
Après l'élection présidentielle américaine, combien de temps durera la vague de popularité des marchés prédictifs comme Polymarket ?
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Après l'élection présidentielle américaine, combien de temps durera la vague de popularité des marchés prédictifs comme Polymarket ?
L'analyse indique que les nouveaux utilisateurs de Polymarket sont susceptibles de continuer à utiliser la plateforme après le cycle électoral américain.
Auteur : Animoca Digital Research
Traduction : ChainCatcher
Questions clés
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Pourquoi le monde a-t-il besoin de Polymarket ?
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La popularité de Polymarket durera-t-elle après l'élection présidentielle américaine ?
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Polymarket est-il la prochaine application phare des cryptomonnaies ?
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Polymarket va-t-il lancer un jeton ?
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Polymarket est un marché prédictif sur blockchain qui résout un problème crucial d'information manquante, en offrant une représentation quantifiée des probabilités, absente jusqu'alors dans les médias d'actualité et les discussions sociales.

Résumé
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La plateforme a connu une croissance significative ces six derniers mois. De avril à octobre, son volume mensuel d'échanges est passé de 40 millions à 2,5 milliards de dollars, tandis que le montant total des positions ouvertes est passé de 20 millions à 400 millions de dollars. Le capital verrouillé atteint désormais un niveau comparable à celui des principales bourses décentralisées (DEX) comme SushiSwap AMM V3, voire égalise la valeur totale verrouillée (TVL) de réseaux entiers comme TON.
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En octobre, Polymarket a enregistré 35 millions de visites sur son site web, soit deux fois plus que des sites de paris populaires comme FanDuel. Ses prévisions pour l’élection présidentielle américaine ont été fréquemment citées par des médias traditionnels tels que The Wall Street Journal et Bloomberg. Cette croissance indique que Polymarket est passé d’un projet reconnu dans l’écosystème crypto à une plateforme capable d’atteindre un public généraliste, marquant ainsi une étape cruciale vers l’adoption massive tant attendue du Web3.
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Notre analyse montre que les nouveaux utilisateurs de Polymarket sont susceptibles de continuer à utiliser la plateforme après le cycle électoral américain. Environ les trois quarts des utilisateurs effectuent des transactions sur des sujets non liés aux élections, ce qui témoigne d’un intérêt soutenu pour une grande diversité de thèmes.
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Polymarket n’a pas encore arrêté de décision officielle concernant l’émission d’un jeton. L’entreprise explore actuellement la possibilité d’introduire un jeton destiné à valider les résultats d’événements du monde réel, mais aucune annonce formelle n’a été faite.
Introduction
Polymarket est une plateforme de marchés prédictifs basée sur la blockchain, fondée en 2020 par Shayne Coplan, alors âgé de 22 ans. Son lancement opportun lui a permis d’attirer rapidement une attention massive pendant le cycle électoral américain de 2020. Malgré les fluctuations ultérieures du marché des cryptomonnaies, Polymarket a survécu avec ténacité et revient en 2024 avec une popularité renforcée.
Les marchés prédictifs constituent une forme innovante de plateforme où les participants peuvent créer et échanger des contrats portant sur la réalisation ou non d’événements futurs. En pariant sur une option « Oui » ou « Non », ces marchés agrègent l’opinion collective, le prix du contrat « Oui » reflétant ainsi la probabilité consensuelle qu’un événement se produise à un moment donné. Ce mécanisme de fixation des prix en temps réel fournit des aperçus précieux sur les attentes publiques.
Le suivi en temps réel de la probabilité des événements est souvent négligé par les médias d’information et les réseaux sociaux. Bien que l’élection présidentielle américaine attire une attention considérable, il n’existe pas de plateforme centralisée capable d’intégrer instantanément les développements quotidiens en évaluations quantifiées. Le système du collège électoral complique davantage les prévisions, ce qui explique pourquoi des sites comme FiveThirtyEight se concentrent principalement sur les sondages, sans fournir de cotes claires sur les gagnants potentiels.

