
L'arrivée de PayFi : points clés juridiques et de conformité pour les paiements transfrontaliers en cryptomonnaies
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L'arrivée de PayFi : points clés juridiques et de conformité pour les paiements transfrontaliers en cryptomonnaies
Cet article se concentre sur le paiement transfrontalier en cryptomonnaies, comparant les différences de modèle commercial avec le paiement transfrontalier traditionnel.
Rédaction : Zheng Hongde, Shao Jiaodian
Si l’on considère l’argent comme une forme d’énergie, chaque innovation des moyens et outils de paiement s’accompagne d’un bond en avant de l’efficacité sociale et d’une reconfiguration des structures de pouvoir — qu’il s’agisse de coquillages, d’or et d’argent, de billets, ou encore des paiements mobiles. L’apparition des cryptomonnaies marque une nouvelle étape de ce processus, et une révolution menée par le PayFi (paiement financier) est en cours, redéfinissant progressivement la logique fondamentale des échanges de valeur à l’échelle mondiale, avec les portefeuilles numériques comme point d’entrée.
Comme son nom l’indique, PayFi combine « Pay » (paiement) et « DeFi » (finance décentralisée). Cette fusion vise à appliquer efficacement les cryptomonnaies dans les scénarios de paiement grâce à la technologie blockchain, tout en optimisant la valeur temporelle des fonds. Dans le monde que certaines personnes attribuent au PayFi, il n’existe plus de dépôts inactifs, mais uniquement une valeur en perpétuel mouvement…
Dans cette vision du PayFi, la composante « paiement » joue un rôle essentiel. Le traitement des paiements transfrontaliers en cryptomonnaies, élément central de ce système, utilise la technologie blockchain pour permettre des transferts internationaux à faible coût et règlement instantané, servant ainsi de pont entre consommateurs et commerçants à travers le monde. Toutefois, la croissance rapide de ces services soulève également des défis complexes en matière de conformité juridique, notamment sous la réglementation stricte de Chine continentale et dans un cadre international diversifié, où la légalité et la conformité deviennent les préoccupations principales des entreprises souhaitant développer leurs activités.
Cet article, signé par le cabinet d’avocats ManQin, se concentre sur les services de paiement transfrontalier en cryptomonnaies. Il compare leurs modèles opérationnels à ceux des systèmes traditionnels et offre des conseils professionnels aux entrepreneurs désireux de saisir cette opportunité, tout en exposant les défis juridiques et réglementaires auxquels ils sont confrontés.
Paiement traditionnel VS Paiement en cryptomonnaie : repenser les paiements transfrontaliers
1. Qu’est-ce qu’un service d’encaissement ?
Un service d’encaissement (« Acquiring Service ») désigne les services fournis par des institutions financières ou des prestataires de paiement aux commerçants, leur permettant d’accepter des paiements, d’effectuer le règlement et le déversement des fonds. En termes simples, il s’agit d’aider les commerçants à recevoir les paiements des consommateurs et à transférer les fonds vers leur compte bancaire.
Un plateforme d’encaissement en cryptomonnaie est un système qui permet aux commerçants d’accepter les paiements effectués par les consommateurs via des cryptomonnaies. La plateforme se charge ensuite de convertir les cryptomonnaies reçues en monnaie fiduciaire (monnaie légale), puis transfère ces fonds sur le compte bancaire du commerçant.
2. Encaissement transfrontalier traditionnel : un rongeur de profits
Les services d’encaissement transfrontaliers concernent généralement les entreprises qui acceptent des paiements venant de clients du monde entier, particulièrement dans les secteurs du commerce électronique international, du commerce de services et du divertissement numérique. Cependant, ces services traditionnels rencontrent plusieurs problèmes :
Frais élevés : Les paiements transfrontaliers classiques reposent sur les banques ou des intermédiaires de paiement tiers (comme PayPal ou Stripe), entraînant des frais multiples par transaction — frais de passerelle de paiement, frais de transfert international, frais de conversion monétaire, etc. Ces coûts cumulés peuvent représenter 3 % à 6 %, voire davantage, du montant total de la transaction. Pour les petites et moyennes entreprises (PME) à marge étroite ou les commerces réalisant de nombreuses transactions de faible valeur, cela constitue une pression financière importante.
