
Créée il y a cinq ans et valorisée 965 milliards de dollars, Anthropic vient tout juste de « déposer son dossier ».
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Créée il y a cinq ans et valorisée 965 milliards de dollars, Anthropic vient tout juste de « déposer son dossier ».
Plus grande introduction en bourse (IPO) du secteur de l’IA : le rideau se lève.
Le 1er juin, Anthropic a déposé de manière confidentielle auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis un projet de déclaration d’enregistrement de type S-1, lançant officiellement le processus de préparation de son introduction en bourse (IPO).
Deux jours plus tôt, le 28 mai, Anthropic avait annoncé avoir bouclé sa série H de financement pour un montant record de 65 milliards de dollars américains, atteignant ainsi une valorisation de 965 milliards de dollars (environ 6 540 milliards de yuans), soit, pour la première fois de l’histoire, une valorisation supérieure à celle d’OpenAI (730 milliards de dollars actuellement). Le même jour, Claude Opus 4.8 a été lancé.
Cette entreprise vedette, fondée en 2021 par d’anciens membres clés d’OpenAI, frappe désormais à la porte de Wall Street à une vitesse sans précédent.
Après avoir appris le dépôt confidentiel d’Anthropic, Sam Altman, PDG d’OpenAI, a déclaré lors d’un entretien avec CNBC : « OpenAI procédera à son introduction en bourse dès que nous jugerons le moment opportun. Je pense qu’il existe actuellement une course où chacun s’efforce de proposer les technologies les plus avancées et de construire les entreprises les plus performantes. Toutefois, vous savez bien qu’une introduction en bourse constitue avant tout un moyen de lever des fonds ; nous ne considérons pas pour l’instant comme prioritaire la fixation d’un calendrier précis pour cette opération. »
1. Un dépôt « confidentiel »
Le document soumis par Anthropic est un projet confidentiel de formulaire S-1, et non un prospectus officiel.

Conformément aux règles de dépôt confidentiel de la SEC américaine, Anthropic est autorisée à effectuer un examen interne et à échanger avec les autorités réglementaires avant de rendre publiques ses données financières. Dans son communiqué officiel, l’entreprise indique que, une fois le formulaire S-1 déposé de façon confidentielle et après achèvement de l’examen par la SEC américaine, elle pourra choisir le moment opportun pour poursuivre son introduction en bourse. La date précise de l’opération, ainsi que le montant à lever, n’ont pas encore été divulgués ; le calendrier effectif dépendra des conditions du marché et d’autres facteurs externes, avec une cotation possible dès cet automne.
Juste avant ce dépôt, Anthropic avait annoncé avoir bouclé sa série H pour un montant total de 65 milliards de dollars.
Ce tour de financement réunit non seulement des investisseurs financiers de premier plan — Altimeter Capital, Sequoia Capital et Greenoaks — mais aussi trois géants mondiaux des semi-conducteurs spécialisés dans la mémoire : Micron Technology, Samsung Electronics et SK Hynix. Sa valorisation post-financement s’élève ainsi à 965 milliards de dollars — un niveau qui frôle pratiquement le plafond actuel des valorisations des entreprises technologiques spécialisées en IA encore non cotées au niveau mondial.
Une entreprise ne se précipite pas pour déposer un dossier d’introduction en bourse juste après avoir levé une somme colossale et disposé d’une trésorerie abondante, sauf si elle entrevoit un enjeu bien plus important : la prime à la liquidité offerte par les marchés publics.
Cette progression géométrique de la valorisation signifie également que la logique de valorisation appliquée par les marchés aux entreprises de modèles fondamentaux d’IA est en train de changer : les investisseurs ne paient plus uniquement pour la « grande vision de l’AGI », mais perçoivent désormais la possibilité concrète d’un cercle vertueux intégrant puissance de calcul, modèles et applications.
L’abandon des projets purement consuméristes, au profit d’un soutien prioritaire accordé aux leaders capables de générer des revenus tangibles et de justifier leur valorisation, est aujourd’hui devenu un consensus général.
2. De 965 milliards à une valorisation supérieure à celle d’OpenAI, et un ARRE de 47 milliards de dollars
Que représente concrètement une valorisation de 965 milliards de dollars ?
En comparaison avec les cours de clôture des grandes entreprises technologiques chinoises le 1er juin, cela équivaut approximativement à 1,9 fois Tencent (508 milliards de dollars à la clôture), ou à 3,2 fois Alibaba (300,9 milliards de dollars à la clôture). En comparaison avec les deux principaux modèles de langage chinois sur le point de faire leur retour sur le STAR Market, cela représente environ 11,5 fois le montant de la valorisation de Zhipu AI (83,6 milliards de dollars à la clôture) et 34 fois celle de MiniMax (28,4 milliards de dollars à la clôture).