Polymarket comble cette lacune grâce à ses marchés prédictifs sur l’élection présidentielle. Les nouvelles informations – activités des candidats, sondages – se reflètent immédiatement dans les prix des contrats associés. Cette capacité de quantification et de mise à jour instantanée a contribué à la popularité rapide de Polymarket, qui est devenu une référence courante dans les discussions sociales autour de l’élection.
Dans un avenir proche, les tendances probabilistes de Polymarket pourraient devenir des graphiques communs dans les bulletins d’information grand public. Il n’est pas difficile d’imaginer que des chaînes comme CNN ou ABC incorporent progressivement des graphiques en temps réel dans leurs reportages, tout comme CNBC ou Bloomberg TV, offrant ainsi au public des analyses basées sur des données comparables à celles du journalisme financier.
Comment Polymarket est-il devenu populaire ?
Origines
Fondé par Shayne Coplan en 2020, juste avant l’élection présidentielle américaine, Polymarket a rapidement attiré l’attention grâce à un événement prédictif majeur : « Trump remportera-t-il l’élection présidentielle américaine de 2020 ? ». Cet événement a suscité un fort engouement, générant près de 10,8 millions de dollars de volume d’échanges en quelques mois, poussant le volume mensuel de la plateforme à dépasser temporairement 25,9 millions de dollars.
La plateforme a également retenu l’attention de personnalités influentes telles que Vitalik Buterin, qui a salué son potentiel dans un article de blog en 2021. Même si Polymarket restait alors relativement confidentiel, certains de ses marchés les plus populaires avaient déjà généré plus d’un million de dollars d’échanges, révélant un potentiel prometteur.
Difficultés réglementaires
En tant que plateforme située entre le pari sportif et le trading de produits dérivés, Polymarket fait face à des défis réglementaires particuliers. Ces difficultés ont culminé en octobre 2021, lorsque la Commission américaine du commerce des matières premières (CFTC) a lancé une enquête sur la plateforme, accusée d’avoir offert des services de trading de contrats à terme non autorisés après sa croissance initiale. En janvier 2022, Polymarket a conclu un accord de transaction avec la CFTC, acceptant de payer une amende de 1,4 million de dollars pour avoir proposé des options binaires sans licence appropriée.

Source : CFTC Official
Dans le cadre de ses efforts de conformité, Polymarket a réorganisé ses opérations en tant que plateforme offshore, interdisant explicitement aux résidents américains d’y participer. L’entreprise a également recruté J. Christopher Giancarlo, ancien commissaire à la CFTC, en tant que conseiller afin de naviguer dans le paysage réglementaire complexe et assurer la conformité future.
Cet accord a levé une partie des incertitudes entourant les activités de Polymarket, permettant aux échanges de retrouver progressivement leur niveau de début 2021. Toutefois, une question essentielle demeurait : quand Polymarket pourrait-il franchir ses limites actuelles pour accéder au grand public ?
Entrée dans le mainstream
Un an après l’accord avec la CFTC, Polymarket a lancé en janvier 2024 un nouveau marché : « Qui gagnera l’élection présidentielle américaine de 2024 ? », relançant aussitôt une vague massive d’activités commerciales. Au fil de l’année, des événements politiques marquants — tentative d’assassinat contre Trump et retrait inattendu de Biden — ont ravivé l’intérêt pour les prévisions électorales. Dans le dernier mois précédant le scrutin, avec la publication progressive des votes anticipés, la popularité de Polymarket a atteint des sommets historiques.


Au cours du cycle électoral 2024, le volume mensuel d’échanges sur Polymarket a explosé, passant de quelques millions de dollars à 50 millions en janvier, puis à près de 400 millions en juillet, dépassant largement 1 milliard en octobre. Le montant total des positions ouvertes — c’est-à-dire l’USDC verrouillé et le montant potentiel à payer si tous les contrats étaient réglés — est passé de 7 millions de dollars le 1er janvier 2024 à environ 400 millions le 1er novembre. Ce capital bloqué dépasse désormais la TVL totale du réseau TON, plaçant Polymarket à la 18e position parmi les infrastructures blockchain en termes de valeur verrouillée.

