
Synthèse du marché du 3 avril : les prix du pétrole bondissent au-delà de 111 dollars, atteignant un plus haut niveau en quatre ans ; Tesla connaît un échec retentissant concernant ses livraisons, entraînant un effondrement brutal de son cours boursier
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Synthèse du marché du 3 avril : les prix du pétrole bondissent au-delà de 111 dollars, atteignant un plus haut niveau en quatre ans ; Tesla connaît un échec retentissant concernant ses livraisons, entraînant un effondrement brutal de son cours boursier
Toutes les histoires finissent par pointer vers ce détroit étroit qu’est le détroit d’Hormuz.
Auteur : TechFlow
Marchés américains : un « retournement intrajournalier » digne d’un manuel
Jeudi, Wall Street a vécu la journée la plus palpitante de l’année 2026.
Au préalable de l’ouverture, tous digéraient le discours télévisé national prononcé la veille par Donald Trump : « Au cours des deux ou trois prochaines semaines, nous allons les renvoyer à l’âge de pierre. » Cette phrase, telle une bombe sous-marine, a totalement anéanti l’optimisme laborieusement accumulé au cours des trois premiers jours de la semaine. L’indice Dow Jones a chuté de 668 points, l’indice S&P 500 a enregistré un repli maximal de 1,5 % et le Nasdaq a plongé de 2,2 %.
Le tournant est survenu en milieu d’après-midi. Les médias nationaux iraniens ont soudainement annoncé que Téhéran collaborait avec l’Oman pour élaborer un accord visant à « surveiller » les navires transitant par le détroit d’Ormuz. Ce signal diplomatique apparemment anodin s’est révélé un véritable stimulant pour les marchés : les vendeurs à découvert se sont précipités pour boucler leurs positions, entraînant une spectaculaire reprise en forme de « V » des trois principaux indices au cours des deux dernières heures de séance.
Clôture : le Dow Jones a légèrement reculé de 61 points (–0,13 %), à 46 504,67 points ; l’indice S&P 500 a tout juste progressé de 0,11 %, à 6 582,69 points ; le Nasdaq a gagné 0,18 %, à 21 879,18 points. L’indice Russell 2000, porté par la baisse continue des rendements obligataires, a augmenté de 0,70 %.
D’une chute quasi-vertigineuse de près de 700 points à une baisse limitée à 61 points, le Dow Jones a accompli en six heures ce que d’autres indices mettent six jours à réaliser.
Au niveau sectoriel, la divergence était marquée. Les actions énergétiques, portées par la forte hausse des cours du pétrole, ont largement dominé : APA a grimpé de 4,3 %, ConocoPhillips, Devon Energy, ExxonMobil et Chevron ont toutes progressé d’environ 3 %. Les secteurs immobilier et des services publics se sont également renforcés, tirés par la baisse des rendements obligataires. En revanche, les valeurs de consommation ont été sévèrement pénalisées : l’incertitude liée au conflit armé et la flambée des prix du pétrole frappent simultanément la confiance des consommateurs. Les compagnies de croisières ont chuté brutalement, tandis que les compagnies aériennes subissent une forte pression — ces secteurs étant particulièrement sensibles aux hausses du prix du pétrole, chaque augmentation de 10 dollars du baril leur infligeant une nouvelle entaille.
Au niveau individuel des titres, deux histoires extrêmes ont défini cette journée :
Tesla a chuté de 5,43 %, à 360,56 dollars, enregistrant sa plus forte baisse quotidienne de l’année 2026. Le déclencheur en a été le chiffre des livraisons du premier trimestre : 358 000 véhicules, soit moins que les 365 000 unités anticipées par Wall Street. Ce qui suscite encore plus d’inquiétude, c’est que Tesla a produit 50 000 véhicules supplémentaires qu’elle n’a pas pu écouler : production de 408 000 unités contre seulement 358 000 livraisons, soit un excédent de stocks supérieur à 50 000 unités. Il ne s’agit pas ici d’un problème de capacité, mais bien d’un problème de demande. Tesla a déjà perdu 20 % depuis le début de l’année, et le « récit IA » d’Elon Musk peine de plus en plus à masquer la faiblesse croissante de ses activités automobiles.
Globalstar a bondi de 13 %, à 75,24 dollars, atteignant son plus haut niveau depuis 18 ans. Selon un article du Financial Times, Amazon serait en train de négocier l’acquisition de cette société de télécommunications par satellite, pour une valorisation estimée à environ 9 milliards de dollars. Jeff Bezos entend utiliser les actifs en fréquences et les satellites en orbite de Globalstar afin d’accélérer le déploiement du projet Amazon Leo, entrant ainsi en concurrence frontale avec Starlink, la constellation de SpaceX dirigée par Elon Musk. La complexité réside dans le fait qu’Apple détient 20 % des parts de Globalstar : cet accord à trois parties reste loin d’être scellé.
L’indice VIX s’est clôturé à 23,87, en baisse de 2,73 %. Même en pleine tempête géopolitique, l’indice de la peur recule, signe que les marchés commencent à « s’y habituer ». Le rendement des obligations d’État américaines à 10 ans a légèrement diminué, passant à 4,313 %.
