
Synthèse du marché du 7 avril : le rapport sur l’emploi non agricole (NFP) a surpris avec 178 000 créations d’emplois, tandis que Trump a lancé un ultimatum : « Demain, on fait sauter les centrales électriques. »
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Synthèse du marché du 7 avril : le rapport sur l’emploi non agricole (NFP) a surpris avec 178 000 créations d’emplois, tandis que Trump a lancé un ultimatum : « Demain, on fait sauter les centrales électriques. »
48 heures pour décider du sort.
Auteur : TechFlow
Marchés américains : derrière quatre séances consécutives à la hausse, un compte à rebours extrêmement dangereux
Lundi, Wall Street est revenue au travail après trois jours de congé, avec en poche à la fois un rapport d’emploi extraordinaire et un ultimatum présidentiel.
Commençons par les bonnes nouvelles. Pendant la fermeture du marché américain vendredi, les données sur l’emploi non agricole (« nonfarm payrolls ») de mars ont été publiées et se sont révélées remarquables : +178 000 postes créés, soit près de trois fois plus que la prévision de Wall Street (60 000). Le taux de chômage est passé de 4,4 % à 4,3 %. Le secteur des soins de santé a été le principal moteur de cette reprise (+76 000 emplois), notamment grâce au retour de 31 000 infirmières sur le marché du travail après la fin de la grève de Kaiser Permanente en février. Le secteur de la construction a ajouté 26 000 emplois, celui du transport et de l’entreposage 21 000, et celui de l’industrie manufacturière 15 000. En revanche, le gouvernement fédéral a poursuivi ses licenciements (–18 000) et le secteur financier a également perdu des emplois (–15 000).
Les mauvaises nouvelles résident dans les révisions : le chiffre de février a été fortement révisé à la baisse, passant de –92 000 à –133 000. Cela signifie que l’effondrement de l’emploi en février était bien plus grave que prévu. La moyenne mensuelle de création d’emplois au premier trimestre s’élève à seulement 68 000, un niveau qui, il y a deux ans, aurait suffi à déclencher une alerte de récession. Mais les règles du jeu ont changé en 2026. Une étude récente de la Banque centrale de Dallas montre que, du fait d’une forte baisse de l’immigration et d’un recul du taux de participation au marché du travail, le « seuil d’équilibre » d’emplois nécessaire pour maintenir un taux de chômage stable s’approche désormais de zéro. Autrement dit, 68 000 n’est peut-être pas le signe d’une faiblesse, mais bien la « nouvelle norme ».
Le marché a choisi de privilégier l’interprétation optimiste. L’indice Dow Jones a progressé de 165 points (+0,36 %) pour clôturer à 46 669,88 points ; l’indice S&P 500 a gagné 0,44 %, atteignant 6 611,83 points ; le Nasdaq a augmenté de 0,54 %, à 21 996,34 points. L’indice S&P 500 enregistre ainsi quatre séances consécutives à la hausse, sa plus longue série depuis janvier.
Voyons maintenant les mauvaises nouvelles. L’indice ISM des services a livré une combinaison effrayante : l’indice global a certes reculé à 54 (restant toutefois au-dessus du seuil de 50 indiquant une expansion), mais son sous-indice des prix a bondi à 70,7, son plus haut niveau depuis octobre 2022 ; quant au sous-indice de l’emploi, il s’est effondré à 45,2, son plus bas depuis décembre 2023. En langage clair : les entreprises augmentent leurs prix, mais licencient massivement. Il s’agit là d’un signal classique de « stagflation ».
Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a bondi à environ 4,35 % immédiatement après la publication des données sur l’emploi. Le message du marché obligataire est sans équivoque : oubliez l’idée de baisses de taux. Caldwell, de Morgan Stanley, l’a dit clairement : « Ces données renforcent la détermination de la Réserve fédérale à maintenir ses taux inchangés. » Le marché commence même à intégrer une faible probabilité d’une hausse des taux cette année.
Au niveau des valeurs individuelles, les grandes capitalisations technologiques ont porté l’ensemble. Alphabet et Amazon ont chacun progressé de plus de 1 %, Micron Technology a grimpé de 3,2 %, tandis que Boeing (+1,92 %) a été le principal contributeur à la hausse du Dow Jones. En revanche, Tesla a continué de subir la pression, perdant 2,2 %. Brinkman, de JPMorgan, maintient sa recommandation de « sous-évaluation marquée », fixant un objectif de cours à 145 dollars, ce qui impliquerait un repli potentiel de 60 % depuis le cours actuel. Brinkman souligne un fait troublant : le cours actuel de Tesla est encore supérieur de 50 % à celui atteint en juin 2022, au pic des livraisons, alors que les livraisons réelles au premier trimestre sont inférieures de plus d’un million d’unités aux prévisions des analystes à cette époque.
