
Oasis du désert Web3 : le rêve d'or numérique de Dubaï
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Oasis du désert Web3 : le rêve d'or numérique de Dubaï
Le chef a dit : « Personne ne se souvient du deuxième au classement mondial. »
I. La Mecque numérique entre deux océans et trois continents : le code géopolitique de Dubaï
Un carrefour stratégique au cœur du désert Dans le coin nord-est de la péninsule arabique, les Émirats arabes unis ressemblent à une perle incrustée entre le golfe Persique et le golfe d'Oman. Cette fédération composée de sept émirats occupe une position stratégique reliant l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Dubaï, ville la plus brillante de cette fédération, est passée en seulement 40 ans d’un simple village de pêcheurs du désert à un centre financier mondial.
Ce miracle n’est pas fortuit : la géopolitique a posé les bases bien avant. Contrôlant le détroit d’Ormuz et dominant la voie mondiale de l’énergie, Dubaï n’est pas seulement le cœur du pétrodollar, mais aussi le carrefour des échanges commerciaux entre l’Est et l’Ouest. En 2023, les ÉAU ont dépassé le Royaume-Uni pour devenir le deuxième plus grand centre mondial de commerce de l’or, avec un volume total dépassant 129 milliards de dollars. Selon les données du Centre multi-marchandises de Dubaï (DMCC), Dubaï représente déjà 15 % du commerce mondial annuel de l’or.
La stratégie géopolitique de Dubaï repose sur un principe : « ne pas prendre position est une position ». Membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG), les ÉAU maintiennent une neutralité régionale : ils respectent les sanctions occidentales contre la Russie tout en attirant les capitaux en fuite provoqués par le conflit russo-ukrainien, ce qui a alimenté la flambée immobilière fin 2022. Cette diplomatie inclusive fait de Dubaï un refuge pour les fortunes et un lieu discret pour les transactions. Après la réconciliation Iran-Arabie saoudite en 2023, le rôle central de Dubaï s’est encore renforcé.
La « géopolitique Web3 » de Dubaï se manifeste également par son cadre réglementaire souple, qui attire les talents du monde entier. Lorsque l’autorité monétaire de Singapour a annoncé en septembre 2023 une répression sévère contre la spéculation cryptographique, les professionnels d’origine chinoise ont commencé à regarder vers Dubaï. Comme l’a souligné un employé : « À Singapour, c’est bien pour la finance traditionnelle, mais pas pour lancer des projets. Les fonds VC ne peuvent pas suivre. Pour créer un projet, il faut venir à Dubaï. » Depuis avril 2022, le gouvernement indien impose un taux d’imposition élevé de 30 % sur les gains en cryptomonnaies, puis ajoute en juillet une taxe de 1 % pour les acheteurs d’actifs numériques. Sandeep Nailwal, cofondateur de Polygon, illustre parfaitement ce mouvement : contraint de quitter l’Inde en 2020, il s’est installé à Dubaï, déclarant : « Je voulais développer de meilleures plateformes Web3 en Inde, mais l’environnement réglementaire chaotique ne m’a laissé aucun autre choix. »
Depuis Dubaï, grâce à Emirates, la première compagnie aérienne mondiale, les acteurs des cryptomonnaies peuvent facilement rejoindre Singapour, la Suisse, le Portugal, Hong Kong ou l’Amérique du Nord pour y tenir des réunions, tissant ainsi un réseau aérien Web3. Ce privilège géographique fait de Dubaï la « Mecque numérique » pour les talents et les capitaux du Web3 mondial.
Les habitants de la terre chaude des cryptos
Au 30 septembre 2024, la population des ÉAU atteint 12,5 millions, dont 88 % sont des expatriés. Dubaï compte 3,76 millions d’habitants, soit 41,9 % de la population totale, avec une densité huit fois supérieure à la moyenne nationale. Selon une étude de l’autorité de régulation des télécommunications TDRA, environ 11,4 % des résidents possèdent ou investissent dans des cryptomonnaies, plaçant les ÉAU parmi les dix pays au monde où les citoyens investissent le plus dans les cryptos.
