
Synthèse du marché du 8 avril : Cessez-le-feu ! Les États-Unis et l’Iran concluent un accord de trêve de deux semaines, le prix du pétrole chute de 8 % et le bitcoin bondit à 72 700 USD, atteignant son plus haut niveau en trois semaines.
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Synthèse du marché du 8 avril : Cessez-le-feu ! Les États-Unis et l’Iran concluent un accord de trêve de deux semaines, le prix du pétrole chute de 8 % et le bitcoin bondit à 72 700 USD, atteignant son plus haut niveau en trois semaines.
Une peur de 40 jours est en train d’être remplacée par un espoir fragile.
Auteur : TechFlow
Un tournant dans la guerre après 40 jours
D’un « ce soir, une civilisation entière disparaîtra » à un « j’accepte une suspension des bombardements », Donald Trump n’a mis moins de 12 heures.
Mardi soir, à environ 90 minutes de l’ultimatum fixé à 20 heures, Trump a annoncé sur Truth Social qu’il acceptait, à la demande du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et du chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, de suspendre pendant deux semaines les frappes contre l’Iran, sous réserve que ce dernier « ouvre immédiatement, totalement et en toute sécurité le détroit d’Ormuz ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a ensuite confirmé l’acceptation de cette proposition, déclarant que la circulation maritime serait autorisée à reprendre en toute sécurité pendant deux semaines, sous coordination des forces armées iraniennes. Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a également publié une déclaration confirmant la trêve, mais y a ajouté une note glaçante : « Cela ne signifie pas la fin de la guerre. Notre doigt reste sur la détente, et la moindre erreur commise par l’ennemi sera aussitôt suivie d’une riposte sans merci. »
Israël a accepté de rejoindre la trêve. Le Pakistan a invité les délégations des deux parties à se rencontrer vendredi à Islamabad pour des négociations. Le vice-président JD Vance pourrait conduire la délégation américaine. Trump a révélé qu’une proposition iranienne en dix points lui avait été soumise, qu’il qualifiait de « base négociable réaliste ».
Cette guerre, lancée le 28 février, a connu, à son 40e jour, sa première véritable fenêtre de cessez-le-feu.
Toutefois, la fragilité de cette trêve ne doit pas être sous-estimée. Quelques minutes après son entrée en vigueur, l’Iran a encore tiré des missiles contre Israël et les États du Golfe. Israël et les Émirats arabes unis ont déclenché leurs alertes aériennes dans la nuit de mardi à mercredi. Tout au long du conflit, les Gardiens de la révolution islamique ont conservé le contrôle exclusif de toutes les décisions militaires ; il demeure donc une grande incertitude quant à la volonté effective des commandants sur le terrain de se plier à l’engagement politique de cessez-le-feu.
Marchés actions américains : du « déclin de la civilisation » à cinq séances consécutives haussières, les indices à terme explosent en fin de séance
L’évolution des marchés actions américains mardi peut se résumer ainsi : danser au bord de l’enfer.
Les déclarations matinales de Trump sur le « déclin de la civilisation » ont précipité les trois principaux indices dans un gouffre. Le Dow Jones a chuté de plus de 1 % en cours de séance, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq ont approché les 1 % de baisse. À l’heure du déjeuner, les forces armées américaines ont mené des frappes aériennes contre l’île de Harg (plus de 50 objectifs militaires, délibérément évitant les infrastructures pétrolières), faisant grimper le WTI à 115,80 dollars, son plus haut niveau depuis 2008, et accentuant la panique.
Dans les 30 dernières minutes de séance, la nouvelle d’un report de l’ultimatum proposée par le Pakistan a provoqué un rachat massif des positions vendeuses. Le S&P 500 est remonté de -0,3 % en cours de séance pour terminer en hausse de 0,08 % à 6 616,85 points, enregistrant ainsi sa cinquième séance consécutive positive. Le Nasdaq a progressé de 0,10 % à 22 017,85 points. Le Dow Jones n’a pas réussi à revenir dans le vert, reculant de 85 points (-0,18 %) à 46 584,46. L’indice VIX a bondi de 11,5 % pour atteindre 26,95.
Sur le plan sectoriel, la scission est extrême. Apple a chuté de 4 % (retards dans les tests d’ingénierie de l’iPhone pliable), Tesla a perdu 3 %. UnitedHealth a grimpé de 8 % (hausse des paiements Medicare Advantage), Broadcom a progressé de 4,5 % (accord à long terme avec Alphabet pour l’approvisionnement en puces TPU), Intel a gagné 3 % (rumeurs de collaboration avec xAI sur le développement de puces).