L’attention portée à Polymarket ne se limite pas à la communauté des traders : sa notoriété dans Google Trends et son trafic web ont grimpé en flèche, reflétant un intérêt public massif. Des médias majeurs tels que The Wall Street Journal, Bloomberg et CNN, ainsi que des figures publiques comme Donald Trump, citent fréquemment les prévisions de Polymarket. Un jalon important dans cette entrée dans le mainstream a été l’intégration des cotes électorales de Polymarket dans le système terminal de Bloomberg en août. Polymarket n’est plus seulement un projet emblématique de l’industrie crypto, il attire désormais un large public — exactement l’objectif longtemps recherché par le secteur Web3.
Le Web3 n’a pas encore atteint l’adoption généralisée, principalement faute d’une « application phare » capable de provoquer un effet similaire à celui de l’iPhone. La collaboration entre Telegram et TON a suscité un grand enthousiasme au sein de la communauté Web3, en raison de son potentiel massif d’adoption. De même, Polymarket explore des directions innovantes susceptibles de repousser les frontières du secteur, en offrant des voies d’engagement accessibles à un public plus large et en rapprochant le Web3 d’une utilisation généralisée.

Activité de la plateforme
Trafic web
Alors que le volume d’échanges et le nombre de participants de Polymarket atteignent des records, son trafic web connaît une hausse spectaculaire. En septembre 2023, Polymarket comptait 2,3 millions de visiteurs uniques et 16 millions de visites totales. En octobre, le nombre total de visites a doublé, atteignant 35 millions, rivalisant avec des plateformes de paris populaires comme FanDuel. FanDuel a enregistré 5 millions de visiteurs uniques et 17 millions de visites en septembre, tandis que Kalshi, un site de marchés prédictifs réglementé, n’a eu que 118 000 visiteurs uniques et 237 000 visites. Polymarket devance nettement ces concurrents.

Sur le plan de l’engagement utilisateur, environ 3 % des visiteurs étaient des traders actifs en juillet, bien que ce ratio ait légèrement baissé ces derniers mois. Cela indique que la majorité du public utilise Polymarket principalement comme source d’information plutôt que pour trader. Ce phénomène s’intensifie avec la montée en notoriété de la plateforme, soulignant son attrait en tant que ressource informative.
Par ailleurs, le rapport entre visites et visiteurs uniques montre qu’un utilisateur visite en moyenne sept fois par mois, révélant un haut niveau d’engagement et de fidélité. Cette combinaison de trafic élevé et d’interaction forte met en lumière le potentiel de Polymarket non seulement comme plateforme d’échange, mais aussi comme source fiable et largement consultée pour les prévisions d’événements majeurs.

La principale source de trafic provient des accès directs via l’URL, signifiant que la plupart des utilisateurs connaissent déjà la plateforme avant de la visiter. Environ 30 % des visiteurs arrivent par recherche naturelle, montrant que beaucoup cherchent spécifiquement « Polymarket » pour y accéder. Les réseaux sociaux représentent environ 5 % du trafic, Twitter étant la principale source, ce qui correspond à son rôle central dans les discussions crypto et électorales.
À noter que les sources payantes, comme les campagnes de recherche ou de bannières publicitaires, sont très marginales, soulignant que la plateforme attire les utilisateurs par sa notoriété et son intérêt organique, plutôt que par la publicité. Ce mix de canaux illustre l’influence croissante de Polymarket, de plus en plus perçu comme une source d’information prédictive fiable.

Géographiquement, plus de la moitié du trafic provient des États-Unis, suivis par quatre alliés étroitement liés dont les intérêts sont fortement affectés par le résultat de l’élection américaine.
Ces observations indiquent que la majorité des utilisateurs de Polymarket l’utilisent désormais comme une référence fixe, la consultant régulièrement pour suivre les événements en cours. Cette tendance confirme la vision du PDG Shayne Coplan, selon laquelle la valeur de Polymarket réside dans la fourniture du « signal informationnel le plus précis sur Internet ».
Marchés

Chaque événement prédictif sur Polymarket comprend généralement un ou plusieurs marchés, chacun structuré autour d’une paire de résultats binaires. Par exemple, lors de l’événement « Élection présidentielle américaine », des marchés distincts existent pour « Trump gagne O/N » et « Harris gagne O/N », ainsi que des marchés secondaires comme « Biden gagne O/N ».
L’équipe de Polymarket crée les nouveaux marchés, prenant en compte les suggestions de la communauté. Fin 2021 et début 2022, l’équipe a tenté de lancer jusqu’à 2 000 marchés par mois, probablement pour stimuler l’engagement. Ce rythme effréné s’est ensuite stabilisé à quelques centaines par mois. Depuis janvier 2024, la création de marchés a repris de manière exponentielle, indiquant que les nouveaux marchés rencontrent un fort succès et une reconnaissance active de la part des utilisateurs.