Les utilisateurs de cryptos à Dubaï sont jeunes et à revenu élevé. Un sondage YouGov révèle que 66 % des adultes émiratis s’intéressent aux cryptomonnaies, et 11,4 % en détiennent ou investissent, les plaçant parmi les dix premiers au classement mondial. Selon Holborn Assets, les tranches d’âge 18-30 ans (30 %) et 30-40 ans (45 %) dominent. Les locaux émiratis (33 %) sont plus enclins à investir que les expatriés arabes (23 %), les Asiatiques (24 %) ou les Occidentaux (19 %). 59 % considèrent les cryptomonnaies comme un investissement à long terme, 35 % comme moyen de diversification, 11 % comme protection contre l’inflation, 34 % pratiquent le trading court terme, et 22 % les utilisent pour les paiements quotidiens. Le Bitcoin (72 %), surnommé « or numérique », est très populaire, l’Ethereum (52 %) est apprécié pour ses contrats intelligents, suivi par les stablecoins (45 %). 24 % des utilisateurs s’intéressent aux projets d’infrastructure, 21 % investissent dans les blockchains de niveau 1, 22 % croient aux projets cryptos liés à l’IA. L’utilisation des CEX (45,7 %) et des DEX (48,4 %) est presque équivalente. Selon Business24-7, eToro est populaire auprès des débutants, OKX domine grâce à sa liquidité en produits dérivés, Binance offre la plus grande variété de jetons, tandis que dydx et Uniswap sont en tête des volumes sur les DEX. 37 % des utilisateurs pensent que la blockchain va révolutionner les transactions immobilières, en réduisant les frictions grâce à la transparence.
Dubaï est aussi un creuset multiculturel. Malgré les barrières linguistiques, les nouveaux arrivants peuvent vivre sans souci grâce à la diffusion généralisée des cartes UnionPay et au développement rapide des FinTech, voire y lancer une entreprise. Les cryptomonnaies sont désormais utilisables dans de nombreux lieux à Dubaï, des hôtels de luxe aux petits commerces de rue, renforçant ainsi la confiance des habitants dans le Web3. Toutefois, la structure démographique de Dubaï reste singulière. Selon les statistiques du bureau du gouvernement de Dubaï, plus de 80 % de la population sont des travailleurs migrants, principalement originaires de l’Inde et du Pakistan, alors que la population locale est minoritaire et largement dépendante des aides publiques. Cette configuration fait de l’écosystème Web3 de Dubaï davantage un laboratoire mondialisé qu’un marché piloté localement.
La politique migratoire de Dubaï renforce encore son caractère « argent avant tout ». Les non-musulmans ne peuvent presque jamais acquérir la nationalité ; au mieux, ils obtiennent un permis de séjour prolongé via le « visa doré ». Par exemple, investir 2 millions de dirhams (environ 540 000 dollars) dans l’immobilier permet d’obtenir un droit de résidence de dix ans, ce qui a conduit à la création d’appartements « conçus pour le visa » sur l’île Palm – certains appartements de 25 m² incluent même un mineur de bitcoins. En 2023, une enseignante retraitée de Shanghai a utilisé sa pension pour acheter deux toilettes dans la tour Jumeirah Lakes Towers, baptisant son acquisition « ferme minière des toilettes », et diffusant sur WeChat un feuilleton intitulé « L’histoire de l’appréciation », dont le dernier épisode explore comment miner des cryptos à partir du réservoir de la chasse d’eau. Ce cas absurde reflète l’extrême tolérance de Dubaï envers le capital : tant que vous avez de l’argent, vous trouverez toujours votre place ici.
