
Le « plan de retraite en bitcoin » de Trump fait l’objet d’une opposition : les démocrates affirment qu’il mettrait en péril les régimes de retraite des travailleurs américains ?
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Le « plan de retraite en bitcoin » de Trump fait l’objet d’une opposition : les démocrates affirment qu’il mettrait en péril les régimes de retraite des travailleurs américains ?
Sanders Warren met en garde : les 14 000 milliards de dollars de fonds de pension seraient-ils exposés à un risque d’effondrement ?
Rédaction : Micah Zimmerman
Traduction : AididiaoJP, Foresight News
Les sénateurs Bernie Sanders (I-VT) et Elizabeth Warren (D-MA) ont appelé le Département du travail de l’administration Trump à abroger une règle autorisant l’intégration du bitcoin et d’autres cryptomonnaies dans les comptes d’épargne-retraite américains. Selon eux, cette mesure mettrait en péril l’avenir financier des travailleurs tout en permettant au président Trump et à sa famille d’en tirer profit.
Lundi, trois démocrates ont envoyé une lettre de 14 pages au secrétaire adjoint par intérim du Travail, Keith Sonderling. Bernie Sanders, Elizabeth Warren et Bobby Scott (D-VA), chef de la minorité au Comité de l’éducation et du travail de la Chambre des représentants, y condamnent fermement la règle proposée par le Département du travail en mars.
Cette règle accorderait une protection aux fiduciaires des régimes 401(k), leur permettant d’offrir des actifs volatils — notamment des cryptomonnaies, des fonds privés de capital-investissement et des crédits privés — à condition qu’ils démontrent avoir pesé les facteurs pertinents avant de les proposer.
La lettre affirme : « La règle proposée porte atteinte aux travailleurs américains et contrevient à la loi, à l’intention du Congrès, aux réglementations en vigueur et à la jurisprudence établie. »
Quelles conséquences aurait cette règle ?
Cette proposition découle d’un décret présidentiel signé par le président Trump en août dernier, enjoignant le Département du travail de réexaminer la manière dont les actifs alternatifs sont traités dans les régimes de retraite. En vertu de la législation actuelle, les fiduciaires chargés de gérer les régimes 401(k) doivent respecter une norme stricte de « prudence », ancrée dans la loi de 1974 sur la sécurité des revenus de retraite des employés (ERISA) et renforcée par la jurisprudence de la Cour suprême.
Les élus démocrates estiment que la nouvelle règle inverserait ce principe : les fiduciaires ne seraient plus tenus de prouver avoir mené une diligence raisonnable ; il leur suffirait de suivre la procédure définie par la règle pour être présumés avoir agi avec prudence.
Selon les élus, ce changement entre en conflit avec des décennies de jurisprudence et exposerait environ 14,2 billions de dollars détenus dans les comptes 401(k) américains à des actifs caractérisés par des fluctuations extrêmes de prix et une régulation limitée.
L’Autorité de régulation de l’industrie financière (FINRA) a mis en garde contre la « volatilité nettement supérieure » des investissements en cryptomonnaies par rapport aux actifs traditionnels, ainsi que contre le « risque élevé de perte totale de l’investissement ». Selon un rapport du Bureau fédéral d’enquête (FBI), les pertes liées aux escroqueries impliquant des cryptomonnaies ont dépassé 11 milliards de dollars en 2025, constituant l’une des catégories de cybercriminalité entraînant les pertes les plus importantes.
L’argument du conflit d’intérêts impliquant Trump
Les critiques formulées par les élus démocrates ne se limitent pas à la politique de retraite : elles soulèvent directement la question d’un conflit d’intérêts. Les enfants adultes de Donald Trump dirigent les activités cryptomonnaies familiales ; selon le Wall Street Journal, ces activités auraient permis de lever environ 5 milliards de dollars pour la famille Trump depuis le lancement de leur monnaie numérique en septembre dernier.
Le portefeuille cryptomonnaies de la famille Trump comprend notamment les jetons WLFI et USD1 de World Liberty Financial, ainsi que la « Trump Meme Coin » officielle — celle-ci ayant brièvement atteint plus de 75 dollars lors de la cérémonie d’investiture de Trump en janvier 2025, avant de s’effondrer à environ 2 dollars.
La lettre précise : « La modification de la norme de prudence susmentionnée élargit les possibilités pour le président Trump et sa famille de tirer profit aux dépens des contribuables, des travailleurs et des retraités. »
L’organisation de défense des consommateurs « Americans for Financial Reform » partage ces inquiétudes. Oscar Valdés Viera, analyste principal des politiques au sein de l’organisation, déclare : « L’ouverture des comptes 401(k) à ces produits pourrait transformer les économies-retraite des travailleurs en un mécanisme analogue à une pyramide de Ponzi, offrant une bouée de sauvetage à une industrie en quête désespérée de nouveaux capitaux. »
La lettre cite également des données sur la pauvreté chez les personnes âgées : plus de 22,8 % des personnes âgées vivent dans la pauvreté aux États-Unis, contre 5,1 % au Danemark, 5,8 % en France et 12,6 % en Allemagne — ce qui illustre clairement le risque que les retraités ne puissent pas supporter de pertes importantes.
La défense gouvernementale
L’administration Trump présente cette règle comme une mesure visant à élargir les choix offerts aux travailleurs.
Dans un communiqué, le secrétaire adjoint par intérim du Travail, Keith Sonderling, a déclaré : « Les jours où le Département du travail choisissait les gagnants et les perdants sont révolus. Notre règle stipule clairement que les gestionnaires doivent évaluer tout produit potentiel en suivant une procédure prudente. »
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a également exprimé son soutien, qualifiant cette règle d’« une nouvelle étape vers l’ère dorée » promue par le président Trump.
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