Depuis janvier 2024, les marchés liés à l’élection présidentielle américaine ont dominé le volume d’échanges, représentant environ 50 % du total au premier semestre, puis dépassant 75 % avec l’augmentation de l’intérêt électoral. Curieusement, malgré cet afflux, les marchés non électoraux continuent d’attirer des volumes substantiels, représentant près de 25 % du volume total. Parmi eux, les marchés sportifs — Super Bowl, Ligue des Champions — se distinguent particulièrement, démontrant une diversité d’intérêts allant au-delà du cycle électoral. Cet équilibre suggère que l’attrait de Polymarket s’étend progressivement vers une plateforme multifonctionnelle.

Utilisateurs
Depuis le milieu de l’année 2024, Polymarket a connu une explosion du nombre de nouveaux inscrits, avec plus de 300 000 nouveaux utilisateurs enregistrés rien qu’en octobre. Cette croissance signifie que 86 % des utilisateurs ont rejoint la plateforme au cours des six derniers mois. En octobre, 235 000 adresses de trading étaient actives, soit 35 % de tous les comptes créés.

Le 3 novembre, Polymarket comptait 327 000 utilisateurs au total, dont la moitié maintenait des positions actives. Parmi ceux-ci, environ 80 000 se concentraient sur les marchés liés à l’élection américaine, tandis que les 247 000 restants participaient à d’autres catégories. Cela montre qu’un engagement significatif existe sur les marchés non électoraux, reflétant un intérêt durable pour la plateforme, susceptible de soutenir sa croissance et sa pertinence même après la fin du cycle électoral.

Une perspective mondiale sur les États-Unis
Ces observations révèlent un phénomène fascinant : bien que la majorité du trafic de Polymarket provienne des États-Unis, les restrictions réglementaires empêchent les résidents américains de participer aux échanges. Cela crée une situation unique : le reste du monde prédit en réalité le prochain président américain, tandis que les Américains observent principalement depuis les tribunes.
Polymarket devient ainsi une plateforme où des participants internationaux apportent une perspective globale sur les événements politiques américains, répondant indirectement à la demande d’un public majoritairement américain.
Fonctionnement de Polymarket
Mécanisme des marchés prédictifs
Les marchés prédictifs remontent aux paris politiques du XVIe siècle, centrés initialement sur la succession papale. Ils permettaient de parier sur des résultats futurs et ont évolué vers des plateformes collectant l’opinion publique sur des événements incertains. En juillet 2018, les marchés prédictifs sont entrés dans l’univers crypto avec Augur, première plateforme décentralisée construite sur Ethereum. Deux ans plus tard, Polymarket a vu le jour, permettant aux utilisateurs de déposer de l’USDC et de parier sur l’issue d’événements variés.
Le fonctionnement des marchés prédictifs s’apparente à celui des marchés à terme : ils créent des contrats payant un montant fixe si un événement se produit, et les participants échangent ces contrats via des ordres d’achat et de vente. Le prix du contrat à chaque instant reflète la probabilité consensuelle attribuée à l’événement.
Historiquement, les marchés prédictifs sont loués pour leur efficacité à intégrer diverses informations, augmentant ainsi la précision des prévisions, comme discuté par James Surowiecki dans *The Wisdom of Crowds*. Ces marchés capturent les opinions dispersées, affinant continuellement les insights collectifs via les estimations probabilistes des participants.
Différences avec les paris traditionnels
Bien que les marchés prédictifs existent depuis longtemps, les marchés de paris traditionnels attirent encore plus de participants. Pour comprendre pourquoi, examinons les différences clés.
Tout d’abord, les marchés prédictifs sont des marchés bidirectionnels, permettant aux participants de sortir de leurs positions à tout moment avant la résolution. Ensuite, ils mettent à jour constamment les cotes consensuelles, reflétant en temps réel l’humeur du public. À l’inverse, les bookmakers ajustent leurs cotes principalement pour équilibrer les pools de paris, minimisant ainsi leur risque. Cette pratique conduit souvent à des corrections excessives, déformant la probabilité réelle de l’événement.