II. L’Apocalypse cryptographique de l’ère post-pétrole : la philosophie de la civilisation future de Dubaï
DIFC sous common law et son phare VARA Dans l’Ouest sauvage des cryptomonnaies, Dubaï a choisi une voie audacieuse et innovante. Le système juridique des ÉAU repose sur le droit civil et la charia, mettant l’accent sur les lois écrites et la conformité religieuse, appliqué notamment aux questions de statut personnel (mariage, divorce, héritage) et aux activités commerciales, relativement conservateur selon les normes islamiques. Pour stimuler le développement financier et attirer les investissements internationaux, Dubaï a créé en 2004 le Centre international financier de Dubaï (DIFC), introduisant un système juridique basé sur la common law britannique. Ce cadre supplémentaire permet de créer un environnement juridique international et flexible, adapté au développement des technologies financières, de la blockchain et des actifs numériques.
L’Autorité de régulation des actifs virtuels (VARA), créée en 2022, est une innovation emblématique issue de ce système juridique unique. Elle est considérée comme le premier organisme complet de régulation des actifs virtuels au monde. Elle ne se contente pas d’établir des règles, elle joue aussi un rôle de catalyseur d’innovation. Grâce à son modèle de « bac à sable réglementaire », VARA trouve un équilibre parfait entre conformité et liberté.
Les trois missions principales de VARA sont claires :
· Protection des investisseurs : exiger que les exchanges conservent les actifs clients, appliquer strictement les procédures anti-blanchiment (AML) et de connaissance du client (KYC) ;
· Neutralité technologique : ne préjuger d’aucune technologie, permettre la coexistence de la blockchain, du Web3, du DeFi, etc. ;
· Incitation à l’innovation : instaurer un bac à sable réglementaire pour permettre aux startups de tester de nouveaux produits dans un environnement contrôlé.
Contrairement à la SEC américaine et sa « régulation par assimilation aux titres », VARA adopte une classification plus souple des actifs cryptographiques. Le Bitcoin peut être traité comme une matière première, les jetons d’échange comme des valeurs mobilières, selon le livre blanc du projet et son usage réel. Cette flexibilité a attiré des géants comme Binance, Coinbase, Bybit, etc. En outre, le DIFC soutient le « test en bac à sable », permettant aux nouveaux produits financiers d’être expérimentés dans un cadre contrôlé. En 2024, le DIFC a publié la première loi au monde sur les actifs numériques (Digital Assets Law), offrant une sécurité juridique pionnière aux FinTech et aux actifs numériques.
La rapidité de délivrance des licences par VARA mérite le nom de « vitesse de Dubaï ». On plaisante souvent que les licences cryptos à Dubaï sont plus faciles à obtenir que celles des taxis, et que la devise « In Crypto We Trust » a déjà son prix en coulisses. Objectivement, comme l’a déclaré un professionnel lors de Token2049 : « Comparé à Singapour ou Hong Kong, la réglementation à Dubaï est plus favorable et permet de mieux toucher les utilisateurs finaux. » Ce cadre souple fait de Dubaï un lieu de prédilection pour les projets cryptos, au point que même les vendeurs ambulants de shawarma affichent un QR code « USDT accepté », comme si toute la ville participait à une fête grillade décentralisée.
Un écosystème crypto conforme à l’islam
Le système financier islamique repose sur le Coran et les hadiths, interdit l’intérêt (Riba), promeut le partage des risques (Mudarabah/Musharaka) et exige un soutien par des actifs réels (financement adossé à des actifs). Son intégration complexe avec les pratiques financières modernes nécessite une vigilance extrême, faute de quoi des crises systémiques peuvent survenir.
