
Résumé du marché du 11 mars : La guerre n’est toujours pas terminée, les cours du pétrole chutent de nouveau de 15 %
TechFlow SélectionTechFlow Sélection

Résumé du marché du 11 mars : La guerre n’est toujours pas terminée, les cours du pétrole chutent de nouveau de 15 %
Le marché se berce d’illusions.
Auteur : TechFlow
Marchés américains : signaux contradictoires, marché sur place
Mardi, Wall Street ressemblait à un trader perdu — ne sachant plus à qui croire.
L’indice Dow Jones a légèrement reculé de 34 points (–0,07 %), clôturant à 47 707 points ; le S&P 500 a baissé de 0,21 % et le Nasdaq a quasiment stagné, progressant de 0,01 %. Les trois indices ont oscillé toute la journée entre gains et pertes, pour finalement clôturer presque au même niveau qu’à l’ouverture.
Pourquoi le marché est-il aussi hésitant ? Lundi, Donald Trump avait déclaré que la guerre était « presque terminée », ce qui avait provoqué une forte hausse des marchés. Mardi, cependant, la Maison-Blanche a précisé que les opérations de protection dans le détroit d’Hormuz n’avaient pas encore débuté, que les opérations militaires américaines étaient en cours d’intensification et que les perspectives de négociations diplomatiques restaient limitées. Cette clarification a directement contredit les anticipations optimistes formulées la veille.
Le marché s’était initialement redressé sur l’espoir d’un apaisement du conflit, puis s’est retourné à la baisse après la précision de la Maison-Blanche concernant le non-reprise des escortes dans le détroit d’Hormuz. Les investisseurs sont ainsi passés en un instant de l’euphorie liée à l’idée « la guerre touche à sa fin » à l’anxiété suscitée par la réalité « la guerre n’est absolument pas terminée ».
Les performances sectorielles ont été extrêmement contrastées : parmi les 11 secteurs composant le S&P 500, 9 ont reculé, le secteur énergétique affichant la plus forte baisse. Ce recul marqué des actions énergétiques s’explique par la poursuite de la baisse des cours du pétrole — même si la guerre n’est pas terminée, les prix du brut chutent, ce qui constitue un double coup dur pour ce secteur.
Les actions technologiques liées aux semi-conducteurs se sont démarquées comme le seul point lumineux. NVIDIA a progressé de 1,2 %, Micron Technology a bondi de 3,5 % et Intel a gagné 2,6 %. Le déclencheur de cette hausse réside dans les solides résultats de ventes publiés par Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), prouvant que la demande de puces reste robuste. Dans un contexte marqué par des risques géopolitiques, des craintes inflationnistes et une volatilité extrême des cours du pétrole, les actions liées aux semi-conducteurs constituent l’une des rares certitudes offertes par le marché.
Dans le Dow Jones Industrial Average (DJIA) composé de 30 valeurs, 3M a mené la hausse avec +2,39 %, suivi de Cisco Systems (+1,84 %) et de Caterpillar (+1,69 %). Les plus fortes baisses ont été enregistrées par Boeing (–3,20 %), Salesforce (–1,95 %) et Chevron (–1,60 %).
Depuis le début de l’année, le Dow Jones reste dans le rouge, et il lui reste encore un long chemin à parcourir pour effacer sa baisse annuelle.
Pétrole : nouvelle chute de 15 %, mais toujours 30 % au-dessus des niveaux pré-guerre
Mardi, les cours du pétrole se sont de nouveau effondrés, bien que le rythme de la baisse commence à ralentir.
Le Brent a chuté de 11,28 %, clôturant à 87,80 dollars le baril. Le WTI a quant à lui plongé de 11,94 %, atteignant 83,45 dollars le baril. Il s’agit de la deuxième journée consécutive de repli brutal — lundi, les cours avaient déjà chuté de 120 à 95 dollars, avant de poursuivre leur descente mardi jusqu’à la fourchette 83–88 dollars.
La baisse cumulée sur deux jours dépasse 30 %, mais les cours restent néanmoins supérieurs de 25 à 30 % à leurs niveaux d’avant-guerre. Avant le déclenchement du conflit (le 28 février), le Brent cotait environ 73 dollars le baril et le WTI environ 67 dollars. Même après ces deux journées de chute vertigineuse, les cours demeurent ainsi environ 20 à 25 dollars supérieurs à leurs niveaux pré-guerre.
Le déclencheur de la chute de mardi demeure la déclaration de Donald Trump lors d’une interview accordée à CBS, où il affirmait que la guerre était « essentiellement terminée ». Le marché a choisi de croire le président plutôt que les clarifications apportées par d’autres responsables de la Maison-Blanche.