Délais de règlement longs : Dans les systèmes traditionnels, le trajet des fonds, depuis le paiement du client jusqu’au compte de l’entreprise, ressemble à un « long périple ». Un virement bancaire international prend généralement entre 3 et 5 jours ouvrables, parfois davantage. Lorsque des monnaies peu utilisées sont impliquées (comme le shilling kényan ou le sol péruvien), les délais peuvent atteindre une semaine. Cela ralentit non seulement la rotation de trésorerie de l’entreprise, mais peut aussi nuire au bon fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement.
Risque de fluctuations des taux de change : Les paiements transfrontaliers impliquent souvent plusieurs conversions monétaires, chacune étant sujette aux variations imprévisibles des taux de change. Dans les marchés émergents, une dévaluation monétaire ou des contrôles des changes peuvent entraîner des pertes supplémentaires pour l’entreprise.
Difficultés de prise en charge des monnaies mineures : Les systèmes de paiement traditionnels offrent un bon support pour les grandes devises (dollar américain, euro, yuan chinois), mais sont souvent inefficaces face aux monnaies locales moins répandues (comme le dong vietnamien ou le naira nigérian). De nombreux prestataires ne prennent pas en charge ces monnaies ou recourent à des conversions multiples qui augmentent les coûts, rendant difficile l’accès à ces marchés à fort potentiel.
Ces difficultés combinées forment une barrière invisible qui grignote les bénéfices des entreprises, en particulier les PME qui n’ont pas la capacité de négocier des tarifs réduits avec les grandes banques. Le modèle traditionnel d’encaissement transfrontalier peine désormais à répondre aux exigences modernes en matière d’efficacité, de coût et de flexibilité. C’est précisément dans ce contexte que les plateformes d’encaissement basées sur les cryptomonnaies cherchent à ouvrir une nouvelle voie, en exploitant la technologie blockchain.
3. Encaissement en cryptomonnaie : repenser les paiements transfrontaliers
Modèle opérationnel
L’encaissement en cryptomonnaie optimise les flux de paiement international grâce à la technologie blockchain et aux monnaies numériques (telles que les stablecoins ou le bitcoin), contournant les intermédiaires financiers traditionnels pour permettre un règlement rapide et à faible coût. Des plateformes comme KUN Pay et BlockBee fournissent aux commerçants des systèmes de paiement cryptographiques. Les entreprises peuvent s’y connecter rapidement via une API ou une interface personnalisée, accepter les paiements en cryptomonnaies de leurs clients, les convertir en monnaie fiduciaire et les transférer vers leur compte bancaire, favorisant ainsi l’expansion et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle.
Exemples concrets : KUN Pay & BlockBee
KUN Pay : Proposé par KUN, ce service cible spécifiquement les entreprises (toB) et propose des solutions d’encaissement transfrontalier basées sur des stablecoins (comme l’USDT). Il prend en charge le règlement en temps réel, la conversion en monnaie fiduciaire, le versement de commissions mondiales et les paiements programmés, idéal pour les entreprises du e-commerce international et du commerce de services.

BlockBee : Passerelle de paiement légère, elle prend en charge l’encaissement de plusieurs cryptomonnaies (bitcoin, ethereum, etc.) et propose une intégration simple via API ainsi qu’une conversion immédiate en monnaie fiduciaire. Destinée aux petites entreprises et aux utilisateurs individuels, elle privilégie la rapidité de déploiement et la flexibilité.

Avantages marqués de l’encaissement en cryptomonnaie
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Réduction significative des coûts : Les frais traditionnels de 3 % à 6 % tombent à 0,5 % - 1 %, supprimant les frais de passerelle et les coûts liés aux multiples conversions, ce qui représente des économies substantielles pour les PME à faible marge.
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Accélération du règlement : Grâce à la blockchain, le délai de règlement passe de 3 à 5 jours à quelques minutes, voire quelques secondes, améliorant ainsi drastiquement l’efficacité de la trésorerie et permettant un fonctionnement plus agile de l’entreprise.
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Atténuation du risque de change : Par l’utilisation de stablecoins ou de mécanismes de conversion en temps réel, on évite les multiples conversions et les fluctuations de change, ce qui bénéficie particulièrement aux activités dans les marchés émergents.
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Couverture des monnaies mineures : Les cryptomonnaies dépassent les limites géographiques et permettent d’accepter des paiements en dong vietnamien, naira nigérian, etc., facilitant ainsi l’expansion vers des marchés à fort potentiel.