Mais l’innovation réglementaire de Dubaï ne se limite pas à la technique : elle s’enracine aussi dans l’adaptation culturelle. En 2023, VARA a collaboré avec le Conseil des services financiers islamiques (IFSB) pour publier les « Lignes directrices sur la conformité islamique des actifs cryptographiques », apportant une dimension religieuse unique à l’écosystème. Ces lignes directrices précisent :
· Interdire l’investissement dans des projets blockchain liés au jeu, à l’alcool ou autres substances interdites ;
· Les stablecoins doivent être adossés à des actifs conformes à l’islam (or, immobilier, etc.) ;
· Les contrats intelligents doivent respecter le principe islamique de « liberté contractuelle ».
Cette double conformité « religion + technologie » fait de Dubaï la tête de pont du monde islamique dans les cryptomonnaies. L’interdiction islamique de l’intérêt (Riba) et de l’incertitude excessive (Gharar), ainsi que l’accent mis sur le partage des risques, trouvent une correspondance dans la décentralisation et les contrats intelligents des cryptos. Dès 2018, la Banque islamique de Dubaï (DIB) a lancé un service de garde de cryptos conforme, définissant le Bitcoin comme un « or numérique », contournant habilement l’interdiction des intérêts. La plateforme DeFi islamique Amanah, basée sur Polygon, propose des services de staking et de prêt conformes à la charia, avec un rendement annuel d’environ 3,5 %, attirant les riches du Golfe. Cette tension et cette fusion constituent le charme singulier de l’écosystème crypto du Moyen-Orient.
Le plan de résonance entre IA et Web3
Les ambitions de Dubaï vont bien au-delà. En 2024, le DIFC a lancé le « Campus Dubai Intelligence Artificielle et Web3.0 », créant le plus grand cluster IA au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Installé dans le bâtiment DIFC Innovation One, ce campus concentre les applications de l’IA et du Web3 dans les industries clés de demain, attirant de nombreux entrepreneurs et ingénieurs. Grâce à cela, Dubaï a occupé la 6e place mondiale dans le domaine des FinTech selon l’indice 2021 des centres financiers mondiaux (GFCI), et la 8e au classement général. Contrairement à New York, Londres ou Shanghai, l’ascension de Dubaï repose fortement sur l’économie cryptographique.
Dès 2013, les ÉAU ont lancé le « Smart Dubai Initiative », utilisant la blockchain pour améliorer l’efficacité gouvernementale, faisant évoluer celle-ci d’un outil de paiement (1.0) à une application financière (2.0), puis à une gestion administrative (3.0). Aujourd’hui, cette vision commence à prendre forme. La « Stratégie numérique 2030 », publiée en 2021, vise à faire de Dubaï un centre mondial de la blockchain, générant une valeur économique de 150 milliards de dollars. En 2023, Dubaï a lancé une « stratégie métavers », visant à devenir la capitale du monde virtuel. Cette transformation d’une économie « post-pétrole » vers une « civilisation numérique » découle d’une compréhension profonde de l’après-pétrole. Comme l’a dit le cheikh de Dubaï : « Personne ne se souvient du deuxième. » Sur la piste du Web3, Dubaï veut être le premier.
Un nouveau centre mondial de blanchiment ?
Cependant, les politiques réglementaires très en avance de Dubaï suscitent naturellement des controverses. Les surnoms ironiques de « centre mondial de blanchiment » ou de « hub d’optimisation de liquidité des actifs virtuels » remettent en question sa légitimité. À Dubaï, où personne ne prend position, la frontière entre innovation et escroquerie n’est pas claire.
Les cheikhs des ÉAU sont peut-être les plus grands « gestionnaires de hedge funds » au monde. Tandis qu’ils vendent massivement le pétrole souterrain, ils empilent en pleine lumière, avec de l’or et des dollars, une nouvelle génération de « puits de pétrole » – des gratte-ciel remplis d’illusions de richesse – transformant les factures de carte de crédit générées par les flux incessants de visiteurs en un nouveau « pipeline pétrolier ».
