
Construire l'idéal Web3 : Le coup de maître de TRON et Sun Yuchen au Japon
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Construire l'idéal Web3 : Le coup de maître de TRON et Sun Yuchen au Japon
Tron s'implante au Japon et prend une longueur d'avance dans le Web3.
Lors des premières étapes de l'industrie crypto, des régions asiatiques telles que le Japon et la Région administrative spéciale de Hong Kong en Chine représentaient une force majeure mondiale dans le domaine des cryptomonnaies.
Dès les débuts avec Mt. Gox, l’un des premiers échanges de Bitcoin, ainsi que Cardano, surnommé l’« Ethereum japonais », le Japon s’est imposé comme un acteur clé du Web3. Parallèlement, les plateformes d’échange de Hong Kong et le phénomène coréen de « prime kimchi » ont tous contribué à tracer les premières lignes de l’histoire asiatique du Web3.
La contribution de l’Asie au développement du Web3 ne s’arrête pas là. Les stablecoins, notamment le TRC20-USDT, ont défini les standards de prix et d’échelle du marché. Tron, né en Asie et ayant grandi en Asie, aspire désormais à franchir une nouvelle étape dans son développement asiatique, en prenant le marché japonais comme point d’entrée privilégié.
Comme l’a souligné Sun Yuchen, fondateur de Tron et membre du Conseil consultatif mondial de Huobi : « La principale dynamique du Web3 provient de la convergence entre finance et technologie blockchain, deux domaines-clés étant les stablecoins et les RWA (actifs réels tokenisés). » Précisément, Tron a exploré en profondeur ces deux axes, avec des projets comme USDT et TUSD pour les stablecoins, et dernièrement stUSDT dans le domaine des RWA.
Le Japon est également l’un des premiers pays à avoir exploré des cadres réglementaires, ainsi que de nouvelles formes économiques comme la métaverse et les NFT. Contrairement à Dubaï, Singapour ou Hong Kong, parmi les grandes économies développées d’Asie, le Japon se distingue comme une région particulièrement accueillante pour le Web3.
Le Japon espère surpasser ses concurrents et devenir le leader de la prochaine vague du Web3.
Indifférent aux cycles haussiers ou baissiers, le Japon s’engage pleinement. Le programme « Start Next Innovator », piloté par le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI), a déjà envoyé 1 000 entrepreneurs et étudiants vers des régions comme la Silicon Valley américaine au cours des cinq dernières années. Cette année, il prévoit d’étendre ce programme à la France et à Singapour afin d’élargir les horizons des jeunes et de stimuler l’émergence de nouveaux secteurs économiques, dont le Web3 constitue l’un des piliers essentiels.

En ouvrant son regard sur le monde, le Japon attire désormais toute l’attention autour de sa stratégie Web3. À la fin de ce mois, la conférence WebX ouvrira ses portes, rassemblant des personnalités importantes telles que le Premier ministre japonais Fumio Kishida, ainsi que Sun Yuchen, fondateur de Tron et membre du Conseil consultatif mondial de Huobi, pour explorer ensemble ce que pourrait être le « moment japonais » du Web3.
Japon + Web3 : Une nouvelle ère de « fukoku kyohei » (enrichir le pays, renforcer la nation)
Contrairement aux politiques de libre-échange et de régulation ex post adoptées par les pays occidentaux, le Japon suit un modèle industriel historiquement piloté par l’État, hérité de la période Meiji, et cette particularité s’étend désormais au domaine du Web3.
Unifier les forces, théorie et action en accord
En mai 2022, le Premier ministre japonais Fumio Kishida a annoncé son intention d’utiliser la technologie blockchain, les NFT et la métaverse afin de construire une société japonaise plus innovante et dynamique, réalisant ainsi son « plan de doublement des revenus financiers », fondé sur un « nouveau capitalisme » vertueux combinant croissance et redistribution.
En juin 2022, le Parlement japonais a reconnu le statut légal des stablecoins, les définissant comme une forme de monnaie numérique, inaugurant ainsi une première parmi les grandes économies mondiales.
En juillet 2022, le METI a créé un bureau politique dédié au Web3 au sein du cabinet du ministre, chargé d’élaborer un cadre stratégique visant à encourager les entrepreneurs et innovateurs à rester au Japon, améliorant ainsi l’environnement des affaires pour le développement du Web3.