Mais la véritable dynamique s’est manifestée après la clôture. Dès l’annonce de la trêve, les marchés à terme se sont emballés : les contrats à terme sur le S&P 500 ont bondi de plus de 1,6 %, ceux sur le Nasdaq-100 de 1,8 %, et ceux sur le Dow Jones de 725 points. Si ces gains se concrétisaient à l’ouverture mercredi, le S&P 500 récupérerait immédiatement l’intégralité de ses pertes depuis avril.
Pétrole : de 116 à 103 dollars, une chute de 13 dollars en une nuit
L’impact de la trêve sur les cours du pétrole a été immédiat et brutal.
À la clôture mardi, le WTI était encore à 112,95 dollars (+0,5 %), ayant atteint en cours de séance 115,80 dollars — son plus haut niveau depuis avril 2008. Le prix au comptant du Brent « Dated » a quant à lui dépassé les 144 dollars ce jour-là, établissant un nouveau record historique.
Après l’annonce de la trêve, le WTI s’est effondré d’environ 8 %, atteignant les alentours de 103 dollars — soit une perte quasi instantanée de près de 13 dollars le baril.
La chaîne causale est limpide : trêve → ouverture du détroit d’Ormuz par l’Iran → rétablissement de la navigation dans le détroit → réactivation progressive, par les pays producteurs du Moyen-Orient, de leur capacité de production fermée (7,5 millions de barils par jour) → réduction du déficit d’offre → disparition de la prime de guerre.
Toutefois, les traders ne négligeront pas plusieurs « mais » cruciaux :
L’Iran a parlé d’une « circulation sûre sous coordination des forces armées », non d’une libre navigation sans condition. Cela laisse une large marge d’interprétation opérationnelle. La prévision récemment publiée par l’EIA met en garde contre un retour de la capacité de production moyenne-orientale « à un niveau proche de celui d’avant le conflit seulement d’ici la fin 2026 ». Les dommages structurels infligés en six semaines aux systèmes mondiaux de raffinage et de transport maritime nécessiteront plusieurs mois pour être réparés. Les primes d’assurance liées au risque de guerre ne reviendront pas à zéro du jour au lendemain.
JPMorgan avait précédemment averti que, si le détroit restait fermé jusqu’à mi-mai, le Brent pourrait atteindre 150 dollars. La trêve permet temporairement d’écarter ce risque extrême. Toutefois, la prévision de Goldman Sachs concernant le prix moyen annuel du Brent en 2026 reste très élevée, à 85 dollars — bien au-dessus des 61 dollars anticipés début d’année.
103 dollars pourrait n’être qu’une première étape, et la descente vers 80 dollars ne sera pas achevée en une nuit.
Or : clôture à 4 737 dollars, une logique post-conflit plus complexe
Le cours de l’or a augmenté de 1,12 % mardi pour clôturer à 4 737 dollars l’once, porté par la demande de placements refuges suite aux frappes contre l’île de Harg et aux déclarations alarmistes sur le « déclin de la civilisation ».
Après la trêve, l’or fait face à une équation plus complexe. La disparition de la prime de guerre devrait théoriquement peser à la baisse sur le métal jaune, mais si la trêve entraîne une chute brutale des cours du pétrole → un apaisement des anticipations d’inflation → une réévaluation par les marchés des perspectives de baisse des taux → une baisse des taux réels, alors l’or pourrait au contraire bénéficier de cette dynamique.
A court terme, une baisse suivie d’une stabilisation semble probable. A moyen terme, le niveau de soutien entre 4 600 et 4 700 dollars a été régulièrement confirmé. Ce n’est pas la trêve en soi qui déterminera la direction future, mais plutôt la posture de la Réserve fédérale américaine après celle-ci. Si la baisse des cours du pétrole post-conflit conduit la Fed à réexaminer ses options de baisse des taux, le prochain objectif pour l’or serait de retrouver les 5 000 dollars. En revanche, si l’inflation s’avère persistante — l’indice ISM des prix dans le secteur des services vient de bondir à 70,7 — les anticipations de hausse des taux exerceront une pression baissière sur l’or.
L’achat structurel des banques centrales constitue un socle de soutien. La part du dollar dans les réserves mondiales a atteint son plus bas niveau depuis 1994 (environ 40 %), tandis que celle de l’or a atteint son plus haut niveau depuis 1991 (environ 30 %). Une trêve de deux semaines ne modifiera pas cette tendance.