Dubaï offre une illusion à tous ses visiteurs. Les millionnaires y apportent leur argent sale et le « blanchissent » facilement par l’immobilier ou l’investissement. En 2024, les ÉAU ont attiré plus de millionnaires (actifs nets supérieurs à 1 million de dollars) que tout autre pays, dépassant largement les États-Unis. Quant aux rêveurs venus les mains vides, espérant s’enrichir rapidement, les dispositifs de torture (bâtons électriques, cages) dans les zones d’escroqueries comme Ras al-Khaimah ou Oasis ne cessent de s’intensifier.
La « stratégie métavers » annoncée en 2023 par le prince héritier de Dubaï illustre parfaitement cette capacité à transformer l’illusion en profit. Des mirages du désert aux ventes de NFT, en passant par les terrains virtuels des bâtiments gouvernementaux, Dubaï reste en première ligne de la frontière entre réel et virtuel. Quand vous parlez argent avec les cheikhs, ils tapotent votre épaule et disent : « Nous ne nous occupons pas de l’argent, seulement des rêves », car le casino leur appartient toujours. Que ce soit du pétrole ou du bitcoin, les chasseurs de fortune du monde entier finissent inévitablement par s'incliner devant la Burj Khalifa.
III. Le front cybernétique de l’île Palm : l’écosystème des cryptomonnaies à Dubaï
L’écosystème Web3 de Dubaï ressemble à un miracle artificiel sur l’île Palm : une oasis cybernétique arrosée de code, de capital et d’ambition. Des codes QR en USDT sur les stands de shawarma aux paiements en bitcoin à l’hôtel Burj Al Arab, la ville a intégré les cryptomonnaies jusqu’aux capillaires de la vie quotidienne, créant un front numérique où réel et virtuel s’entremêlent. La fièvre des grands exchanges à Dubaï : la halte désertique des géants mondiaux Comme la chute de l’Empire ottoman avait poussé vers les grandes découvertes maritimes, la tempête réglementaire mondiale a propulsé Dubaï au rang de terre promise du Web3. En novembre 2022, Binance a obtenu une licence de services financiers (FSP) de l’Autorité de régulation des services financiers (FSRA) du Marché mondial d’Abou Dabi (ADGM), une étape clé pour son implantation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). En 2025, Binance a reçu une injection de 2 milliards de dollars de MGX, Abou Dabi. Cet investissement massif, piloté par Tahnoun bin Zayed Al Nahyan, membre clé de la famille régnante, marque non seulement un tournant dans l’histoire de Binance, mais aussi l’engagement profond du capital émirati dans le Web3. MGX relève du Conseil émirati pour l’intelligence artificielle (AIATC) et avait auparavant investi dans OpenAI et Anthropic, révélant une ambition transversale allant de l’IA à la blockchain.
Les autres géants suivent. Bybit, Coinbase, OKX, HTX ont successivement établi leurs sièges ou bureaux régionaux à Dubaï. En octobre 2024, OKX a obtenu une licence de VARA, devenant le dernier exchange à être officiellement homologué. En 2020, Ripple a installé son siège régional au DIFC, évitant ainsi la pression réglementaire de la SEC américaine, et a collaboré avec la National Bank of the Emirate (ENBD) pour réduire le temps de virement entre le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est de 3 jours à 3 secondes, démontrant la valeur pratique de la blockchain. En 2022, Kraken est devenu le premier exchange à proposer un échange direct en dirhams émiratis, abaissant l’accès local. Les institutions d’asset management comme Cobo et Amber accélèrent aussi leur implantation, demandant dès 2020 des licences auprès de la SCA et de VARA pour répondre à la demande de gestion de patrimoine au MENA.