Synthèse comparative
KUN Pay et BlockBee illustrent tous deux la valeur fondamentale de l’encaissement transfrontalier en cryptomonnaie : faible coût, rapidité et transparence. Comparés aux systèmes traditionnels, ils réduisent conjointement les coûts, améliorent l’efficacité et élargissent la couverture des marchés, offrant ainsi aux PME un nouvel outil compétitif à l’échelle mondiale, avec un potentiel immense. Ce modèle révolutionnaire attire naturellement de nombreux entrepreneurs. Mais entreprendre n’est pas sans obstacles : la conformité réglementaire reste une étape cruciale qu’il ne faut pas négliger. Développer et exploiter un tel service comporte de nombreux risques juridiques.
Souhaitez-vous saisir cette opportunité ? Conseils clés pour éviter les pièges juridiques
1. Peut-on exercer une activité d’encaissement en cryptomonnaie en Chine continentale ?
Le développement d’un service d’encaissement transfrontalier en cryptomonnaie en Chine continentale, surtout lorsqu’il cible des résidents locaux, rencontre d’importants obstacles juridiques et pourrait même constituer les infractions suivantes :
Infraction d’exploitation illégale
Selon l’avis publié le 24 septembre 2021 intitulé « Avis sur le renforcement de la prévention et de la gestion des risques liés à la spéculation sur les monnaies virtuelles », les activités d’échange entre monnaie légale et monnaie virtuelle sont qualifiées d’activités financières illégales et strictement interdites. Une plateforme d’encaissement qui fournit des services de conversion, de transaction ou de règlement entre cryptomonnaies et monnaie fiduciaire pourrait violer l’article 225 du Code pénal de la République populaire de Chine relatif à l’« exploitation illégale », s’exposant ainsi à des sanctions administratives ou pénales.
Blanchiment d’argent
En raison de leur caractère anonyme et confidentiel, les cryptomonnaies peuvent avoir une origine liée à des activités criminelles (fraude, collecte illégale de fonds, etc.). Si l’exploitant sait ou devrait savoir que les fonds proviennent d’activités illégales, et continue malgré tout à fournir des services d’encaissement ou de conversion, facilitant ainsi le transfert ou la transformation de ces fonds, il pourrait être reconnu coupable de « blanchiment d’argent » au sens de l’article 191 du Code pénal.
Conformité aux règles de change et risques pour les utilisateurs
Les activités d’encaissement en cryptomonnaie impliquent des flux transfrontaliers de capitaux, ce qui peut enfreindre les réglementations sur les changes. Selon l’article 45 des « Règlements sur la gestion des changes », toute personne effectuant des opérations de change sans autorisation de l’Administration d’État des changes commet une infraction passible d’amendes ou de confiscation des gains illégaux.
Il est donc fortement déconseillé aux opérateurs d’encaissement transfrontalier en cryptomonnaie d’exercer en Chine continentale des activités de conversion, de transaction ou de règlement entre cryptomonnaies et monnaie fiduciaire, afin d’éviter tout risque pénal ou administratif. Ils doivent veiller à ce que leurs activités respectent pleinement les lois et réglementations chinoises.
2. Et si on s’implante à l’étranger ? Les défis réglementaires restent importants
Bien qu’il soit impossible d’opérer en Chine continentale, de nombreuses PME voient une opportunité à l’international. De nombreux entrepreneurs sont prêts à tenter leur chance sur les marchés étrangers via l’encaissement en cryptomonnaie. C’est effectivement un domaine prometteur, mais la conformité réglementaire agit comme un « frein majeur » : de la création de l’entreprise à l’obtention des licences, en passant par l’exploitation et la fiscalité, une erreur à n’importe quelle étape peut compromettre toute l’entreprise. Voici quelques points clés de conformité à considérer :
Faire face à une réglementation multinationale : Licences et AML/KYC sont indispensables
Pour réussir à l’international, la première étape consiste à respecter les règles locales, faute de quoi amendes, blocages ou arrêt total de l’activité sont à craindre.
Obtention de licences obligatoire
Chaque juridiction exige une « autorisation » pour opérer légalement :
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Aux États-Unis, il faut s’enregistrer auprès du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) en tant qu’entreprise de services monétaires (MSB). En plus du niveau fédéral, des licences spécifiques peuvent être requises selon les réglementations de chaque État.
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Dans l’Union européenne, il faut obtenir une licence CASP (prestataire de services sur actifs cryptographiques) en vertu de la loi MiCA (Markets in Crypto-Assets Regulation).
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À Hong Kong, si l’activité inclut des services de change ou de transfert d’argent, une licence MSO (Money Service Operator) doit être demandée.