Toutefois, les marchés prédictifs font face à des défis uniques, notamment en matière de liquidité. Pour fonctionner efficacement, ils doivent garantir une liquidité suffisante, ce qui nécessite une source stable de liquidité — via un market maker automatisé (AMM), comme sur les DEX, ou via un carnet d’ordres alimenté par des market makers, comme sur les CEX. Dans les deux cas, des incitations doivent être offertes aux fournisseurs de liquidité, entraînant des coûts pour les traders ou la plateforme elle-même.
Le problème de liquidité est particulièrement aigu pour les événements peu médiatisés. Contrairement aux bookmakers, qui définissent des cotes initiales et regroupent les paris, les marchés prédictifs dépendent de l’intérêt des utilisateurs pour maintenir une activité de trading. Sans suffisamment de participation, il est difficile d’établir des cotes significatives, ce qui limite leur précision et leur attrait pour les petits événements.
Interface utilisateur de Polymarket
Polymarket se distingue par une expérience utilisateur simple et fluide. La plateforme utilise l’USDC (stablecoin indexé sur le dollar), une monnaie stable régulée aux États-Unis, pour les transactions et les paiements. Comme toutes les opérations sont effectuées sur la blockchain, l’utilisation d’une monnaie numérique est obligatoire.
L’expérience utilisateur commence par une inscription via e-mail ou portefeuille crypto, suivie d’un transfert d’USDC depuis un portefeuille existant ou d’un achat direct en monnaie fiduciaire via Moonpay. Après consultation des marchés disponibles, l’utilisateur choisit un événement et utilise les données en temps réel pour guider sa prédiction. Il peut ensuite acheter ou vendre, l’interface affichant le retour potentiel. Une fois la transaction confirmée, l’adresse du compte exécute l’opération. En cas de désaccord sur le résultat, l’utilisateur peut lancer un défi.

Transactions
Sur le marché prédictif peer-to-peer de Polymarket, les transactions se font directement entre utilisateurs, les prix étant formés naturellement par les ordres. Un nouveau marché démarre sans action ni prix prédéfini ; les traders placent des ordres limites selon le prix qu’ils souhaitent, agissant ainsi comme market makers. Pour un événement binaire, les utilisateurs peuvent parier sur « OUI » ou « NON ». Quand la somme des ordres « OUI » et « NON » atteint 1,00 dollar, ils sont appariés, formant le prix initial. Par exemple, un ordre « OUI » à 0,60 $ s’apparie avec un ordre « NON » à 0,40 $. Avec le temps, les ordres peuvent s’apparier directement aux prix existants, augmentant la liquidité.
Polymarket utilise des jetons ERC-1155 appelés « jetons-résultats » pour représenter ces prévisions binaires. Outre les choix binaires, la plateforme prend en charge des scénarios plus complexes :
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Marchés catégoriels : les utilisateurs choisissent parmi plusieurs résultats mutuellement exclusifs (ex. A, B, C).
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Marchés scalaires : les questions larges sont divisées en séries de contrats oui/non.
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Marchés combinatoires : permettent des prévisions imbriquées via des combinaisons de questions.
Cette diversité élargit la flexibilité de la plateforme, ouvrant la voie à des événements plus variés à l’avenir.
Quand un événement se termine sur Polymarket, les gains sont distribués selon le résultat gagnant. Les actions du vainqueur valent 1,00 $, celles du perdant 0,00 $. Le règlement intervient quand le résultat est clair et conforme aux règles. Si un utilisateur conteste le résultat, il peut lancer un défi en déposant une caution de 750 $ en USDC, restituée uniquement en cas de succès. Ce système incite à des recours efficaces et décourage les appels abusifs.
Architecture technique
La conception technique de Polymarket inclut plusieurs composants assurant un fonctionnement décentralisé.
Le cadre des jetons conditionnels Gnosis (CTF) fournit la base pour créer des jetons associés à des résultats d’événements. L’échange CTF est la composante on-chain du carnet d’ordres de Polymarket, permettant des échanges atomiques entre les actifs CTF ERC-1155 et la garantie ERC-20, sans custody. En parallèle, un opérateur hors chaîne gère l’appariement des ordres et leur soumission, autorisant des commandes et annulations immédiates hors chaîne.
Pour relier les données de pari, l’adaptateur UMA CTF connecte l’oracle optimiste d’UMA aux conditions CTF, en interrogeant l’oracle UMA pour initialiser et régler les marchés. L’oracle optimiste d’UMA résout les questions prédictives et permet des contestations pendant la période de challenge, assurant un reporting précis des événements hors chaîne. Un autre composant, l’adaptateur NegRisk, permet à Gnosis CTF de gérer les marchés binaires en convertissant les jetons « NON » en jetons « OUI » garantis, intégrant les résultats binaires dans une structure de marché unifiée. Enfin, NegRisk Exchange est le contrat simplifié de trading de Polymarket, permettant des échanges via un carnet d’ordres centralisé (CLOB) sur les marchés NegRisk.
Profil de l’entreprise
Équipe
L’équipe de Polymarket est dirigée par trois personnes clés :
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Shayne Coplan, fondateur et PDG : originaire de New York, Shayne a découvert le Web3 à 15 ans en minant du bitcoin. En 2017, il quitte l’université de New York, lance market en 2020, puis Polymarket la même année.
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David Rosenberg, vice-président développement commercial et stratégie : expérimenté dans le développement stratégique, il a travaillé chez Foursquare, GIPHY et Snap. Il rejoint Polymarket en juin 2020, après quatre ans comme directeur stratégie chez Snap. Diplômé de Cambridge en 2011.
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Liam Kovatch, responsable ingénierie : quitte Columbia en 2018 pour entamer sa carrière en DeFi. Fondateur de Paradigm Labs, ancien ingénieur en chef chez 0x. Rejoint Polymarket en 2021 et devient rapidement responsable de l’équipe technique.

