (l’Ethereum occupant la deuxième place), et de nombreuses personnes sont disposées à explorer plusieurs cryptomonnaies. Le marché lui-même confirme cette observation.
Pour comprendre comment cette configuration s’inscrit dans la courbe plus générale de diffusion technologique (et pourquoi la phase des « futurs détenteurs » déterminera si les cryptomonnaies vont stagner ou connaître une croissance à grande échelle), on peut comparer la trajectoire d’adoption du bitcoin à celle d’internet au début de son développement. Selon nos données d’enquête, le taux d’acceptation des technologies d’intelligence artificielle aux États-Unis atteignait environ 55 % en 2026.
En outre, le graphique ci-dessous, tiré de notre article, illustre comment l’acceptation des cryptomonnaies s’inscrit dans la courbe de diffusion de l’innovation selon Rogers :
Il s’agit d’une adaptation de la courbe de diffusion de l’innovation proposée par Rogers en 2003. La ligne orange continue représente la courbe en forme de S (fonction de distribution cumulative, échelle verticale gauche). La zone bleue sous la courbe correspond à la répartition probabiliste des cinq catégories d’adopteurs définies par Rogers, basée sur les écarts-types par rapport à la moyenne dans une distribution normale. Dans cette dernière, ces zones représentent la proportion de chaque groupe au sein de la population totale : les innovateurs (2,5 %, de 0 à moyenne moins 2 écarts-types), les premiers adoptants (13,5 %, de moyenne moins 2 écarts-types à moyenne moins 1 écart-type), la majorité précoce (34 %, de moyenne moins 1 écart-type à moyenne), la majorité tardive (34 %, de moyenne à moyenne plus 1 écart-type) et les retardataires (16 %, de moyenne plus 1 écart-type à 100 %). Les lignes pointillées noires indiquent les taux d’auto-déclaration de détention de cryptomonnaies observés dans nos trois études (étude 1 : 13 %, étude 2 : 18 %, étude 3 : 32 %).
L’importance de ces conclusions dépasse largement le domaine des cryptomonnaies
Vous pouvez interpréter ces résultats de façon étroite comme une segmentation des consommateurs, mais leur portée est bien plus large.
Pour la croissance du marché
L’espace de croissance du marché des cryptomonnaies ne réside pas dans la conversion des « opposants résolus » en détenteurs, mais dans l’identification des obstacles empêchant les « futurs détenteurs » de devenir des « détenteurs effectifs ». Ces obstacles ne sont peut-être pas d’ordre idéologique, mais liés à la perception qu’ont les individus de leur capacité à agir, à leurs inquiétudes face à la volatilité du marché ou encore aux problèmes de liquidité des actifs.
Pour les politiques réglementaires
Si les décideurs politiques considèrent les détenteurs de cryptomonnaies comme le seul groupe doté d’influence politique, ils se trompent sur la réalité du marché. L’orientation future de la régulation des actifs numériques dépendra très probablement de ces « futurs détenteurs » ouverts, mais encore indécis. Leurs préférences, leur profil de risque et leur niveau de confiance dans les institutions auront un impact déterminant, notamment dans un contexte où le cadre réglementaire relatif aux cryptomonnaies se précise progressivement en 2026.
Pour l’opinion publique
Les débats en ligne tendent souvent à se polariser : soit on soutient les cryptomonnaies, soit on s’y oppose. Or, nos données montrent qu’il existe, dans la réalité, un groupe intermédiaire vaste et aux caractéristiques psychologiques distinctes. L’expérience historique enseigne que ce n’est pas tant les premiers adoptants que ce groupe intermédiaire qui détermine si une innovation va connaître une adoption généralisée, stagner ou susciter une réaction négative de l’opinion publique.
L’acceptation et la diffusion sont, par nature, des processus progressifs.
L’enseignement central de cette recherche ne concerne pas uniquement les cryptomonnaies, mais implique aussi un changement fondamental de méthode d’investigation et de perspective cognitive.
Lorsque nous réduisons un comportement complexe à un choix binaire, nous risquons de confondre les lois régissant les différentes étapes. Ce qui amène les gens à adopter une attitude ouverte vis-à-vis d’une nouveauté ne les pousse pas nécessairement à passer à l’acte.
Cette observation vaut non seulement pour les cryptomonnaies, mais aussi pour l’acceptation des technologies d’intelligence artificielle, la participation politique, la confiance dans les institutions, ainsi que pour de nombreux autres comportements abordés dans cette chronique.
La phase intermédiaire négligée contient souvent les lois comportementales les plus instructives.
L’acceptation et la diffusion des cryptomonnaies ne sont jamais le simple reflet d’un trait de personnalité ou d’un signal idéologique, mais bien un processus comportemental progressif.
Ignorer cette étape intermédiaire des « futurs détenteurs » conduit à une mauvaise évaluation simultanée de la trajectoire réelle du marché et des logiques politiques et sociales sous-jacentes.
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