TechFlow rapporte que, le 28 janvier, selon une récente interview publiée par Foresight News, Vitalik Buterin, fondateur d’Ethereum, a révélé dans un entretien avec Joe Zhou qu’il avait investi 440 000 dollars américains sur la plateforme de marchés prédictifs Polymarket l’année dernière et en avait tiré un bénéfice de 70 000 dollars. Sa stratégie est simple : identifier les marchés prédictifs entrés dans un « mode fou » puis parier sur le fait que « les choses folles ne se produiront pas ». Par exemple, face à des prédictions extrêmes telles que « Donald Trump recevra le prix Nobel de la paix » ou « le dollar américain sera réduit à zéro l’année prochaine », il mise systématiquement sur le résultat opposé — une approche contre-intuitive qui s’avère généralement rentable.
Vitalik a également partagé un cas concret de vulnérabilité liée aux oracles : dans un marché prédictif portant sur le champ de bataille ukrainien, une erreur de mise à jour cartographique par l’Institute for the Study of War (ISW) a transformé un événement initialement doté d’une probabilité de seulement 5 % en un événement considéré comme certain à 100 %, provoquant ainsi un chaos sur le marché. Il souligne que les oracles actuels font face à deux voies possibles de résolution : soit un modèle centralisé reposant sur des institutions fiables telles que Bloomberg pour fournir les données ; soit un modèle décentralisé fondé sur le vote par jetons (token voting), comme celui mis en œuvre par le protocole UMA. Toutefois, Vitalik précise que le modèle UMA souffre d’un défaut relevant de la théorie des jeux : les détenteurs importants de jetons pourraient s’allier pour manipuler les résultats du vote, rendant toute résistance efficace quasi impossible pour les utilisateurs ordinaires. À ce jour, le secteur DeFi opte majoritairement pour Chainlink, mais son mécanisme reste relativement complexe et présente un degré élevé de centralisation. Selon Vitalik, la fiabilité des oracles constitue un enjeu critique tant pour la finance décentralisée (DeFi) que pour l’adoption des actifs du monde réel sur la blockchain, et l’industrie doit encore trouver des solutions plus robustes.




