
Amazon acquiert Globalstar pour 10 milliards de dollars : l’acquisition de « fréquences » entre directement en concurrence avec Starlink
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Amazon acquiert Globalstar pour 10 milliards de dollars : l’acquisition de « fréquences » entre directement en concurrence avec Starlink
L’acquisition d’Amazon suit de près les efforts déployés par SpaceX pour mener à bien son projet d’introduction en bourse.
Auteur : Claude, TechFlow
Introduction de TechFlow : Amazon a annoncé mardi son intention d’acquérir l’opérateur satellitaire Globalstar pour 11,57 milliards de dollars américains, s’assurant ainsi l’accès à des fréquences satellitaires mobiles rares, à environ 24 satellites en orbite et à un accord de services à long terme avec Apple. L’entreprise prévoit de déployer d’ici 2028 un système de communication direct satellite (D2D) pour smartphones, entrant ainsi en concurrence frontale avec le réseau Starlink de SpaceX, composé de 10 000 satellites. À la suite de cette annonce, le cours de l’action Globalstar a grimpé de plus de 9 %, tandis que celui d’Amazon a augmenté de 3 %.

Amazon vient de lancer une véritable bombe sur le marché de l’internet satellitaire.
Selon une information de Reuters datée du 14 avril, Amazon a annoncé mardi son intention d’acquérir Globalstar pour 11,57 milliards de dollars américains afin d’accélérer sa course face à Starlink, filiale de SpaceX dirigée par Elon Musk. Les actionnaires de Globalstar pourront choisir de convertir leurs actions soit contre 90 dollars américains en espèces par action, soit contre 0,3210 action ordinaire d’Amazon. Selon les données de Bloomberg, ce prix représente une prime d’environ 117 % par rapport au cours de l’action Globalstar fin octobre dernier, avant que Bloomberg n’ait révélé pour la première fois, en octobre, que Globalstar envisageait une vente éventuelle.
Cette transaction ne survient pas sans avertissement préalable. Il y a moins de deux semaines, le Financial Times rapportait déjà qu’Amazon menait des négociations d’acquisition avec Globalstar, estimant alors la valeur de la transaction à environ 9 milliards de dollars américains. Le montant final retenu dépasse nettement cette estimation initiale, ce qui témoigne clairement de la détermination d’Amazon à conclure ce deal.
Acheter des fréquences, acheter du temps, acheter Apple : une seule transaction pour résoudre trois défis majeurs
Le cœur stratégique de cette acquisition peut être résumé ainsi, selon Armand Musey, fondateur et président de Summit Ridge Group : « Amazon accuse un retard conséquent sur Starlink dans le domaine de la connectivité satellitaire à haut débit ; l’acquisition de Globalstar lui permet de rattraper rapidement Starlink en matière de fréquences D2D et d’effectuer un bond décisif dans le déploiement de ses capacités D2D. »
Globalstar est un opérateur historique de services satellitaires mobiles (MSS) à l’échelle mondiale, titulaire de licences de fréquences dans la bande L, autorisées dans le monde entier. Ces fréquences constituent une ressource rare, dont l’obtention par voie de demande ou d’enchères réglementées pourrait prendre plusieurs années. En procédant à cette acquisition unique, Amazon contourne ainsi tout le processus réglementaire long et complexe.
Encore plus crucial : le lien étroit tissé avec Apple. En 2024, Apple a investi environ 1,5 milliard de dollars américains dans Globalstar, acquérant 20 % de ses actions afin d’étendre les fonctionnalités de communication d’urgence par satellite intégrées aux iPhone. Dans le cadre de l’accord d’acquisition, Amazon Leo fournira aux futurs modèles d’iPhone et d’Apple Watch des services satellitaires, notamment l’appel d’urgence (Emergency SOS), l’envoi de SMS, la localisation via la fonction « Find My » et les services d’assistance routière.

Greg Joswiak, vice-président senior d’Apple, a confirmé publiquement cet arrangement de collaboration et a exprimé son enthousiasme quant à l’approfondissement futur de la coopération avec Amazon sur le réseau étendu d’Amazon Leo.
Autrement dit, Amazon obtient, grâce à cette acquisition, un ensemble complet d’actifs stratégiques : des fréquences, une infrastructure satellitaire existante en orbite, ainsi qu’un engagement de service à long terme avec la plus grande marque mondiale d’électronique grand public.
243 satellites contre 10 000 : l’écart numérique reste un obstacle structurel
Bien que la logique stratégique soit limpide, les défis opérationnels auxquels Amazon est confrontée restent considérables.
À ce jour, Amazon n’a déployé que 243 satellites, alors qu’elle s’était engagée, dès 2019, à placer 3 236 satellites en orbite terrestre basse (LEO). En comparaison, Starlink exploite actuellement un réseau d’environ 9 500 satellites, desservant plus de 9 millions d’utilisateurs.