Mise en œuvre rigoureuse de l’AML/KYC
La lutte contre le blanchiment d’argent et la vérification de l’identité sont surveillées de près à l’échelle mondiale :
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Aux États-Unis, les politiques AML (anti-blanchiment) et KYC (Know Your Customer) doivent être strictement appliquées : vérification de l’identité des clients, surveillance des transactions et déclaration des opérations suspectes (SAR).
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Dans l’UE et à Hong Kong, il faut se conformer aux réglementations AML, mettre en œuvre KYC et respecter la « règle du voyage » du GAFI (Groupe d'action financière), qui exige l’enregistrement des informations d’identité des deux parties à la transaction et l’exécution des diligences nécessaires.
Conséquences en cas de non-conformité : Opérer sans licence expose à des amendes ou au blocage complet de l’activité, mettant fin au rêve entrepreneurial. Ne pas vérifier l’identité ou omettre des rapports peut entraîner des sanctions financières ruinantes et un placement sur liste noire, limitant ainsi toutes les activités internationales.
La fiscalité est incontournable
Convertir des cryptomonnaies en monnaie fiduciaire peut générer des obligations fiscales dans plusieurs juridictions. Pour réduire les risques, les opérateurs d’encaissement doivent informer les utilisateurs de leurs responsabilités fiscales et préciser les exigences de conformité dans leurs conditions d’utilisation, afin d’éviter des problèmes affectant l’exploitation ou le renouvellement de la licence.
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Aux États-Unis, la conversion de cryptomonnaies en monnaie fiduciaire est considérée comme une cession d’actif, soumise à l’impôt sur les plus-values. L’utilisateur doit déclarer cela à l’IRS. L’opérateur doit fournir les relevés de transaction et rappeler aux utilisateurs leurs obligations annuelles de déclaration, pour éviter des amendes dues à l’absence de déclaration.
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Dans l’UE, les règles fiscales varient selon les pays. En Allemagne, par exemple, les cryptomonnaies sont considérées comme des « biens privés » ; tout gain provenant d’une conversion après moins d’un an de détention est imposable. L’opérateur doit inciter les utilisateurs à conserver les justificatifs de conversion et à coopérer avec les audits fiscaux.
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À Hong Kong, bien qu’aucune politique fiscale spécifique sur les cryptomonnaies n’ait encore été publiée par l’administration fiscale, tout revenu généré par un service de conversion opéré sur place est soumis à l’impôt sur les sociétés. Les particuliers ne paient pas d’impôt sur leurs conversions pour l’instant, mais doivent rester vigilants face à d’éventuels changements réglementaires.
Conséquences en cas de non-conformité : Obligation de payer des arriérés d’impôts et des amendes, suspension de licence, perte de clients et dommages à la réputation.
Synthèse du cabinet ManQin
L’émergence du PayFi ouvre des opportunités révolutionnaires pour les services d’encaissement transfrontalier en cryptomonnaies. Des plateformes comme KUN Pay et BlockBee utilisent la technologie blockchain pour offrir des paiements mondiaux à faible coût et haute efficacité, redéfinissant ainsi le paysage traditionnel de l’encaissement international. Toutefois, cette innovation n’est pas sans limites. Sous le régime strictement encadré de la Chine continentale et dans un environnement juridique international fragmenté, la conformité devient une question centrale pour toute entreprise souhaitant se développer.
En Chine continentale, les activités d’encaissement en cryptomonnaies sont qualifiées d’activités financières illégales par la réglementation en vigueur. Le risque de franchir les lignes rouges des infractions d’« exploitation illégale » ou de « blanchiment d’argent » est très élevé. Les opérateurs doivent donc absolument éviter de cibler les résidents locaux. À l’international, le potentiel est grand, mais les obstacles restent nombreux : réglementations nationales multiples, obtention de licences, obligations AML/KYC et conformité fiscale forment autant de « freins » à surmonter. La conformité n’est pas seulement une obligation légale, elle est aussi un bouclier vital pour la survie et la croissance de l’entreprise.
Pour les entrepreneurs désireux de profiter de la vague du PayFi, seul un développement rigoureusement encadré par la conformité permettra de transformer le potentiel en réalité. Le cabinet d’avocats ManQin, spécialisé dans les services juridiques pour l’écosystème Web3, accompagne vos projets d’expansion internationale. N’hésitez pas à nous contacter pour toute question !
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