En avril 2023, le Japon a publié un livre blanc sur le Web3, proposant des réformes dans plusieurs domaines tels que les NFT et les DAO, notamment en matière fiscale, afin d’atténuer les effets négatifs liés à l’émission et à la détention de jetons.
L’événement marquant fut sans doute la conférence « WebX » du 25 juillet 2023, où le Premier ministre japonais Fumio Kishida a prononcé un discours vidéo fort, affirmant que le Web3 pouvait transformer l’architecture actuelle d’Internet et entraîner de vastes changements sociaux, positionnant le Japon pour utiliser le Web3 comme levier clé face aux défis sociétaux actuels.
Il ne s’agit pas seulement du soutien personnel du Premier ministre, mais bien d’une prise de conscience progressive, au sein des différentes institutions gouvernementales et de la société civile, du potentiel révolutionnaire du Web3. Tout comme le passage du Web1 au Web2, du PC au mobile, ou encore du téléphone classique au smartphone, cette transformation pourrait conduire à l’émergence de géants mondiaux tels que TikTok.
On peut donc dire que cette fois-ci, le Japon mise résolument sur le Web3 afin de prendre une position de leadership dans l’évolution de l’internet mondial. Lors de cette conférence, Sun Yuchen, fondateur de Tron et membre du Conseil consultatif mondial de Huobi, a déclaré : « À l’instar de nombreuses phases précédentes de l’histoire, le Web3 ne pourra réaliser pleinement son potentiel d’innovation sans un cadre réglementaire souple. »

Développer le Web3 : D’abord par la politique
Concernant le développement du Web3, la politique japonaise a toujours suivi de près chaque avancée, depuis les premières plateformes d’échange jusqu’aux phases successives des NFT et de la métaverse, toutes intégrées aujourd’hui sous l’umbrella conceptuel du Web3.
La loi de 2017 sur les services de paiement a placé les cryptomonnaies sous la supervision de l’Autorité des services financiers (FSA), faisant du Japon l’un des premiers pays à distinguer clairement titres et cryptomonnaies. Ce cadre posait les bases de la protection des consommateurs, exigeait la séparation stricte entre fonds propres et fonds clients sur les plateformes, et imposait des mesures rigoureuses contre le blanchiment.
Comme nous le savons maintenant, après l’effondrement de FTX, Binance et d’autres bourses ont lancé une course aux preuves d’actifs, tandis qu’EDX, issu du milieu de Wall Street, a mis en avant un modèle de tiers-détenteur garantissant qu’il ne détient jamais les fonds des utilisateurs.
C’est ici que réside une singularité japonaise dans le développement du Web3 : son système réglementaire constitue à ce jour le seul cadre capable d’équilibrer efficacement intérêts individuels, publics et entreprises. Après la chute de FTX, plusieurs filiales du groupe dans diverses régions ont été touchées, mais FTX Japan a fait exception. Grâce à un environnement réglementaire strict, les clients de FTX Japan n’ont pas subi de ruée massive sur leurs comptes.
Ce test grandeur nature a confirmé l’efficacité du système japonais. Convaincu par ses résultats, le Japon entend désormais rattraper son retard accumulé sur trois décennies perdues, et combler son absence lors de la révolution du mobile.
En mars 2022, le parti au pouvoir, le Parti libéral-démocrate (PLD), a publié un « Livre blanc sur les NFT (recommandations politiques) », aligné presque parfaitement sur l’évolution du marché. Contrairement aux délais habituels dans l’appareil bureaucratique japonais, ce document a été produit en seulement trois mois, une rapidité remarquable.
Un an plus tard, le « Livre blanc Web3 – Vers une ère où chacun peut utiliser les actifs numériques » a été publié, abordant notamment des réformes fiscales cruciales pour investisseurs et professionnels. Un point central consiste à s’aligner davantage sur les standards internationaux plutôt que de procéder isolément.
Au-delà du Web3, l’intelligence artificielle constitue un autre axe prioritaire.
Après le choc mondial causé par ChatGPT, le gouvernement japonais a rapidement invité Sam Altman, cofondateur d’OpenAI, à se rendre au Japon — une démarche inattendue pour un pays souvent perçu comme conservateur, qui n’avait abandonné les disquettes qu’au XXIe siècle. Cette capacité d’adaptation rapide relève presque du miracle.
