
Tout comprendre sur le destin et la révolution de l'identité numérique en un seul article
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Tout comprendre sur le destin et la révolution de l'identité numérique en un seul article
L'identité numérique, en tant qu'une des applications importantes dans le domaine de la blockchain, présente un potentiel considérable et de grandes perspectives de développement.
Rédaction : Kyle Liu, Responsable des investissements chez Bing Ventures
Il n'est pas encore certain quel domaine vertical de la socialisation Web3 décollera, mais même les principaux produits Web3 sociaux manquent actuellement d'attraction comparés à leurs homologues Web2. Cependant, il existe des raisons de croire qu'à long terme, la socialisation Web3 surpassera celle de Web2. La raison est simple : bien que les applications Web2 accumulent elles-mêmes les données et bénéficient ainsi d'un excellent effet réseau, ces données sont collectées de manière isolée par chaque application. En revanche, les applications Web3 utilisent et contribuent à un registre de données partagé, bénéficiant ainsi d’un effet réseau au niveau de l’écosystème entier, plutôt qu’au niveau de l’application comme dans le cas de Web2. Nous verrons bientôt quelle combinaison correcte de protocoles et d'applications saura concrétiser cette vision.
Les difficultés rencontrées par les solutions actuelles d'identité numérique
Problèmes de sécurité et de protection de la vie privée
L'identité numérique nécessite souvent le stockage et le traitement des données sur plusieurs nœuds, ce qui expose à des risques tels que les failles de sécurité ou les fuites de données. De plus, elle doit résoudre des questions cruciales telles que la sécurisation de l'authentification des utilisateurs, la prévention des attaques malveillantes, le chiffrement des données et la mise en œuvre d’un contrôle d’accès. Par ailleurs, la protection de la vie privée constitue également un enjeu majeur, car ces projets requièrent généralement la collecte et le traitement d’informations personnelles sensibles.
Durée insuffisante pour construire une réputation
La construction d'une identité numérique repose sur l'évaluation du comportement de l'utilisateur sur la blockchain afin d'en établir une réputation. Toutefois, cet établissement de réputation exige un long processus d’accumulation de crédit. Pour les nouveaux utilisateurs ou ceux qui viennent tout juste d’entrer dans un domaine particulier, le système de crédit sur chaîne (on-chain) offre donc des avantages très limités.
Données complexes et difficiles à classifier
Sur la blockchain, un volume énorme d'opérations est enregistré chaque seconde. Classer ces actions – transactions, minting de NFT, interactions avec des DApps tierces – puis les afficher sous forme d’adresse ou de nom de domaine associé à chaque identité constitue un processus extrêmement complexe.
Systèmes de réputation non interconnectés
De plus en plus d’écosystèmes se forment autour de blockchains publiques indépendantes, mais l’interopérabilité entre celles-ci reste très limitée. Construire un système de réputation au sein d’un seul écosystème est certes plus facile que de créer un système global couvrant l’ensemble du monde cryptographique. Toutefois, améliorer l’interopérabilité entre les écosystèmes des différentes blockchains constitue un défi clé pour l’avenir.
Manque d’évolutivité
Étant donné que l’identité numérique nécessite souvent le stockage et le traitement des données sur plusieurs nœuds, le système peut ralentir ou devenir instable à mesure que le nombre d’utilisateurs et le volume de données augmentent. Il faut également résoudre des problèmes liés à la gestion de grandes quantités de données, à l’assurance de la cohérence des données et à l’accès efficace aux informations.

Construire un nouveau système de vérification d’identité décentralisé
Dans l’actuel marché de la cryptomonnaie, les principaux projets proposant des solutions d’identité peuvent être globalement classés en cinq catégories selon leurs cas d’usage et méthodes de mise en œuvre : 1) marquage des données/comportements ; 2) notation de crédit DeFi ; 3) badges/preuves ; 4) preuves privatisées ; 5) CV d’identité. Cet article analyse les perspectives de ce secteur à partir de ces différentes tendances spécialisées.

Tendance vers la standardisation : modularité + interopérabilité
L’entrée dans le Web3 suscite principalement des discussions centrées sur la propriété de l’identité et l’interopérabilité. Dans le Web2 traditionnel, l’interopérabilité s’appuie principalement sur la gestion unifiée des identités (fédération), permettant de relier des informations stockées dans différents systèmes d’identité, ainsi que sur des systèmes d’authentification unique (SSO). Le problème ici est que les données d’identité sont fournies par des organisations, entreprises ou prestataires de services, et non possédées ni contrôlées directement par les individus auxquels elles appartiennent. Les solutions d’identité Web3 reposent quant à elles sur un modèle centré sur la propriété par l’utilisateur.