L’indice Dow Jones Transportation a chuté de 9 % au cours des trois dernières séances, enregistrant ainsi sa plus forte baisse sur trois jours depuis la vente massive d’avril dernier lors de la « Journée de la Libération ». United Airlines a perdu plus de 6 %, Uber 3,5 %, et XPO 3,5 %. Ces titres très sensibles au cours du pétrole lancent un avertissement : la panique liée à la croissance est loin d’être terminée.
Ce qui retient véritablement le souffle de tous, c’est la réitération, lundi lors d’une conférence de presse, de l’ultimatum de Donald Trump : si l’Iran ne rouvre pas le détroit d’Hormuz d’ici mardi 20 heures, les États-Unis détruiront les centrales électriques et les ponts iraniens. « Mardi sera la journée des centrales électriques et des ponts, réunies en une seule », a-t-il écrit sur Truth Social.
Dans le même temps, plusieurs canaux diplomatiques travaillent contre la montre. Selon Axios, les États-Unis, l’Iran et des médiateurs régionaux examinent actuellement un éventuel accord de cessez-le-feu de 45 jours. Reuters rapporte également que l’Iran et les États-Unis ont reçu une proposition de paix exigeant un « cessez-le-feu immédiat et la réouverture du détroit ». À l’heure de la mise sous presse, aucun des deux pays n’a officiellement accepté cet accord.
Pétrole : une nuit de cauchemar à 119 dollars
Dès la réouverture des marchés de produits pétroliers dimanche soir, les contrats à terme sur le WTI et le Brent ont tous deux bondi à 119 dollars — leur plus haut niveau depuis la guerre russo-ukrainienne de 2022. Ce phénomène est d’autant plus rare que les deux indices ont atteint ce soir-là la parité. Or, en temps normal, le WTI cote généralement à une décote de 3 à 7 dollars par rapport au Brent ; cette « parité » signifie que le système mondial de fixation des prix du pétrole est en train de se déformer sous une pression extrême.
Par la suite, les rumeurs de cessez-le-feu ont fait reculer les cours. À la clôture du marché américain lundi, le WTI avait regagné du terrain, atteignant environ 112 dollars, mais restait nettement supérieur à son cours de clôture jeudi dernier (111,54 dollars).
Le marché fait aujourd’hui face à un dilemme binaire classique : si un accord quelconque (même flou) est conclu avant 20 heures mardi, les cours pourraient chuter de 20 à 30 dollars dans les 48 heures suivantes ; en revanche, si Trump donne effectivement l’ordre de bombarder les infrastructures iraniennes, le pétrole pourrait s’envoler vers 130 voire 150 dollars.
Les analystes mettent en garde contre un risque souvent sous-estimé : même si la guerre prenait fin dès demain, le système mondial de raffinage aurait déjà subi des dommages structurels au cours des six semaines de perturbations d’approvisionnement. La restauration des capacités de transport et de raffinage normales prendra des mois, et non des jours. « Plus élevé, et pour plus longtemps » n’est plus qu’un simple slogan.
Or : le roi oublié de la protection
Lundi, le cours de l’or s’est négocié dans une fourchette étroite de 4 660 à 4 680 dollars l’once, affichant peu de volatilité.
C’est une position intéressante à analyser. Dans les 24 heures cruciales précédant une possible escalade ou une issue pacifique, l’or n’a ni bondi (parier sur l’escalade), ni chuté (parier sur la paix). Il attend.
Depuis son sommet historique de 5 595 dollars en janvier, le cours de l’or a reculé de près de 17 %. Pourtant, sur le plan structurel, la fourchette de 4 600 à 4 700 dollars semble constituer une zone de consolidation. Le rapport mensuel de State Street sur l’or envisage comme scénario de base un cours compris entre 4 750 et 5 500 dollars (probabilité de 50 %), et un scénario haussier entre 5 500 et 6 250 dollars (probabilité de 35 %). La fourchette de 4 400 à 4 600 dollars est considérée comme un « soutien très fort ».
Un signal largement ignoré : la part du dollar dans les réserves de change mondiales a atteint son plus bas niveau depuis 1994 (environ 40 %), tandis que celle de l’or dans les réserves a atteint son plus haut niveau depuis 1991 (environ 30 %). Les banques centrales votent avec leurs pieds.
Crypto-monnaies : l’espoir d’un cessez-le-feu ravive la reprise, mais la peur reste à son point le plus bas
Lundi, le marché des crypto-monnaies a connu sa reprise la plus vigoureuse depuis plusieurs semaines.