Le reste de l’organisation est structuré autour du développement commercial et de l’ingénierie : 12 membres en charge de la croissance, du marketing et de la stratégie, 8 spécialisés en ingénierie et données. L’effectif total est de 23 personnes. L’entreprise emploie aussi ponctuellement des professionnels externes pour des fonctions comme la finance. La majorité de l’équipe est basée à New York.

La taille de l’équipe a évolué au fil du temps. Créée avec seulement quatre employés, elle s’est rapidement étoffée après le succès initial de 2020, atteignant environ 20 membres mi-2022. Mais en deuxième moitié 2022, suite à l’enquête de la CFTC, l’équipe a été réduite et maintenue lean jusqu’au début 2024.
En 2024, l’entreprise a recommencé à recruter, signe que la direction anticipe un environnement opérationnel plus favorable pour accompagner la forte croissance du volume d’échanges.

Compte de résultat opérationnel
Actuellement, Polymarket ne facture aucun frais aux utilisateurs, ni pour acheter/vendre des positions, ni pour retirer/déposer des fonds. Auparavant, la plateforme percevait des frais LP pour rémunérer les fournisseurs de liquidité dans un modèle AMM, mais ces frais ont été supprimés en 2022 après le passage à une architecture basée sur un carnet d’ordres. Les frais liés à l’utilisation de services tiers (comme Moonpay) pour échanger des monnaies fiduciaires contre de l’USDC sont supportés par les utilisateurs, non par Polymarket.
Au-delà de l’absence de frais, Polymarket subventionne activement ses coûts opérationnels, notamment les primes aux market makers, les frais de gaz pour les transactions on-chain, et la maintenance du site. Selon les rapports, plus de 3 millions de dollars en USDC ont déjà été distribués sous forme d’incitations, avec des primes quotidiennes allant jusqu’à 600 USDC pour les marchés populaires.
Les flux de trésorerie initiaux de Polymarket ont pu être soutenus par des incitations écosystémiques. La plateforme a reçu environ 160 000 jetons UMA, d’une valeur comprise entre 40 000 et 48 000 dollars, en récompense de l’adoption de la stack technologique UMA. En revanche, aucune information publique n’est disponible sur d’éventuelles incitations ou partage de revenus provenant de Moonpay ou de son partenaire blockchain Polygon. Ces soutiens sont cruciaux, surtout compte tenu du fait que l’entreprise avait levé seulement 4 millions de dollars avant le milieu de l’année 2024.
Bien qu’aucun plan de monétisation officiel n’ait été annoncé, le PDG a laissé entendre qu’il pourrait introduire des frais à l’avenir. Néanmoins, compte tenu de ses succès récents en levée de fonds, l’équipe pourrait choisir de ne pas se presser, préférant consolider sa position de leader dans les marchés prédictifs. Étant donné que plus de 95 % du trafic vise la consommation de contenu plutôt que le trading, la plateforme pourrait aussi rapidement générer des revenus via la publicité display plutôt que via des frais de transaction.
Financement
La première levée de fonds de Polymarket a eu lieu en 2020, avec 4 millions de dollars collectés. En mai 2024, l’entreprise a finalisé deux tours de table, attirant neuf investisseurs pour un total de 70 millions de dollars. Ce financement devrait considérablement renforcer ses capacités d’expansion, notamment en recrutement et couverture marché.
Aucun événement d’émission de jeton (TGE) n’a été confirmé, mais des rapports récents indiquent que Polymarket envisage un nouveau tour de 50 millions de dollars. L’entreprise a également suggéré qu’elle pourrait lancer un jeton destiné à permettre aux utilisateurs de vérifier les résultats des événements du monde réel.
Compte tenu de la rapidité de ses levées et des obstacles réglementaires potentiels liés à une structure offshore pour un IPO traditionnel, la probabilité d’un TGE semble élevée. Quant à la valorisation, elle n’a pas été rendue publique. Toutefois, à partir du tour B de 45 millions de dollars, on peut raisonnablement supposer que Polymarket a atteint une valorisation d’un milliard de dollars.