À noter : malgré la tourmente de jeudi, les marchés américains ont terminé la semaine dans le vert. L’indice S&P 500 a progressé de 3,4 %, le Nasdaq de 4,4 % et le Dow Jones de 3 %. Il s’agit de la première hausse hebdomadaire depuis le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
Les marchés américains seront fermés vendredi, jour de Vendredi saint, mais le rapport sur l’emploi non agricole (« nonfarm payrolls ») de mars sera néanmoins publié comme prévu en début de matinée. Wall Street anticipe la création de 57 000 emplois, après une chute effrayante de –92 000 emplois le mois précédent. Ces données tomberont dans un vide total — puisqu’il sera impossible de négocier — et les investisseurs devront attendre l’ouverture lundi, en proie à l’angoisse de leur impact.
Pétrole : 111 dollars, plus haut niveau depuis quatre ans
Jeudi, le marché pétrolier a été le véritable protagoniste.
Le brut WTI a bondi de 11,41 %, clôturant à 111,54 dollars le baril, son plus haut niveau depuis juin 2022. Le Brent a augmenté de 7,78 %, à 109,03 dollars le baril. En cours de séance, le WTI a même atteint 113 dollars.
La phrase de Trump « les renvoyer à l’âge de pierre » n’était pas une simple figure de rhétorique, mais bel et bien un accélérateur pour les cours du pétrole. La veille encore, le WTI cotait sous la barre des 100 dollars. Une hausse de plus de 11 dollars en 24 heures : une telle volatilité n’avait pas été observée depuis le début de la guerre en Ukraine.
La contradiction centrale est limpide : d’un côté, Trump affirme que « cela prendra bientôt fin », mais de l’autre, il annonce qu’« il faudra encore combattre pendant deux ou trois semaines ». Le marché n’entend que la seconde partie. Le détroit d’Ormuz demeure partiellement bloqué, alors qu’il assure près de 20 % du transport mondial de pétrole. L’accord de « surveillance » conclu entre l’Iran et l’Oman a offert un bref répit aux marchés, mais personne n’ose parier sur le moment précis où cette artère vitale retrouvera pleinement sa fluidité.
Le consensus des analystes penche désormais vers une formule « plus haut, plus longtemps ». Même si la guerre prenait fin dès demain, la baisse des prix de l’essence nécessiterait plusieurs semaines, voire plusieurs mois : le choc inflationniste s’est déjà infiltré dans les capillaires de l’économie. L’OPEP+ tiendra une réunion le 5 avril afin d’examiner la possibilité d’assouplir ses mesures de restriction de la production. Certains membres plaident pour une augmentation de l’offre afin de stabiliser les cours au-dessus de 100 dollars le baril, tandis que d’autres redoutent un excès d’offre post-conflit.
Un chiffre mérite d’être retenu : la production américaine de brut devrait atteindre 13,6 millions de barils par jour en 2026, un record historique. Les États-Unis ne manquent pas de pétrole, mais ils manquent de sécurité sur les voies mondiales de transport.
Or : le halo protecteur temporairement éclipsé
L’or a suivi une trajectoire contre-intuitive.
Alors que les cours du pétrole montaient en flèche et que les risques géopolitiques s’intensifiaient brutalement, l’or n’a pas progressé — il a reculé. Le cours est passé de 4 796 dollars l’once la veille à environ 4 690 dollars l’once à la clôture, soit une baisse d’environ 2,2 %.
La raison est simple : l’indice du dollar s’est renforcé sous l’effet des flux de capitaux vers des actifs considérés comme sûrs, et cette appréciation du billet vert exerce une pression baissière sur l’or, dont le prix est libellé en dollars. Par ailleurs, la flambée des cours du pétrole a ravivé les anticipations de hausse des taux d’intérêt, et la remontée des taux réels constitue une pression supplémentaire sur l’or.
Cependant, sur une échelle temporelle plus longue, l’or demeure proche de ses sommets historiques. Bien que le record absolu de 5 595 dollars l’once, établi en janvier 2026, ait reculé d’environ mille dollars, les fondamentaux structurels du marché restent intacts : achats des banques centrales, prime géopolitique, dés-dollarisation — aucun de ces facteurs n’a disparu. Le World Gold Council prévoit que les banques centrales des marchés émergents acquerront environ 850 tonnes d’or en 2026, tandis que la Banque populaire de Chine a accru ses réserves d’or pendant quinze mois consécutifs.
À court terme, l’or a perdu face au dollar ; à long terme, il reste le grand vainqueur de ce jeu géopolitique.
Cryptomonnaies : Drift pillée de 286 millions de dollars, l’indice de la peur atteint un point critique
Jeudi, la plus grande nouvelle du marché cryptographique n’était pas Bitcoin, mais bien le piratage de Drift Protocol, le plus grand exchange décentralisé (DEX) de contrats perpétuels sur la blockchain Solana, qui a vu disparaître 286 millions de dollars.