Selon les données de CoinDesk, le bitcoin a progressé d’environ 3,5 %, atteignant près de 69 700 dollars, franchissant brièvement la barre des 69 200 dollars. L’Ethereum a gagné 4,8 %, atteignant 2 149 dollars. La capitalisation boursière globale des crypto-monnaies a rebondi à 2,45 billions de dollars.
Le déclencheur direct de cette reprise a été la rumeur de cessez-le-feu. Un accord de 45 jours assorti de la réouverture du détroit d’Hormuz a redonné un mince espoir aux actifs à risque. Toutefois, les données en chaîne (« on-chain ») montrent que cette reprise repose davantage sur des rachats de positions courtes que sur l’arrivée de nouveaux acheteurs : les contrats ouverts ont diminué de 8 % durant la remontée, le taux de financement reste négatif (–0,003 %), et la prime annuelle des contrats perpétuels s’est contractée à 0,12 %, son plus bas niveau depuis mars 2024. Le volume des transactions est inférieur de 18 % à sa moyenne sur 30 jours.
En résumé : le cours a augmenté, mais pas la conviction des investisseurs.
Une action notable mérite attention : Strategy (anciennement MicroStrategy) a annoncé avoir acquis environ 330 millions de dollars de bitcoins entre le 1er et le 5 avril, consolidant ainsi sa position de plus grand détenteur institutionnel de BTC au monde. Le cours de l’action Strategy a grimpé de 4,7 % lundi, tandis que le bitcoin progressait de 3,7 %. La société détient aujourd’hui environ 58 milliards de dollars de bitcoins, bien que le cours du BTC ait reculé d’environ 20 % cette année.
L’indice de peur et de cupidité est passé de 8 la semaine dernière à 13 — restant toutefois dans la zone de « peur extrême », et demeurant sous le seuil de 25 pour la septième semaine consécutive. Les données historiques continuent d’offrir un certain réconfort : depuis 2018, chaque fois que cet indice est tombé sous 15, le bitcoin a enregistré une hausse médiane de 38,4 % dans les 90 jours suivants. À condition, toutefois, que ce plancher ne soit pas un faux plancher.
Le bitcoin rencontre une résistance technique à 71 500 dollars, qu’il a tenté à plusieurs reprises sans succès. Si un cessez-le-feu est effectivement conclu et que les cours du pétrole s’effondrent, ce niveau pourrait être franchi d’un seul coup. Si, en revanche, mardi apporte des explosions plutôt que la paix, le niveau de soutien à 65 000 dollars sera de nouveau mis à l’épreuve.
Résumé de la journée : 48 heures décisives
Le 7 avril, la guerre entre les États-Unis et l’Iran entre dans sa sixième semaine, avec un compte à rebours final. Tous les actifs sont sur la même table de pari :
Marchés américains : L’indice S&P 500 enchaîne quatre séances positives, gagnant 0,44 % pour atteindre 6 611,83 points. Le rapport d’emploi non agricole de 178 000 postes créés dépasse largement les attentes, mais l’indice ISM des services révèle une envolée des prix accompagnée d’un effondrement de l’emploi — autrement dit, la « stagflation ».
Pétrole : Le WTI a brièvement atteint 119 dollars dimanche soir, avant de reculer à environ 112 dollars. L’ultimatum présidentiel de « journée des centrales électriques » coexiste avec les rumeurs de cessez-le-feu.
Or : Le cours de l’or attend patiemment, stable entre 4 660 et 4 680 dollars l’once, soutenu structurellement par les achats continus des banques centrales.
Crypto-monnaies : Le bitcoin rebondit à 69 700 dollars, porté par l’espoir d’un cessez-le-feu et les rachats de positions courtes. Strategy acquiert à nouveau pour 330 millions de dollars de BTC. L’indice de peur et de cupidité est à 13 — toujours glacial.
Le marché ne se pose qu’une seule question : avant 20 heures mardi, aura-t-on un accord de cessez-le-feu ou un ordre de bombardement ?
Si l’accord de cessez-le-feu sur 45 jours est conclu, les cours du pétrole pourraient retomber dans la fourchette de 80 à 90 dollars en quelques jours, les marchés actions connaîtraient une forte reprise, et le bitcoin pourrait viser les 75 000 dollars. Si Trump met à exécution sa menace de « journée des centrales électriques », le pétrole se dirigerait vers les 130 dollars, l’indice S&P 500 testerait à nouveau ses plus bas de l’année, et le marché des crypto-monnaies serait à nouveau submergé par la panique.
Dans 48 heures, nous connaîtrons la réponse.
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