L’ajout de quelque 24 satellites supplémentaires issus de Globalstar (dont le nombre devrait passer à 54 dans le cadre d’un programme d’extension) aura un impact très limité sur la réduction de cet écart. Le véritable goulot d’étranglement réside dans la capacité de lancement.
Selon une analyse de Reuters, la pénurie de fusées, les interruptions de fabrication et les retards de lancement ont sérieusement freiné le rythme de déploiement d’Amazon, au point de l’obliger à recourir aux fusées Falcon 9 de son concurrent SpaceX pour certaines missions. Gregory Radisic, maître de conférences senior à l’université Bond, affirme sans détour : « À moins qu’Amazon ne résolve radicalement les problèmes liés à la vitesse de déploiement et à ses capacités de lancement, cet écart demeurera structurellement insurmontable. »
Début 2025, Amazon a demandé à la Federal Communications Commission (FCC) de repousser de deux ans la date limite de déploiement de près de 1 600 satellites (initialement fixée à juillet 2025). La FCC n’a pas encore rendu sa décision. Cela signifie qu’Amazon est loin d’avoir achevé le déploiement même de la constellation dont elle a déjà reçu l’autorisation.
La solution à long terme d’Amazon pourrait provenir de Blue Origin, la société spatiale fondée par Jeff Bezos, et de sa future fusée lourde New Glenn, actuellement en développement. Toutefois, cette dernière n’a pas encore prouvé qu’elle serait capable de soutenir la cadence de lancements requise pour déployer une constellation à grande échelle.
Communication directe satellite pour smartphones : de la sécurité d’urgence aux services quotidiens
L’enjeu stratégique de cette acquisition dépasse largement le simple accès à l’internet à haut débit.
Amazon prévoit de lancer d’ici 2028 son propre service de communication direct satellite (D2D) pour smartphones, permettant aux téléphones mobiles de se connecter directement aux satellites pour des communications vocales, des SMS et des transferts de données, sans dépendre des stations de base terrestres.
Le D2D constitue le nouveau champ de bataille de l’internet satellitaire. SpaceX a déjà réalisé avec succès des tests de fonctionnalité SMS pour Starlink Mobile en partenariat avec T-Mobile, ce qui lui confère un avantage de premier entrant. Amazon, quant à elle, acquiert grâce à Globalstar une capacité opérationnelle immédiate, évitant ainsi les délais interminables liés à l’attribution réglementaire des fréquences.
Panos Panay, vice-président senior des appareils et services chez Amazon, a déclaré dans un communiqué que l’entreprise collaborera avec des opérateurs de réseaux mobiles afin d’étendre une connexion fiable et haut débit à chaque coin du globe.
Toutefois, Amazon n’a pas encore divulgué les performances cibles de son système D2D — notamment son débit, sa latence, ni une comparaison technique précise entre son architecture en bande L et la solution proposée par SpaceX.
Réactions du marché et contexte de l’IPO de SpaceX
Après l’annonce de la transaction, le cours de l’action Globalstar a progressé de 9,6 %, clôturant à environ 79,68 dollars américains (soit encore environ 13 % sous le prix d’acquisition de 90 dollars, reflétant à la fois l’incertitude quant à la réalisation effective de la transaction et le coût temporel associé). Le cours de l’action Amazon a grimpé de 3 %, tandis que celui de MDA Space, principal entrepreneur chargé du développement des prochains satellites de Globalstar, a bondi de 9 %.
Le calendrier de cette annonce est particulièrement significatif. L’acquisition d’Amazon intervient juste après le lancement officiel par SpaceX de son projet d’introduction en bourse (IPO). Starlink représente, selon les estimations, entre 50 % et 80 % des revenus de SpaceX, et cette IPO imminente pourrait devenir l’une des plus importantes de l’histoire. En verrouillant Globalstar précisément à ce moment stratégique, Amazon agit non seulement dans le cadre d’une stratégie industrielle cohérente, mais envoie aussi un signal fort aux marchés financiers.
La transaction a déjà reçu l’approbation écrite de Thermo Funding II, actionnaire majoritaire de Globalstar détenant plus de 57 % des droits de vote. La clôture de l’opération est prévue pour 2027.
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