Il s’agit d’une tentative de reconquérir sa place dans le monde.
Pénétrer le marché principal : la stratégie de Tron
Le domaine du Web3 évolue constamment, exigeant une veille active. Prenons l’exemple des RWA, qui pourraient devenir la porte d’entrée pour les institutions, gouvernements et entreprises mondiaux vers le Web3, même si peu d’acteurs sont aujourd’hui capables d’offrir des solutions concrètes.
Comme mentionné précédemment, le Japon adopte une posture favorable aux stablecoins. Cependant, la part de marché mondiale étant déjà largement occupée, le lancement d’un stablecoin adossé au yen japonais apparaît difficile. En revanche, une stratégie basée sur les RWA semble plus acceptable pour les autorités de régulation, tout en assurant une meilleure sécurité aux actifs des citoyens.
Tron dispose déjà d’une solide expertise dans les stablecoins et les produits RWA. Ainsi, le volume bloqué (TVL) de stUSDT, produit de ré-staking basé sur USDT, atteint déjà 416 millions de dollars. Avec un volume en circulation de USDT sur Tron supérieur à 40 milliards de dollars, le potentiel de croissance reste colossal — au moins cent fois supérieur. S’ouvrir au marché japonais à ce stade permettrait donc d’accroître significativement sa part de marché.
L’ère de la transformation est arrivée, et le Japon relance sa machine. Le gouvernement prendra l’initiative pour promouvoir massivement la transformation numérique (DX) du pays, dont l’un des objectifs clés est d’étendre l’utilisation des services Web3.
L’accent sera mis sur les applications des stablecoins et des RWA, afin d’augmenter l’adoption généralisée du Web3, créant ainsi une révolution à la japonaise pour rattraper le temps perdu.
Un avenir prometteur pour les stablecoins
Actuellement, la connaissance et l’intérêt du grand public japonais pour le Web3 restent limités. Des politiques gouvernementales ambitieuses nécessiteront encore une forte campagne d’éducation pour se traduire en parts de marché.
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La cotation d’un jeton sur une bourse japonaise doit respecter les règles strictes de l’Association japonaise des bourses de cryptomonnaies (JVCEA), notamment les « Règles relatives à l’émission de nouvelles devises » et leurs « Directives ». Le processus, plus rigoureux encore qu’un IPO traditionnel, peut prendre entre 3 mois et 2 ans.
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Seulement environ 5 % des consommateurs japonais ont utilisé des portefeuilles cryptos ou d’autres produits natifs de la chaîne. L’entrée des entreprises étrangères sur ce marché est également complexe.
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Des géants traditionnels du jeu comme Nintendo montrent peu d’enthousiasme pour les NFT, GameFi ou la métaverse, explorant prudemment ces modèles sans s’y engager pleinement.
Comme indiqué précédemment, le Japon a levé l’interdiction sur les stablecoins, et lors de cette conférence, Tron a mis en avant ses stablecoins comme l’un de ses principaux atouts. Tron héberge la plus grande part de circulation du stablecoin USDT au monde, représentant 52 % de l’offre totale d’USDT, soit plus de 44 milliards de dollars.
Comme l’a rappelé Sun Yuchen, comparé aux stablecoins, les monnaies numériques de banque centrale (CBDC) bénéficient de l’autorité garantie par l’État, mais soulèvent des questions sérieuses de traçabilité et de vie privée. En revanche, les stablecoins existent depuis des années et forment déjà un marché colossal de 150 milliards de dollars.

Sur le plan technique, stablecoins et CBDC peuvent coexister. Par exemple, un stablecoin indexé 1:1 sur une CBDC pourrait être utilisé pour les paiements transfrontaliers, nécessitant uniquement un téléphone et une adresse blockchain, évitant ainsi les systèmes bancaires traditionnels complexes.
Par ailleurs, Tron supporte déjà plusieurs stablecoins, comme le récent True USD, dont la capitalisation a grimpé à 3 milliards de dollars cette année.
La monnaie numérique japonaise (yen numérique) constitue justement l’un des axes prioritaires du Japon, dont le modèle d’émission est actuellement en réflexion. Il est fort probable qu’elle soit émise sur une blockchain publique existante, permettant ainsi son intégration au réseau global de blockchains.