Par ailleurs, le chiffre d’affaires annuel récurrent (ARR) d’Anthropic a déjà dépassé 47 milliards de dollars, marquant une croissance explosive par rapport aux 9 milliards de dollars enregistrés fin 2025. Ce rythme fulgurant s’explique par l’intégration croissante de Claude dans les processus métiers essentiels des plus grandes entreprises mondiales, ainsi que par le rythme exceptionnel de mise à jour des produits d’Anthropic.

La version récemment publiée de Claude Opus 4.8 offre une accélération des performances de 2,5 fois, une réduction substantielle des coûts de 3 fois, et apporte des améliorations majeures face au problème persistant des « hallucinations » chez les clients professionnels, diminuant ainsi de 4 fois la probabilité de manquer des défauts dans le code.
En outre, avec le lancement imminent de modèles de niveau Mythos destinés aux clients, Anthropic construit progressivement un écosystème de flux de travail centré sur une mise en œuvre commerciale concrète. Lorsque les coûts liés à la puissance de calcul sont maîtrisés efficacement et que les clients professionnels manifestent une forte volonté de payer, Anthropic entre dans une phase de réalisation concrète de sa valeur commerciale.
Il convient également de souligner la stratégie d’Anthropic en matière d’infrastructures de calcul. Selon l’annonce de la série H et les informations conjointement publiées précédemment, l’entreprise a conclu trois accords fondamentaux relatifs à la puissance de calcul :
Un partenariat avec Amazon Web Services (AWS) pour une capacité de calcul exclusive maximale de 5 gigawatts, tandis qu’Amazon a injecté stratégiquement 5 milliards de dollars en espèces dans ce tour de financement H, liant ainsi de façon bidirectionnelle approvisionnement en puissance de calcul et participation au capital ;
Une collaboration avec Google et Broadcom pour sécuriser collectivement 5 gigawatts de ressources de calcul TPU de nouvelle génération, assurant ainsi un support matériel dédié pour l’amélioration continue des grands modèles ;
Un partenariat approfondi avec SpaceX, lui permettant d’accéder au cluster complet de GPU Colossus 1.
En outre, la série H a également intégré Micron, Samsung et SK Hynix, trois géants mondiaux des puces mémoires, en tant qu’investisseurs stratégiques. Ces trois entreprises monopolisent la production mondiale dominante de mémoires à bande passante élevée (HBM) et de composants de stockage centraux. Cette alliance combinant prise de participation et chaîne d’approvisionnement renforcée garantit à Anthropic un approvisionnement stable en composants matériels essentiels pour l’entraînement de ses modèles IA pendant plusieurs années à venir, bouclant ainsi la boucle complète allant de la puissance de calcul aux puces et à la chaîne d’approvisionnement.
3. L’ouverture du sas des IPO, une course effrénée dans le paysage commercial de l’IA
Anthropic, OpenAI et SpaceX sont désignées comme les trois introductions en bourse les plus attendues sur le marché cette année.
SpaceX a déjà déposé sa demande d’introduction en bourse en avril, tandis qu’OpenAI, principal concurrent d’Anthropic, devrait suivre très prochainement — la compétition entre les deux entreprises s’est étendue bien au-delà des comparaisons de paramètres ou des classements de performances, pour devenir une lutte finale pour la liquidité et les réserves de capitaux sur le marché secondaire.
Après leur introduction en bourse, les investisseurs particuliers pourront participer au capital de ces startups d’IA de premier plan, tandis que les premiers investisseurs pourraient bénéficier de sorties d’un montant colossal, pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Dan Ives, analyste chez Wedbush Securities, qualifie ce phénomène de « large ouverture du sas des IPO ». Le marché des introductions en bourse de titres technologiques, relativement morose ces dernières années, reprend vie grâce à la maturité de l’IA.
Pourquoi maintenant ? La réponse réside largement dans la demande quasi insatiable d’infrastructure de calcul générée par l’IA. Dans la course vers l’intelligence générale artificielle (AGI), les financements privés de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards de dollars ne suffisent plus à alimenter des clusters comportant des milliers, voire des dizaines de milliers de cartes graphiques. Seul le gigantesque réservoir de capitaux de Wall Street peut soutenir cette « course aux armements » en matière de puissance de calcul et d’énergie.
Le dépôt d’Anthropic marque ainsi le début de cette vague d’introductions en bourse de sociétés technologiques.
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