Dubaï n’est pas le plus grand marché crypto du Moyen-Orient – l’Arabie saoudite, avec une population et des volumes plus importants, est troisième, les ÉAU cinquièmes. Mais Dubaï, grâce à sa clarté réglementaire et à ses infrastructures, devient le « visage » régional. En 2023, un rapport de Bitget montre que l’adoption des cryptos au Moyen-Orient a bondi de 166 %, les ÉAU menant avec 7 % du volume mondial et 25 milliards de dollars d’échanges. Selon Chainalysis, l’industrie crypto de Dubaï génère environ 100 milliards de dirhams (27,25 milliards de dollars), soit 4,3 % du PIB des ÉAU. Fin 2024, Dubaï abrite plus de 1400 startups blockchain, valorisées à 24,5 milliards de dollars, soutenues par plus de 90 fonds d’investissement et 12 incubateurs, formant un écosystème fermé. Le Crypto Centre du DMCC recense 460 entreprises locales blockchain, plus de la moitié de la ville, et la Suisse a même créé Crypto Valley ici, formant Crypto Oasis, reliant deux grands centres crypto.
Token2049 et les sommets de l’industrie : le défilé Victoria’s Secret du monde crypto
Token2049 Dubaï est le baromètre mondial du Web3, rassemblant cadres d’exchange, développeurs blockchain, investisseurs et décideurs politiques. Pendant le sommet 2024, des files de Lamborghini stationnaient devant l’hôtel Burj Al Arab, des mannequins russes en bikini arborant les logos des exchanges distribuaient des prospectus, des projets GameFi coréens lançaient des « NFT fractionnés » dans des soirées piscine, rappelant un « défilé Victoria’s Secret du monde crypto ». Dans la salle, des responsables VARA et le PDG de Binance CZ discutaient du bac à sable réglementaire et de l’avenir des CBDC ; dehors, les DJs des boîtes de nuit de Palm Jumeirah utilisaient des contrats intelligents pour répartir instantanément les recettes des billets, une transparence blockchain impressionnante. Ce sommet n’est pas seulement un festin de technologie et de capital, mais aussi un reflet de la stratégie dubaïote « construire un nid pour attirer les phénix ».
L’engouement de Dubaï pour les sommets va bien au-delà. En octobre 2023, l’exposition Gitex Tech, avec son pavillon blockchain et métavers, a attiré des professionnels venus de Asia Token2049, présentant des projets de pointe allant de la vérification d’identité décentralisée aux protocoles DeFi pilotés par l’IA. En mai 2024, le Sommet FinTech de Dubaï a réuni plus de 10 000 décideurs, 300 penseurs et 200 exposants, centré sur la révolution des paiements et la finance sur chaîne. En 2023, le Congrès du métavers du Moyen-Orient a rassemblé 300 experts de 40 organisations pour explorer les applications stratégiques des terrains virtuels et de la numérisation culturelle. Ces sommets ne sont pas seulement des vitrines technologiques, mais aussi les antennes de Dubaï pour connecter le réseau Web3 mondial.
Les événements de Dubaï mettent aussi en valeur ses atouts linguistiques et culturels. La maîtrise de l’anglais et la vision globale des responsables émiratis brillent lors d’événements comme Gitex, tandis que certains représentants chinois de projets Web3 peinent parfois à s’exprimer. Un cadre de Binance a été critiqué pour son accent lors d’un événement, soulignant les exigences élevées de Dubaï en communication internationale. L’incubateur FinTech Hive du DIFC et le Dubai Future District Fund (doté de 1 milliard de dirhams par le cheikh en 2020) capturent précisément les projets innovants via ces sommets et roadshows : en 2023, 584 startups ont été incubées, couvrant les paiements, la finance sur chaîne et les applications métavers.