Selon l’analyse d’Elliptic, la méthode utilisée correspond fortement aux schémas opérationnels précédemment observés chez des groupes de pirates nord-coréens (DPRK) : les attaquants avaient créé un portefeuille huit jours avant l’incident et procédé à de petits transferts tests ; ils ont ensuite exploité des clés d’administrateur volées pour obtenir des privilèges « divins », créer un marché factice de garanties et drainer d’un seul coup la liquidité des pools concernés. Les fonds volés ont été rapidement échangés contre des USDC via l’agrégateur Jupiter, puis transférés sur la chaîne Ethereum grâce au pont interchaînes CCTP. Tout ce processus s’est déroulé durant plusieurs heures, en plein horaire de trading américain, sans qu’aucune interception n’ait été possible.
Il s’agit de la plus grave faille de sécurité DeFi enregistrée en 2026 à ce jour, et de la deuxième plus importante attaque contre un protocole Solana, après celle de Wormhole en 2022 (326 millions de dollars). Le jeton DRIFT a chuté de 25 %, tandis que Solana (SOL) a touché un plus bas de cinq semaines, à 78,30 dollars.
En ce qui concerne les cours, selon les données de CoinGecko, Bitcoin a reculé d’environ 2,5 %, autour de 66 835 dollars, atteignant un creux intrajournalier à 65 890 dollars. Ethereum a chuté de 4,28 %, à 2 046 dollars, tandis que le ratio ETH/BTC a atteint un plus bas de 15 mois, à 0,0308.
La capitalisation boursière globale des cryptomonnaies s’est contractée à 2 370 milliards de dollars, soit une évaporation de près de 4 % en 24 heures. La part de marché de Bitcoin a grimpé à 56,1 % : les capitaux, pris de panique, se sont massivement concentrés sur Bitcoin — un classique phénomène de « fuite vers la qualité ».
L’indice de la peur et de la cupidité cryptographique a chuté dans la fourchette 8–12 (« peur extrême »), restant continuellement sous le seuil de 25 — zone de « peur extrême » — depuis 46 jours consécutifs : il s’agit de la période de peur la plus longue depuis l’effondrement de FTX en 2022.
Mais les données historiques offrent un réconfort glacial : depuis le lancement de cet indice en 2018, chaque lecture inférieure à 15 — signal de « peur extrême » — a été suivie, dans les 90 jours qui ont suivi, d’un rendement médian de +38,4 % pour Bitcoin. Bien entendu, l’histoire ne garantit rien : lors de l’effondrement de Terra/LUNA en 2022, le rendement sur 90 jours suivant une phase de « peur extrême » n’a été que de 4 %.
Un signal intéressant à observer : la société japonaise cotée Metaplanet a acheté, le 2 avril, 5 075 bitcoins pour 405 millions de dollars, portant ses avoirs totaux à 40 177 bitcoins, ce qui en fait le troisième plus gros détenteur institutionnel de Bitcoin au monde (derrière Strategy et Marathon Digital). Quand l’indice de la peur descend à 12, certains misent déjà sur le rebond.
Résumé de la journée : une semaine dominée par le prix du pétrole
Le 3 avril, la guerre entre les États-Unis et l’Iran entre dans sa sixième semaine. Donald Trump refuse de donner un calendrier clair pour une sortie du conflit. Le pétrole est devenu l’ancre de valorisation de tous les actifs :
Marchés américains : Le Dow Jones a légèrement reculé de 61 points (–0,13 %), mais a progressé de 3 % sur la semaine — les marchés trouvent un équilibre engourdi au cœur même de la panique guerrière.
Pétrole : Le WTI a bondi de 11,41 %, à 111,54 dollars le baril, atteignant un plus haut niveau depuis quatre ans. Le détroit d’Ormuz demeure la voie vitale de l’économie mondiale.
Or : Le cours de l’or a reculé à environ 4 690 dollars l’once, le dollar fort exerçant temporairement une pression baissière sur la demande de refuge.
Cryptomonnaies : Bitcoin a chuté à 66 835 dollars, l’indice de la peur a atteint un point critique. Drift a été piraté pour 286 millions de dollars, portant un nouveau coup dur à la confiance dans l’écosystème Solana.
Le marché ne se pose désormais qu’une seule question : le rapport sur l’emploi de mars va-t-il confirmer la récession, ou offrir un répit ?
Wall Street anticipe la création de 57 000 emplois en mars. Si le chiffre dépasse nettement les attentes, une reprise pourrait s’amorcer dès l’ouverture lundi, prouvant que le marché du travail n’a pas encore été brisé par la guerre et la flambée des prix du pétrole. En revanche, si le chiffre repasse dans le rouge — après les –92 000 emplois enregistrés en février —, la stagflation passerait des pages des rapports d’analystes aux cauchemars des traders.
Mais une chose est déjà parfaitement claire cette semaine : les capitaux mondiaux sont en train de recalibrer l’ensemble des actifs autour du prix du baril de pétrole, fixé à 111 dollars — que ce soit les ventes de Tesla, la faille de sécurité de Drift, la difficulté de l’or face au dollar ou la peur extrême qui entoure Bitcoin, tous ces récits convergent inévitablement vers ce détroit étroit d’Ormuz.
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