Sismo
Sismo est un protocole modulaire de preuve basé sur Polygon, axé sur la décentralisation, la confidentialité et l’accessibilité, distribuant des attestations sous forme de badges non transférables. Son point fort réside dans l’utilisation de preuves à connaissance nulle (zero-knowledge proofs) pour attribuer des badges aux comptes utilisateurs (par exemple ENS, Twitter ou GitHub), permettant ainsi de construire un profil Ethereum. L’utilisateur peut ensuite agréger sa réputation dans son profil public tout en préservant la confidentialité.
Sismo permet aux utilisateurs de demander des certifications ZK et d’utiliser le SDK de Sismo. Les développeurs peuvent désormais utiliser ces certifications pour restreindre l’accès à certains groupes d’utilisateurs. Actuellement en phase Alpha, ses cas d’usage incluent notamment la preuve anonyme de possession d’un NFT, sans avoir à révéler quel BAYC est détenu ni quel compte Ethereum (avec son historique complet) prouve la propriété. Grâce aux badges ZK, les détenteurs peuvent accéder à des communautés exclusives. En DeFi, ces badges permettent aussi d’obtenir des prêts à des taux d’intérêt avantageux sans divulguer les données spécifiques des transactions.
Spruce
Spruce est une entreprise spécialisée dans l’authentification numérique, qui cherche à promouvoir l’identification numérique tout en protégeant la vie privée, et tente de réinventer les interactions fiables entre entreprises et gouvernements. Spruce intègre les systèmes existants d’identité et de gestion des données en environnement d’entreprise, notamment les serveurs d’identité, API internes, gestionnaires de clés, ERP et services cloud.
La Fondation Ethereum et le service de noms Ethereum (ENS) ont annoncé leur soutien au système proposé par Spruce permettant une connexion sécurisée via Ethereum. Ce système autorise les utilisateurs à se connecter en utilisant des identifiants cryptographiques (comme leur adresse de portefeuille Ethereum). Grâce à Spruce, les utilisateurs peuvent ainsi vérifier leur identité sans avoir à fournir leurs données personnelles à des tiers.
Amélioration de l’expérience utilisateur : gouvernance décentralisée + protection de la vie privée
Comparé au Web2, l’amélioration de l’expérience utilisateur est encore plus cruciale pour les projets d’identité numérique décentralisés. Dans le Web2, l’authentification et le stockage des données sont centralisés, ce qui signifie que les informations personnelles sont conservées sur des serveurs centraux, vulnérables aux piratages et aux abus. À l’inverse, dans les projets d’identité numérique décentralisés, l’authentification et le stockage des données sont distribués, rendant les informations plus sûres et confidentielles grâce à un réseau décentralisé.
BrightID
BrightID est une plateforme sociale décentralisée et anonyme qui vise à résoudre le problème de l’unicité d’identité en construisant et en analysant un graphe social. Les utilisateurs peuvent prouver leur unicité d’identité auprès d’applications sans recourir à plusieurs comptes. En outre, les applications n’ont pas besoin de collecter des informations d’identité personnelle ni de coopérer avec des organisations centralisées, renforçant ainsi la protection de la vie privée.
BrightID utilise un mode P2P chiffré pour transmettre toute information personnelle de l’utilisateur, y compris textes et photos, évitant ainsi le stockage de données sur le réseau. Son jeton officiel, BRIGHT, a une offre maximale de 100 millions, dont 25 millions initialement disponibles, avec un apport annuel maximal de 10 millions provenant de BrightDAO. Les cas d’usage du token BRIGHT incluent le minage de liquidité, la gouvernance et le vote, les primes pour hackers et les récompenses lors de tests sur faucets.
FaceDAO
FaceDAO est un réseau social anonyme construit sur une blockchain décentralisée, utilisant la reconnaissance faciale comme seuil d’authentification pour protéger la vie privée des utilisateurs. Il utilise des clés privées et des identifiants décentralisés (DID) comme support de données, offrant aux utilisateurs un contrôle absolu sur leurs informations. Afin d’encourager les contributions des utilisateurs au développement de l’écosystème, FaceDAO distribue des récompenses sous forme de jetons et fonctionne selon un modèle de gouvernance autonome décentralisée (DAO), impliquant les utilisateurs dans les décisions stratégiques.