Les RWA, mieux adaptés au marché japonais
Alors que le concept de RWA commence à peine à émerger, Sun Yuchen introduit cette idée au Japon. Bien que les entreprises japonaises soient globalement prudentes, certaines s’engagent déjà, comme l’opérateur de télécommunications NTT Docomo, qui prévoit d’investir jusqu’à 6 000 milliards de yens (environ 4 milliards de dollars) dans les technologies Web3 et les startups au Japon.
Le Japon excelle particulièrement dans la régulation, dont l’efficacité est reconnue mondialement. Or, les RWA requièrent précisément l’intervention d’institutions publiques et d’organismes tiers pour l’authentification et la certification des actifs physiques. En théorie, l’émission de stablecoins elle-même relève déjà d’un modèle RWA.
Plus encore, stUSDT, soutenu par Tron, est lui aussi un produit RWA, inspiré du modèle de ré-staking de Lido, permettant de redistribuer les rendements du stablecoin à tous les détenteurs. Sur ce plan, Tron joue un double rôle : vecteur d’émission de stablecoins et plateforme de ré-staking pour stUSDT, offrant ainsi un cadre pertinent pour les initiatives Web3 japonaises.
Toutefois, le Japon envisage actuellement d’émettre ses stablecoins sur la blockchain Ethereum. L’acceptation ou l’intégration de Tron reste à observer. Dans quelle mesure un pays traditionnellement conservateur ouvrira-t-il ses portes demeure incertain.
Par exemple, l’émetteur de stablecoins True propose déjà TCNH, un stablecoin adossé au yuan offshore. Un stablecoin yen pourrait suivre un modèle similaire, intégré à un système de surveillance complète. Des actifs variés — immobilier, biens matériels, œuvres d’art — pourraient être tokenisés, libérant ainsi une liquidité nouvelle grâce à la titrisation, et permettant à davantage d’investisseurs individuels de participer via de nouveaux modes d’investissement allant au-delà de l’achat simple de jetons.
Reprenant une célèbre citation de Platon : « Une cité devient vertueuse et bonne lorsqu’elle devient une unité », l’unité est la qualité la plus noble d’une société. La dimension globale du Web3 correspond précisément à ce dont l’humanité manque aujourd’hui.
De l’Est à l’Ouest, le monde semble plongé dans la division. Pourtant, le Japon, naguère replié sur lui-même, saisit cette opportunité pour redessiner la seconde moitié de son destin numérique.
Pour le Japon, le Web3 pourrait devenir un levier clé de relance économique, comparable à la révolution industrielle pour le Royaume-Uni ou à la révolution de l’information pour les États-Unis.
En réalité, l’innovation japonaise dans le Web3 ne s’arrête pas là : la mise en place d’une politique d’attractivité des talents inspirée de celle de Hong Kong est également une priorité. Le Japon envisage notamment de créer un visa « nomade numérique », s’inspirant des programmes déjà en place dans certains pays européens.
Ensuite, le pays assouplit largement les conditions de visa pour les entrepreneurs étrangers, incluant non seulement les chefs d’entreprise et chercheurs d’emploi, mais aussi des institutions de capital-risque. Un nouveau visa entrepreneurial facilitera la création d’entreprise au Japon par des étrangers dans un délai d’un an, avec des critères d’évaluation nettement assouplis par rapport à l’ancien visa « gestion & affaires ».
Plus encore, les conditions d’ouverture de comptes bancaires japonais pour les entrepreneurs étrangers ont été assouplies, afin d’offrir des conditions de séjour plus accessibles. Pour les entreprises innovantes qui partaient auparavant, un environnement national plus accueillant pourra désormais nourrir un marché domestique solide, ouvrant la voie à une expansion ultérieure à l’international.
Pour Tron, l’entrée sur le marché japonais marque une étape majeure dans sa stratégie Asie-Pacifique. Un marché de 100 millions d’habitants, développé et riche, pourrait redessiner la carte industrielle du Web3, plaçant la puissance asiatique au niveau des géants occidentaux.
Néanmoins, il convient de rester vigilant : l’écosystème Web3 japonais reste fragile. Les ambitions de Tron ne pourront se concrétiser du jour au lendemain, et la concurrence dans les domaines des RWA et des stablecoins sera féroce.
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