Par la suite, le Secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth a toutefois jeté un seau d’eau froide. Lors d’un point de presse au Pentagone, Hegseth a indiqué que la guerre ne prendrait pas fin tant que « l’ennemi ne serait pas totalement et définitivement vaincu », ce qui se ferait selon le calendrier fixé par les États-Unis. Cela laisse entendre que le conflit pourrait durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Fatih Birol, Directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a publié mardi une déclaration indiquant que les pays membres de l’AIE tiendraient une réunion afin d’évaluer la sécurité de l’approvisionnement actuelle et la situation des marchés. Cette déclaration laisse présager une possible libération des réserves stratégiques de pétrole par l’AIE — une telle mesure entraînerait inévitablement une nouvelle baisse des cours.
L’Arabie saoudite met en garde contre des conséquences désastreuses. Le plus grand exportateur mondial de pétrole, Saudi Aramco, a averti mardi que toute incapacité à rétablir le flux pétrolier dans le détroit d’Hormuz aurait des « conséquences désastreuses » sur le marché pétrolier.
Les cours du pétrole se trouvent aujourd’hui dans un équilibre délicat : Trump affirme que la guerre touche à sa fin → les cours s’effondrent ; le Pentagone affirme que la guerre n’est pas terminée → mais le marché ne le croit plus.
Or : hausse spectaculaire de 2,4 %, retour au-dessus de 5 200 dollars
Mardi, l’or a connu un fort rebond.
L’or a grimpé de 2,44 %, atteignant 5 228 dollars l’once, soit une hausse journalière de 124,70 dollars. Ce mouvement efface entièrement la baisse observée lundi et établit un nouveau sommet de rebond. L’argent a affiché une performance encore plus remarquable, bondissant de 6,25 % pour atteindre 89,81 dollars l’once — une progression 2,5 fois supérieure à celle de l’or.
Pourquoi les actifs refuges connaissent-ils une telle envolée ? Trois raisons principales :
Premièrement, la chute des cours du pétrole, passés d’un niveau proche de 120 dollars, a atténué les pressions inflationnistes et renforcé les anticipations d’une baisse des taux par la Réserve fédérale. Baisse des cours du pétrole → atténuation des anticipations inflationnistes → hausse des probabilités d’un assouplissement monétaire → avantage pour l’or.
Deuxièmement, l’évolution du dollar s’est stabilisée. Lundi, la forte hausse du billet vert avait pesé sur l’or ; mardi, cette dynamique haussière s’est interrompue, offrant ainsi un répit à l’or.
Troisièmement, les risques géopolitiques n’ont pas véritablement disparu. Bien que Trump ait déclaré que la guerre touchait à sa fin, le Pentagone affirme qu’elle n’est pas terminée, le détroit d’Hormuz reste fermé et l’Arabie saoudite met en garde contre des conséquences désastreuses — tous ces éléments soutiennent la demande de placements refuge.
L’or a progressé d’environ 100 % depuis le début de l’année, tandis que l’argent a grimpé d’environ 150 %. Même après la forte baisse de lundi, la tendance haussière à long terme reste intacte.
Crypto-monnaies : le bitcoin franchit 70 000 dollars, puis recule
Mardi, le marché des crypto-monnaies s’est montré stable, avec une légère hausse.
Selon les données de CoinGecko, la capitalisation boursière totale des crypto-monnaies s’élève à environ 2 460 milliards de dollars, avec une part de marché du bitcoin de 56,9 %. Le bitcoin a brièvement dépassé le seuil de 70 000 dollars mardi, avant de revenir dans la fourchette 69 000–69 500 dollars.
Le bitcoin fait face à une résistance importante représentée par des ordres de vente massifs provenant de « baleines » autour de 71 500 dollars, ce qui constitue l’obstacle principal à sa progression à court terme. En cas de percée au-delà de ce niveau, la prochaine cible serait 75 000 dollars.
Une société de gestion stratégique a acheté pour 1,28 milliard de dollars de bitcoins, portant ses avoirs totaux à plus de 738 000 BTC. L’afflux continu de capitaux institutionnels offre un soutien structurel au bitcoin.
Des conditions propices à un « short squeeze » (rattrapage brutal des positions vendeuses) semblent se dessiner pour le bitcoin : taux de financement négatif et positionnement majoritairement vendeur. Historiquement, un excès de ventes à découvert anticipe souvent un retournement de tendance. Si les vendeurs à découvert sont contraints de couvrir leurs positions, le bitcoin pourrait connaître une hausse très rapide.