En moins de trois mois depuis sa création, FaceDAO compte déjà plus de 500 000 membres communautaires authentiques. Selon les données officielles, les trois pays ayant le plus grand nombre d'utilisateurs sont l'Indonésie, le Bangladesh et l'Inde, représentant à eux seuls 80 % de la base d'utilisateurs. Par ailleurs, un nombre croissant d’utilisateurs provenant de pays en développement tels que le Nigeria, le Vietnam ou les Philippines rejoint également la plateforme.
Évolutions futures du système d’identité Web3
Une cartographie d’identité on-chain claire et complète
Un enjeu central du Web3 est la socialisation décentralisée. Un bon système d’identité permet aux utilisateurs de construire un profil plus complet, rendant le graphe social on-chain plus transparent. Grâce à diverses certifications, les utilisateurs peuvent démontrer leurs compétences, leur engagement envers des NFT, des protocoles ou des écosystèmes, exprimant ainsi leur réputation au sein du graphe social, ce qui facilite également d'autres activités.
Niveau accru de protection de la vie privée
La réputation on-chain repose sur la fiabilité, mais certains utilisateurs ne souhaitent pas exposer toutes leurs données comportementales. Ainsi, tout en construisant la réputation, il faut aussi prendre en compte la protection de la vie privée. Cela nécessite des méthodes d’authentification plus flexibles et sécurisées, ainsi qu’une meilleure gestion et maîtrise des données par l’utilisateur.

Solutions rendant possible la vérification d’identité décentralisée
Actuellement, les projets d’identité numérique sont encore relativement simples et n’ont pas encore abouti à une architecture fondamentale. Ils sont principalement créés pour répondre à des besoins spécifiques du marché. Avec le développement futur des identifiants décentralisés (DID) et l’émergence d’un consensus autour de la réputation on-chain, un système mature de réputation sur chaîne devrait voir le jour. Toutefois, aucune application phare n’est encore apparue, et la voie vers une adoption massive reste floue.
Néanmoins, nous pouvons déjà tirer une conclusion sur les identités numériques actuelles : l’expérience utilisateur offerte par les identités Web3 n’est pas encore suffisamment performante pour rivaliser directement avec celle du Web2. Plutôt que de chercher à concurrencer directement les applications Web2, il serait plus judicieux de tirer parti des écosystèmes uniques du Web3 — DeFi, NFT et autres domaines verticaux — pour proposer aux utilisateurs des outils pratiques innovants et différenciants. Nous pensons que les projets suivants méritent une attention particulière :
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Une portabilité fluide des comptes. L’identité en ligne d’un individu ne devrait pas appartenir à une entreprise irresponsable vis-à-vis de ses utilisateurs. Chaque utilisateur doit pouvoir transférer aisément son compte d’un fournisseur à un autre sans perdre aucune donnée ni son graphe social.
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Une forte interopérabilité. Le monde a besoin d’un marché diversifié et interconnecté de services pour assurer une concurrence saine. L’interopérabilité doit devenir une seconde nature du Web. Bien que les cadres d’interopérabilité varient selon les modèles, leur objectif fondamental doit être d’offrir davantage de valeur aux utilisateurs.
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Un réseau privé sécurisé. Le succès régulier de réseaux sociaux anonymes dans l’internet traditionnel montre à quel point la demande de confidentialité est forte. Or, le terrain du Web2 s’est révélé peu propice à l’épanouissement durable de tels projets. Heureusement, le Web3 offre un nouveau champ expérimental complètement inédit.
En somme, les futurs systèmes d’identité numérique décentralisés évolueront vers davantage de standardisation, d’interopérabilité, de protection de la vie privée, d’excellence dans l’expérience utilisateur et de transparence démocratique dans la gouvernance. L’identité numérique Web3 en est encore au stade expérimental, sans résultats spectaculaires à ce jour. Mais si l’on approfondit le modèle du « vérificateur », que l’on exploite pleinement la valeur de l’économie de la preuve, et que l’on intègre intelligemment des usages combinant social, portefeuille, investissement voire renseignement collectif, ces nouvelles formules magiques pourraient-elles devenir une percée décisive ? Affaire à suivre.
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