Analyse SWOT
Bien que Polymarket existe depuis quatre ans, ce n’est que récemment qu’il a attiré une attention significative, restant dans une phase hautement volatile. Plutôt que de spéculer sur son avenir, une analyse SWOT permet d’envisager clairement ses trajectoires potentielles :
Forces
La force majeure de Polymarket réside dans son exposition publique sans précédent. Cette visibilité attire massivement les participants, créant un cercle vertueux : plus d’utilisateurs signifient des prévisions plus précises et plus fiables. Si bien géré, ce cycle auto-renforçant peut consolider durablement sa position de leader.
De plus, son architecture on-chain assure un niveau maximal de transparence, renforçant la confiance. Toutefois, comparé à ses concurrents sur blockchain, cet avantage est moins marqué, car Polymarket ne possède ni propriété intellectuelle exclusive ni blockchain dédiée, facilitant la reproduction de son modèle par d’autres projets.
Faiblesses
La liquidité insuffisante pour les événements de niche constitue un goulot d’étranglement majeur dans l’élargissement de la plateforme. Ce défi inhérent aux marchés prédictifs est exacerbé par le modèle de carnet d’ordres. Contrairement aux bookmakers traditionnels capables de couvrir facilement de nombreux événements, Polymarket doit offrir des incitations suffisantes pour réduire les spreads et améliorer la liquidité sur les thèmes moins populaires.
Un autre frein est que, bien que l’équipe soit centrée aux États-Unis, la plateforme exclut par structure les utilisateurs américains. Ce décalage pourrait limiter son expansion mondiale et maintenir un risque réglementaire aux États-Unis. Le fait que « Champion du Super Bowl » reste son événement sportif le plus populaire montre que sa stratégie reste fortement orientée vers un public américain.
Opportunités
Grâce à sa réputation croissante en matière de prévision collaborative fiable, Polymarket pourrait devenir un élément central de la consommation médiatique et sociale. Cette intégration pourrait générer davantage de trafic et ouvrir de nouvelles sources de revenus.
Ses données ont aussi un fort potentiel en tant qu’actif alternatif pour le trading quantitatif. Grâce à leur fiabilité, elles pourraient attirer des investisseurs institutionnels et des algorithmes, stimulant la demande pour des prévisions sur une plus grande variété d’événements.
Géographiquement, le succès de Polymarket peut rapidement s’étendre à des régions à adoption Web3 croissante, comme l’Asie et le Moyen-Orient. La demande pour des prévisions locales en langues régionales sera forte.
Menaces
Comme d’autres plateformes similaires, Polymarket fait face à des incertitudes juridiques. Des régulateurs ont déjà impacté des plateformes comme Betfair ou PredictIt, posant la question de savoir si les marchés prédictifs peer-to-peer seront classés comme jeux d’argent, titres ou autres produits financiers. Un renforcement de la surveillance réglementaire constitue un risque majeur.
Une autre menace opérationnelle est la manipulation de marché. Sur une plateforme décentralisée, des individus ou groupes disposant de capitaux importants pourraient influencer les cotes, créer des tendances trompeuses et affaiblir la confiance dans les prévisions.
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