Les applications et usages typiquement dubaïotes : de la rue au cloud, une vie numérique
Révolution des paiements : des shawarmas aux villas, toutes les transactions sur chaîne
L’écosystème des paiements de Dubaï intègre les cryptomonnaies au quotidien. Dans l’aquarium du Dubai Mall, des requins nagent devant des graphiques de cours du bitcoin, et les distributeurs de cryptos pullulent plus que les toilettes publiques. Les stands de shawarma affichent des QR codes « USDT accepté », les touristes utilisent BitOasis pour échanger des dirhams, paient leur chambre au Burj Al Arab. En 2023, les boutiques Cartier et Rolex ont commencé à accepter les paiements en USDT, poussant encore plus loin la digitalisation des dépenses haut de gamme. Citizens School est devenue la première école du Moyen-Orient à accepter les frais de scolarité en bitcoin et en ethereum, suscitant des plaisanteries du type : « Payer en ETH, c’est apprendre la mentalité Web3. »
L’immobilier est un pilier majeur des paiements cryptos. En 2023, des promoteurs ont accepté le Dogecoin pour l’achat de biens, et Kiklabb, une organisation autorisée, a soutenu les paiements cryptos. Une enquête YouGov montre que 40 % des utilisateurs voient les cryptos comme un moyen efficace de virement international, 36 % aimeraient payer avec une carte crypto, 20 % sont intéressés par les cadeaux en crypto. En 2019, l’hôtel Rixos Premium a installé le premier distributeur de bitcoins de Dubaï, permettant aux touristes d’acheter des bitcoins directement en espèces. En 2023, LucidPay a lancé un stablecoin basé sur Tezos, certains hôpitaux acceptent les dons en bitcoin, la transparence blockchain réduisant les coûts de confiance dans le secteur caritatif. En 2022, un diamant noir a été vendu aux enchères cryptos pour 4,3 millions de dollars, l’acheteur Richard Hert payant en bitcoin, suscitant un débat public.
La collaboration entre Ripple et ENBD a porté l’efficacité des virements internationaux au niveau de la seconde. Une étude 2023 indique que 64 % des sociétés de paiement du Moyen-Orient prévoient qu’au cours des trois prochaines années, plus de la moitié des commerçants accepteront les paiements cryptos. En 2024, un rapport de la plateforme Deel montre que les retraits en cryptomonnaies des salariés de Dubaï sont les plus élevés du Moyen-Orient, l’Ethereum représentant 51 %, suivi par USDC et le bitcoin. Ce système de paiement n’est pas seulement une avancée technologique, mais aussi une réponse stratégique aux ombres du système SWIFT : la nature sans frontières des cryptomonnaies devient une alternative à l’hégémonie du dollar.
Jeux blockchain et NFT : une suite à mille et une nuits
La stratégie métavers est le grand récit de Dubaï. En 2022, le prince héritier Hamdan a annoncé un plan quinquennal pour entrer dans le top 10 des économies métavers mondiales, attirer plus de 1 000 entreprises et créer 40 000 emplois virtuels. En 2023, DEWA, la société d’eau et d’électricité de Dubaï, a lancé la plateforme DEWAverse, permettant aux clients de payer leurs factures en espace virtuel et aux employés de suivre des formations sur chaîne. En 2024, BEDU a présenté au Musée du Futur de Dubaï le projet 2117, visant à attirer 100 millions d’utilisateurs dans son écosystème métavers, couvrant l’éducation, l’art et les réseaux sociaux.
VARA a fait preuve d’une vision cybernétique remarquable : en 2022, elle a acquis un terrain virtuel dans The Sandbox, devenant le premier organisme de régulation au monde à avoir un siège au métavers. En 2023, Wemade et Whampoa Digital ont lancé un fonds Web3 de 100 millions de dollars, axé sur le métavers et les jeux blockchain. ResearchAndMarkets prévoit un taux de croissance annuel composé de 32,1 % pour le marché NFT de Dubaï entre 2022 et 2028.
L’écosystème des jeux blockchain de Dubaï, bâti sur le métavers, devient une nouvelle plateforme d’exportation culturelle des ÉAU. En 2024, les ÉAU ont créé la « Game Valley du métavers », attirant des projets leaders comme AxBienvenue dans la communauté officielle TechFlow
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