Crypto-monnaies : le bitcoin bondit à 72 738 dollars en une nuit, la peur de 48 jours prend-elle fin ?
La trêve a déclenché le rebond le plus vigoureux du marché des crypto-monnaies depuis le déclenchement de la guerre fin février.
Selon les données Bloomberg, le bitcoin a bondi de 4,9 % en début de séance asiatique pour atteindre 72 738 dollars, son plus haut niveau en trois semaines depuis le 18 mars. L’ether a grimpé de 7,4 % à 2 273 dollars. Plus de 200 millions de dollars de positions vendeuses ont été liquidées sur le marché des crypto-monnaies en 24 heures.
Rétrospectivement, durant la journée de mardi, le BTC avait légèrement reculé de moins de 1 % à 69 065 dollars sous l’effet des déclarations sur le « déclin de la civilisation » — une quasi-immunité face aux chocs géopolitiques. Après l’annonce de la trêve, le ressort comprimé depuis 48 jours s’est libéré d’un coup.
La qualité de ce rebond dépasse largement celle des rachats de positions vendeuses antérieurs. Les contrats à terme sur bitcoin ont vu leur volume de positions ouvertes augmenter de 5 % en 24 heures, atteignant 49,53 milliards de dollars — un signal clair d’entrée de nouveaux capitaux. Le niveau de résistance à 71 500 dollars, testé à plusieurs reprises sans succès, a été franchi d’un seul coup.
Une narration plus profonde commence à se dessiner : trêve durable → baisse des cours du pétrole → allègement des pressions inflationnistes → réouverture par la Fed de la fenêtre des baisses de taux → retour des anticipations de relâchement monétaire. Cette chaîne logique a été le moteur central du marché haussier des crypto-monnaies au cours des 18 derniers mois. La guerre a arrêté ce moteur pendant 40 jours ; aujourd’hui, quelqu’un tourne la clé.
Strategy a acheté pour 330 millions de dollars de bitcoins entre le 1er et le 5 avril, portant son portefeuille actuel à environ 58 milliards de dollars. Si le bitcoin parvient à se maintenir durablement au-dessus de 72 000 dollars, Strategy pourrait enregistrer sa meilleure performance hebdomadaire de l’année.
Le cycle de peur extrême de 48 jours pourrait enfin toucher à sa fin.
Résumé de la journée : Jour 40 de la guerre, Jour 1 de la paix ?
Le 8 avril, la guerre entre les États-Unis et l’Iran a connu ses 24 heures les plus dramatiques — passant d’un « déclin de la civilisation » à une trêve de deux semaines :
Marchés actions américains : Le S&P 500 termine en hausse de 0,08 % à 6 616,85 points, pour sa cinquième séance positive consécutive. En fin de séance, les indices à terme s’envolent : S&P +1,6 %, Nasdaq +1,8 %, Dow Jones +725 points.
Pétrole : Le WTI chute de 116 dollars en cours de séance à 103 dollars après la clôture, perdant 13 dollars en une nuit. Le détroit d’Ormuz rouvrira sous coordination iranienne.
Or : En hausse de 1,12 % à 4 737 dollars. Pression à court terme post-guerre, mais soutenu par les achats des banques centrales et les anticipations de baisse des taux.
Crypto-monnaies : Le bitcoin atteint 72 738 dollars, son plus haut niveau en trois semaines, l’ether bondit de 7,4 %. Le cycle de peur extrême de 48 jours pourrait prendre fin.
Avant 20 heures, ce n’était pas la destruction, mais un report.
Mais de nouvelles questions surgissent immédiatement : deux semaines suffiront-elles ?
Le contenu détaillé de la proposition en dix points n’a pas encore été rendu public. L’Iran affirme que « son doigt reste sur la détente ». Des missiles ont continué d’être tirés après l’entrée en vigueur de la trêve. Israël exprime des « doutes » quant à sa pérennité. Personne ne sait si les commandants des Gardiens de la révolution sur le terrain déposeront réellement les armes. Le succès des négociations à Islamabad déterminera, au cours des deux prochaines semaines, si cette trêve marque le point de départ d’une paix durable ou simplement une courte accalmie avant une nouvelle escalade.
Mais au moins, ce soir, les marchés mondiaux ont exprimé leur propre vote : les contrats à terme sur le S&P 500 montent de 1,6 %, le pétrole chute de 8 %, le bitcoin progresse de 5 %.
Les 40 jours de peur cèdent progressivement la place à un espoir fragile.
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