Sur le plan technique, le bitcoin oscille dans la fourchette 65 000–75 000 dollars depuis plus de deux semaines. Si la guerre devait effectivement prendre fin, que les cours du pétrole reculent davantage, que les pressions inflationnistes s’atténuent et que les anticipations de baisse des taux par la Fed se renforcent, le bitcoin pourrait franchir le seuil de 75 000 dollars ; en revanche, si le conflit se prolonge, le marché conservera une attitude prudente.
Résumé de la journée : la guerre n’est pas terminée, le marché se berce d’illusions
Le 11 mars, douzième jour de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, les marchés sont plongés dans un chaos de signaux contradictoires et d’auto-illusion :
Marchés américains : le Dow Jones a légèrement reculé de 34 points (–0,07 %), le S&P 500 a baissé de 0,21 % et le Nasdaq a progressé de 0,01 %, les trois indices clôturant quasiment sans variation. Le marché est déchiré entre l’optimisme suscité lundi par la déclaration de Trump sur la fin imminente de la guerre et la réalité rappelée mardi par la Maison-Blanche — « le détroit d’Hormuz n’a pas repris ses activités d’escorte, les opérations militaires s’intensifient ». Les actions liées aux semi-conducteurs constituent le seul point lumineux : NVIDIA a gagné 1,2 %, Micron 3,5 %, tandis que le secteur énergétique a subi la plus forte baisse.
Pétrole : le Brent a chuté de 11,28 % à 87,80 dollars le baril, le WTI de 11,94 % à 83,45 dollars le baril, soit une baisse cumulée supérieure à 30 % sur deux jours. Trump déclare que la guerre est « essentiellement terminée », tandis que le Secrétaire à la Défense Hegseth affirme que « la guerre ne prendra pas fin tant que l’ennemi ne sera pas totalement vaincu ». Les cours restent néanmoins supérieurs de 25 à 30 % à leurs niveaux d’avant-guerre, et l’Arabie saoudite met en garde contre les « conséquences désastreuses » d’une fermeture prolongée du détroit d’Hormuz.
Or : hausse de 2,44 % à 5 228 dollars l’once, l’argent bondissant de 6,25 % à 89,81 dollars l’once, effaçant entièrement la baisse de lundi. La chute des cours du pétrole atténue les pressions inflationnistes, renforce les anticipations de baisse des taux par la Fed et soutient durablement la demande de placements refuge.
Crypto-monnaies : le bitcoin a brièvement dépassé 70 000 dollars avant de revenir dans la fourchette 69 000–69 500 dollars ; la capitalisation boursière globale s’élève à 2 460 milliards de dollars. Le bitcoin bute sur une résistance constituée d’ordres de vente massifs autour de 71 500 dollars, tandis que des achats institutionnels pour 1,28 milliard de dollars et l’émergence de conditions propices à un « short squeeze » renforcent son potentiel haussier.
La contradiction centrale du marché aujourd’hui : faut-il croire Trump, qui affirme que la guerre touche à sa fin, ou le Pentagone, qui déclare qu’elle n’est pas terminée ?
Les cours du pétrole sont passés de 120 à 83 dollars : le marché a choisi de croire le président. Pourtant, le détroit d’Hormuz reste fermé, l’Arabie saoudite met en garde contre des conséquences désastreuses, et le Pentagone affirme qu’il faudra « vaincre totalement l’ennemi » — autant de faits qui montrent clairement que la guerre est loin d’être terminée.
Le marché mise aujourd’hui sur la capacité de Trump à mettre rapidement fin au conflit par des moyens diplomatiques. Si ce pari s’avère juste, les cours du pétrole continueront de reculer sous les 70 dollars, et les marchés actions connaîtront un fort rebond. En revanche, si ce pari échoue et que la guerre se prolonge pendant plusieurs semaines, les cours du pétrole remonteront au-dessus de 100 dollars et les marchés seront de nouveau secoués par une crise.
Au moins aujourd’hui, un fait est désormais parfaitement clair : le marché préfère croire l’optimisme du président plutôt que la réalité exposée par le Pentagone. Combien de temps cette auto-illusion pourra-t-elle durer ? Les chiffres de l’IPC publiés demain pourraient y répondre.
Bienvenue dans la communauté officielle TechFlow
Groupe Telegram :https://t.me/TechFlowDaily
Compte Twitter officiel :https://x.com/TechFlowPost
Compte Twitter anglais :https://x.com/BlockFlow_News











